Non, pas devise dans le sens de «Debout, Transformers et Superman», mais plutôt dans le sens d’unité monétaire. En voyant cet article de PlanetMoney, je pensais que les DTS (Droits de tirage spéciaux) était une nouveauté créée en partie pour répondre aux craintes des pays (par exemple, la Chine) qui accumulent des réserves de dollars américains et qui tremblent à l’idée que ce dernier perde de la valeur.
L’unité interne du FMI
D’abord, que sont les DTS? Il s’agit d’une pseudo-devise du Fonds Monétaire International. Quand un pays emprunte de l’argent auprès du FMI, cette dette n’est pas comptabilisée dans la devise du pays qui emprunte, mais en DTS… Ça évite par exemple qu’un pays manipule la valeur de sa devise intentionnellement pour réduire la valeur de ce qu’il remboursera au FMI. Évidemment, le corollaire à ça, c’est que lorsqu’un pays en voie de développement vit une période de forte inflation (comme le Zimbabwe, par exemple), ça peut faire gonfler très rapidement sa dette.
Les DTS ont été créés en 1969, à l’époque où les taux de change étaient fixes via le système de Bretton Woods. Je ne connais à peu près rien sur ce sujet, alors je me contente de vous pointer l’article de Wikipédia, pour l’instant. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’un nouvel outil créé pour répondre à la crise actuelle.
La valeur des DTS est basée sur un regroupement du dollar américain, de l’euro, de la livre sterling et du yen. La proportion de chacune de ces devises dans la détermination de la valeur des DTS est revue à tous les cinq ans.
En surface seulement
Bon, je réalise que je ne fais qu’effleurer ce que sont les DTS… C’est un sujet vraiment fascinant, et un article de blogue ne leur rend pas vraiment justice. N’hésitez pas à bonifier ce que j’ai écrit ici ou à me pointer des ressources supplémentaires dans les commentaires!
Plusieurs acteurs, la Chine en tête, ont lancé cette semaine l’idée de créer une devise mondiale, afin de limiter la dépendance du reste du monde envers le dollar américain. J’ai décidé de la baptiser hypothétiquement le dollar-esperanto, d’après la langue du même nom, mais les noms suggérés semblent être le Globo et, tout simplement, le Global. Je dois admettre que j’aime bien dollar-esperanto parce que ça traduit mon scepticisme face à son adoption à grande échelle.
La Chine s’inquiète
Quand les États-Unis empruntent, ils émettent des obligations, qu’on appelle Treasury Bills (ou T-Bills) que tout un chacun peut acheter. Il s’agit d’un excellent véhicule financier pour un rendement faible, mais qui offre une sécurité à toute épreuve. C’est l’équivalent des obligations d’épargne, ici. La Chine a, au cours des dernières années et avec l’enrichissement que son développement économique lui a apporté, acquis une quantité considérable (2000 milliards$) de fonds américains. Il est donc normal qu’elle s’inquiète au point d’en parler publiquement lorsque les États-Unis se mettent à imprimer de l’argent pour relancer leur économie. Cet ajout de dollars sans augmenter la demande fait baisser la valeur relative du dollar… et des économies des Chinois!
Une nouvelle devise
Comme les États-Unis semblent sourds aux inquiétudes de la Chine, celle-ci a donc lancé l’idée, avec le support de la Russie, du Brésil et de l’Inde, de créer une nouvelle «super-devise» dont la valeur serait basée sur plusieurs économies plutôt qu’une seule. Cela aurait certainement un effet dévastateur sur la valeur du dollar américain (les gens se départiraient de leurs dollars américains pour acquérir cette nouvelle devise). L’ennui, c’est que le ministre des finances américain, Timothy Geithner, se serait montré ouvert à cette possibilité. Ça a causé tout un choc aux États-Unis.
Mais l’opposition à un tel plan ne viendra pas uniquement des États-Unis. Une devise mondiale voudrait dire beaucoup moins de flexibilité pour les pays dans la gestion de leurs économies, et bien peu sont prêts à laisser aller ce contrôle. On a pu le voir lors de la création de l’euro (la Grande-Bretagne n’y a toujours pas adhéré, d’ailleurs).
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr DanieVDM
Le prix de l’essence est toujours un sujet très sensible. Depuis des lunes, les pétrolières sont accusées de maintenir les prix artificiellement hauts… et certains événements récents leur ont donné raison.
Depuis le 15 juillet dernier, le prix du brut a chuté de 54% (passant de 138,74$ le 15 juillet dernier à 64,08$ aujourd’hui) et ont pourrait se dire que le prix de l’essence n’a pas nécessairement suivi. En fait, il a baissé de 28% (passant de 1,434$ le litre à 1,028$ le litre aujourd’hui à Québec).
Ma première théorie pour expliquer la différence était la baisse simultanée de la devise canadienne. En convertissant le prix du brut en devise locale, la baisse du prix du pétrole devient 45%.
D’où vient la différence entre 45% de baisse de prix du brut et 28% de baisse du prix de l’essence? Je donne ma langue au chat pour l’instant… Moi qui croyais donner tort aux amateurs de la théorie du complot ce matin en expliquant la différence uniquement par la variation du dollar.
Depuis le 29 septembre dernier, la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain est passée de 0,9621$ à 0,7854$. C’est très brusque comme variation et, généralement, les économistes n’aiment pas les mouvements brusques. Nul besoin de spécifier qu’ils sont très malheureux et inquiets ces temps-ci.
Qu’est-ce que ça veut dire pour le commun des mortels?
Premièrement, que les prix qui avaient baissé considérablement (dans l’automobile et l’électronique notamment) depuis un an remonteront probablement. Par exemple, un MacBook Air de base se vend 1799$US contre 1999$ sur le site d’Apple Canada. Ce qui équivaut à un taux de change de 0,8999$, nettement au-dessus du taux du marché. Si vous avez de l’électronique à acheter, faites-le avant que les manufacturiers ne corrigent leurs prix!
Le côté positif, c’est que ça donnera un peu d’air aux entreprises exportatrices qui avaient subi de lourdes pertes à la suite de la montée du dollar des dernières années. Par contre, ces entreprises resteront aux prises avec une économie très faible aux États-Unis. Au moins, il n’y a qu’un seul facteur aggravant.
Est-ce que le dollar continuera de faiblir? Les Affaires pense que oui.