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Posts Tagged ‘Environnement’

Prix de débarras

juin 7th, 2011 Soeur économe 2 comments
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Question de concrétiser une réflexion de l’été dernier sur les matériaux écolos pour construire un patio, il me faut maintenant identifier une solution adéquate pour nous débarrasser du patio actuel devant être remplacé. Réutiliser, même en partie, apparaît en effet peu envisageable, la pourriture s’étant attaquée à bon nombre de planches et même, apparemment, à des éléments de structure qui nous est de toute façon toujours apparue quelque peu bancale. Sans compter que le dit bois avait été peinturé.

Voici donc une évaluation préliminaire de différents moyens m’ayant été suggérés pour prendre charge adéquatement de cette douzaine de mètres cubes de bois:

  • Transport dans un écocentre: selon l’information fournie, le bois qui est apporté dans ces lieux rendus disponibles dans plusieurs municipalités québécoises est subséquemment broyé pour entrer dans la fabrication de différents produits, et non enfoui. Se prévaloir de cette option implique toutefois de pouvoir disposer d’un moyen de transport approprié à l’important volume en cause, ou d’en louer un, et nécessite un déboursé pour les mètres cubes apportés dépassant le volume de base alloué annuellement à chaque ménage (trois mètres cubes étant alloués par année dans le cas de la Ville de Québec, et chaque mètre cube supplémentaire étant chargé 25$);
  • Collecte des monstres/encombrants: réalisée de manière régulière ou sur demande dans les municipalités, ayant l’avantage d’être gratuite, cette collecte n’apparaît cependant pas une solution particulièrement efficace étant donné que la limite de volume pour les débris de construction est fixée à un mètre cube (dans la Ville de Québec du moins). À moins de vouloir étaler le processus sur près de trois mois…
  • Location d’un conteneur: différentes compagnies offrent ce service qui a l’avantage de permettre d’étaler les travaux sur plusieurs jours, étant donné que la location se fait généralement sur une base hebdomadaire; au tarif de la location doit cependant s’additionner un coût supplémentaire établi en fonction du poids des matériaux. Pour la disposition adéquate des résidus, il faut s’en remettre à l’entreprise, qui pourrait être tentée d’aller au plus simple ou au plus court en matière de tri, encore que dans le cas d’un conteneur rempli de bois, ça n’apparaît pas un réel enjeu.
  • Service de ramassage: dans ce cas également, différentes compagnies se font compétition; probablement l’option la plus simple, elle se monnaie en conséquence. À cet égard, une rapide comparaison permet de constater que l’entreprise qui s’annonce le plus n’est pas nécessairement celle dont les tarifs sont les plus bas, particulièrement lorsque des volumes importants sont en cause.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr alex_smith1

Gaspillage alimentaire

décembre 3rd, 2010 Soeur économe Comments off
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On peut déplorer de parfois devoir jeter certains aliments ayant mal vieilli dans notre réfrigérateur. Avez-vous déjà tenté d’estimer la proportion de nourriture qui connaît cette fin chez vous ? Une étude réalisée en Grande-Bretagne en 2009 est arrivée à une estimation s’élevant à 22% de tous les aliments solides et liquides entrant dans une résidence.

Impressionnant ? L’organisme WRAP, qui a réalisé cette étude, fournit encore plus de détails: en poids, les légumes frais et particulièrement la laitue constitueraient près du quart des pertes «évitables», suivis des liquides (excluant le lait) avec 16%, les fruits (13%) et le pain et des pâtisseries avec 10%. Pourquoi ces pertes sont-elles qualifiées d’évitables ? Les deux principales raisons invoquées pour jeter ces aliments sont 1) qu’ils n’ont pas été consommés à temps (54%) ou 2) qu’ils ont été préparés en trop grande quantité (41%). De quoi donner le goût de faire la promotion de la soupe «touski» et des vertus du congélateur…

Si l’on tient aussi compte des pertes d’aliments qui se produisent avant l’achat par le consommateur, que ce soit chez le producteur, chez le grossiste, durant le transport ou chez le détaillant, la proportion totale des aliments produits mais non consommés pourrait atteindre un faramineux 38% (183 kg par personne par année !) selon une étude de Statistique Canada. Ceci découlerait entre autres des exigences esthétiques que s’imposent les producteurs et qu’ont adopté les consommateurs, des délais de transport, des manipulations, des dates de préemption très protectrices…

Dans le plan d’action 2010-2015 de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles, on retrouve des mesures pour valoriser la matière organique par la biométhanisation et le compostage afin d’en arriver à ne plus l’envoyer dans les sites d’enfouissement. Intéressant pour la portion gaspillée chez le consommateur (qui devrait prochainement être incité si ce n’est déjà fait à composter au niveau domestique ou à participer à une éventuelle collecte municipale), mais moins concret, possiblement, pour la portion gaspillée chez le grossiste ou le détaillant. Certaines initiatives montrent néanmoins que même à ces endroits, une grande partie des aliments jetés peuvent être valorisés.

Comment réduire son gaspillage alimentaire ? Des suggestions adaptées du blogue The Daily Green:

  • Planifier ses repas pour la semaine en tenant compte des aliments déjà au frigo avant d’acheter
  • À l’épicerie, s’en tenir à sa liste et éviter d’y aller le ventre vide
  • Éviter les paquets de fruits et légumes déjà préparés dont la quantité ne correspond pas à nos besoins
  • S’assurer que son frigo est à la bonne température pour maximiser la durée de conservation
  • Placer les nouveaux aliments dans le fond du frigo et les vieux en avant pour éviter les oublis
  • Transformer les fruits mous en smoothies ou tartes, mettre les légumes moins frais dans une soupe
  • User d’imagination pour incorporer dans un prochain repas un surplus d’aliment d’un repas précédent
  • En mettre moins dans les assiettes, garder le reste dans le chaudron
  • Faire appel à son congélateur pour assurer la conservation des aliments cuisinés en grande quantité
  • Composter les pertes inévitables

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr shimelle

Gestion de feuilles

octobre 21st, 2010 Soeur économe 1 comment
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Que faites-vous des feuilles qui atterrissent en grand nombre sur votre terrain ces temps-ci, outre le traditionnel concours entre voisins à celui qui aura mis au bord de la rue le plus grand nombre de sacs ? Dans le but d’inverser cette tendance et, au contraire, de profiter au maximum de cette manne tout en réduisant la nécessité de préparer et faire ramasser de nombreux sacs, voici mes suggestions pour en disposer chez soi, en ordre de préférence:

- Laisser tomber: non applicable pour la pelouse, mais pour les plates-bandes et sites très ombragés, on a tout avantage à laisser les feuilles là où elles daigneront tomber. Pour peu qu’il s’agisse de feuilles de bouleau ou de peuplier ou d’érable rouge, notamment, dès le printemps les feuilles en question seront en grande partie dégradées mais auront entretemps permis de protéger les racines du gel et d’enrichir le sol. Bien sûr, s’il se forme une couche épaisse de feuilles de chêne ou d’érable de Norvège, un effort printanier sera nécessaire pour les disperser un peu puisqu’elle sont moins aisément dégradables.

- Pousser: au pied des haies, derrière les arbustes, on peut faire disparaître de grandes quantités de feuilles sans avoir à faire l’effort de les mettre dans des sacs. Elles y joueront de surcroît un rôle tout à fait bénéfique.

- Composter: un apport de carbone à votre compost domestique est toujours le bienvenu. Intéressant notamment lorsqu’il faut ramasser des feuilles mouillées par la pluie si votre bac à compost est généralement fermé et que la matière a donc tendance à peu se décomposer par manque chronique d’eau. Également, on peut mettre de côté des sacs de feuilles (sèches dans ce cas-là) qu’on aurait déjà remplis afin de disposer de matière pour équilibrer son compost l’été prochain.

- Déchiqueter et pailler: applicable sur des feuilles sèches, la technique qui consiste à passer la tondeuse (installez-lui son sac) dans un tas de feuilles permet de les déchiqueter en petits morceaux qui deviennent alors une matière idéale à appliquer dans les plates-bandes et autour des arbres et des arbustes. Un très bon paillis, donc, avec tous les bénéfices qu’on lui connaît — réduction des mauvaises herbes et des besoins en arrosage, amélioration des qualités du sol. Sinon, le déchiquetage préalable a au moins comme avantage de réduire grandement le nombre de sacs de feuilles mis à la rue.

À éviter, surtout si vous avez des tendances compulsives comme mon voisin, l’aspirateur à feuilles qui, en plus de jouer avec les nerfs des habitants du quartier par son bruit infernal, pourrait vous amener à vouloir extirper de votre terrain toute trace du plus petit morceau de feuille, voire de tenter de les aspirer directement sur les arbustes. Avec notamment pour conséquences un compactage grandissant et un appauvrissement et progressif du sol de vos plates-bandes que vous devrez ensuite combler à renfort de sacs de terre et d’engrais.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr  sugarfrizz

S’acheter du crédit

octobre 7th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes générerait presque autant de gaz à effet de serre que l’utilisation d’une petite voiture durant un an. Plus de trois tonnes d’équivalent CO2. Certaines compagnies aériennes, dont Air France, Air Canada et plusieurs autres, proposent à leurs passagers d’acheter des crédits permettant de «compenser» les gaz à effet de serre générés par leur voyage. Une bonne idée ou encore du greenwashing ?

À l’échelle mondiale, les vols d’avion représenteraient entre 4 et 10% de la contribution humaine à l’augmentation des gaz à effet de serre. Et les distances totales parcourues sont en augmentation. De surcroît, comme les émissions de gaz provenant des avions se produisent dans la haute atmosphère et non au niveau du sol, leur impact est plus important que le nombre de tonnes qui en résulte pourrait l’indiquer. Pour peu qu’une personne réalise quelques voyages en avion, ceux-ci représentent probablement une part majeure de son empreinte carbone individuelle.

Comment les crédits fonctionnent-ils ? Qu’on achète ces crédits directement à l’achat d’un billet d’avion ou par la suite auprès d’une entreprise spécialisée dans le domaine, le montant payé sert à financer des projets permettant de soulager l’atmosphère d’une quantité équivalente de gaz à effet de serre dans un autre lieu. Il faut se défaire de l’idée que ça revient nécessairement à «planter des arbres». En fait, la plantation d’arbres est, par beaucoup, vue comme un moyen relativement peu efficace de compenser les émissions, pour plusieurs raisons. Ainsi, la totalité de la quantité produite n’est alors compensée qu’après de nombreuses années de croissance d’un arbre et non à court terme; le réservoir de carbone constitué par l’arbre est anéanti si un incendie ravage la plantation ou si l’arbre est éventuellement utilisé pour des produits non durables. Les projets de réduction d’émissions à valoriser seraient plutôt de ceux qui viseraient une transition vers des énergies renouvelables ou l’amélioration du rendement énergétique, notamment.

Mesure valable ou pas ? Certains organismes environnementaux dont la Fondation David Suzuki présentent la compensation des gaz à effet de serre comme une alternative valable pour la portion de notre production qu’on ne peut raisonnablement réduire en changeant nos habitudes de vie. D’autres organismes dénoncent justement l’effet déculpabilisant et l’illusion de cette dépense somme toute faible qui nous justifierait de ne rien changer à notre mode de vie à production élevée de CO2. L’absence de norme universelle garantissant la valeur des crédits vendus est un autre argument des détracteurs, encore que plusieurs normes reconnues se sont développées dans le domaine dont Gold Standard.

Selon les fournisseurs, la compensation d’un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes peut coûter de 40 à 120$. Deux fois plus environ si on veut tenir compte de l’impact accru des émissions en haute atmosphère. Si le concept vous intéresse, la Fondation David Suzuki et l’Institut Pembina ont réalisé une évaluation de différents fournisseurs de crédits de carbone que vous pouvez consulter afin de choisir un fournisseur… crédible.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr peasap

Perméable et satisfaite de l’être

juin 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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L’asphalte et les pavés standard utilisés pour les stationnements ont en commun d’éviter le plus possible l’infiltration de la pluie et de la diriger vers la rue, avec plusieurs conséquences financières et environnementales. Pour éviter d’y ajouter ma contribution, c’est donc pour des pavés perméables que j’ai opté au moment de faire refaire l’entrée de la maison.

Constatant rapidement l’efficacité du produit pour infiltrer la pluie plutôt que la faire ruisseler vers la rue, je soulevais tout de même certaines préoccupations liées d’une part aux conditions hivernales, et d’autre part face à l’accumulation possible de matière dans les interstices.

Le pavé a passé l’hiver sans coup férir. L’eau infiltrée doit s’être évacuée comme prévu car rien n’a bougé — la possibilité de mouvement constituait une crainte évoquée par l’entrepreneur. Cette éventualité aurait pu se produire si jamais une grande quantité d’eau s’était accumulée avant la saison hivernale. De là l’importance, de s’assurer que le fond du trou se trouve plus bas que la chaîne de rue et de lui donner une légère pente.

Le pavé n’a pas non plus posé de difficulté pour le déneigement. Nous n’avons pas fait affaire avec un entrepreneur en déneigement mais je considère que le pavé perméable devrait se comporter de la même façon qu’un pavé standard à cet égard. Sa surface étant légèrement plus  irrégulière qu’une asphalte ou un pavé standard, il vaudrait tout de même probablement mieux ne pas forcer à outrance le grattage. La pierre placée dans les interstices n’a pas non plus profité de l’hiver pour s’éclipser — aucun ajout ne s’est avéré nécessaire jusqu’à maintenant.

Un peu de matière organique s’est retrouvée entre les pavés depuis l’été dernier, rien toutefois qui semble compromettre l’infiltration d’eau. À défaut d’utiliser un jet d’eau pour déloger ladite matière (même si cette eau s’y infiltrerait, vous comprendrez sûrement pourquoi), ou une balayeuse à feuilles (adieu les petites pierres si l’aspiration est efficace), un balai fait très bien l’affaire.

Certaines municipalités qui offrent une aide financière à l’achat de toilettes à faible débit ou de barils d’eau de pluie par leurs citoyens pourraient avoir envie d’inciter également l’utilisation de pavés perméables ou d’y faire appel elles-mêmes dans leurs projets, qui sait.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr D’Arcy Norman

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Remplir son baril

juin 5th, 2010 Soeur économe Comments off
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Depuis quelques mois, plusieurs municipalités québécoises ont annoncé des programmes pour inciter leurs citoyens à se doter de barils récupérateurs d’eau de pluie. Les bas niveaux d’eau dans les rivières ces dernières semaines et la consommation excessive d’eau potable dans bon nombre de municipalités pourraient accentuer ce mouvement.

Pourquoi ? Accumuler l’eau de pluie canalisée par les gouttières dans un tel contenant comporte deux avantages: celui de réduire la consommation d’eau potable pour l’arrosage extérieur, et celui de réduire le volume d’eau à l’égout en récupérant l’eau des gouttières avant qu’elle ne se retrouve à la rue  (j’en parlais ici). Les municipalités, qui doivent autrement produire l’une et épurer l’autre, réalisent donc des économies. Je suppose qu’elles ont fait leurs calculs, dans la lignée des programmes pour l’achat de composteurs ou de couches lavables.

Certains programmes municipaux sont particulièrement intéressants: Laval offre une remise de 50$ sur l’achat d’un baril, tandis qu’à Repentigny et Terrebonne, on les vend au bas prix de 35$. En Estrie, les prix des barils dont quelques municipalités font la promotion sont substantiellement plus élevés (environ 70$). Sur l’île de Montréal, les éco-quartiers vendraient également de tels barils au prix approximatif de 80$, ce qui représente plus ou moins le prix en magasin.

Si vous pouvez vous procurer un baril usagé, c’est encore mieux (dans une optique de réutilisation) et moins coûteux (il ne vous manquera que quelques babioles pour compléter l’installation). Évitez évidemment les barils ayant contenu des produits chimiques… Plusieurs fournissent des plans de montage, dont la Ville d’Ottawa; l’émission La Vie en vert de Télé-Québec en traite aussi. Si vous êtes plus ambitieux et souhaitez pouvoir disposer de plus grandes réserves d’eau, vous pourriez envisager d’en connecter plusieurs en série, ou même de vous installer un réservoir de beaucoup plus grande capacité pour pourvoir tous vos besoins d’arrosage extérieur.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr fireballsdecai

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Matériaux écolos pour un patio ?

mai 2nd, 2010 Soeur économe 1 comment
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Un patio dont la décrépitude grandissante pourrait nécessiter des travaux ou un remplacement dans les prochains mois m’a amenée à réaliser quelques recherches sur des considérations environnementales et monétaires associées au choix possible de différents matériaux de patio ou terrasse. Je vous partage mes premiers constats.

Critères

Je ne souhaite pas utiliser un matériau dont la production nécessite de grandes quantités d’eau ou qui génère d’importantes quantités de gaz à effet de serre. La durabilité est aussi un critère important en vue de réduire la quantité de matière consommée, un élément à contrebalancer cependant avec la capacité d’en disposer adéquatement une fois sa vie utile terminée. J’ai également tenté de prendre en considération l’aspect de l’entretien puisque ça implique d’y passer du temps de façon récurrente et que ça implique généralement des produits chimiques.

Différentes possibilités

  • Bois traité: ce bois est traité chimiquement, mais le traitement n’implique plus d’arsenic et de chrome comme auparavant, étant donné les risques liés à l’exposition notamment pour les jeunes enfants. Le traitement est maintenant plutôt réalisé avec des produits chimiques comprenant du cuivre. Un tel traitement implique qu’une fois sa vie utile terminée, ce bois devient un déchet dont on doit disposer adéquatement pour éviter un relargage de ces composés chimiques dans le sol, l’eau ou l’atmosphère. Généralement considérée comme la solution la moins chère pour bâtir un patio, c’en est aussi une dont le transport est susceptible de générer des gaz à effet de serre, puisque le bois est rarement d’origine locale. C’est également un matériau qui nécessite des entretiens réguliers — teinture, scellant, alouette. Tout comme n’importe quel autre bois, on peut à tout le moins le considérer comme une forme de stockage de carbone.
  • Bois torréfié: au contraire du bois traité, ce bois ne fait pas l’objet d’un traitement chimique mais est plutôt «cuit» à température élevée, ce qui représente une dépense énergétique et donc probablement des émissions atmosphériques. Un tel traitement rend apparemment le bois plus imperméable et plus résistant à la pourriture — un bon point au niveau de la durabilité. L’impact du transport varie selon la provenance du bois faisant l’objet du dit traitement, mais il semble que la torréfaction a l’avantage de rendre utilisables différentes essences susceptibles d’être d’origine locale, et qu’au moins une entreprise québécoise en produise. Quant à l’entretien, certaines sources indiquent qu’il n’y en a pas tandis que d’autres font mention d’un scellant à appliquer sur le bois une fois mis en place.
  • Bois imputrescible: certaines essences de bois, notamment le Thuya plicata (cèdre rouge de l’Ouest), ont l’avantage d’être naturellement résistantes à la pourriture et de ne pas nécessiter de traitement préalablement à leur utilisation. Par contre, le nom l’indique, le cèdre rouge de l’Ouest ne trouve pas sa source localement et sa croissance est lente, ce qui implique une pression importante sur cette ressource (à moins d’acheter du bois certifié FSC). Son prix représenterait environ deux fois celui du bois traité. Un élément dérangeant susceptible de réduire sa durabilité: malgré son imputrescibilité, s’agit d’un bois mou, ce qui implique qu’il peut s’abîmer plus rapidement en surface.
  • Bois composite: ce matériau qui tente d’imiter l’apparence du bois est constitué d’un mélange de bran de scie et de plastique (recyclé ou non). Puisqu’il s’agit de matières qui peuvent autrement devenir des déchets, on peut considérer que la pression sur les ressources naturelles associée à sa production est faible. Comme de la colle est nécessaire pour maintenir les ingrédients ensemble, il est cependant probable que ce produit libère des composés organiques volatils. Sa durabilité semble bonne puisqu’il n’y a pas de risque de pourriture et que la coloration ajoutée serait stable, bien qu’il semble qu’il soit facilement rayé en surface. Il ne requiert aucun entretien. Toutefois, le coût du matériau représenterait environ trois à quatre fois celui du bois traité.
  • «Planches» de plastique: ce matériau est entièrement constitué de plastique recyclé, qui est teint et moulé pour lui donner une certaine apparence de bois. Présentant l’avantage de ne pas utiliser de nouvelles ressources, le produit s’avère également de nouveau recyclable lorsqu’on s’en débarrasse. La durabilité semble bonne, étant donné l’absence de risque de pourriture, mais je n’ai rien vu de très élaboré sur sa stabilité face aux rayons UV qui affectent à la longue la coloration et la résistance de bien des plastiques. Il est également réputé sans aucun entretien. Son prix serait similaire à celui du composite.
  • Fibre de verre: il s’agit en fait de panneaux de contreplaqué recouverts de fibre de verre. Si le contreplaqué est formé à partir de sapin de Douglas, comme c’est recommandé, l’impact environnemental résultant de son transport sur d’importantes distances est inévitable. Quant à l’entretien, il semble que la qualité de l’installation fasse foi de tout: s’il est installé sans prendre toutes les précautions requises, il est sujet à fendiller puis à pourrir à l’intérieur, donc sa durabilité est compromise. Il peut aussi se fissurer s’il subit des variations rapides de température, ce qui implique alors des réparations.

Bien sûr, s’il avait été question d’une terrasse entièrement au niveau du sol, d’autres options dont la pierre et les pavés perméables auraient pu être examinées. Pour le moment, le plastique et le composite m’apparaissent deux options intéressantes pour leur faible impact sur les ressources naturelles.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr mccun934

L’intérêt de la corde à linge

mars 20th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a différentes raisons pour attendre avec impatience le printemps, mais l’une d’entre elles peut être de pouvoir recommencer à utiliser sa corde à linge. Une habitude en voie d’extinction ? Le blogue The Daily Green le classe en tout cas parmi ses Lost Household Arts. Elle comporte cependant plusieurs avantages.

Établissons-le dès le début, la séchage du linge sur la corde (ou autre accessoire équivalent) risque peu de faire diminuer de façon sensible votre facture d’électricité. Une ou quelques dizaines de dollars, au total, avec différentes hypothèses de calcul à partir de l’outil disponible sur le site d’Hydro Québec. Probablement davantage si vous vous rendez à la buanderie.

À l’échelle d’une province, cela peut néanmoins représenter une somme non négligeable de kilowatts-heures. Assez pour que l’Ontario adopte en 2008 un règlement interdisant… les règlements municipaux interdisant les cordes à linge, de même que toute condition restrictive à cet effet dans les baux et conventions de copropriétaires notamment pour des maisons en rangée. Plusieurs États américains ont aussi fait de même.

Au Québec, il existe encore des règlements interdisant les cordes à linge dans plusieurs municipalités. J’ai d’ailleurs appris que ma corde à linge avait été dans l’illégalité jusqu’à ce que les règlements municipaux des anciennes municipalités fusionnées à Québec soient harmonisés en 2009. On peut imaginer que ce ne sont probablement pas les règlement dont le respect est suivi de plus près par les municipalités, ce qui n’empêche pas de trouver le principe agaçant.

Outre économiser un peu, vivre parfois dans l’illégalité et égayer sa cour de couleurs vives, qu’apporte le séchage sur la corde à linge ? On peut aimer la fragrance que la brise donne aux vêtements et autres textiles qu’on suspend (cela permet à tout le moins de se rendre compte que les fragrances artificielles comportant le mot «brise» n’ont vraiment rien à voir avec la vraie). Par contre, contre des taches tenaces sur des tissus, l’exposition au soleil est vraiment efficace. Surprenant, même. Un must pour les couches lavables, notamment.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tauntingpanda

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Des panneaux solaires sur votre maison?

décembre 19th, 2009 Ebenezer Comments off
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Bon, visiblement, l’esprit des Fêtes s’est emparé de moi: l’article d’aujourd’hui n’est que modérément utile aux résidents du Québec, et le rythme de nouveaux articles devrait diminuer considérablement d’ici au jour de l’An.

Dans ma cour

In My Backyard (dans ma cour) est un site web qui vous permet d’estimer combien d’énergie vous pourriez produire en installant des panneaux solaires ou des éoliennes sur votre propriété. Le nom est évidemment une référence au syndrome typique du «pas dans ma cour», fréquent lorsqu’on propose de nouveaux projets d’éoliennes.

Le concept est simple: vous entrez votre adresse et on vous affiche la photo satellite de Google de votre maison. Vous avez ensuite deux options:

  • Dessiner sur la carte un panneau solaire de la grandeur souhaitée (par exemple, votre toit);
  • Placer des mini-éoliennes sur votre terrain.

Malheureusement, il n’y a pas de données de vents pour le Canada… la portion sur les éoliennes est donc assez peu utile.

Les résultats solaires

Dans notre cas, si on installe des panneaux sur un versant de notre toit, le site web estime qu’on pourrait produire un peu plus de 5000 kWh par année, ce qui permettrait une économie d’un peu moins de 400$ par année.

Le site web indique même le coût d’installation: 42 606$ (probablement US…) avant subventions. Dans notre cas, ça prendrait donc un peu plus de 100 ans pour rentabiliser un tel investissement.

C’est donc modérément utile comme outil… mais c’est amusant!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Wayne National Forest

Un épineux dilemme ?

décembre 10th, 2009 Soeur économe Comments off
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C’est un classique à ce temps-ci de l’année. Alors, lequel avez-vous choisi ? Le sapin naturel ? Ou le synthétique ? Une solution originale pour bricoleur (et buveur) averti ou encore une plante (comme un Araucaria ou un cyprès) qui pourra jouer ce rôle durant plusieurs années?

C’est un choix qui peut se faire sur l’aspect esthétique (ou organoleptique), mais qui peut aussi intégrer des considérations écologiques, ainsi que financières. L’un des facteurs d’importance dans chacune des comparaisons est le nombre d’années durant lesquelles vous pensez réutiliser votre sapin artificiel.

L’aspect écologique

L’arbre coupé est une matière décomposable, elle peut être réutilisée par les municipalités qui les ramassent. Ce sapin de sept à dix ans aura accumulé quelques kilos de carbone dans sa matière ligneuse, on aura souvent utilisé de l’engrais et des pesticides pour le faire croître. Le sapin artificiel est fait de PVC et de métaux, sa production génère du carbone. Les deux doivent être transportés de leur lieu de production à leur lieu de vente et à de là à votre salon, mais le sapin artificiel étant souvent produit beaucoup plus loin, son empreinte carbone pour le transport est de beaucoup supérieure.

Ce que j’ai lu récemment, c’est que, selon une analyse d’une firme québécoise, l’avantage tournerait au sapin artificiel seulement à partir du moment où l’on garde le sapin artificiel plus de 20 ans. Je connais peu de gens qui le font. Il y a aussi quelques aspects peu souvent mentionnés:  la matière ligneuse (donc le carbone) accumulée par le sapin naturel sera dégradée dans les années subséquentes, ceux-ci étant généralement transformés en paillis, facilitant la dégradation microbienne et la libération de ce carbone. Quant à votre sapin artificiel, lorsque, après ses années de bons services, vous vous en débarrassez, il se retrouve généralement entièrement à l’enfouissement — bien que plusieurs composantes soient en théorie recyclables, je doute fort que votre municipalité l’accepte dans votre bac bleu.

L’aspect économique

On peut payer entre 200$ et 300$ environ pour un sapin artificiel. Et entre 30$ et 50$ pour un arbre naturel. On peut donc considérer que sur le strict point de vue du coût d’achat, il faut garder son arbre artificiel entre 4 et 10 ans – plus vraisemblablement entre 6 et 7 ans si vous êtes conséquents dans votre profil d’économe ou de plus dépensier. Cette simple comparaison ne tient pas compte notamment du fait que vous devrez acheter quelques accessoires supplémentaires pour votre sapin naturel (pied et lumières — pas les décorations car vous les achèterez dans les deux cas).

Conclusion

Mon choix personnel est ni l’un ni l’autre. J’aime mieux prendre soin à longueur d’année de mon «sapin» à l’allure non traditionnelle, qui devient plus grand à chaque Noël — son impact principal est donc probablement de nécessiter périodiquement l’achat de quelques décorations supplémentaires.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tiffa130

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