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Réviser ses politiques d’achats (suite)

novembre 25th, 2009 Soeur économe Comments off
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J’avais débuté il y a quelques semaines en proposant une révision de nos politiques d’achats pour éviter notamment l’achat de poissons surpêchés et de papiers à usage domestique non faits de fibres recyclées, ainsi qu’en vous invitant à porter attention à la provenance d’une panoplie d’aliments, qui parcourent souvent bien des kilomètres avant de nous arriver alors que des produits plus locaux sont aussi disponibles. Que peut-on faire de plus ?

Surveiller le contenu

À moins de tout cuisiner à la maison, y compris sa crème glacée, ses biscottes et ses céréales, on achète à peu près tous des aliments préparés. Et sans qu’on y porte attention, certains ingrédients sont peu recommandables; ce peut être du point de vue de la santé (les gras hydrogénés par exemple), mais également à cause de leur impact écologique.

L’huile de palme est un cas qui a fait l’objet de campagnes de sensibilisation ces dernières années, dont une par Lush à l’été 2009 et une de Greenpeace en 2007. Ingrédient passe-partout pour des produits alimentaires autant que des cosmétiques, riche en gras saturés, la consommation mondiale de cette huile est en augmentation. Or, les palmiers qui servent à la produire sont cultivés notamment en Malaisie et en Indonésie, où les producteurs éliminent la forêt tropicale pour accroître les superficies de culture. Donc, en plus de porter probablement une importante empreinte carbone compte tenu de ses distances de transport, l’utilisation d’huile de palme est associée à la déforestation, de surcroît par brûlis, avec une perte d’habitat pour la faune qui s’y trouve, dont des populations d’orangs-outangs.

Un autre ingrédient que vous pourriez surveiller dans les produits disponibles en épicerie: les substances laitières modifiées. Le plus souvent importés, donc transportés sur de plus longues distances, ces produits, qui incluraient des concentrés de protéines et de l’huile de beurre, tendent à remplacer le lait dans la fabrication des yogourts, crèmes glacées et même des fromages. Des produits pour lesquels seuls du lait ou de la crème figurent aux ingrédients pourraient donc être à privilégier étant donné leur provenance moins lointaine.

S’intéresser au mode de production

Il y a la production biologique, équitable ainsi qu’une nouvelle mode… l’éthique. Si les fruits et légumes biologiques peuvent, dans plusieurs épiceries, continuer d’avoir piètre allure, l’offre semble s’améliorer et aussi se diversifier. Et si, en période estivale particulièrement, le fermier de famille peut avantageusement permettre de combiner un mode de production biologique et un kilométrage alimentaire moindre, dans les autres cas, les deux éléments sont rarement réunis. À l’épicerie, le biologique n’est plus non plus confiné aux produits frais: un nombre grandissant de produits transformés arborent une certification biologique, et les différences de prix ne sont souvent pas démesurées. La certification équitable semble pour sa part rester confinée à certaines niches dont le café et le cacao et, depuis peu, les bananes. Et si ce mode de production ne signifie pas nécessairement un impact écologique moindre, il est tout de même souvent aussi associé à de meilleures pratiques culturales.

Quant aux produits «éthiques» — c’est le terme que semblent adopter plusieurs multinationales du domaine alimentaire qui ont entrepris de se donner une image plus verte — il s’agirait souvent d’une combinaison de modes de production à impact réduit sur l’environnement et offrant de meilleures conditions pour les travailleurs, sans nécessairement aller au bout ni du concept de biologique, ni de celui d’équitable. Plusieurs de ces entreprises adoptent la petite grenouille verte de la certification de la Rainforest Alliance qui va dans ce sens et, à choisir entre deux thés, cafés ou chocolats au moment d’en embarquer dans votre panier, ce peut tout de même être un élément à considérer.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr a_rabin

Réviser ses politiques d’achats

novembre 4th, 2009 Soeur économe Comments off

Une part non négligeable de notre budget va aux produits d’épicerie. On peut bien sûr se limiter à remplir notre panier en fonction des rabais de la semaine, mais, lors de nos achats, un œil averti peut aussi faire une différence importante entre un choix à fort ou à plus faible impact écologique. On peut notamment substituer certains produits pour d’autres, filtrer selon la provenance, le contenu des produits, ou leur mode de production. Voici quelques idées pour s’y retrouver.

À substituer

Dans les mouchoirs, papiers hygiéniques et essuie-tout, il y a ceux fabriqué à partir d’arbres fraîchement abattus, et ceux faits de fibres recyclées. Comme on en consomme des quantités relativement importantes annuellement, et pour quelques secondes à peine avant de les jeter, on devrait viser à n’acheter que ceux faits de fibres recyclées. Greenpeace a réalisé il y a quelques années des guides distinguant les différentes marques selon ce critère, puisque les emballages ne l’indiquent souvent pas de façon adéquate. Le format du guide de Greenpeace USA est intéressant (avec notamment une application pour iPhone – plus pratique une fois devant l’étalage), mais peu adapté aux produits disponibles au Canada, pour lequel il ne semble exister que la version à imprimer offerte par Greenpeace Canada et qui date de quelques années.

Les choix réalisés au niveau des achats de poissons ne sont pas non plus dénués d’impact: il y a des méthodes de pêche qui sont beaucoup plus dommageables pour les écosystèmes, tandis que les stocks de certaines espèces sont en plus piètre état que d’autres. Les poissons d’élevage ne sont pas non plus une panacée, certains étant par exemple nourris à partir de plus petits poissons sauvages devant eux-mêmes être pêchés. Si vous vous débrouillez bien avec les noms communs des poissons en anglais, SeaFood Watch est très intéressant, avec une application pour iPhone et un guide de poche. Ils ont aussi un classement spécifique aux sushis et proposent pour chaque espèce à éviter des choix alternatifs. Sinon, il y a aussi Greenpeace Canada qui propose une Liste rouge d’espèces à éviter, sans joli format pratique toutefois.

La provenance

La question du kilométrage parcouru par un aliment est un élément à considérer sérieusement dans la révision de ses politiques d’achats, et pas uniquement dans le cas des fruits et légumes frais. De l’agneau de Nouvelle-Zélande, des céréales d’Allemagne, de l’ail de Chine… quand c’est indiqué. En jetant un coup d’oeil à la provenance d’un sac de légumes congelés, j’ai eu la surprise de constater que tout provenait de Chine, alors que pour la marque voisine, ça avait été produit et emballé au Québec ou en Ontario et que pour une troisième, rien n’était indiqué.

Pour les fruits et légumes frais, si on se limite à la production québécoise, on peut s’attendre à une variété plutôt faible pendant plusieurs mois — à moins d’avoir utilisé son congélateur à bon escient. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation propose un tableau qui donne un aperçu des légumes frais qu’on peut s’attendre à trouver selon les mois. Et pour comparer la provenance des fruits et légumes offerts dans les différentes chaînes, supermarches.ca peut s’avérer un outil intéressant qui pourrait permettre d’éviter d’acheter involontairement des asperges du Pérou ou des fraises de Californie en plein dans la période de récolte de celles du Québec…

Je vous reviens avec la suite prochainement.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Orin Zebest

Déposer son bilan

octobre 15th, 2009 Soeur économe 2 comments

Le dépôt du bilan est une expression parfois utilisée pour désigner la faillite d’une entreprise. Alors, un article qui traite des faillites ?

Non. En fait, en ce jour du Blog Action Day sur le thème des changements climatiques, je vous propose, à vous qui gérez vos finances et équilibrez votre budget, de penser aussi à d’autres budgets qui vous sont associés. Et ceux-ci font l’objet de déficits récurrents.

Laisser sa trace

Votre existence tient à la disponibilité de ressources. Dans les années 90, le concept d’empreinte écologique a été développé pour illustrer l’ampleur de l’impact d’un humain sur son environnement. Une grande consommation de ressources est associée à une empreinte large et, multipliée par le nombre d’humains sur Terre, vise à faire réaliser la non durabilité d’un certain mode de vie en établissant le nombre de Terres requises pour répondre aux besoins de tous. Le calcul de l’empreinte écologique est généralement séparé en trois domaines qui sont l’alimentation, l’habitat et le transport, ce qui peut permettre d’identifier la catégorie contribuant le plus à votre impact global.

Une autre façon d’établir votre budget est de calculer votre empreinte en termes de production de gaz à effet de serre (carbon footprint — que je nommerai empreinte carbone) et d’utilisation d’eau (water footprint — empreinte eau). Moins imagé qu’un simple nombre de terrains de football, peut-être, mais certainement plus concret.

Ce qui coûte cher

En fait, l’empreinte carbone et l’empreinte eau deviennent surtout intéressantes lorsque le calcul tient compte non seulement d’une consommation directe (se promener en voiture ou prendre une douche, par exemple), mais également de l’eau utilisée et des gaz à effet de serre générés lors la production de tout ce que l’on consomme. Parce que la plus grande partie de notre impact n’est pas directe mais indirecte. Les chiffres peuvent être surprenants:

L’eau requise par la production de différents aliments:

Produit Eau requise (litres) Produit Eau requise (litres)
250 ml de bière 75 1 pomme de terre 25
250 ml de lait 250 1 pomme 70
250 ml de café 280 1 tomate 13
250 ml de vin 240 1 orange 50
250 ml de jus de pommes 152 1 hamburger 2400
250 ml de jus d’orange 136 1 sac de chips de 200g 185
250 ml de thé 35 1 feuille de papier 10
1 tranche de pain 40 1 t-shirt de coton 4100
10g de fromage 50 1 paire de souliers en cuir 8000
1 oeuf 135 1 microprocesseur 32

(Adapté de waterfootprint.org)

Et le carbone généré par quelques produits de consommation:

Produit Carbone généré (kg)
Manteau en polar 30
Détergent à lessive 14.1
Bottes en cuir 55
2 litres de lait 3.3
Voiture 44090
Un paquet de 6 bières 3.2

(Adapté de wsj.com)

La possibilité d’exiger l’inscription, sur un produit, de son empreinte eau ou carbone pour mieux confronter les consommateurs à cet aspect est régulièrement soulevée. Un projet concernant l’étiquettage de l’empreinte carbone des produits vendus dans les épiceries avait été lancé en Grande-Bretagne. L’idée a aussi été reprise en Australie pour suggérer l’affichage de l’empreinte eau des produits.

Établir son budget pour déposer son bilan

Il existe quantité de calculateurs pour calculer autant l’empreinte écologique que l’empreinte carbone et eau. Dans bien des cas, la nature des quelques questions laisse supposer des approximations plutôt grossières. D’autres calculateurs sont plus détaillés mais ne traduiront pas nécessairement de façon exacte la réalité québécoise. Pas facile d’établir son budget dans ces conditions !

En voici néanmoins quelques exemples:

Il existe aussi des applications destinées à l’iPod Touch/iPhone qui peuvent permettre un suivi serré, dont Carbon Calc et Carbon Tracker dans le cas de l’empreinte carbone.

Éviter un peu plus de papier

septembre 10th, 2009 Soeur économe 4 comments

J’avais déjà abordé la façon de s’éviter de recevoir des circulaires à la porte et dans votre boîte aux lettres (et de les consulter autrement), de même que les manières de gérer ses factures sans le fardeau de les recevoir sur papier. Toujours dans la même veine, est-ce qu’il vous arrive encore de consulter un annuaire téléphonique papier ? Si vous ne vous souvenez pas de la dernière fois, mais que vous empilez tout de même quelque part (dans le fond d’une armoire ou directement dans le bac de recyclage) la panoplie de petits et gros annuaires qui vous sont livrés chaque année, vous avez maintenant les moyens de l’éviter.

Vous pouvez vous désinscrire de ces livraisons intempestives sur le site du Groupe Pages Jaunes. Pour que ce soit effectif pour l’année en cours, on nous impose toutefois de le faire 60 jours avant la prochaine livraison. Et comme le lien qui devrait nous mener au calendrier de livraison n’existe pas, pas moyen de savoir si vous le ferez à temps cette année…

Pour vous permettre de trouver ce que vous cherchez sans avoir recours au papier, la compagnie vous propose différentes applications permettant de consulter le contenu de ses annuaires à partir de votre iPhone ou autre.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr edkohler

En bonne voie de désimperméabilisation

septembre 4th, 2009 Soeur économe 3 comments
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Lors d’un précédent article, j’avais abordé les différents types de recouvrement d’entrée d’auto et leur capacité d’absorption de l’eau. J’avais également indiqué être en réflexion pour le choix d’un nouveau matériau qui remplacerait avantageusement notre entrée de cailloux rendue dégarnie et vallonnée.

Le choix

Parmi les options offrant une bonne perméabilité à l’eau, pour réduire ma contribution au ruissellement urbain et aux eaux d’égout, j’hésitais entre les pavés engazonnés et les pavés perméables. Le premier est constitué d’une structure rigide garnie de trous à l’intérieur desquels on place de la terre et on sème; la structure protectrice permet d’éviter la compaction du sol lorsqu’on y stationne. Le second est un ensemble de pavés d’allure plutôt standard mais qui permet de maximiser l’infiltration de l’eau lors des épisodes de pluie.

Mon choix s’est finalement porté sur les pavés perméables. En fait, j’ai eu de sérieux doutes sur la résistance de la végétation installée dans les pavés engazonnés dans un climat québécois: étant donné qu’il s’agit d’une entrée d’auto qu’on déneige, il m’est apparu très probable que le gel affecte les plantes s’y trouvant, ce qui aurait nécessité de nouveaux semis à chaque printemps. Un peu trop fastidieux, sans compter la nécessité de devoir entretenir cette même végétation en période estivale.

L’installation

L’une des compagnies principales du marché des pavés au Québec offrait cette année un modèle de pavé perméable, un produit donc facilement disponible et à un coût très similaire à celui de pavés standard. Différents entrepreneurs contactés acceptaient d’en faire l’installation, mais aucun n’avait encore réalisé de tel projet.

Pour l’entrepreneur, il fallait également penser à l’inverse de ce qu’il fait habituellement. Ainsi, pour un pavé standard, tout est fait pour décourager l’eau de pénétrer et l’évacuer. L’installation du pavé perméable doit pour sa part permettre à l’eau de s’infiltrer, oui, mais sans pour autant s’accumuler dans les diverses couches sous les pavés, autrement le gel-dégel aurait tôt fait de faire bouger le tout. Les inquiétudes initiales qui m’ont été formulées par l’entrepreneur concernaient justement ce risque: en cas de sol glaiseux, une accumulation d’eau pourrait être à craindre, compte tenu notamment de la chaîne de rue en bas de pente qui empêcherait l’eau infiltrée de s’évacuer. Nous avions convenu, en cas de glaise majeure, de donner une légère pente transversale au fond de l’excavation sous l’entrée et de créer un puits percolant en bordure. Finalement, du tuf et une excavation descendant sous la chaîne de rue ont rendu cette mesure inutile.

Conclusion

Quelques orages récents m’ont permis d’apprécier visuellement la grande capacité de la nouvelle entrée à laisser l’eau pénétrer, alors que celles du voisinage formaient des rigoles. Reste le test de l’hiver mais, plus près, celui également de l’automne, ou comment éviter de laisser trop de matière organique s’accumuler dans les interstices entre les pavés. Encore que des pavés perméables engazonnés pourraient être un hybride intéressant.

De façon globale, une épidémie de scellant à asphalte sévit malheureusement dans le secteur et cet effort de désimperméabilisation se retrouve pour l’instant plutôt… noyé par un ruissellement maximisé dans toutes les autres entrées.

Compost pour tous

août 25th, 2009 Soeur économe 3 comments
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La Ville de Gatineau et les municipalités de l’île de Montréal ont récemment annoncé vouloir implanter dans les prochaines années des collectes de déchets organiques (matières putrescibles) auprès de leurs résidants. Elles rejoindraient ainsi quelques municipalités pionnières, dont Victoriaville, Sherbrooke et Saint-Hyacinthe, qui offrent déjà la collecte dite à trois voies (recyclage/matières organiques/déchets). De son côté, il semble que la Ville de Québec tergiverse. Avec la mise en œuvre de leurs plans de gestion des matières résiduelles et l’objectif fixé par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles de détourner au moins 60% du contenu actuel des poubelles, beaucoup de municipalités devront s’y mettre dans les prochaines années. Alors, une mesure qui en vaut la peine ?

Une bonne mesure

44%, c’est la proportion de nos poubelles qui est constituée de matière organique décomposable (cœurs de pommes, pelures d’oignons, feuilles mortes, mauvaises herbes et autres), d’après Recyc-Québec. Donc 179 kg par personne par année en moyenne. Une quantité non négligeable qu’en sortant des sacs verts, on évite d’enfouir, ce qui permet de faire durer un peu plus longtemps les sites d’enfouissement disponibles et de diminuer les biogaz et le lixiviat, deux productions indésirables issues de l’enfouissement de matière organique. Notez que le compostage (toute décomposition de matière organique en fait) génère aussi une certaine quantité de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs pourquoi certaines municipalités, comme celles de la MRC de Rivière-du-Loup, choisissent de traiter les résidus organiques par un procédé de biométhanisation — le gaz est alors récupéré et peut servir à d’autres fins.

Évidemment, une troisième collecte, c’est un coût supplémentaire pour une municipalité. Un coût qui est cependant réduit compte tenu qu’il peut être associé à une réduction de la fréquence des collectes de déchets, à une diminution des volumes se retrouvant à l’enfouissement et à une réduction potentielle des achats de compost aux fins horticoles, notamment. Gatineau prévoit charger 32$ par ménage par année pour son programme.

Ma préférence reste au compost maison

À mon avis, malgré un tel service, le compostage à la résidence devrait continuer d’être favorisé. Il ne génère aucun coût de transport car il est produit sur place, et vous pouvez l’utiliser pour le bénéfice de votre potager ou comme paillis dans vos plates-bandes. Il n’est pas non plus associé aux problèmes majeurs d’odeurs que génèrent certains sites de compostage à gros volume, et n’oblige pas la construction à grands frais de sites fermés pour pallier cet inconvénient.

De plus, dans le compostage domestique, le seul coût est l’achat du bac, et plusieurs municipalités (dont Québec, Lévis et Shawinigan) offrent un programme de remise lorsque vous vous en procurez un. Dans d’autre cas, comme Montréal, des bacs à compostage domestique sont vendus à petit prix par les éco-quartiers. Il existe aussi toute une panoplie de modèles.

Si vous ne disposez pas d’un terrain pour installer un bac à compost conventionnel, vous pouvez examiner des variantes: les bacs rotatifs (j’avais mes doutes mais il semble que ce soit très efficace), ou le vermicompost. Dans ce cas, il s’agit de s’habituer à l’idée d’héberger dans un bac de plastique à l’intérieur de votre domicile de charmants et discrets invités très avides de vos restants de table.

Des compléments ?

Le bac à compost domestique et une collecte municipale des matières organiques peuvent être complémentaires. Ainsi, les collectes municipales acceptent certaines matières qu’il n’est pas recommandé de placer dans son bac domestique, comme les résidus de viande et de produits laitiers, des cartons souillés de gras, des mauvaises herbes. La collecte municipale peut également se charger de nos branches et surplus de feuilles mortes…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Collin Anderson

La poste: a-t-on besoin d’une livraison quotidienne?

août 23rd, 2009 Ebenezer 7 comments
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Une récente annonce du dirigeant (président? directeur général? postier en chef?) du service postal américain évoquant l’abolition de la livraison du courrier le samedi a suscité deux vives réactions chez moi:

  • Quoi? Ils ont la poste le samedi?
  • Pourquoi diable continue-t-on d’avoir un service quotidien de livraison?

Le contexte

Certaines statistiques sur le service postal américain (USPS) sont éloquentes: un déficit annuel de 7 milliards de dollars, une diminution du volume de lettres de 20 milliards en un an et 200 000 boîtes aux lettres de moins sur le territoire. Et pour ceux qui hésitaient encore à croire qu’il y a là un problème à régler, le vérificateur général américain (Government Accountability Office) a jugé que le service postal était un source de risque financier élevé pour le gouvernement.

Pourquoi se limiter au samedi?

Même si la situation canadienne est loin d’être aussi dramatique (Postes Canada a réalisé un bénéfice net de 90 millions de dollars en 2008), je me questionne sur la nécessité de continuer à livrer le courrier quotidiennement, en 2009. Avec la quantité de choses qui sont traitées par Internet (ou même par télécopieur…) plutôt que par la poste, ce qui continue à transiter en mode physique est rarement urgent au point de ne pouvoir être retardé d’une journée ou deux.

Je pense qu’il est donc temps que Postes Canada commence à réfléchir publiquement à la possibilité d’éliminer la livraison quotidienne du courrier. On économiserait tous (via une diminution du coût des timbres, et des produits moins chers puisque les coûts des compagnies expéditrices seraient moins élevés) et on n’y perdrait pas vraiment au change. Sans parler des réductions de gaz à effet de serre!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr jason.kaechler

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Les achats de fournitures scolaires

août 19th, 2009 Soeur économe Comments off
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Ma fille n’est pas encore d’âge scolaire mais avec la rentrée qui est criée sur tous les toits ces temps-ci, je me fais déjà la réflexion que c’est un moment certainement beaucoup plus agréable pour l’enfant qui voit s’amonceler les nouvelles fournitures de la fameuse liste que pour le parent qui doit débourser pour tout se procurer. Surtout avec un petit remords écolo qui m’observerait.

J’ai vu passer quelques articles sur le sujet ces dernières semaines, d’abord sur comment économiser dans les achats, et ensuite sur comment être plus écolo. Idéalement les deux. Voici un résumé de certains de leurs trucs.

Ramasser ce qu’on possède déjà

Mes parents m’ont récemment apporté une pile de près de 20 cm de haut de cartons de bricolage de couleurs qu’ils ont retrouvé en différents endroits de leur maison. Ma fille aura vraisemblablement besoin de beaucoup de créativité pour passer à travers. Première étape, donc, avant de vous lancer dans les achats: rapatriez les rescapés de l’année précédente, et éliminez de la liste d’achats de l’année tout ce qui est identifié comme réutilisable. Pour les enfants qui préfèrent l’attrait du neuf, vous pouvez établir un système de compensation.

Dans les achats, privilégier le durable

Acheter année après année le même matériel qui brise et reprise, ou racheter plusieurs fois dans l’année un même produit peu coûteux qui cesse rapidement de remplir sa fonction, n’est pas forcément mieux pour votre budget et certainement néfaste pour l’environnement.

Côté matériaux et impact de leur production, il vaut généralement mieux privilégier les matières naturelles (bois, tissu, caoutchouc) au plastique, et dans ce cas à tout le moins préférer le plastique recyclé. Certains crayons de bois non vernis nécessitent apparemment moins de ressources à produire. Dans les achats de papier, une préférence pour les produits faits de papier recyclé (de préférence postconsommation) et certifiés PFC (procédé sans chlore), ou FSC ou PEFC pour des forêts gérées de façon durable.

Rester simple

Les fournitures sans fioritures sont généralement les plus abordables. Pour néanmoins satisfaire le besoin d’y voir l’effigie du nouveau héros du jour, des autocollants ou écussons à y apposer pourraient constituer un compromis. Et ne pas emmener votre enfant aux séances de magasinage peut également faciliter les choses à cet égard.

Réduire les emballages

Évitez d’acheter des produits suremballés (le bac de recyclage n’est pas une panacée) et préférez les produits vendus en plus grande quantité (si le besoin le justifie) lorsqu’un emballage est incontournable.

Acheter en plusieurs occasions?

L’idée de base de ce truc est de s’y prendre en plusieurs fois pour réaliser les achats, en profitant à chaque endroit des meilleurs spéciaux. Probablement moins intéressant qu’on peut le croire parce que ça vous demandera plus de temps et augmentera vos déplacements. Mais examiner quelques circulaires (en ligne) avant d’aller faire les achats peut permettre d’identifier un endroit où plusieurs éléments significatifs de la liste sont à meilleur prix. Et les différences peuvent apparemment être surprenantes, même dans les grandes surfaces.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr jonathangarcia

Se débarrasser mieux

août 13th, 2009 Soeur économe 1 comment
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Trop tard pour les adeptes du ménage pré-1er juillet, mais comme il y a bien d’autres occasions, voici quelques façons plus écologiques de se débarrasser de certains surplus mobiliers qu’une poubelle, le bord de la rue ou le milieu de la rivière.

La liste qui suit ne se veut pas exhaustive mais inclut, pour différentes catégories de biens, des programmes et organismes de récupération dont les façons de procéder m’apparaissent bien établies. Si vous en avez d’autres à suggérer, vous êtes les bienvenus. Plusieurs municipalités disposent d’écocentres ou organisent périodiquement des collectes pour certains de ces matériaux. On peut également consulter le Répertoire québécois des récupérateurs, recycleurs et valorisateurs, rendu disponible par Recyc-Québec, pour des besoins particuliers ou de grandes quantités de certains matériaux.

- Réfrigérateur et congélateur: si l’appareil a au moins dix ans et est toujours fonctionnel, le programme Recyc-frigo, d’Hydro-Québec, peut être intéressant. Le ramassage de l’appareil et un retour de 60$ sont inclus, ainsi qu’une remise de 50$ supplémentaire si vous vous procurez un réfrigérateur ou congélateur neuf qui est homologué Energy Star. Vous pouvez même prendre rendez-vous en ligne pour un ramassage.

- Vélo: l’organisme Cyclo Nord-Sud réalise des collectes de vieux vélos, ainsi que pièces et accessoires, les remet en état et les expédie dans des communautés démunies où ils deviennent des gagne-pain. Pour chaque vélo ramassé, on vous demande une dizaine de dollars en argent, mais on vous remet un reçu d’impôt couvrant la valeur du vélo et celle de ce don. On retrouve sur le site Web une liste de dates et lieux de collecte. Sinon, il existe plusieurs petits organismes plus régionaux de remise en état de vieux vélos, comme SOS Vélo à Montréal.

- Matelas: si vous remplacez votre vieux matelas par un neuf, informez-vous auprès de la compagnie qui vous vend ce dernier, plusieurs le ramasseront gratuitement. Autrement, sauf s’il s’agit d’un matelas encore utilisable que vous pouvez remettre à un organisme de bienfaisance, il est difficile de se débarrasser écologiquement d’un vieux matelas. Les écocentres les enverront généralement à l’enfouissement plutôt que de les confier à des recycleurs, puisque ceux-ci leur exigeront un montant plus élevé (les matériaux tirés des matelas ne rapportent pas assez pour couvrir les frais de l’opération). Si vous êtes de Montréal et que vous êtes disposés à vous déplacer avec votre vieux matelas, vous pouvez aller les porter chez Recyc-Matelas.

- Vieil ordinateur, moniteur et périphériques: on peut notamment les rapporter dans les succursales de Bureau en gros. Le matériel sera traité au sein du réseau des Centres de formations en entreprise et récupération (CFER): ce qui est fonctionnel sera retapé et remis au programme Ordinateurs pour les écoles du Québec, ce qui ne fonctionne plus sera démantelé et les pièces seront recyclées sans prendre le chemin des pays en voie de développement. D’après un article de La Presse de juin dernier, il semble par ailleurs qu’un projet de règlement provincial visant à responsabiliser les fabricants de matériel électronique face à la récupération des déchets électroniques devrait être publié prochainement.

- Vieux téléviseur: s’il ne fonctionne plus, les écocentres sont à peu près les seuls points de collecte existants. Si vous hésitez à vous déplacer, vous pouvez vous dire qu’avec plusieurs kilos de plomb et autres métaux par vieux téléviseur, il vaudrait vraiment mieux leur éviter l’enfouissement.

- Téléphones cellulaires: la Société de recyclage des piles rechargeables, un organisme sans but lucratif créé et financé par l’industrie, gère un programme nommé Cellàrecycler. Cette société ramasse notamment les cellulaires dont on veut se défaire (consultez son site pour identifier des points de collecte) qu’elle va soit remettre à neuf ou en recycler les composantes. Pour ceux qui sont remis à neuf, ils sont vendus et une partie des revenus serait remise à des organismes de bienfaisance. Sinon, la plupart des entreprises de cellulaires les reprennent (on présume qu’elles les traitent adéquatement), et certaines indiquent verser une somme minime à un organisme de bienfaisance pour chaque cellulaire retourné.

- Cartouches d’encre: la Fondation Mira ramasse les cartouches et amasse de l’argent en les revendant à des «réusineurs». Tous les modèles sont acceptés et il existe un grand nombre de points de dépôt un peu partout au Québec — un outil de recherche est disponible sur leur site Web.

Notez que j’avais déjà traité du cas des vieux bazous ainsi que des déchets qui leur sont associés ici.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Lisanne!

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Pour teinter de vert vos projets de rénovation

août 5th, 2009 Soeur économe Comments off

Avec les incitatifs financiers à la rénovation annoncés par les gouvernement fédéral et provincial pour l’année 2009, beaucoup d’entre vous pourront être tentés par un petit ou un grand projet de rénovation. L’un des revers de toutes ces améliorations résidentielles à venir, c’est une quantité souvent effarante de déchets générés durant les chantiers et leur gestion inadéquate. Sans compter les matériaux de remplacement utilisés, souvent pas très écologiques non plus.

Néanmoins, il n’est généralement pas simple de bien faire. Pour les quelques fois où j’ai tenté l’expérience, je constate d’une part que l’entrepreneur n’est souvent pas très réceptif, que les matériaux plus écologiques sont difficiles à trouver, que de trouver comment se défaire adéquatement de ses rebuts nécessite des recherches et qu’identifier comment en réduire substantiellement la quantité aurait nécessité d’y penser plus longtemps à l’avance. Bref, que tout cela ajoute un effort supplémentaire et qu’on peut avoir tendance à chasser tout remords écolo de son esprit en se disant que, de toute façon, presque personne d’autre ne le fait non plus. Malgré cela, se renseigner est déjà un pas dans la bonne direction, alors quelques idées en ce sens.

Pour planifier

- Guide des options écolos: un document préparé par l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec, qui répertorie une vaste gamme de mesures que l’on peut mettre en place pour obtenir une maison plus verte. Touche la réduction de la consommation d’eau, l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la qualité de l’air, de même que la réduction du gaspillage des ressources. Et catégorise les mesures selon qu’on soit un écolo de base, un intermédiaire ou un super écolo.

- Le Guide de la Maison Verte: dans un format malheureusement plus ou moins convivial, le guide traite de nombreux aspects relatifs à l’écologisation d’un domicile, avec des propositions parfois très brèves, parfois très élaborées. Souvent pour écolos convaincus.

Pour réduire les déchets

- Gestion de déchets CRD sur un chantier résidentiel urbain: si vous souhaitez réaliser un meilleur tri de vos rebuts de construction/rénovation et réduire la quantité déchets produite, ce document constitue en fait une étude de cas réalisée lors de la rénovation d’un triplex à Montréal et peut donner des idées.

- Répertoire québécois des récupérateurs, recycleurs et valorisateurs: pour identifier des endroits où aller porter ses déchets de toutes sortes. On peut y chercher par matière et par région.

Pour des matériaux plus verts

- Annuaire des pages vertes: pour trouver des matériaux écologiques, et surtout des fournisseurs au Québec.

- Liste d’entreprises productrices de matériaux de construction recyclés: préparée par l’APCHQ. Plutôt courte pour le moment.

- ReStore, Éco-Réno et Québec Aubaines recycle: des entrepôts de matériaux récupérés, les deux premiers à Montréal, le troisième à Québec.

Pour commencer quelque part: mesures simples

- Vous procurer de la peinture certifiée Écologo, qui contient très peu de composés organiques volatils. Ou, si les couleurs offertes vous plaisent, de la peinture recyclée Boomerang.

- Acheter du bois certifié FSC si vous en trouvez

- Dans des travaux de salle de bain, profitez-en pour installer une toilette à faible débit (et pour ne pas être déçu, en choisir une qui est véritablement efficace)

- Faites au moins un tri sommaire des rebuts pour éviter d’envoyer parmi les matériaux secs des résidus dangereux ou ce qui peut se recycler, par exemple.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr shister

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