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Il y a un an: la crise commençait

septembre 15th, 2009 Ebenezer No comments
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Il y a un an aujourd’hui, la crise financière débutait. C’est en effet le 15 septembre 2008 que la firme Lehman Brothers a déclaré faillite, à cause de ses investissements peu judicieux dans le papier commercial de mauvaise qualité. Cette faillite a entraîné la baisse quotidienne du Dow Jones la plus importante depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Le début d’une réaction en chaîne

On associe généralement le début de la crise avec la faillite de Lehman Brothers parce que celle-ci menaçait de débuter une réaction en chaîne. Plusieurs compagnies et fonds d’investissements avaient en effet prêté de l’argent à Lehman Brothers et perdaient ainsi leur investissement. La question qui leur brûlait les lèvres désormais était: qui sera la prochaine à faire faillite? En attendant de savoir, plus personne ne voulait prêter d’argent à personne. Les dépôts des citoyens sont protégés par la FDIC, mais les investissements corporatifs, eux, ne le sont pas. On a donc assisté à l’équivalent d’une panique bancaire dans le monde des entreprises. L’ennui, c’est qu’une très grande majorité des entreprises américaines ont besoin d’emprunter de l’argent sur une base quotidienne pour financer leurs opérations. (Pour plus de détails sur cet épisode, je vous encourage à écouter cette émission de radio (en anglais), qui explique le tout très simplement.)

La crise du crédit: l’économie américaine au bord de l’apocalypse

Cet enchaînement très rapide d’événements a amené le secrétaire au trésor d’alors (l’équivalent de notre ministre des Finances) à proposer un ambitieux plan de 700 milliards de dollars afin de sauver les banques qui n’étaient pas encore tombées. Lui et le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, auraient rencontré à huis clos des dirigeants influents du Sénat le 18 septembre 2008 (trois jours seulement après la faillite de Lehman Borthers) en leur disant que si le plan de sauvetage n’était pas adopté rapidement, on ne parlerait plus de la Grande Dépression des années 30… parce que celle à venir serait bien pire.

Ce n’est pas tous les jours qu’on n’a que trois jours pour décider de dépenser plus que la dette du gouvernement fédéral canadien.

Aurait-on dû sauver Lehman Brothers?

Je présume que plusieurs doctorats seront rédigés dans les prochaines années pour analyser si c’était une erreur ou non pour le gouvernement américain de laisser Lehman Brothers déclarer faillite. Avait-on sous-estimé l’effet domino? Étant donné l’ampleur de la bulle qui existait, un tel choc était-il inévitable pour revenir à une situation normale?

Le PDG de la Banque Nationale avait déclaré, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires, être clairement du côté de ceux qui croient que ce fut une grave erreur.

Toutes ces questions méritent d’être explorées, non pas pour trouver qui blâmer, mais plutôt pour savoir quoi faire la prochaine fois que ça se présentera.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Tom T
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Des obligations du Canada… en dollars américains?

septembre 2nd, 2009 Ebenezer No comments
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La semaine dernière, je lisais dans Les Affaires que le Canada allait procéder à l’émission d’obligations en dollars américains, contrairement à son habitude qui est de les émettre dans la devise locale. L’ennui, c’est que les opérations de finance internationale sont parfois si complexes que ça prendrait un article de plusieurs pages pour permettre à une personne normale (posons comme hypothèse, par souci de simplicité, que j’en suis une) de comprendre quelque chose à ce charabia.

Freiner la hausse du huard ou spéculer sur la valeur du USD?

Je vois deux justification possible à cette décision du ministre des Finances, Jim Flaherty: d’un côté, il peut s’en servir comme d’un outil pour contrôler la valeur de la monnaie canadienne (tel que prévu à l’article 17 de la Loi sur la monnaie). D’un autre côté, il peut également espérer que la valeur du dollar américain diminue considérablement, ce qui rendrait les obligations moins coûteuses pour le Canada.

Car, si on se souvient de mes quelques articles sur les obligations corporatives, on se rappelle qu’une obligation, c’est essentiellement une dette que l’émetteur contracte auprès de celui qui achète ladite obligation. Si vous faites l’acquisition d’obligations d’épargne du Canada, en fait, c’est le gouvernement canadien qui vous emprunte de l’argent.

Contrôler la montée du dollar canadien

La véritable raison est fort probablement celle prévue par la loi: avec le déficit budgétaire qui se creuse aux États-Unis et la montée du prix du pétrole, nous assistons à un scénario parfait pour une augmentation significative de la valeur du dollar canadien par rapport au billet vert. Afin de protéger les exportateurs (surtout le secteur manufacturier, déjà bien mal en point), le gouvernement canadien, en émettant des obligations en dollars américains, augmente la demande pour ce dernier, ce qui devrait logiquement amener une diminution de la valeur du dollar canadien par rapport à la devise de nos voisins du Sud.

Question éditoriale: pourquoi diable le gouvernement n’a-t-il pas utilisé cette mesure il y a 18 mois afin de protéger le secteur manufacturier de l’Ontario et du Québec?

Réduire le coût de la dette?

Le ministre pourrait également (mais je me permets d’espérer qu’il n’irait pas jusque là!) parier que le gargantuesque déficit gouvernemental américain amènera un diminution considérable de la valeur du dollar américain, ce qui réduirait d’autant la dette du gouvernement canadien. Par exemple, une obligation émise à 1000$US aujourd’hui coûterait environ 1100$CAN… Si le taux de change arrive à parité, le gouvernement canadien n’aurait qu’à débourser 1000$CAN pour rembourser totalement le détenteur de l’obligation!

Les événements financiers de la dernière année m’ont toutefois rendu très sceptique face à la spéculation en général…

Commentaire: pas de lunettes roses pour Ebenezer

août 29th, 2009 Ebenezer 2 comments
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Bon, ce n’est pas dans mon habitude, mais je me laisse aller à émettre mon opinion sur l’économie en général et, surtout, sur la question: a-t-on enfin atteint le fond du baril ? (J’avais tenté moins habilement que plus d’y répondre en décembre et en février derniers) Mais, tout d’abord, je vous sers un avertissement: j’ai tendance à être plus inquiet que nécessaire.

Un fond spongieux

La plupart des indicateurs économiques (pertes d’emplois, volume de ventes de maisons aux États-Unis, les indices boursiers, la confiance des consommateurs) démontrent clairement que la chute libre est terminée. C’est déjà une excellente nouvelle! Par contre, on ne parle pas encore de croissance significative de l’économie.

Ici, mon côté pessimiste reprend le dessus: certains éléments m’inquiètent beaucoup et m’amènent à me ranger du côté de ceux qui craignent une seconde récession (double-dip, en anglais) plutôt que l’hyperinflation:

Heureusement, les projets d’infrastructures du plan de relance devraient se mettre en branle sérieusement cet automne. On peut donc espérer que cet apport d’argent compensera les trois éléments qui m’inquiètent!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr brewrat

Le gouvernement américain profite de son aide aux banques

août 17th, 2009 Ebenezer No comments
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J’ai écrit il y a quelque temps à propos de la situation financière des grandes banques américaines. On y apprenait entre autres que certaines banques ont déjà retrouvé le chemin de la profitabilité après avoir connu des difficultés l’automne dernier, et d’avoir eu besoin de plusieurs dizaines de milliards de dollars d’aide gouvernementale.

Un placement rentable

Au moment de l’annonce de l’aide, on avait peu insisté sur un aspect important de celle-ci: il ne s’agissait pas d’une subvention, mais bien d’un prêt avec un taux d’intérêt de 5% (en fait, des actions privilégiées…) assorti d’options d’achat d’actions de la banque à un prix inférieur à celui du marché, valides jusqu’en 2018.

Pour simplifier les choses, admettons que l’action de la Banque DesPauvres vaut 20$. Le gouvernement nous accorde un prêt avec intérêts et, en plus, la banque lui donne le droit de se procurer une quantité fixe d’actions de la banque au prix de 18$ par action, et ce, à n’importe quel moment entre aujourd’hui et 2018. Si l’action de la banque s’élève à 30$, le gouvernement pourra réaliser 12$ de profit par action!

C’est exactement ce qui s’est produit dans le cas de plusieurs banques jusqu’à maintenant: le gouvernement américain a obtenu 1.27 milliard de profit (intérêts sur le prêt et profit sur les options) sur 10 milliards de prêt à la banque Morgan Stanley. Ça donne un rendement de 12.7% en moins d’un an! Plutôt mieux que le marché boursier pour la même période. Du côté de Goldman Sachs, le gouvernement a obtenu un retour sur investissement annualisé de 23%!

Bank of America et Citigroup: pas encore de gains

Il faudrait tout de même être prudent avant de dire que le gouvernement américain a fait des affaires d’or. Les banques en santé sont naturellement celles qui remboursent leur prêt le plus rapidement, et ce sont elles qui rapportent le plus d’argent au gouvernement. Par contre, Bank of America et Citigroup ont chacune reçu plus d’aide que JP Morgan Chase, Morgan Stanley et Goldman Sachs combinées. Ces dernières ont remboursé leur prêt, mais pas les deux premières. Les gains annoncés récemment pourraient donc rapidement être éclipsés par des pertes sur ces gros joueurs.

De plus, une portion significative du plan d’aide est allée à des «petites» banques et plusieurs d’entres elles sont en difficulté. On n’a qu’à jeter un œil sur la liste non officielle des banques en difficulté de CalculatedRisk pour s’en donner une idée. Si certaines de ces banques déclarent faillite, le gouvernement perdra non seulement les intérêts sur le prêt, le profit sur les options, mais le montant initial du prêt aussi.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr army.arch (c’est Fort Knox, sur la photo)
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Les banques américaines enregistrent des profits records?

août 9th, 2009 Ebenezer 1 comment

2974942783_ecc8a050b7_mAvec toutes les discussions qui ont porté sur les problèmes des banques américaines et l’aide qu’elles ont réclamé du gouvernement fédéral, plusieurs s’étonnent maintenant de voir ces mêmes banques annoncer des profits records.

Voici donc un tableau des banques américaines les plus connues: combien d’aide elles ont reçu, combien de cet argent a été remboursé et quels sont les profits annoncés au dernier trimestre.

Les résultats des grandes banques

Banque Aide gouv. Remboursé Profit (Q2 09) Note
JP Morgan Chase 25 25 2.7
Morgan Stanley 10 10 -1.26
Goldman Sachs 10 10 3.44
Bank of America 52.5 0 2.42 Gains extraordinaires de 3.8? (1 et 2)
Citigroup 50 0 4.39 Gain sur vente d’actif de 6.7 (1)
Wells Fargo 25 0 2.58
Données de l’aide gouvernementale provenant du site ProPublica et profits trimestriels provenant de Google Finance
Tous les chiffres sont en milliards

Que conclure de tout cela? Premièrement que le portrait est très inégal. Certaines banques se portent bien, d’autres beaucoup moins. Même si presque toutes affichent des profits, il faut savoir que ceux de Citigroup et de Bank of America reposent sur la vente d’actifs qui ne sont pas récurrents. Leurs opérations demeurent déficitaires!

Les consommateurs ne sont pas payants

En fait, en lisant les articles sur les plus récents résultats financiers de ces géants, on découvre que la portion banque d’investissement (émission d’actions, émission d’obligations, fusion de compagnies, etc.) de leurs opérations va très bien. Le côté consommateur (hypothèques et cartes de crédit), de son côté, se porte beaucoup moins bien. Toutes les banques ont des provisions pour mauvaises créances de plusieurs milliards de dollars.

Bref, le monde bancaire américain est encore très fragile et le restera tant et aussi longtemps que des centaines de milliers d’Américains perdront leur travail chaque semaine. De plus, il faut réaliser que je n’ai ici jeté un œil qu’aux grandes banques et non aux petites banques régionales, qui  se comptent par milliers et qui vont beaucoup moins bien.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr kevinzhengli
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Les chiffres du chômage s’améliorent aux États-Unis: prudence avant de se réjouir!

juillet 20th, 2009 Ebenezer No comments
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Le Bureau du Travail (Department of Labor) a publié jeudi dernier deux indicateurs hebdomadaires qui sont très très suivis: le nombre de premières demandes d’assurance chômage et le nombre total de personnes qui bénéficient de ce programme.

Tout va bien, madame la marquise

Les chiffres publiés sont très très encourageants! Le nombre de premières demandes a baissé à 522 000, comparativement à 569 000 la semaine précédente (celle-ci était la première sous la barre des 600 000 depuis janvier dernier). Le nombre total de personnes qui bénéficient du programme a baissé, lui, de 642 000, pour s’établir à 6 273 000.

On sort les gazous, les feux d’artifice et on célèbre la fin de la récession? Pas si vite.

C’est la faute des saisons!

Puisque le marché de l’emploi est fortement impacté par les saisons (tourisme et agriculture en été, commerce de détail en décembre, par exemple), les statistiques sont toujours ajustées pour en tenir compte. Elles sont «désaisonnalisées». Or, aux États-Unis, un phénomène habituel à la mi-juillet est la mise à pied temporaire d’employés dans les usines automobiles alors que les entreprises réduisent la production pour la période estivale.

Comme l’expliquent CalculatedRisk et PlanetMoney, il y a une particularité cette année: ces mises à pied ont déjà eu lieu il y a plusieurs mois à cause de la crise dans laquelle les manufacturiers sont plongés. L’ajustement statistique «compense» donc pour des mises à pied qui ont déjà eu lieu et cela améliore artificiellement les chiffres qui sont présentés.

En termes non ajustés, il y a eu une augmentation de 86 389 du nombre de premières réclamations. C’est un peu moins encourageant.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tanakawho
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La situation catastrophique de la Californie

juin 28th, 2009 Ebenezer No comments
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Le corollaire de l’énorme plan de relance mis en place par l’administration Obama, c’est que le gouvernement fédéral s’endette à un rythme effrayant. Si l’anglais ne vous fait pas peur et que ça vous intéresse, je vous recommande chaudement le vidéo I.O.U.S.A. qui vous donnera une idée de l’ampleur du problème. Par contre, les États américains font également face à des problèmes budgétaires graves: leurs revenus sont en baisse et les dépenses augmentent… et plusieurs ont une loi antidéficit (comme le Québec, d’ailleurs).

Californie: les chèques vont rebondir

L’État américain qui est dans la pire situation de tous, c’est la Californie. Le trésorier de l’État a averti le gouverneur que, le 29 juillet prochain, l’État manquera d’argent: il ne sera pas en mesure de payer tous ses employés et d’effectuer les paiements sur sa dette tel que prévu. En avril prochain, il lui manquera plus de 25 milliards de dollars pour fonctionner, si rien n’est changé.

Des coupures partout

Comme le gouvernement fédéral a refusé d’aider la Californie, la seule solution qui s’offre à cet État est de couper sauvagement dans ses programmes. Le Los Angeles Times parle de:

  • Abolition d’un programme d’aide pour 500 000 familles pauvres
  • Abolition de l’assurance médicale pour 928 000 enfants et adolescents
  • Des coupures dans l’aide financière aux États-Unis
  • Fermeture de 220 parcs d’État (il n’en restera que 59 ouverts!) – Source TreeHugger
  • 4 milliards de coupures dans le budget du ministère de l’Éducation – Source California Department of Education

Toutes ces coupures se traduiront par des pertes d’emplois pour des employés de l’État, qui iront grossir les rangs des chômeurs… dans un État où le taux de chômage s’élève déjà à 11,5%. Rien pour aider à augmenter les revenus de l’État!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Bengt E Nyman

Une reprise «sans emploi»

juin 24th, 2009 Ebenezer 1 comment

Depuis quelques mois déjà, on parle de stabilisation de l’économie (j’ai même récemment abordé le désengagement du gouvernement dans le cadre de l’après-crise). Les nouvelles ne sont pas bonnes, mais elles sont clairement moins unanimement mauvaises que cet automne. Le plus récent lauréat du prix Nobel d’économie, Paul Krugman, suggère même que la fin officielle de la récession se produira probablement cet été.

Par contre, même si les marchés boursiers ont monté considérablement depuis le mois de mars dernier, le marché de l’emploi demeure malmené, et tout indique que la situation ne s’améliorera pas de sitôt. Le toujours excellent blogue américain CalculatedRisk nous présente quelques graphiques très révélateurs mettant en relation la croissance du PIB et le marché de l’emploi.

Grapthique de CalculatedRiskblog.com

On peut voir sur ces graphiques que lors des deux récessions précédentes, le marché de l’emploi a commencé à s’améliorer entre 15 et 19 mois après la fin officielle de la récession.

Ce sont des chiffres américains et le marché de l’emploi au Canada et surtout au Québec est en bien meilleure posture, mais nous exportons beaucoup vers les États-Unis et plusieurs entreprises d’ici dépendent d’une consommation vigoureuse de la population de nos voisins du Sud!

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Le plan vert d’Obama

mai 23rd, 2009 Ebenezer No comments
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Comme jesuispauvre.com n’existait pas encore lors de la dernière campagne électorale fédérale, je n’ai pas eu l’occasion de parler de mon support du plan vert proposé par le parti libéral. Je trouvais que c’était un excellent moyen d’utiliser les forces économiques pour assurer un développement qui minimise son impact sur l’environnement.

La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement américain souhaite maintenant mettre en place un plan similaire.

Mécanisme de plafond et d’échange de crédits de carbone

Le plan américain, c’est un système de «cap and trade». Qu’est-ce que c’est? Pour commencer, si vous êtes à l’aise en anglais, je vous recommande le vidéo ci-bas, qui l’explique très bien en deux minutes. Pour les autres, consultez mon résumé juste après le vidéo.

Comment fonctionne le mécanisme?

  • En premier lieu, le gouvernement détermine la quantité maximale de carbone qui peut être émise par les industries
  • Ensuite, il distribue ce total à travers toutes les industries
  • Si une compagnie produit plus de carbone que son maximum attitré, elle doit acheter des droits de pollution supplémentaires d’une autre compagnie qui, elle, pollue moins que son maximum.
  • Les avantages: on encourage les compagnies à réduire la pollution émise et on pénalise celles qui polluent. De plus, on permet aux compagnies de mesurer beaucoup plus exactement l’argent économisé par des améliorations environnementales ou énergétiques.
  • Les désavantages: le prix des produits qui proviennent de compagnies polluantes (essence, électricité).

Bref, vive le plan Obama. Et espérons que le Canada suivra l’exemple américain!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr phault

Le taux d’épargne continue d’augmenter

mai 20th, 2009 Ebenezer No comments

En début d’année, nous avions prédit que 2009 serait l’année de l’épargne, alors que les ménages à travers le monde (mais surtout aux États-Unis) diminuent leurs dépenses en raison de craintes pour leur emploi. La tendance se confirme: en mars, le taux d’épargne a atteint 4,1%, un taux qu’on n’avait pas observé depuis dix ans.

Plus d’épargne, c’est sain

Après quelques années avec un taux d’épargne pratiquement nul, on ne peut que saluer une attitude plus prudente de la part des ménages américains. Les contributeurs de jesuispauvre.com sont des grands fans de l’épargne — avoir un coussin de sécurité et un endettement sous contrôle permettent une plus grande liberté et, je le crois, une utilisation plus efficace de notre argent!

Certains ont d’ailleurs pointé l’endettement excessif des ménages américains comme une cause de la récession qui nous touche présentement. David Beim, professeur à la Columbia Business School, racontait au blogue PlanetMoney (voir la section Twin Peaks) que le ratio de la dette des ménages sur le PIB était de 100% en 2008, et que la dernière fois qu’il avait atteint ce niveau, c’était en 1929.

L’effet pervers de l’augmentation de l’épargne

Naturellement, tout cela n’a pas de que du bon: l’augmentation de l’épargne, ça veut dire que les consommateurs dépensent moins… et que les manufacturiers et détaillants vendent moins de téléviseurs HD, de portables et d’automobiles. Ces compagnies engagent moins d’employés, ce qui n’est pas très bon pour l’économie.

Il n’en reste pas moins que mon opinion, c’est que le niveau d’activité économique dont nous avons profité durant les dernières années n’était pas soutenable à long terme et que la correction actuelle était donc malheureusement nécessaire.

Le graphique qui suit provient de l’excellent blogue (en anglais) CalculatedRISK: il s’agit de l’évolution du taux d’épargne des ménages américains depuis 1959. Les colonnes bleues sont des périodes de récession.

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