Il y a un an: la crise commençait
Il y a un an aujourd’hui, la crise financière débutait. C’est en effet le 15 septembre 2008 que la firme Lehman Brothers a déclaré faillite, à cause de ses investissements peu judicieux dans le papier commercial de mauvaise qualité. Cette faillite a entraîné la baisse quotidienne du Dow Jones la plus importante depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Le début d’une réaction en chaîne
On associe généralement le début de la crise avec la faillite de Lehman Brothers parce que celle-ci menaçait de débuter une réaction en chaîne. Plusieurs compagnies et fonds d’investissements avaient en effet prêté de l’argent à Lehman Brothers et perdaient ainsi leur investissement. La question qui leur brûlait les lèvres désormais était: qui sera la prochaine à faire faillite? En attendant de savoir, plus personne ne voulait prêter d’argent à personne. Les dépôts des citoyens sont protégés par la FDIC, mais les investissements corporatifs, eux, ne le sont pas. On a donc assisté à l’équivalent d’une panique bancaire dans le monde des entreprises. L’ennui, c’est qu’une très grande majorité des entreprises américaines ont besoin d’emprunter de l’argent sur une base quotidienne pour financer leurs opérations. (Pour plus de détails sur cet épisode, je vous encourage à écouter cette émission de radio (en anglais), qui explique le tout très simplement.)
La crise du crédit: l’économie américaine au bord de l’apocalypse
Cet enchaînement très rapide d’événements a amené le secrétaire au trésor d’alors (l’équivalent de notre ministre des Finances) à proposer un ambitieux plan de 700 milliards de dollars afin de sauver les banques qui n’étaient pas encore tombées. Lui et le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, auraient rencontré à huis clos des dirigeants influents du Sénat le 18 septembre 2008 (trois jours seulement après la faillite de Lehman Borthers) en leur disant que si le plan de sauvetage n’était pas adopté rapidement, on ne parlerait plus de la Grande Dépression des années 30… parce que celle à venir serait bien pire.
Ce n’est pas tous les jours qu’on n’a que trois jours pour décider de dépenser plus que la dette du gouvernement fédéral canadien.
Aurait-on dû sauver Lehman Brothers?
Je présume que plusieurs doctorats seront rédigés dans les prochaines années pour analyser si c’était une erreur ou non pour le gouvernement américain de laisser Lehman Brothers déclarer faillite. Avait-on sous-estimé l’effet domino? Étant donné l’ampleur de la bulle qui existait, un tel choc était-il inévitable pour revenir à une situation normale?
Le PDG de la Banque Nationale avait déclaré, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires, être clairement du côté de ceux qui croient que ce fut une grave erreur.
Toutes ces questions méritent d’être explorées, non pas pour trouver qui blâmer, mais plutôt pour savoir quoi faire la prochaine fois que ça se présentera.
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Tom T








