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S’acheter du crédit

octobre 7th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes générerait presque autant de gaz à effet de serre que l’utilisation d’une petite voiture durant un an. Plus de trois tonnes d’équivalent CO2. Certaines compagnies aériennes, dont Air France, Air Canada et plusieurs autres, proposent à leurs passagers d’acheter des crédits permettant de «compenser» les gaz à effet de serre générés par leur voyage. Une bonne idée ou encore du greenwashing ?

À l’échelle mondiale, les vols d’avion représenteraient entre 4 et 10% de la contribution humaine à l’augmentation des gaz à effet de serre. Et les distances totales parcourues sont en augmentation. De surcroît, comme les émissions de gaz provenant des avions se produisent dans la haute atmosphère et non au niveau du sol, leur impact est plus important que le nombre de tonnes qui en résulte pourrait l’indiquer. Pour peu qu’une personne réalise quelques voyages en avion, ceux-ci représentent probablement une part majeure de son empreinte carbone individuelle.

Comment les crédits fonctionnent-ils ? Qu’on achète ces crédits directement à l’achat d’un billet d’avion ou par la suite auprès d’une entreprise spécialisée dans le domaine, le montant payé sert à financer des projets permettant de soulager l’atmosphère d’une quantité équivalente de gaz à effet de serre dans un autre lieu. Il faut se défaire de l’idée que ça revient nécessairement à «planter des arbres». En fait, la plantation d’arbres est, par beaucoup, vue comme un moyen relativement peu efficace de compenser les émissions, pour plusieurs raisons. Ainsi, la totalité de la quantité produite n’est alors compensée qu’après de nombreuses années de croissance d’un arbre et non à court terme; le réservoir de carbone constitué par l’arbre est anéanti si un incendie ravage la plantation ou si l’arbre est éventuellement utilisé pour des produits non durables. Les projets de réduction d’émissions à valoriser seraient plutôt de ceux qui viseraient une transition vers des énergies renouvelables ou l’amélioration du rendement énergétique, notamment.

Mesure valable ou pas ? Certains organismes environnementaux dont la Fondation David Suzuki présentent la compensation des gaz à effet de serre comme une alternative valable pour la portion de notre production qu’on ne peut raisonnablement réduire en changeant nos habitudes de vie. D’autres organismes dénoncent justement l’effet déculpabilisant et l’illusion de cette dépense somme toute faible qui nous justifierait de ne rien changer à notre mode de vie à production élevée de CO2. L’absence de norme universelle garantissant la valeur des crédits vendus est un autre argument des détracteurs, encore que plusieurs normes reconnues se sont développées dans le domaine dont Gold Standard.

Selon les fournisseurs, la compensation d’un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes peut coûter de 40 à 120$. Deux fois plus environ si on veut tenir compte de l’impact accru des émissions en haute atmosphère. Si le concept vous intéresse, la Fondation David Suzuki et l’Institut Pembina ont réalisé une évaluation de différents fournisseurs de crédits de carbone que vous pouvez consulter afin de choisir un fournisseur… crédible.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr peasap

L’économie d’essence sociale

juin 22nd, 2009 Ebenezer 1 comment

Ce n’était pas prémédité, mais après un article sur l’autobus et le vélo, je suis tombé cette semaine sur un site Web dont l’objectif est de nous aider à réduire notre consommation d’essence.

Depuis novembre dernier, j’étais déjà un utilisateur de TankBuch sur mon iPod Touch pour faire le suivi de la consommation du véhicule familial. C’est par ailleurs une excellente application gratuite qui fait très bien ce travail. Là où Fuelly se démarque, c’est qu’il permet de se comparer aux autres conducteurs!

L’utilisation du site est très simple: à chaque fois que vous faites le plein, vous spécifiez la quantité, le prix et le kilométrage de l’auto. Fuelly garde automatiquement tout l’historique et vous permet de consulter un graphique de la consommation de votre véhicule. Jusque là, rien de révolutionnaire, plusieurs solutions vous permettent d’arriver à ce résultat.

Là où ça devient intéressant, c’est que vous pouvez ensuite comparer l’historique de consommation de tous les autres utilisateurs du site, ce qui vous permet de savoir si votre véhicule (et votre style de conduite) se compare avec la moyenne.

Utile pour les futurs acheteurs?

Comme la fonction de comparaison vous permet de consulter et comparer l’historique pour d’autres modèles de voitures, un futur acheteur peut aussi vérifier si les données de consommation affichées par le fabricant correspondent à ce que les utilisateurs observent dans la réalité.

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Économique, le vélo ?

juin 18th, 2009 Soeur économe 2 comments

J’en conviens, l’autobus que nous vantait Ebenezer pour se rendre au travail, c’est super. Mais pourquoi ne pas chercher encore mieux ?

Pas beaucoup plus long

Évidemment, ça dépend de la situation de chacun. Je calcule pour ma part que mon temps de déplacement en vélo vers le travail est entre 8 et 45% plus long que le temps requis en autobus — pour un trajet d’une quinzaine de kilomètres entre la banlieue et le centre-ville. Pourquoi cet écart ? Dans le premier cas (8%) je calcule en comparant avec un trajet d’autobus à l’heure de pointe avec travaux sur plusieurs artères; dans le second (45%), en dehors de l’heure de pointe et sans travaux. Remarquez que je compare ici les temps totaux, incluant dans le cas du vélo son stationnement et la mise en plis de la cycliste.

Il semble que plus les distances sont courtes, plus le temps de trajet du cycliste devient comparable ou même inférieur à celui de l’usager du transport en commun ou de l’automobiliste. C’est d’ailleurs le constat que fait l’organisme Accès transports viables qui organise chaque année à Québec le Défi Vél-Auto-Bus où les trois modes de transport sont comparés sur trois trajets avec différents points d’origine et distances à parcourir. 

Le vélo fait sauver du temps

On peut calculer que même avec un temps de trajet plus long en vélo qu’en autobus, on sauve finalement du temps. Pourquoi ? Parce qu’avec le vélo, pas besoin d’ensuite passer du temps à aller faire de l’exercice. On s’évite de surcroît de devoir payer pour pédaler sans aller nulle part ou courir sur place en regardant un mur (on comprendra sans peine que je ne suis pas une adepte des gyms).

Vous considérez que vous n’économiseriez pas de temps ou d’argent parce que présentement, vous ne passez pas de temps à faire de telles activités ? Pensez aux frais de soins de santé futurs dont vous pourriez nous faire l’économie… à condition bien sûr d’éviter de rouler à contresens sur René-Lévesque à l’heure de pointe en passant sur des lumières rouges. 

D’autres agréments

Vous déplaçant en vélo, vous pourriez devenir très au fait des périodes de floraison de la consoude, du mélilot ou de l’asclépiade. L’occasion vous serait également offerte d’amasser des données sur les taux de mortalité de la faune dans différents environnements, et de développer une fine connaissance des horaires de collecte des matières résiduelles. Des avantages non négligeables. Plus sérieusement, les endorphines secrétées durant le trajet de vélo contribuent certainement à rendre les journées de travail très agréables.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Ben Alford

Économique, l’autobus?

juin 1st, 2009 Ebenezer 3 comments
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Au début du mois de mai, j’ai débuté un nouvel emploi et, nouveauté pour moi, celui-ci est au centre-ville. La possibilité se présentait donc à moi de profiter du transport en commun pour m’y rendre, plutôt que d’utiliser l’automobile. Ça tombait bien, je débutais le premier jour ouvrable du mois, il était donc avantageux de faire l’acquisition du laisser-passer mensuel.

Quatre fois moins d’argent dépensé en essence

Au mois de mai 2008, j’ai dépensé 260$ en essence, en mai 2009, 67$. On a beau y ajouter le prix du laisser-passer mensuel (à 71,55$), j’économise quand même 120$ sur une base mensuelle. À la fin de l’année, ça me donnerait théoriquement 1440$ de plus dans mes poches… assez pour justifier un nouveau iMac!

J’exclus du calcul les frais d’entretien, d’immatriculation et des assurances puisque nous conservons quand même la voiture. Remarquez, l’entretien sera moins fréquent et la prime d’assurance a baissé un peu quand nous les avons informés que le kilométrage annuel moyen avait diminué. Je n’inclus pas non plus le prix du stationnement au centre-ville, qui à lui seul est plus élevé que le laisser-passer mensuel du RTC.

Vous pourriez me signaler que le prix moyen de l’essence en mai 2008 était considérablement plus élevé qu’en mai 2009, ce qui gonfle le montant du comparatif de 2008. Il n’en reste pas moins que j’arrive à la conclusion que c’est très économique de prendre l’autobus, même si vous ne vous départissez pas de votre voiture.

Les «mais»…

Naturellement, il y a des désagréments non financiers à l’autobus. Et vous constaterez que mon enthousiasme vient en partie du fait que je n’ai pas (encore) eu affaire à la majorité de ceux-ci:

  • La température. Attendre l’autobus à la pluie battante, ça n’a pas l’air plaisant. Heureusement, la température a été très clémente en mai. Ne parlons pas des -30 de janvier s’il vous plaît, j’en grelotte déjà.
  • Le temps. Le trajet en autobus est considérablement plus long que ce que je faisais en voiture. Par contre, j’ai la chance de pouvoir lire en autobus. Ce temps est donc employé à lire des choses que je lirais à la maison de toute façon.
  • Les grèves. Je vois poindre avec inquiétude une possible grève des employés d’entretien dès le 8 juin. Apparemment, le service sera peu affecté. Je me croise les doigts.

Bref, jusqu’ici, tout va bien. Et je vous confirme que c’est économique.

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