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Perméable et satisfaite de l’être

juin 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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L’asphalte et les pavés standard utilisés pour les stationnements ont en commun d’éviter le plus possible l’infiltration de la pluie et de la diriger vers la rue, avec plusieurs conséquences financières et environnementales. Pour éviter d’y ajouter ma contribution, c’est donc pour des pavés perméables que j’ai opté au moment de faire refaire l’entrée de la maison.

Constatant rapidement l’efficacité du produit pour infiltrer la pluie plutôt que la faire ruisseler vers la rue, je soulevais tout de même certaines préoccupations liées d’une part aux conditions hivernales, et d’autre part face à l’accumulation possible de matière dans les interstices.

Le pavé a passé l’hiver sans coup férir. L’eau infiltrée doit s’être évacuée comme prévu car rien n’a bougé — la possibilité de mouvement constituait une crainte évoquée par l’entrepreneur. Cette éventualité aurait pu se produire si jamais une grande quantité d’eau s’était accumulée avant la saison hivernale. De là l’importance, de s’assurer que le fond du trou se trouve plus bas que la chaîne de rue et de lui donner une légère pente.

Le pavé n’a pas non plus posé de difficulté pour le déneigement. Nous n’avons pas fait affaire avec un entrepreneur en déneigement mais je considère que le pavé perméable devrait se comporter de la même façon qu’un pavé standard à cet égard. Sa surface étant légèrement plus  irrégulière qu’une asphalte ou un pavé standard, il vaudrait tout de même probablement mieux ne pas forcer à outrance le grattage. La pierre placée dans les interstices n’a pas non plus profité de l’hiver pour s’éclipser — aucun ajout ne s’est avéré nécessaire jusqu’à maintenant.

Un peu de matière organique s’est retrouvée entre les pavés depuis l’été dernier, rien toutefois qui semble compromettre l’infiltration d’eau. À défaut d’utiliser un jet d’eau pour déloger ladite matière (même si cette eau s’y infiltrerait, vous comprendrez sûrement pourquoi), ou une balayeuse à feuilles (adieu les petites pierres si l’aspiration est efficace), un balai fait très bien l’affaire.

Certaines municipalités qui offrent une aide financière à l’achat de toilettes à faible débit ou de barils d’eau de pluie par leurs citoyens pourraient avoir envie d’inciter également l’utilisation de pavés perméables ou d’y faire appel elles-mêmes dans leurs projets, qui sait.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr D’Arcy Norman

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Remplir son baril

juin 5th, 2010 Soeur économe Comments off
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Depuis quelques mois, plusieurs municipalités québécoises ont annoncé des programmes pour inciter leurs citoyens à se doter de barils récupérateurs d’eau de pluie. Les bas niveaux d’eau dans les rivières ces dernières semaines et la consommation excessive d’eau potable dans bon nombre de municipalités pourraient accentuer ce mouvement.

Pourquoi ? Accumuler l’eau de pluie canalisée par les gouttières dans un tel contenant comporte deux avantages: celui de réduire la consommation d’eau potable pour l’arrosage extérieur, et celui de réduire le volume d’eau à l’égout en récupérant l’eau des gouttières avant qu’elle ne se retrouve à la rue  (j’en parlais ici). Les municipalités, qui doivent autrement produire l’une et épurer l’autre, réalisent donc des économies. Je suppose qu’elles ont fait leurs calculs, dans la lignée des programmes pour l’achat de composteurs ou de couches lavables.

Certains programmes municipaux sont particulièrement intéressants: Laval offre une remise de 50$ sur l’achat d’un baril, tandis qu’à Repentigny et Terrebonne, on les vend au bas prix de 35$. En Estrie, les prix des barils dont quelques municipalités font la promotion sont substantiellement plus élevés (environ 70$). Sur l’île de Montréal, les éco-quartiers vendraient également de tels barils au prix approximatif de 80$, ce qui représente plus ou moins le prix en magasin.

Si vous pouvez vous procurer un baril usagé, c’est encore mieux (dans une optique de réutilisation) et moins coûteux (il ne vous manquera que quelques babioles pour compléter l’installation). Évitez évidemment les barils ayant contenu des produits chimiques… Plusieurs fournissent des plans de montage, dont la Ville d’Ottawa; l’émission La Vie en vert de Télé-Québec en traite aussi. Si vous êtes plus ambitieux et souhaitez pouvoir disposer de plus grandes réserves d’eau, vous pourriez envisager d’en connecter plusieurs en série, ou même de vous installer un réservoir de beaucoup plus grande capacité pour pourvoir tous vos besoins d’arrosage extérieur.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr fireballsdecai

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En bonne voie de désimperméabilisation

septembre 4th, 2009 Soeur économe 3 comments
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Lors d’un précédent article, j’avais abordé les différents types de recouvrement d’entrée d’auto et leur capacité d’absorption de l’eau. J’avais également indiqué être en réflexion pour le choix d’un nouveau matériau qui remplacerait avantageusement notre entrée de cailloux rendue dégarnie et vallonnée.

Le choix

Parmi les options offrant une bonne perméabilité à l’eau, pour réduire ma contribution au ruissellement urbain et aux eaux d’égout, j’hésitais entre les pavés engazonnés et les pavés perméables. Le premier est constitué d’une structure rigide garnie de trous à l’intérieur desquels on place de la terre et on sème; la structure protectrice permet d’éviter la compaction du sol lorsqu’on y stationne. Le second est un ensemble de pavés d’allure plutôt standard mais qui permet de maximiser l’infiltration de l’eau lors des épisodes de pluie.

Mon choix s’est finalement porté sur les pavés perméables. En fait, j’ai eu de sérieux doutes sur la résistance de la végétation installée dans les pavés engazonnés dans un climat québécois: étant donné qu’il s’agit d’une entrée d’auto qu’on déneige, il m’est apparu très probable que le gel affecte les plantes s’y trouvant, ce qui aurait nécessité de nouveaux semis à chaque printemps. Un peu trop fastidieux, sans compter la nécessité de devoir entretenir cette même végétation en période estivale.

L’installation

L’une des compagnies principales du marché des pavés au Québec offrait cette année un modèle de pavé perméable, un produit donc facilement disponible et à un coût très similaire à celui de pavés standard. Différents entrepreneurs contactés acceptaient d’en faire l’installation, mais aucun n’avait encore réalisé de tel projet.

Pour l’entrepreneur, il fallait également penser à l’inverse de ce qu’il fait habituellement. Ainsi, pour un pavé standard, tout est fait pour décourager l’eau de pénétrer et l’évacuer. L’installation du pavé perméable doit pour sa part permettre à l’eau de s’infiltrer, oui, mais sans pour autant s’accumuler dans les diverses couches sous les pavés, autrement le gel-dégel aurait tôt fait de faire bouger le tout. Les inquiétudes initiales qui m’ont été formulées par l’entrepreneur concernaient justement ce risque: en cas de sol glaiseux, une accumulation d’eau pourrait être à craindre, compte tenu notamment de la chaîne de rue en bas de pente qui empêcherait l’eau infiltrée de s’évacuer. Nous avions convenu, en cas de glaise majeure, de donner une légère pente transversale au fond de l’excavation sous l’entrée et de créer un puits percolant en bordure. Finalement, du tuf et une excavation descendant sous la chaîne de rue ont rendu cette mesure inutile.

Conclusion

Quelques orages récents m’ont permis d’apprécier visuellement la grande capacité de la nouvelle entrée à laisser l’eau pénétrer, alors que celles du voisinage formaient des rigoles. Reste le test de l’hiver mais, plus près, celui également de l’automne, ou comment éviter de laisser trop de matière organique s’accumuler dans les interstices entre les pavés. Encore que des pavés perméables engazonnés pourraient être un hybride intéressant.

De façon globale, une épidémie de scellant à asphalte sévit malheureusement dans le secteur et cet effort de désimperméabilisation se retrouve pour l’instant plutôt… noyé par un ruissellement maximisé dans toutes les autres entrées.

Se désimperméabiliser (suite)

juin 5th, 2009 Soeur économe Comments off

J’avais abordé les façons de diminuer le volume d’eau en provenance de votre toit qui se retrouve inutilement à l’égout. Autre source importante de ruissellement en temps de pluie: l’entrée d’auto.

Stationnements

L’asphalte est probablement la surface la plus imperméable qu’on peut avoir comme matériau d’entrée d’auto, mais le pavé de béton installé de façon conventionnelle lui fait forte concurrence car le sable polymère compacté pour combler les joints rend ceux-ci imperméables.

D’autres options s’offrent à vous (pour un comparatif des coûts, La vie en vert en propose un):

  • Le gravier: s’avère plus perméable et évite le ruissellement de l’eau vers la rue, mais n’a évidemment pas le même fini «propre» et stable apprécié de l’asphalte ou du pavé.
  • Les bandes de roulement: deux enlignements de pavés sur une surface engazonnée; a déjà été commun, mais plus rarement utilisé maintenant. Implique de stationner toujours au même endroit et augmente la surface à tondre, sans compter que l’auto doit être régulièrement absente en journée, autrement les végétaux en-dessous manqueront de lumière…
  • Les pavés perméables: ils ont la même apparence générale que les pavés conventionnels, mais leur forme permet de les espacer davantage les uns des autres et leurs joints ne sont pas remplis de sable polymère mais plutôt de gravier fin, ce qui permet de faire infiltrer l’eau plutôt que de l’évacuer directement vers la rue. Certains sont en plus fabriqués de matériaux recyclés.
  • Les pavés engazonnés: une structure trouée qu’on installe dans l’entrée (un exemple ici), dont on remplit de terre les trous et qu’on ensemence. Peut prendre une apparence très verte ou presque pavée selon le type de structure, mais comporte des inconvénients similaires aux bandes de roulement.

    Disposant d’une entrée en gravier qui a pris de l’âge, je tergiverse présentement entre les pavés perméables et les pavés engazonnés. Il y a l’intérêt éducatif d’une solution peu commune (les pavés engazonnés), et la possibilité de tenter d’y faire pousser différentes espèces, mais l’aspect de la revente éventuelle de la résidence peut rendre moins intéressante une option trop unique — si l’acheteur ne pense qu’à faire refaire le travail, on n’est pas très gagnants. Par ailleurs, la faible différence de prix entre les pavés conventionnels et les pavés perméables que je constate devrait inciter quiconque souhaite en installer à considérer l’option perméable.

    Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Nieve44/La Luz

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    Se désimperméabiliser

    mai 29th, 2009 Soeur économe 2 comments
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    Les surfaces imperméables pullulent en milieu urbain: routes, stationnements et toits de bâtiments notamment. Les eaux de pluie y ruissellent et ont tôt fait de se retrouver à l’égout.

    Or, bien des quartiers résidentiels ne comptent qu’un seul réseau d’égout (dit combiné, ou unitaire), dans lequel les eaux de ruissellement se mélangent aux eaux usées, créant un grand volume d’eaux usées difficilement traitable. Dans ces situations, ou bien l’égout refoule dans les résidences, ou bien on déverse le surplus dans l’environnement, ou encore on construit à grands frais des bassins de rétention en attendant de pouvoir passer ces eaux à la station d’épuration, ou finalement on augmente fortement la capacité de traitement de la station. Sans compter qu’on utilisera de l’eau potable pour arroser une végétation qui aurait très bien pu bénéficier de cette eau. Dans tous les cas, individuellement ou collectivement, on peut calculer que ça revient cher (la construction d’un seul bassin de rétention des eaux pluviales à Verdun coûtera quelque trois millions de dollars). Comment réduire son impact personnel ? Ci-dessous le cas des gouttières, à venir dans un prochain article celui du stationnement.

    Toits des résidences

    L’eau tombant sur les toits chemine évidemment vers les gouttières. Et pour éviter des infiltrations, on tente d’éloigner de nos fondations l’eau qui en sort  — pas toujours de la meilleure façon. Sur beaucoup de résidences (dont bien des constructions récentes, malheureusement), on peut remarquer que l’eau des gouttières semble être dirigée vers le drain de fondation, ou qu’elle est acheminée jusqu’à la rue par un tuyau enfoui. Il s’agit de deux pratiques illégales dans bon nombre de municipalités (Thetford MinesMagog et Sherbrooke sont des exemples)  car elles contribuent inutilement à augmenter le volume d’eau à l’égout. Ailleurs, la gouttière s’écoule dans l’entrée d’auto, avec le même résultat.

    D’autres méthodes plus écologiques (et légales) peuvent être utilisées:

    • Un déflecteur au bas de la gouttière: éloigne l’eau de la fondation tout en la faisant infiltrer dans le sol; une solution simple si le bas de la gouttière arrive à proximité d’une plate-bande ou à proximité du gazon.
    • Un baril pour recueillir l’eau de pluie: on peut s’en procurer ou s’en fabriquer, et l’eau recueillie peut être utilisée subséquemment par exemple pour l’arrosage. Certaines municipalités en encouragent financièrement l’utilisation — la Ville de Québec a récemment indiqué envisager cette option.
    • Un puits percolant: un endroit du terrain où l’on dirige les gouttières, comportant du gravier pour faciliter l’infiltration et une toile géotextile pour éviter l’érosion. Recouvert de gazon donc non apparent. Sans intervention, mais pas de flexibilité sur l’utilisation de l’eau qui s’y écoule.

    Un toit vert serait probablement la solution théorique ultime pour la réduction à la source du ruissellement des eaux de pluie qui y tombent. Avec une panoplie d’autres bénéfices potentiels. Mais pour les toits en pente, le concept est difficilement applicable. Et pour les toits plats, la différence de coût reste substantielle, comme l’indique ce document du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire:

    En 2005, à Montréal, la réfection d’une toiture traditionnelle de bitume coûtait de 54 $/m2 à 97 $/m2 alors que l’installation d’un toit vert extensif, selon les modifications nécessaires, coûtait entre 162 $/m2 et 194 $/m2. Quant au coût d’un toit vert intensif, il variait, selon le type de végétaux (plantes, arbres) de 535 $/m2 à 3 323 $/m2. On comprend alors qu’il soit utilisé surtout pour des bâtiments publics. 

      Image disponible sous licence CC de l’usager flickr blhphotography

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