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Un bon tuyau

août 16th, 2010 Soeur économe Comments off
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Comment arrosez-vous vos végétaux extérieurs ? Source importante de consommation d’eau potable durant l’été, cet arrosage peut s’avérer un réel gaspillage ou être réalisé de façon efficace. Voici quelques éléments à prendre en considération.

Tous les systèmes qui projettent de l’eau en l’air causent beaucoup de gaspillage d’eau et une perte de temps. Je pense ici à tout ce qui est rotatif, oscillant ou pulvérisant. D’une part parce que les gens prennent rarement le temps de les ajuster de façon à éviter que la moitié de l’eau se retrouve dans la rue ou dans l’entrée. Et aussi parce qu’une bonne part de l’eau ainsi projetée en l’air s’évapore avant de retomber au sol, surtout lorsqu’ils sont mis en marche au milieu de la journée. Ces systèmes nécessitent également d’être déplacés à intervalles réguliers pour couvrir toutes les surfaces, ce qui est fastidieux. Enfin, en plus d’être source de gaspillage, le fait de projeter de l’eau sur les feuilles n’est pas recommandable. Des taches brunes pourront apparaître lorsque l’arrosage est fait en plein soleil – ce sont des brûlures.

Les systèmes automatisés d’arrosage constitués de tuyaux enfouis et de tiges d’arrosage dissimulées ne trouvent pas tellement grâce à mes yeux. Relativement compliqué à installer et nécessitant de l’entretien, ce système semble déculpabiliser ses utilisateurs d’arroser toutes les nuits, ce qui est une source de gaspillage évidente. Pire, ces systèmes sont généralement installés pour arroser des pelouses… Absolument non pertinent.

Je range également en marge de la catégorie inefficace les tuyaux plats munis de gros trous placés à intervalles réguliers. Bien que la projection et l’évaporation d’eau soient plus limitéees si le tuyau est soigneusement installé, et que la manipulation soit réduite puisqu’on peut les laisser en place sous une haie par exemple, le débit à la sortie des trous est trop élevé. Ceci peut favoriser le ruissellement de l’eau en surface plutôt que son infiltration dans le sol, et empêche d’en brancher plusieurs de suite puisque la pression baisse trop rapidement.

L’arrosage manuel peut être efficace ou non, selon la période de la journée à laquelle on l’utilise, le débit de l’eau et la source utilisée. L’arrosage manuel avec une lance branchée à un tuyau nécessite vraiment, pour être utile aux plantes, qu’il soit réalisé à cadence modérée – un arrosage superficiel implique que l’opération sera à recommencer dans un court délai. Pour les plantes extérieures en pot, l’arrosage manuel reste néanmoins la seule solution. Vaut mieux dans ce cas arroser directement la surface du sol en cessant lorsque l’eau s’écoule par le fond. C’est aussi probablement l’un des usages à privilégier pour l’eau de gouttière recueillie dans un baril.

Ma faveur va aux tuyaux de caoutchouc poreux, ou suintants. Je les ai vus décrits pour la première fois par le Jardinier paresseux, et l’usage m’a convaincu du bien-fondé de sa recommandation à leur endroit. Comme les tuyaux percés que j’évoquais ci-dessus, ils peuvent être installés sous une haie, mais peuvent aussi très aisément serpenter dans une plate-bande ou longer un potager. Leur caractère poreux permet évidemment un arrosage réparti sur toute leur longueur, et le faible débit permet le branchement de quelques uns en série sans problème, tout en favorisant l’infiltration. Et on peut les recouvrir de terre ou, encore mieux, de paillis. Un branchement permanent (durant la saison estivale) avec un baril d’eau de pluie s’avère également intéressante lorsque celui-ci est surélevé pour créer une pression minimale.

On peut viser à réduire autant que possible les besoins d’arrosage de ses plantes extérieures en les choisissant, on peut les border de paillis, mais lorsque les températures élevées et l’absence de pluie persistent, les végétaux finissent souvent par avoir la mine basse. Et à ce moment, suffit de retrouver l’extrémité du tuyau poreux pour apporter le complément d’eau nécessaire pour assurer leur survie jusqu’à la prochaine pluie.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Robert S. Donovan

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Plantez… bien

mai 21st, 2010 Soeur économe 4 comments
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Mai est un mois où il s’effectue des distributions d’arbres un peu partout (le programme Mon arbre à moi pour souligner l’arrivée d’un nouvel enfant, ainsi que plusieurs municipalités, arrondissements et autres organismes dans toutes les régions). C’est aussi un moment propice pour réaliser des achats réfléchis ou tout à fait impulsifs dans les centres jardins qui offrent une grande variété de végétaux. Quelques trucs pour vous éviter de dépenser pour rien et pour donner une chance à vos protégés de croître raisonnablement.

Ne pas nuire

En choisissant l’espèce et l’emplacement de la plantation, il faut penser en fonction du futur. La hauteur et l’envergure à maturité doivent faire partie des données considérées, ne serait-ce que pour lui éviter de devoir subir une coupe en Y sous les fils électriques ou d’empiéter indûment chez le voisin. Sur le site d’Hydro-Québec on retrouve un répertoire de plusieurs centaines d’espèces pour lesquelles la distance minimale recommandée avec des fils électriques est présentée. Leur guide papier est encore plus complet pour une panoplie d’autres renseignements relatifs aux espèces.

L’ambition racinaire peut aussi être un point à considérer. Certains craignent l’intrusion des racines dans des drains ou des conduites, une situation qui serait toutefois susceptible de se produire surtout dans le cas d’espèces vraiment assoiffées comme les saules, ou lorsque les conduites présentent déjà des fuites. Également, un arbre à enracinement important et superficiel serait peu approprié tout à côté d’une piscine hors-terre par exemple, puisqu’il pourrait affecter éventuellement sa stabilité.

Des conditions raisonnables de croissance

Pour espérer qu’un arbre survive et prospère, il faut choisir un emplacement qui ne convient pas seulement à nos considérations esthétiques ou pratiques (on peut viser à se créer de l’ombre et, selon l’orientation, réduire un peu l’augmentation de la température de notre maison l’été), mais qui lui conviendra aussi. Ainsi, dans des secteurs où la neige est soufflée sur les terrains l’hiver, il s’avère peu approprié de planter un arbre dans la zone de soufflage (à moins d’aimer vraiment installer à chaque automne d’affreuses structures de bois pas toujours très efficaces). De même, la plupart des conifères et certains feuillus sont sensibles aux sels de déglaçage alors vaut mieux les en éloigner raisonnablement.

Il faut aussi considérer que certains arbres toléreront l’ombre d’autres arbres (mais nécessiteront quand même peut-être plus d’eau que ce que ces arbres bien installés daigneront bien lui laisser), tandis que d’autres auront besoin d’un plein ensoleillement pour assurer leur croissance.

Sur bien des terrains, on n’est pas certain du sol qu’on retrouvera avant d’avoir creusé puisque le matériau de remplissage est plutôt hétérogène. Vaut mieux vérifier avant de planter, et ne pas tenter de créer un sol idéal en ajoutant simplement de la «belle terre noire», ce qui ne servira pas du tout la cause de l’arbre planté. Un bon paillis à la base est cependant une aide raisonnable à offrir à une nouvelle plantation, de même qu’un ajout de mycorhizes qui faciliteront son acquisition de nutriments. Oubliez les tuteurs que je classe parmi les pertes de temps dans la plupart des cas.

Des espèces raisonnables

Choisissez une espèce en fonction des conditions que vous pourrez lui offrir et non en fonction de ses fleurs ou de sa grandeur au centre jardin, autrement vous risquez fort d’être déçu. La zone de rusticité d’une espèce n’est pas à négliger puisqu’un arbre qui se trouverait dans une zone d’un nombre plus faible que sa limite est susceptible de voir ses bourgeons geler durant l’hiver et de développer un air plutôt maladif voire de geler complètement durant un hiver plus difficile. Le répertoire en ligne d’Hydro-Québec indique la zone de rusticité des espèces, ne reste plus qu’à identifier la vôtre !

Il faut disposer d’un espace suffisant pour l’espace que nécessitera l’arbre une fois à maturité, autrement vous vous créez la nécessité de le tailler et provoquerez ainsi autant de plaies qui deviendront des portes d’entrées pour des organismes pathogènes. Je suggère également d’éviter les espèces greffées, «horticuturellement difformes», mutilées pour l’esthétisme et autres aberrations du genre, à moins d’être prêts à vous acharner de façon récurrente à les tailler et les protéger pour en maintenir l’allure non naturelle.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks

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Payant, le paillis

juin 30th, 2009 Soeur économe 3 comments

Beaucoup de gens s’échinent régulièrement sur les mauvaises herbes qui poussent et repoussent dans leurs plates-bandes ou leur potager. D’autres, pour éviter de les voir apparaître inopinément, bêchent de façon compulsive leur sol en prévention. Dans les deux cas, une corvée toujours à recommencer. Ma solution pour l’éviter ? Paillis.

Appliqué après une corvée d’arrachage ou en tout début de saison, le paillis empêchera ensuite les indésirables de s’implanter, en plus de réduire les besoins en arrosage. Pour cette dernière raison, j’en mets même dans mes boîtes à fleurs. Mais tant qu’à se donner la peine d’en appliquer, aussi bien le choisir soigneusement. Voici donc ma liste de chouchous, ainsi que ceux que j’évite.

Favoris

Tous les paillis qui suivent sont décomposables. Vous pensez que le fait qu’ils se décomposent constitue un inconvénient puisqu’il vous faudra en réappliquer annuellement ? C’est une activité annuelle obligée même avec un paillis stable, ne serait-ce que pour maintenir l’aspect visuel. Le paillis décomposé de l’année précédente enrichira néanmoins votre sol, ce qui n’est pas le cas de l’autre, et n’étouffera pas vos plants à la longue.

  1. Écales de cacao: ce n’est pas le moins cher des paillis, mais c’est mon préféré. Une fois étalé, il s’agit qu’il soit mouillé une fois pour devenir compact et être ainsi très efficace contre la repousse des mauvaises herbes. Fraîchement appliqué, son odeur vous donnera aussi le goût de manger un peu de chocolat.
  2. Feuilles mortes déchiquetées: ne se vend pas, à fabriquer vous-même ! On s’en prépare en passant la tondeuse sur des feuilles bien sèches tombées au sol à l’automne et en redistribuant aussitôt le produit dans les plates-bandes, ou en l’entreposant pour le printemps suivant. (Évidemment, avec une tondeuse manuelle c’est un peu difficile, mais on peut semble-t-il arriver au même résultat en faisant aller un coupe-bordure dans une poubelle de plastique pleine de feuilles pas trop compactées)
  3. Compost: À la fois engrais et paillis, donc fort bénéfique pour les plantes autour desquelles vous l’étalez. Toutefois moins «imperméable» à l’implantation de mauvaises herbes et, à moins d’en acheter, le produit de votre composteur domestique sera certainement insuffisant pour vos espaces à combler.
  4. Paille: si vous êtes du genre à décorer pour l’Halloween avec des ballots de paille, vous pouvez ensuite les défaire et en utiliser comme paillis. Peut-être moins sobre que mes autres choix, mais tout à fait adéquat pour des endroits moins visibles comme le fond de la cour ou le dessous d’une haie.

Il existe aussi d’autre paillis décomposables que je n’ai encore jamais essayés mais auxquels je trouve le potentiel d’offrir les mêmes bénéfices que ma sélection ci-dessus, notamment: écales de sarrasin, bois raméal fragmenté et paillis forestier.

À éviter

Plusieurs de ceux qui suivent sont des paillis très populaires. Mais je ne les trouve pas aussi efficaces que les précédents pour remplir leur mission première (s’éviter de l’arrachage), et ils comportent des inconvénients majeurs.

  1. Les cailloux: ils sont souvent utilisés par-dessus une toile géotextile. Horreur. Oui, ça peut sembler joli, mais ça ne durera pas. Des feuilles et toutes sortes de matières s’y déposeront, des plantes indésirables y pousseront, les plants qui devaient être protégés seront étouffés, et vous vous imaginez vraiment devoir ramasser les cailloux pour nettoyer et tout recommencer ? Tant qu’à vous donner cette peine, asphaltez vos plates-bandes.
  2. Le paillis de cèdre (orange, noir et autres couleurs généralement pas naturelles): il doit s’en vendre des tonnes et des tonnes au Québec. Le «cèdre» (thuya) est un bois très résistant, donc ce sont des copeaux qui prendront très longtemps avant de se décomposer. Relativement efficace contre l’arrivée des mauvaises herbes au début mais n’enrichit pas le sol et réduirait même la croissances des plantes à proximité lors de sa première année.
  3. Les gros morceaux d’écorce: en gros le même principe que les cailloux, mais tout de même un air un peu plus naturel. Si vous en avez et ne savez pas quoi en faire, ça pourrait servir par exemple au pied de conifères où il ne pousse de toute façon rien.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr crincklecrankle.com

Pertes de temps extérieures

mai 18th, 2009 Soeur économe Comments off
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Depuis quelques fins de semaine, mes voisins s’activent à entretenir leur terrain. Comme je suis généralement en accord avec les principes véhiculés par le Jardinier paresseux, d’une part, et que je privilégie d’autre part, comme le devraient la plupart des gens, d’éviter le gaspillage (de temps, d’argent et de matières premières), je ne peux m’empêcher de déplorer plusieurs des comportements que j’observe.

Zélé

- Le déchaumage: un peu tard pour le mentionner, puisque plusieurs s’y sont activés depuis la fonte de la neige déjà, mais inutile. Le gazon poussera quand même si des brins morts restent au sol, et une fois poussé, rien n’y paraîtra plus.

- L’annihilation de toute matière organique en décomposition: la balayeuse dans les plates-bandes, enlevez-moi ces feuilles mortes et ces petites tiges restantes jusqu’à la dernière ! Et pourquoi ? Pour mieux devoir ajouter des sacs de compost cet été et de l’engrais parce que le sol s’est appauvri et que la végétation peine à pousser ?

- Le pissenlit maudit: si vous ressentez encore une réprobation de vos voisins face à de joyeux pissenlits sur votre terrain et que vous vous astreignez à leur enlèvement, prenez au moins le soin de semer quelques graines de gazon après chaque arrachage. Autrement, ces sites seront aussitôt recolonisés par une autre espèce opportuniste, voire la même, et le travail sera à recommencer.

- Ramasser les résidus de tonte: herbicyclez, plutôt. Moins de travail, moins de déchets, les mêmes résultats. Et si vous persistez, ne vous payez pas en plus des épandages d’engrais, votre argent se retrouvera presque directement dans vos sacs.

De bonnes intentions

- Le paillis de «cèdre» orange: oui, du paillis permet de réduire la fréquence d’arrosage et la pousse des mauvaises herbes dans les plates-bandes, mais vaut mieux qu’il soit décomposable pour, à la longue, s’intégrer au sol et l’enrichir plutôt que de rester intact (puisque de toute façon on en ajoute à chaque année). En plus d’être franchement non naturel comme couleur.

- Le tuteur étrangleur: les tuteurs sont généralement très peu utiles, même pour de nouvelles acquisitions végétales, mais si cela vous sécurise de le faire, enlevez-les après un an. Après quatre ou cinq ans, c’est généralement l’arbre qui retient le tuteur, quand ce dernier n’est pas carrément en voie de l’étrangler. Triste.

Au secours

- Le nettoyage de l’entrée d’auto au boyau d’arrosage: balais. Balais !

- Enlever tout le gazon existant pour mieux faire poser du gazon en plaques: que de travail et d’argent pour strictement rien. Un peu de terre et un semis par-dessus le gazon existant auraient amplement fait le travail de le regarnir au goût du proprio.

- L’art topiaire intensif: il n’y a guère d’arbustes qui supportent bien ces coupes à répétition dans notre climat. Une haie de forme carrée ou une épinette en cône parfait, c’est sensé être joli ? Ménagez le sécateur.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr G & A Sattler

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