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États-Unis: aide financière aux banques camouflée?

juin 12th, 2010 Ebenezer 1 comment
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Comme vous le savez, le gouvernement américain a dû intervenir de façon massive en 2008 et 2009 pour aider le secteur bancaire qui était au bord du gouffre. Heureusement pour lui, le coût de ce programme a été fortement réévalué à la baisse.

On pourrait donc se dire que, finalement, peu d’argent public a été utilisé pour aider les banques à payer des bonus généreux à leurs employés. Or, d’autres programmes du gouvernement, dont le coût s’élève à plusieurs dizaines de milliards, semblent passer sans vagues parce que l’aide aux banques n’est qu’indirecte.

Maintenir la valeur des maisons

Les problèmes financiers des banques sont causés par les pertes sur les prêts hypothécaires (tant résidentiels que commerciaux)… Donc plus la valeur des propriétés baisse, plus les pertes sont grandes. En maintenant la valeur des maisons, le gouvernement aide les banques à réduire leurs pertes.

Deux programmes contestés

Le premier programme, décrié à peu près unanimement par les économistes, est le First Time Home Buyer Tax Credit, ou crédit d’impôt pour premiers acheteurs. Il accorde un crédit d’impôt de 8000$ (c’est pas rien!) à chaque acheteur de maison qui n’en a pas possédé depuis trois ans. Selon certaines études, pas plus de 25% des acheteurs se qualifiant pour ce crédit d’impôt n’auraient pas acheté sans le programme.

Le deuxième programme est la garantie de prêts hypothécaires: via la Federal Housing Administration (FHA), ce qui se rapproche le plus du côté américain de la SCHL au Canada, le gouvernement américain garantit des prêts hypothécaires consentis par les banques américaines. Les pertes de cet organisme se comptent en milliards.

Bref, plus ça va, plus j’arrive à la conclusion que ces programmes, que les économistes qualifient d’inefficaces, sont en fait une façon moins impopulaire d’aider les banques. Après tout, qui est contre les subventions à l’achat d’une maison?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr _G2

Goldman Sachs: parier contre sa propre équipe

mai 15th, 2010 Ebenezer Comments off
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Je sais, je suis un peu en retard dans les nouvelles. Mais l’histoire a reçu relativement peu de couverture ici au Québec et l’explication n’est pas toujours claire (ça ne veut pas dire que je réussirai à l’être plus… simplement que j’essaie!).

Les joueurs

D’abord, le joueur principal: Goldman Sachs. La plus grande banque d’affaires aux États-Unis et l’institution financière qui s’est, de loin, la mieux tirée d’affaire pendant la crise. Elle a vendu des produits financiers dont le rendement était basé sur des hypothèques de mauvaise qualité. Ensuite, il y a une firme de capital de risque du nom de Paulson & Co. Celle-ci a conseillé Goldman Sachs sur la sélection des hypothèques à utiliser pour «maximiser» le rendement des produits financiers.

Parier contre son équipe

Le problème: Paulson & Co. qui, on se le rappelle, a aidé à choisir quelles hypothèques à risque seraient incluses dans le produit que Goldman Sachs offrirait à ses clients, choisissait plutôt de son côté de vendre à découvert ces mêmes titres. C’est un peu comme si votre conseiller financier détenait des actions d’une compagnie qu’il pense en difficulté financière. Il vous appelle donc en vous suggérant d’en acheter en laissant entendre qu’il trouve que c’est un bon choix: il en a dans son propre portefeuille. Vous acceptez et procédez à l’achat des actions sur le marché. Simultanément, votre conseiller vend ses actions au prix actuel. Le mois suivant, la faillite est annoncée et vous vous retrouvez avec rien du tout. (Je simplifie un peu…)

Ou, puisque j’écris ces lignes au moment où le Canadien joue son sixième match, c’est un peu comme si Jacques Martin pariait sur la défaite de son équipe… et choisissait d’envoyer Carey Price garder le filet. Voilà, c’est la première fois que je parle de hockey sur jesuispauvre.com et je n’entends pas récidiver de sitôt!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Kaloozer (C’est Pete Rose, qui s’était fait prendre dans des histoires de paris alors qu’il était gérant des Reds de Cincinnati)
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Encore la paye des dirigeants

février 4th, 2010 Ebenezer 5 comments
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J’ai déjà abordé à quelques reprises le sujet de la paye des dirigeants de grandes entreprises, entre autres pour affirmer qu’à mon opinion, leur rémunération très élevée n’est pas nécessairement dans le plus grand intérêt des actionnaires.

Le Wall Street Journal citait récemment deux études qui confirment cet état de fait.

Un PDG vedette n’est pas à l’avantage des actionnaires

La première étude s’est attardée spécifiquement sur le salaire du PDG. Les chercheurs ont comparé la proportion de la rémunération de celui-ci relativement aux autres dirigeants de l’entreprise. Plus cette proportion est élevée (le PDG gagne beaucoup plus que ses bras droits), plus le rendement de la compagnie est faible.

1$ de salaire de plus = 100$ de moins dans les poches des actionnaires

La deuxième étude a comparé la rémunération du PDG et le rendement boursier des compagnies. La conclusion? Les firmes qui paient le plus leur PDG leur offrent une rémunération de 23 millions de dollars par année. Le résultats financiers de ces compagnies? Elles appauvrissent leurs actionnaires de 2,4 milliards par année, par rapport à un investissement dans une compagnie qui paie moins cher son PDG.

Je présume que l’étude complète comparerait également la taille de l’entreprise avec le salaire du PDG. On peut présumer que plus l’entreprise est grande, plus son dirigeant sera payé cher. Les résultats de l’étude pourraient alors indiquer que les plus petites compagnies performent mieux que les plus grandes.

Dans tous les cas, les mécanismes qui permettent de déterminer la rémunération des dirigeants d’entreprises et de la relier avec leur performance dans l’intérêt des propriétaires de l’entreprise (les actionnaires) pourraient être améliorés (un euphémisme, disons).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr chris friese

Est-ce payant d’aider les banques?

janvier 12th, 2010 Ebenezer Comments off
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À l’automne 2008, l’apocalypse financière était à nos portes: Lehman Brothers venait de déclarer faillite et les prêts hypothécaires peu judicieux (on va rester polis…) menaçaient d’entraîner plusieurs autres banques vers le fond. Le gouvernement américain a donc lancé de toute urgence un programme d’aide aux banques: 700 milliards de dollars ont été alloués pour accorder des prêts avec intérêts aux institutions financières en difficulté.

Un an et quelques mois plus tard (disons cinq trimestres, puisqu’on parle de finances), combien a coûté ce programme de sauvetage des banques?

Plusieurs remboursements

J’avais présenté, en septembre dernier, un tableau des plus grandes banques américaines mettant en relation l’aide gouvernementale reçue et leurs profits trimestriels. Je reprends le tableau, en comparant le montant d’aide reçue à l’origine, le montant remboursé et le revenu pour le gouvernement.

Le revenu pour le gouvernement provient de deux sources: les intérêts payés sur l’aide (il s’agissait de prêts avec intérêts) et le profit sur la vente des options d’achats obtenues par le gouvernement dans le cadre de l’aide.

Banque Aide gouv. Remboursé Revenus gouv.
JP Morgan Chase 25 25 1,75
Morgan Stanley 10 10 1,27
Goldman Sachs 10 10 1,42
Bank of America 45 45 2,82
Citigroup 45 20 2,52
Wells Fargo 25 25 1,31
Données de l’aide gouvernementale provenant du site ProPublica

Dans le lot, il n’y a que Citigroup qui n’a pas encore tout remboursé l’aide et à, moins qu’elle ne rembourse pas les 25 milliards restants, le gouvernement américain aura réalisé des profits avec son aide aux banques.

Grand coût deviendra petit

Initialement, le gouvernement américain s’attendait à ce que le programme d’aide lui coûte 341 milliards de dollars (il s’attendait de toute façon à récupérer une portion du 700 milliards promis). En décembre, le gouvernement a réévalué le coût à 141 milliards… ce qui est une excellente nouvelle pour un pays qui s’apprête à constater un déficit gouvernemental de 1 400 milliards de dollars.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr KRSPO
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À qui les gouvernements empruntent-ils?

décembre 2nd, 2009 Ebenezer Comments off

2895964373_59043de786_mUn lecteur (merci Roger Léger!) a posé une question cette semaine relativement à un article qui date déjà de quelques mois. Elle est tellement pertinente que je vous fais tous profiter de la réponse. Voici donc la question:

Lorsque l’on dit que le Canada ou les USA sont endettés, à qui doivent-ils cet argent?
alors que le dollar américain est l’étalon de la planète?

La première portion de la réponse est assez simple, la deuxième devient de plus en plus complexe!

À qui les gouvernements doivent-ils de l’argent?

Le gouvernement émet des obligations d’épargne pour emprunter de l’argent. Si vous avez acheté des obligations d’épargne dans le passé afin d’économiser, vous avez prêté de l’argent au gouvernement du Canada!

Comme vous pouvez l’imaginer, l’ensemble des citoyens canadiens n’ont pas suffisamment d’argent à prêter au gouvernement pour répondre à son appétit grandissant (en ces années de déficit) pour la dette. Des étrangers, gouvernements, compagnies et particuliers achètent également des obligations émises par le gouvernement canadien.

Le dollar américain, l’étalon de la planète?

La deuxième partie de la question de M. Léger, c’est le lien entre le fait que le dollar américain est la devise de référence pour la majorité des pays de la planète et la dette du gouvernement américain. C’est un sujet qui nécessiterait deux ou trois bons livres, tellement il est fascinant et complexe.

Je vais simplifier à l’extrême (comme d’habitude, me direz-vous): les différentes banques centrales dans le monde conservent dans leurs coffres des réserves de valeurs (au sens large) pour «équivaloir» à la valeur des devises locales en circulation. Au début du siècle, ces réserves étaient en or, depuis les années 70, les banques centrales utilisent un ensemble d’outils: des métaux précieux et des devises étrangères. C’est donc de cette façon que les banques centrales ont accumulé des sommes considérables, le plus souvent en dollars américains.

Par contre, elles ne mettent pas des billets verts dans leurs coffres-forts. Le plus souvent, les banques centrales achètent des obligations émises par les différents pays — c’est de cette façon que la Chine est devenue un des plus grands prêteurs du gouvernement américain.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks
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Trop grosses pour échouer

novembre 15th, 2009 Ebenezer Comments off
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Il y a environ un an, le gouvernement américain a dû débourser des centaines de milliards de dollars afin de sauver les plus grandes institutions bancaires américaines, qui étaient au bord de la faillite. La justification étant qu’elles étaient trop grosses et que leur disparition aurait un effet dévastateur sur l’économie. Il était moins coûteux pour la société de les sauver (à coups de centaines de milliards, je le rappelle) que de vivre la turbulence extrême qu’aurait entraîné leur faillite.

Comment éviter cette situation?

Peu de gens ont pu sérieusement attaquer le bien-fondé de l’intervention du gouvernement au moment de la crise, mais il y a beaucoup beaucoup de discussions sur la façon d’empêcher qu’une compagnie privée soit si grosse qu’on ne puisse la laisser déclarer faillite si elle prend des risques inconsidérés.

Les grandes banques et leur puissants lobbys sont naturellement d’avis qu’elles peuvent très bien s’autoréguler et que le marché s’assurera que tout ira bien. Si vous rencontrez quelqu’un qui est de cet avis, montrez-lui l’état de vos épargnes à la fin de 2008 comparativement à un an plus tôt. Le gouvernement américain propose plutôt d’augmenter la réglementation entourant et encadrant la prise de risque par les banques en la rendant de plus en plus contraignante au fur et à mesure que les institutions financières grossissent.

Finalement, certains économistes (dont l’équipe d’élite de Baselinescenario.com) préfèrent plutôt l’éclatement des grandes banques en banques plus petites. Un peu comme le sort qu’a connu A&T au début des années 80.

Je vous recommande donc, si l’anglais ne vous fait pas peur, l’écoute de ce podcast de PlanetMoney: Breaking up Big Banks

Et au Canada?

La crise financière a peu touché le Canada. Les banques n’avaient pas pris de risques exagérés et elles ont pu passer à travers la crise avec une aide mineure du gouvernement. Par contre, on pourrait facilement prétendre que chacune des cinq grandes banques canadiennes est trop grosse pour échouer et que si l’une (ou plusieurs) d’entre elles se mettait dans le trouble, il y a fort à parier que le gouvernement canadien devrait voler à son secours. La discussion devrait-elle également être ouverte au nord de la frontière?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr xavierla
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Les hypothèques inversées

octobre 31st, 2009 Ebenezer 2 comments
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Dans la catégorie des produits financiers pas vraiment ésotériques mais certainement hors du commun, Soeur Économe me suggérait récemment d’aborder les hypothèques inversées. Certains s’inquiètent d’ailleurs de leur grandissante popularité auprès des baby boomers.

D’abord, qu’est-ce que c’est, une hypothèque inversée?

Le concept est relativement simple. Prenons comme hypothèse de base, pour la simplicité, que votre maison est complètement payée: vous allez voir la banque et vous lui dites que vous souhaitez prendre une hypothèque inversée sur votre maison. Admettons que votre maison vaut 200 000$, la banque vous donne alors 80 000$ et vous dit: Allez-y, amusez-vous! Pas de paiement mensuel! La belle vie, quoi! Rien à rembourser tant que vous restez dans votre maison!

Le hic, c’est qu’il s’agit tout de même d’un prêt, et que, pendant ce temps, les intérêts s’accumulent quand même. Donc, au moment de quitter votre maison, vous devez rembourser l’argent emprunté et les intérêts accumulés. Dans bien des cas, ça veut dire qu’au moment de vendre votre maison, la grande majorité du produit de la vente ira directement à la banque pour rembourser l’hypothèque inversée.

Potentiellement toxiques

Même si une hypothèque inversée peut parfois être utile — par exemple, pour quelqu’un dont la santé décline et qui doit se payer des auxiliaires médicales, ou pour apporter des ajustements significatifs pour rester dans sa maison, plutôt que d’aller dans un CHSLD — le produit est présentement vendu à toutes les sauces aux États-Unis. On l’offre aux baby boomers qui débutent leur retraite et qui utilisent cet argent pour se payer du luxe (comme un véhicule récréatif, un chalet ou des voyages)… Or, en prenant une hypothèque inversée relativement tôt, on court le risque, si le prix des maisons n’augmente pas beaucoup, de devoir vendre notre maison à perte au moment d’aller s’installer dans un foyer pour personnes âgées. Le blogue de Consumer Reports s’inquiète qu’une vague de faillites personnelles survienne dans les rangs des baby boomers dans 15 ou 20 ans, au moment où il quitteront leur maison.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Paul Keleher

La bombe à retardement des Options ARM

octobre 2nd, 2009 Ebenezer Comments off
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Depuis que je lis le blogue américain CalculatedRisk, on y mentionne régulièrement un produit financier particulier, les hypothèques Option ARM (Adjustable Rate Mortgages). Ça m’a pris un moment avant de comprendre ce que c’était —les prêts hypothécaires avec des taux variables sont monnaie courante ici au Canada et personne ne s’inquiète du danger qu’ils peuvent poser.

La différence, naturellement, c’est le mot «Option». Ce sont des prêts hypothécaires qui permettent à l’emprunter de choisir le montant du paiement mensuel… et le paiement minimum n’a pas besoin de couvrir les intérêts au complet. Comment la banque espère-t-elle se faire rembouser un jour, alors?

Très simple: le prix des maisons ne baisse jamais aux États-Unis (reportez-vous en 2006)… la banque sera remboursée lorsque la maison sera vendue.

Ai-je besoin d’en dire plus?

À classer dans les produits financiers ésotériques

Naturellement, les banques qui ont émis ces prêts se dirigent tout droit vers des pertes colossales. Lorsque le terme de ces prêts viendra à échéance, les emprunteurs se retrouveront avec une maison qui vaut moins cher que lors de l’achat et pour laquelle ils doivent plus d’argent qu’au moment de l’achat. Leur paiement hypothécaire augmentera considérablement (il est peu probable qu’on leur propose un autre prêt du même type)… les chances qu’ils ne soient pas en mesure de faire face à ces paiements plus élevés sont donc très élevées.

Bref, un autre produit qu’on peut partiellement blâmer pour la bulle immobilière qui a entraîné toute l’économie américaine lorsqu’elle a éclaté. Je sais bien que ça ne s’applique pas beaucoup au marché canadien, mais je trouve le sujet quand même fascinant. Si ce n’est pas votre cas, faites-le-moi savoir!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Chris Makarsky – il s’agit d’un détonateur thermique… comme dans la Guerre des étoiles

La paye des banquiers: un symptôme et non la cause

septembre 30th, 2009 Ebenezer 2 comments

3231577621_87cc755917_mOn a beaucoup parlé, depuis le début de la crise financière, du mode de rémunération des dirigeants de grandes banques. La plupart du temps, c’était pour exprimer de la surprise et de la colère face à des paiements substantiels alors que la performance affichée depuis 2008 est bien en deçà des attentes. Le clou final a été enfoncé lorsqu’il a été révélé que la société Merrill Lynch s’est dépêchée de verser des bonus (15 milliards!) à ses employés quelques jours avant d’être acquise par Bank of America qui, elle, avait reçu plus de 45 milliards d’aide du gouvernement américain pour sauver Merrill Lynch.

La solution n’est pas un diachylon gouvernemental

Depuis, des cris se sont élevés des deux côtés de l’Atlantique pour que les gouvernements encadrent mieux la rémunération des dirigeants des grandes banques. La logique étant que le modèle actuel récompense très généreusement les preneurs de risques lorsque l’économie va bien et ne les punit pas lorsque ça va mal: le gouvernement vient plutôt les sauver.

Cette situation constitue effectivement un problème et ne devrait plus être tolérée, je suis bien d’accord. Par contre, la solution est très imparfaite et, surtout, elle camoufle un problème bien plus grave: les actionnaires des compagnies n’exercent pas efficacement leur devoir de gestion et de contrôle de la compagnie… et pas seulement dans le domaine bancaire.

Faire fonctionner le système capitaliste

Le problème, tel que j’ai pu l’observer lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Nationale, en février dernier, c’est que la théorie voulant que les propriétaires de la compagnie (les actionnaires) soient ceux qui aient le plus à cœur la pérennité et la rentabilité de la compagnie est valide mais qu’en pratique ça ne fonctionne pas. Trop souvent, les actionnaires sont trop petits et isolés pour avoir de l’impact et, surtout, dans bien des cas, ils n’ont pas investi le temps nécessaire pour bien comprendre le marché et se forger une opinion éclairée sur la façon de gérer l’entreprise dont ils sont propriétaires (inscrivez-moi dans cette catégorie, malheureusement).

Le problème est profond et n’est certainement pas simple à régler. Et je ne serais pas étonné que la montée en popularité des fonds négociés en bourse (et fonds indiciels) accentuent le problème, puisqu’il n’y a pas de gestionnaire actif dans ces fonds pour faire pression sur les dirigeants des compagnies.

Je crains qu’un contrôle gouvernemental de la rémunération des banquiers ne camoufle le réel problème et que, dans cinq, dix ou quinze ans d’ici, un autre problème similaire mais dans un autre domaine surviendra alors qu’il pourrait être prévenu!

Qu’en pensez-vous? Suis-je dans l’errance la plus totale?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Tim Green aka atoach

La prochaine crise est inévitable

septembre 17th, 2009 Ebenezer Comments off
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La semaine dernière, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, a déclaré à la BBC qu’une prochaine crise économiquue telle que celle que nous vivons présentement depuis un an est inévitable. Ça vient d’un des hommes les mieux positionnés sur la planète pour empêcher la crise actuelle et d’aucuns prétendent qu’il l’a accélérée plutôt que freinée.

La nature humaine

Greenspan cite la «nature humaine» pour expliquer sa prédiction. Selon lui, après une longue période de prospérité, la population ne peut faire autrement que présumer que celle-ci va durer éternellement. Par exemple, penser que le prix des maisons aux États-Unis ne peut pas diminuer.

C’est précisément pour atténuer cet effet humain que les gouvernements des principales économies de la planète (le G20) ont décidé de réformer en profondeur la réglementation des marchés financiers. L’ennui, c’est que, au fur et à mesure que la situation s’améliore, la réglementation sévère est amendée et modifiée pour la rendre moins restrictive. On l’observe déjà… avec la réserve fédérale qui dit que l’économie se stabilise, les efforts de rehaussement de la réglementation ralentissent.

Leçon non retenue de la crise des années 80

À la fin des années 80, les États-Unis ont vécu une crise financière durant laquelle 745 banques et autres institutions financières ont déclaré faillite. En 2009, jusqu’à maintenant, ce sont 92 banques qui sont en faillite. Pendant cette crise, le patron de la FDIC était William Seidman et il a mené les efforts du gouvernement pour corriger la situation. En 1993, il a dit (traduction libre):

La prochaine erreur sera une nouvelle façon de consentir un prêt qui ne sera jamais remboursé.

C’est exactement ce qui s’est produit encore cette fois. Peut-être que Greenspan a raison?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr striatic
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