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Se débarrasser mieux

août 13th, 2009 Soeur économe 1 comment
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Trop tard pour les adeptes du ménage pré-1er juillet, mais comme il y a bien d’autres occasions, voici quelques façons plus écologiques de se débarrasser de certains surplus mobiliers qu’une poubelle, le bord de la rue ou le milieu de la rivière.

La liste qui suit ne se veut pas exhaustive mais inclut, pour différentes catégories de biens, des programmes et organismes de récupération dont les façons de procéder m’apparaissent bien établies. Si vous en avez d’autres à suggérer, vous êtes les bienvenus. Plusieurs municipalités disposent d’écocentres ou organisent périodiquement des collectes pour certains de ces matériaux. On peut également consulter le Répertoire québécois des récupérateurs, recycleurs et valorisateurs, rendu disponible par Recyc-Québec, pour des besoins particuliers ou de grandes quantités de certains matériaux.

- Réfrigérateur et congélateur: si l’appareil a au moins dix ans et est toujours fonctionnel, le programme Recyc-frigo, d’Hydro-Québec, peut être intéressant. Le ramassage de l’appareil et un retour de 60$ sont inclus, ainsi qu’une remise de 50$ supplémentaire si vous vous procurez un réfrigérateur ou congélateur neuf qui est homologué Energy Star. Vous pouvez même prendre rendez-vous en ligne pour un ramassage.

- Vélo: l’organisme Cyclo Nord-Sud réalise des collectes de vieux vélos, ainsi que pièces et accessoires, les remet en état et les expédie dans des communautés démunies où ils deviennent des gagne-pain. Pour chaque vélo ramassé, on vous demande une dizaine de dollars en argent, mais on vous remet un reçu d’impôt couvrant la valeur du vélo et celle de ce don. On retrouve sur le site Web une liste de dates et lieux de collecte. Sinon, il existe plusieurs petits organismes plus régionaux de remise en état de vieux vélos, comme SOS Vélo à Montréal.

- Matelas: si vous remplacez votre vieux matelas par un neuf, informez-vous auprès de la compagnie qui vous vend ce dernier, plusieurs le ramasseront gratuitement. Autrement, sauf s’il s’agit d’un matelas encore utilisable que vous pouvez remettre à un organisme de bienfaisance, il est difficile de se débarrasser écologiquement d’un vieux matelas. Les écocentres les enverront généralement à l’enfouissement plutôt que de les confier à des recycleurs, puisque ceux-ci leur exigeront un montant plus élevé (les matériaux tirés des matelas ne rapportent pas assez pour couvrir les frais de l’opération). Si vous êtes de Montréal et que vous êtes disposés à vous déplacer avec votre vieux matelas, vous pouvez aller les porter chez Recyc-Matelas.

- Vieil ordinateur, moniteur et périphériques: on peut notamment les rapporter dans les succursales de Bureau en gros. Le matériel sera traité au sein du réseau des Centres de formations en entreprise et récupération (CFER): ce qui est fonctionnel sera retapé et remis au programme Ordinateurs pour les écoles du Québec, ce qui ne fonctionne plus sera démantelé et les pièces seront recyclées sans prendre le chemin des pays en voie de développement. D’après un article de La Presse de juin dernier, il semble par ailleurs qu’un projet de règlement provincial visant à responsabiliser les fabricants de matériel électronique face à la récupération des déchets électroniques devrait être publié prochainement.

- Vieux téléviseur: s’il ne fonctionne plus, les écocentres sont à peu près les seuls points de collecte existants. Si vous hésitez à vous déplacer, vous pouvez vous dire qu’avec plusieurs kilos de plomb et autres métaux par vieux téléviseur, il vaudrait vraiment mieux leur éviter l’enfouissement.

- Téléphones cellulaires: la Société de recyclage des piles rechargeables, un organisme sans but lucratif créé et financé par l’industrie, gère un programme nommé Cellàrecycler. Cette société ramasse notamment les cellulaires dont on veut se défaire (consultez son site pour identifier des points de collecte) qu’elle va soit remettre à neuf ou en recycler les composantes. Pour ceux qui sont remis à neuf, ils sont vendus et une partie des revenus serait remise à des organismes de bienfaisance. Sinon, la plupart des entreprises de cellulaires les reprennent (on présume qu’elles les traitent adéquatement), et certaines indiquent verser une somme minime à un organisme de bienfaisance pour chaque cellulaire retourné.

- Cartouches d’encre: la Fondation Mira ramasse les cartouches et amasse de l’argent en les revendant à des «réusineurs». Tous les modèles sont acceptés et il existe un grand nombre de points de dépôt un peu partout au Québec — un outil de recherche est disponible sur leur site Web.

Notez que j’avais déjà traité du cas des vieux bazous ainsi que des déchets qui leur sont associés ici.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Lisanne!

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Quoi faire de notre verre ? (suite)

juillet 28th, 2009 Soeur économe 1 comment
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Alors, tout ces contenants de verre dont je parlais récemment, comment les gérer ? Je vous présente différentes possibilités.

Les consigner

À l’instar des bouteilles de bière, les autres bouteilles d’alcool pourraient faire l’objet d’une consigne. C’est ce que préconisent les municipalités et les centres de tri. Une matière recyclable en meilleur état, car moins trimballée… et moins de travail pour eux. Quant à la consigne, on la voudrait plus élevée que les cinq cents habituels, question de générer un certain attrait et assurer un bon taux de retour. La plupart des provinces canadiennes, dont l’Ontario depuis 2006, ont implanté une consigne sur les contenants d’alcool. En Alberta, à peu près tous les contenants de liquides sont consignés, même les Tetra Pack de jus.

Au Québec, une consigne sur les bouteilles d’acool en verre ne règlerait cependant pas entièrement les problèmes des centres de tri et la contamination de leurs autres matières par le verre brisé: il y a tous les aliments qu’on achète dans des contenants de verre à l’épicerie. Le verre issu de la Société des alcools du Québec représenterait moins du tiers du total.

La collecte sélective

La SAQ demande le maintien de la collecte du verre à travers nos bacs de reyclage, c’est-à-dire par la collecte sélective. Évidemment, l’instauration d’un système de consigne nécessiterait probablement que les succursales de la SAQ deviennent des lieux de collecte, avec tous les inconvénients ce que ça amènerait et dont les actuels dépositaires de contenants consignés se plaignent déjà (gestion des consignes, entreposage des contenants retournés…). L’argument principal est que le coût d’un système de consigne serait supérieur au coût actuel de la collecte sélective. Or, le système de consigne a l’avantage de pouvoir s’autofinancer, tandis que, présentement, la SAQ verse elle-même chaque année plusieurs millions à différents projets pour soutenir la collecte sélective du verre.

En fait, il y a d’abord quelques millions à un programme d’aide financière à la mise en valeur et au transport du verre récupéré au Québec, en place depuis 2002, qui visait à inciter les centres de tri à développer un meilleur tri de la matière, et qu’ils puissent ainsi disposer d’un produit avec une meilleure valeur de revente. Avec des résultats mitigés, même avant la récente crise. La SAQ verse aussi une redevance annuelle au système de consigne déjà en place en tant que producteur d’une matière recyclée qui n’atteint pas les objectifs de recyclage fixés par le gouvernement. Elle finance enfin une chaire de recherche de l’Université de Sherbrooke sur la valorisation du verre dans les matériaux. En effet, étant donné qu’il semble actuellement difficile de refondre le verre à cause des contaminants qui l’accompagnent, on cherche à l’intégrer notamment au béton. Mais cela ressemble à un pis-aller.

Le réduire à la source

Pour plusieurs aliments, le contenant de verre pourrait probablement être remplacé par un contenant moins lourd et plus recyclable; le désavantage serait la visibilité moindre du produit à l’intérieur. Néanmoins, une volonté de diminuer le coût de transport pourrait constituer un incitatif à chercher à remplacer le verre. Sinon, le gouvernement du Québec a commencé depuis quelques années à intégrer un principe dit de responsabilité élargie des producteurs dans des règlements balisant la gestion de matières résiduelles comme les contenants de peinture et les huiles usées (le matériel électronique devrait suivre). Les producteurs des matières visés se voient imposer l’obligation de prendre en charge le produit lorsqu’il atteint sa fin de vie. Ce pourrait être une solution à considérer pour des matières difficiles à recycler comme le verre et le polystyrène…

Morale de l’histoire

Vous avez beau nettoyer scrupuleusement vos contenants de verre avant de les mettre dans votre bac de recyclage, plusieurs d’entre eux finissent en bouillie, au ramassage, au tri ou à l’entreposage. Avec les coûts et autres problèmes que cela entraîne. À tout le moins, vous pouvez privilégier l’achat d’aliments dans des contenants autres que le verre, vous pouvez toujours aussi leur trouver des utilités au lieu de les placer directement dans le bac…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Robert S. Donovan

Quoi faire de notre verre ?

juillet 18th, 2009 Soeur économe 2 comments
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Un bruit de verre brisé à l’intérieur du camion de recyclage qui vient de ramasser le contenu d’un bac m’a fait penser à un questionnement qui revient régulièrement: quelle est la meilleure façon de gérer le recyclage des contenants de verre ? En prévision de la prochaine fois, je tente un résumé de la situation. Les solutions possibles dans une suite.

Très utilisé

Recyc-Québec calcule que 246 000 tonnes de verre passent chaque année dans nos mains sous forme contenants. Il y a ceux de bière et de boissons gazeuses, qui sont consignés (je traitais ici de ce système), et il y a les autres, non consignés: pots de cornichons, de sauce et de diverses denrées alimentaires, de même évidemment que les bouteilles d’acool. Transparents ou teintés, on place généralement les contenants de verre non consignés dans le bac de recyclage après usage, avec la conscience tranquille.

Même si l’économie d’énergie associée au recyclage du verre plutôt qu’à sa production à partir de matière première est moins importante que pour d’autres matières comme l’aluminium, elle reste significative. Produire du verre à partir de résidus de verre plutôt que de la silice permet en effet des économies importantes: sur l’extraction de la matière première, sur la consommation d’eau et d’énergie requises dans la production, et sur les rejets atmosphériques. Nous avons tout avantage à le recycler, pourrait-on en conclure.

Pas attrayant

Le verre, séparé par couleurs ou sous forme mélangée, est cependant une denrée dont peu de recycleurs sont friands: un centre de tri doit même payer 3$ pour se défaire d’une tonne de verre mélangé d’après les chiffres de mai 2009 de Recyc-Québec. Le verre séparé, incolore ou vert, rapporte quelques dizaines de dollars par tonne, beaucoup moins que bien d’autres matières recyclées. Or, non seulement le verre rapporte peu, mais il diminue la valeur de revente d’autres matières recyclées et occasionne des coûts supplémentaires lors du tri. Le verre comporte en effet un désavantage majeur: il se brise.

Il y a les blessures que le verre cassé peut causer aux travailleurs des centres de tri. Il y a aussi les bris aux installations de tri qu’il occasionne. Ces débris se retrouvent dans les autres matières dont le papier et les contamine — ce serait d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelle la compagnie Cascades, entre autres, s’approvisionnerait préférablement en papier à recycler en Ontario et dans certains États des États-Unis. Tout ça pour un produit difficile à revendre parce que pour être refondu efficacement, il doit à son tour être exempt de tous les contaminants qui viennent généralement avec lui dans le bac de recyclage, dont des débris de plastique.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr deb roby

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