Quoi faire de notre verre ? (suite)

Alors, tout ces contenants de verre dont je parlais récemment, comment les gérer ? Je vous présente différentes possibilités.
Les consigner
À l’instar des bouteilles de bière, les autres bouteilles d’alcool pourraient faire l’objet d’une consigne. C’est ce que préconisent les municipalités et les centres de tri. Une matière recyclable en meilleur état, car moins trimballée… et moins de travail pour eux. Quant à la consigne, on la voudrait plus élevée que les cinq cents habituels, question de générer un certain attrait et assurer un bon taux de retour. La plupart des provinces canadiennes, dont l’Ontario depuis 2006, ont implanté une consigne sur les contenants d’alcool. En Alberta, à peu près tous les contenants de liquides sont consignés, même les Tetra Pack de jus.
Au Québec, une consigne sur les bouteilles d’acool en verre ne règlerait cependant pas entièrement les problèmes des centres de tri et la contamination de leurs autres matières par le verre brisé: il y a tous les aliments qu’on achète dans des contenants de verre à l’épicerie. Le verre issu de la Société des alcools du Québec représenterait moins du tiers du total.
La collecte sélective
La SAQ demande le maintien de la collecte du verre à travers nos bacs de reyclage, c’est-à-dire par la collecte sélective. Évidemment, l’instauration d’un système de consigne nécessiterait probablement que les succursales de la SAQ deviennent des lieux de collecte, avec tous les inconvénients ce que ça amènerait et dont les actuels dépositaires de contenants consignés se plaignent déjà (gestion des consignes, entreposage des contenants retournés…). L’argument principal est que le coût d’un système de consigne serait supérieur au coût actuel de la collecte sélective. Or, le système de consigne a l’avantage de pouvoir s’autofinancer, tandis que, présentement, la SAQ verse elle-même chaque année plusieurs millions à différents projets pour soutenir la collecte sélective du verre.
En fait, il y a d’abord quelques millions à un programme d’aide financière à la mise en valeur et au transport du verre récupéré au Québec, en place depuis 2002, qui visait à inciter les centres de tri à développer un meilleur tri de la matière, et qu’ils puissent ainsi disposer d’un produit avec une meilleure valeur de revente. Avec des résultats mitigés, même avant la récente crise. La SAQ verse aussi une redevance annuelle au système de consigne déjà en place en tant que producteur d’une matière recyclée qui n’atteint pas les objectifs de recyclage fixés par le gouvernement. Elle finance enfin une chaire de recherche de l’Université de Sherbrooke sur la valorisation du verre dans les matériaux. En effet, étant donné qu’il semble actuellement difficile de refondre le verre à cause des contaminants qui l’accompagnent, on cherche à l’intégrer notamment au béton. Mais cela ressemble à un pis-aller.
Le réduire à la source
Pour plusieurs aliments, le contenant de verre pourrait probablement être remplacé par un contenant moins lourd et plus recyclable; le désavantage serait la visibilité moindre du produit à l’intérieur. Néanmoins, une volonté de diminuer le coût de transport pourrait constituer un incitatif à chercher à remplacer le verre. Sinon, le gouvernement du Québec a commencé depuis quelques années à intégrer un principe dit de responsabilité élargie des producteurs dans des règlements balisant la gestion de matières résiduelles comme les contenants de peinture et les huiles usées (le matériel électronique devrait suivre). Les producteurs des matières visés se voient imposer l’obligation de prendre en charge le produit lorsqu’il atteint sa fin de vie. Ce pourrait être une solution à considérer pour des matières difficiles à recycler comme le verre et le polystyrène…
Morale de l’histoire
Vous avez beau nettoyer scrupuleusement vos contenants de verre avant de les mettre dans votre bac de recyclage, plusieurs d’entre eux finissent en bouillie, au ramassage, au tri ou à l’entreposage. Avec les coûts et autres problèmes que cela entraîne. À tout le moins, vous pouvez privilégier l’achat d’aliments dans des contenants autres que le verre, vous pouvez toujours aussi leur trouver des utilités au lieu de les placer directement dans le bac…
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Robert S. Donovan
