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Posts Tagged ‘économies’

«Je fais mon épicerie chez Walmart et Costco parce que j’ai le préjugé que c’est moins cher»

juillet 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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Une connaissance me décrivait en ces termes sa stratégie d’épicerie. Et en observant de loin les immenses stationnements remplis, on peut raisonnablement penser que beaucoup de gens suivent la même ligne de pensée (évidemment pas uniquement pour l’épicerie).

Je fréquente pour ma part le moins possible les deux dites chaînes. À côté de tous les gens amateurs de chutes de prix et fiers adeptes d’économies de gros, je considère néanmoins que pour l’épicerie et même le reste, je ne suis pas si perdante. Alors, à tout le moins pour le bénéfice de mon collègue qui voulait connaître le fond de ma pensée sur le sujet:

Dans le cas de Walmart, le problème est fondamental: je calcule que les rabais escomptés sont généralement loin d’égaler l’importance du désagrément vécu, particulièrement pour des produits d’épicerie. Ces désagréments ne sont évidemment pas propres à cette chaîne uniquement, mais ils m’y apparaissent exacerbés. Les paniers et allées semblent spécialement conçus pour provoquer des embouteillages (est-il prévu que cela fasse consommer davantage ?). La répartition parfois erratique des produits nécessite soit une fouille attentive de nombreuses allées ou la consultation du personnel de plancher (encore faut-il en trouver). Les files omniprésentes aux caisses et le temps phénoménal qu’un seul consommateur peut y prendre pour régler ses achats rendent toujours la finale pénible. Sans compter l’immense stationnement et l’abondance de consommateurs pour qui des interdictions de stationner et autres règles de circulation ne semblent pas exister (avez-vous déjà tenté de vous y rendre autrement qu’en voiture ? Mauvaise idée).

Costco offre également certains désagréments de même nature mais, outre le contrôle excessif, je trouve qu’ils y prennent une ampleur moindre. Mon manque d’intérêt provient plutôt des principes mêmes qui sous-tendent ce commerce: le faible nombre de produits et l’achat en grandes quantités.

  • Faible choix: le fait de ne pas offrir cinq marques différentes d’un même produit mais une seule permet certainement d’augmenter les quantités commandées par la compagnie et d’obtenir de meilleurs prix du fournisseur. Le consommateur y trouve-t-il son compte ? Il peut accepter de laisser la chaîne décider pour lui, tenir pour acquis que la marque et le format de ce qui lui est offert est ce qui lui convient le mieux sans comparer, accepter d’être jusqu’à un certain point à la merci de la compagnie. Ça m’agace beaucoup. Ce faible nombre de produits implique aussi généralement qu’un consommateur qui voudrait y réaliser son épicerie hebdomadaire et non simplement aller s’y procurer périodiquement quelques produits bien ciblés doit nécessairement aller compléter ailleurs, nécessitant du temps et des déplacements en voiture qui représentent aussi des coûts.
  • Quantités: je ne réfute pas l’idée d’acheter en plus grande quantité en stockant en vue d’une utilisation future, mais je trouve que ce n’est pas systématiquement pertinent. Pour les produits non périssables, outre l’espace de rangement à y consacrer, cette façon de faire peut être empreinte de certains risques: de réaliser un mauvais choix et de le subir longtemps, de se lasser d’un achat avant d’avoir tout utilisé, ou de voir les produits stockés subir néanmoins une certaine dégradation dans le temps. Ce sont aussi des sommes d’argent qui dorment sous forme d’achats en attente d’utilisation. Du côté des produits périssables, le risque est notamment la tendance au gaspillage (n’en avoir besoin que d’une quantité X et d’en acheter un paquet de 2X en se disant que même s’il on en perd, cela reste néanmoins économique étant donné son bas prix).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr theogeo

Stratégies d’épicerie

juin 22nd, 2010 Soeur économe 1 comment
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Une récente discussion sur les façons d’économiser sur le coût de l’épicerie m’a amenée à constater l’existence d’une variété de stratégies. J’en recense quelques unes, mais vous pouvez faire part de la vôtre !

Stratégies de circulaires

Dans bien des cas, l’objet central des moyens identifiés pour économiser est le publi-sac (en version électronique, préférablement).

  • Visite unique: la stratégie consiste à planifier ses menus de la semaine à partir des rabais identifiés dans la circulaire de la semaine de son supermarché favori. Une façon de faire qui a l’avantage d’être simple mais qui, faute de comparaison plus élargie, peut amener à acheter en fonction de rabais qui n’en sont pas réellement (tout ce qui se trouve dans la circulaire ne fait pas nécessairement l’objet d’un rabais significatif).
  • La tournée: l’idée est d’identifier tous les rabais qui valent la peine dans les circulaires des différents supermarchés situés dans un rayon raisonnable et les visiter tous (dans la version la plus extrême, même les magasins à rayons comme les Zellers et Tigre géant sont inclus). Permet davantage de discriminer les véritables rabais, mais nécessite plus de temps de préparation et de réalisation, et davantage de déplacements. Implique aussi de disposer d’espace de stockage puisque le concept central est de profiter au maximum des rabais importants qui ne reviennent pas chaque semaine.
  • Le choix de la semaine: en fonction de ses besoins et des rabais annoncés aux différents endroits, sélectionner un seul supermarché à visiter chaque semaine parmi ceux situés à proximité. Offre l’avantage de minimiser les déplacements mais amène le risque de gruger les économies sur les quelques aliments à rabais préidentifiés par des achats d’autres articles plus chers qui sont, eux, à prix régulier. Peut permettre de développer des préférences pour des produits offerts à un seul endroit et en faire provision épisodiquement. Les produits étant par ailleurs disposés différemment dans chaque épicerie, peut être mêlant.

En général, ces stratégies misent sur le stockage, et requièrent donc une certaine élasticité du budget pour les achats de masse lorsque les offres sont alléchantes. Dans le cas des aliments à conserver au congélateur, il faut aussi disposer de suffisamment d’espace et bien gérer ses stocks de façon à éviter d’avoir à se débarrasser d’aliments défraîchis.

Autres stratégies

Certaines personnes ne sont pas adeptes de la consultation compulsive de la circulaire hebdomadaire et privilégient d’autres façons d’économiser.

  • Les marques maison: l’idée est d’acheter la marque maison pour tous les produits où le choix est offert, en rabais ou pas, au fur et à mesure que les besoins se présentent. Dans plusieurs cas les produits sont pareils ou plutôt similaires, et les différences de prix cumulées permettraient d’économiser des sommes significatives sans devoir stocker.
  • Sortir du supermarché: en achetant la viande à la boucherie et les fruits et légumes à la fruiterie, entre autres, on peut gagner en fraîcheur et qualité tout en payant moins cher. Un peu comme dans le cas de la stratégie de la tournée, par contre, on augmente les déplacements et le temps à y consacrer. À ne pas oublier (en saison estivale surtout), le fermier de famille et les marchés publics.
  • Le «fait maison»: en combinaison ou non avec la recherche de rabais en circulaires, cette stratégie préconise l’économie en préparant sa nourriture plutôt qu’en l’achetant déjà préparée. Valide pour les sauces, repas du midi, pain, biscuits, céréales… Le prix des ingrédients est souvent beaucoup moindre que celui des aliments déjà préparés, et ceux-ci peuvent être de meilleure qualité.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr nateOne

Energy Star: une certification toujours pertinente?

avril 14th, 2010 Soeur économe 1 comment
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Parmi les recommandations de base pour économiser l’énergie ou réduire son impact environnemental, on retrouve généralement l’utilisation d’appareils homologués Energy Star. De tels appareils peuvent permettre, nous indique-t-on par exemple sur le site de l’Agence de l’efficacité énergétique, «de réduire de 30 à 50 % vos coûts énergétiques et vos frais d’utilisation».

Toutefois, le fameux logo semble perdre de son éclat depuis quelque temps. Sa réputation devient-elle surfaite ?

Récents rapports

Aux États-Unis, le Government Accountability Office publiait il y a quelques semaines un rapport dans lequel il faisait état de la vulnérabilité du programme américain Energy Star face à des possibles fraudes. Compte tenu des sommes investies par le gouvernement dans l’Appliance Rebate Program (la version pour appareils électroniques du programme de mise au rebut de vieilles voitures surnommé Cash for clunkers), la vérification s’avérait probablement une façon de s’assurer que les sommes sont bien investies. Or, d’après les vérifications réalisées par l’organisme, le programme n’exige pas systématiquement de rapport d’un tiers sur les allégations du fabricant à l’égard des performances de son produit, ne réalise pas non plus de contrevérification, et semble compter sur le fait que les entreprises testeront les produits de leurs compétiteurs et dénonceront des produits non conformes. Le rapport fait également état d’un manque d’uniformité dans le traitement des demandes.

Dès l’automne 2009, un audit du Department of Energy des États-Unis à l’égard de sa participation à l’administration du programme Energy Star en était arrivé à des conclusions similaires sur l’absence de certification par un tiers pour plusieurs catégories d’appareils. L’audit faisait également état du manque de vérification de l’utilisation du logo sur les produits sur le marché, ainsi que d’aberrations comme le fait que dans la catégorie des ampoules fluocompactes, plus 90% des produits sur le marché soient certifiés Energy Star.

Au Canada

Le programme Energy Star en place au Canada est administré par le ministère fédéral des Ressources naturelles et les conclusions américaines ne s’y appliquent donc pas intégralement, bien que certaines catégories de produits homologués aux États-Unis soient automatiquement considérés homologués au Canada aussi. Certains questionnements demeurent néanmoins.

Le magazine Protégez-vous a réalisé, dans son numéro de mars 2010, des calculs sur les économies qu’on peut espérer réaliser en achetant des appareils qui sont homologués Energy Star, en comparant leur consommation énergétique avec celle d’appareils non certifiés. Conclusion: à peine quelques dollars par an dans le cas d’un réfrigérateur par exemple.

On ne peut donc systématiquement compter sur le petit logo pour espérer combler un coût d’achat qui serait significativement plus élevé pour un appareil Energy Star. Ce qui ne veut pas dire qu’on doive complètement mettre de côté ce critère pour autant: les appareils homologués peuvent également présenter d’autres bénéfices (dont une consommation d’eau moindre dans le cas des appareils en utilisant). Une consultation attentive des listes de produits homologués sur le site de Ressources naturelles Canada peut également permettre d’identifier les plus performants parmi tous ceux qui arborent le logo.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Rosa y Dani

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Économique, le vélo ?

juin 18th, 2009 Soeur économe 2 comments

J’en conviens, l’autobus que nous vantait Ebenezer pour se rendre au travail, c’est super. Mais pourquoi ne pas chercher encore mieux ?

Pas beaucoup plus long

Évidemment, ça dépend de la situation de chacun. Je calcule pour ma part que mon temps de déplacement en vélo vers le travail est entre 8 et 45% plus long que le temps requis en autobus — pour un trajet d’une quinzaine de kilomètres entre la banlieue et le centre-ville. Pourquoi cet écart ? Dans le premier cas (8%) je calcule en comparant avec un trajet d’autobus à l’heure de pointe avec travaux sur plusieurs artères; dans le second (45%), en dehors de l’heure de pointe et sans travaux. Remarquez que je compare ici les temps totaux, incluant dans le cas du vélo son stationnement et la mise en plis de la cycliste.

Il semble que plus les distances sont courtes, plus le temps de trajet du cycliste devient comparable ou même inférieur à celui de l’usager du transport en commun ou de l’automobiliste. C’est d’ailleurs le constat que fait l’organisme Accès transports viables qui organise chaque année à Québec le Défi Vél-Auto-Bus où les trois modes de transport sont comparés sur trois trajets avec différents points d’origine et distances à parcourir. 

Le vélo fait sauver du temps

On peut calculer que même avec un temps de trajet plus long en vélo qu’en autobus, on sauve finalement du temps. Pourquoi ? Parce qu’avec le vélo, pas besoin d’ensuite passer du temps à aller faire de l’exercice. On s’évite de surcroît de devoir payer pour pédaler sans aller nulle part ou courir sur place en regardant un mur (on comprendra sans peine que je ne suis pas une adepte des gyms).

Vous considérez que vous n’économiseriez pas de temps ou d’argent parce que présentement, vous ne passez pas de temps à faire de telles activités ? Pensez aux frais de soins de santé futurs dont vous pourriez nous faire l’économie… à condition bien sûr d’éviter de rouler à contresens sur René-Lévesque à l’heure de pointe en passant sur des lumières rouges. 

D’autres agréments

Vous déplaçant en vélo, vous pourriez devenir très au fait des périodes de floraison de la consoude, du mélilot ou de l’asclépiade. L’occasion vous serait également offerte d’amasser des données sur les taux de mortalité de la faune dans différents environnements, et de développer une fine connaissance des horaires de collecte des matières résiduelles. Des avantages non négligeables. Plus sérieusement, les endorphines secrétées durant le trajet de vélo contribuent certainement à rendre les journées de travail très agréables.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Ben Alford

Profiter d’un ralentissement

mars 9th, 2009 Soeur économe Comments off

Difficile de faire rimer voiture et écologie. Même chose pour voiture et économies. Si la meilleure option pour vraiment économiser est certainement de ne pas avoir de véhicule ou, à défaut, de l’utiliser le moins possible, lorsqu’il le faut, certaines habitudes de conduite peuvent permettre d’éviter de gaspiller le carburant.

Relaxez

En ville, la conduite saccadée ou agressive (une succession d’accélérations rapides et de freinages de dernière minute) est synonyme de consommation accrue de carburant, pour très peu de temps gagné au bout du compte. Une telle conduite n’amènerait qu’une réduction de 4% du temps de trajet, pour 37% de plus de carburant dépensé (du moins selon une étude citée par de nombreux sites comme l’Office de l’efficacité énergétique, mais dont j’ai pas réussi à retracer le document original). Tant qu’à sauver moins de trois minutes sur un déplacement d’une heure, mieux vaut donc relaxer.

Levez le pied

Sur l’autoroute, chaque kilomètre/heure ajouté au compteur de vitesse accroîtrait le niveau de consommation de la voiture. Il semble en effet qu’au-dessus de 90 km/h, l’efficacité énergétique de la voiture devient beaucoup moindre et entraîne plus de gaspillage. On nous propose de passer de 120 à 110 ou 100 km/h comme vitesse de croisière, pour sauver ainsi respectivement 10 et 20% sur notre consommation. Selon la distance que vous parcourez annuellement, cela peut aisément représenter plusieurs centaines de dollars.

Calculez

Calculer votre consommation de carburant réelle peut vous permettre de vous comparer aux cotes de consommation de carburant officielles pour votre voiture. Même si ces cotes sont établies sans tenir compte de tous les facteurs, cet exercice pourrait vous permettre de voir à quel point vous vous en éloignez ou rapprochez de ces valeurs, et de voir également si une modification de certaines habitudes de conduite pourra l’influencer sensiblement. Ressources naturelles Canada juge bon de présenter une méthode détaillée pour effectuer le calcul… de même qu’un sympathique « Formulaire de rondin de consommation de carburant » (!) que vous pouvez imprimer…

Tant qu’à y être, vous voulez avoir un aperçu assez complet des coûts annuels impliqués pour posséder et utiliser un véhicule ? Peut-être préférerez-vous après coup ne pas avoir fait le calcul, mais le CAA offre un outil et quelques exemples. Parmi les cas présentés, posséder une Chevrolet Cobalt 2008 et rouler 18 000 km dans l’année coûterait environ 9400$ au total, soit l’équivalent de 0,52$ par kilomètre parcouru.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr NathanFromDeVryEET

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