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Nouveau type de compte: Manuvie Un

juillet 6th, 2009 Ebenezer 15 comments
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J’ai vu la semaine dernière une publicité à propos d’un nouveau type de compte offert par Manuvie: Manuvie Un. Je suis donc allé faire un tour sur le site Web afin d’évaluer s’il s’agit de quelque chose de vraiment innovateur ou bien simplement d’une exagération publicitaire. J’ai été agréablement surpris de constater que c’est quelque chose que je n’avais jamais vu avant, qui peut être très utile, mais qui n’est certainement pas fait pour tout le monde!

Mettre l’hypothèque sur la marge de crédit

En gros, le concept de Manuvie Un, c’est de vous ouvrir une marge de crédit pour une valeur équivalent à 80% de la valeur de votre maison à un taux d’intérêt hypothécaire (3,25% actuellement) et de placer votre hypothèque et tous vos autres prêts dans ce compte. Il vous est également suggéré de prendre toutes vos économies à court terme et de les appliquer au solde du compte, réduisant d’autant la somme que vous devez à Manuvie. Comme votre prêt est réduit, l’intérêt que vous payez dessus l’est également, ce qui vous donne un taux d’intérêt «réel» sur vos épargnes de 3,25%, ce qui est excellent. En fait, comme le compte Manuvie Un devient votre compte avec opérations, chaque dépôt vient réduire le montant de votre dette (et les intérêts payés) d’autant. De la même façon, chaque retrait est l’équivalent d’une augmentation au montant emprunté.

Ça prend de la discipline!

De ce que j’ai pu lire sur le site, la notion de paiement hypothécaire n’existe plus: le remboursement de votre hypothèque est pris directement sur votre «profit» mensuel. Si vous êtes du genre discipliné et que vous économisez systématiquement plus que vous dépensez à chaque mois, le compte Manuvie Un vous permet de rembourser votre prêt hypothécaire beaucoup plus rapidement qu’un prêt standard. Par contre, si vous avez de la misère à mettre volontairement de l’argent de côté et que le prélèvement mensuel automatique de votre hypothèque est nécessaire pour en assurer le remboursement, un compte comme Manuvie Un risque de vous nuire grandement en vous permettant de garder le même solde sur votre hypothèque durant une très grande période.

Un danger potentiel si la valeur des maisons baisse

Le concept de Manuvie Un, c’est que vous remboursez votre prêt plus rapidement en appliquant toutes vos épargnes sur votre hypothèque. Plus besoin d’avoir un coussin de sécurité ailleurs, puisqu’en cas de besoin, vous pouvez retirer de votre compte cet argent jusqu’à concurrence de 80% de la valeur de votre maison.

Mais si le solde de votre hypothèque au départ est de 60% de la valeur de votre maison et que la valeur de celle-ci baisse de 25%, vous ne pouvez plus retirer d’argent! Je vous accorde qu’une baisse du prix des maisons de 25% est une chose relativement rare, mais ça s’est déjà vu et, surtout, si le solde de votre hypothèque est plus près du 80% (par exemple parce que vous n’avez pas la discipline de le rembourser régulièrement), une variation plus faible des prix peut vous causer des ennuis.

Bref, le compte Manuvie Un vous donne toute la liberté nécessaire pour rembourser plus rapidement votre prêt… mais on vous donne aussi la corde pour vous pendre en vous donnant toute la liberté nécessaire pour ne pas le rembourser aussi vite qu’un prêt traditionnel.

La situation catastrophique de la Californie

juin 28th, 2009 Ebenezer No comments
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Le corollaire de l’énorme plan de relance mis en place par l’administration Obama, c’est que le gouvernement fédéral s’endette à un rythme effrayant. Si l’anglais ne vous fait pas peur et que ça vous intéresse, je vous recommande chaudement le vidéo I.O.U.S.A. qui vous donnera une idée de l’ampleur du problème. Par contre, les États américains font également face à des problèmes budgétaires graves: leurs revenus sont en baisse et les dépenses augmentent… et plusieurs ont une loi antidéficit (comme le Québec, d’ailleurs).

Californie: les chèques vont rebondir

L’État américain qui est dans la pire situation de tous, c’est la Californie. Le trésorier de l’État a averti le gouverneur que, le 29 juillet prochain, l’État manquera d’argent: il ne sera pas en mesure de payer tous ses employés et d’effectuer les paiements sur sa dette tel que prévu. En avril prochain, il lui manquera plus de 25 milliards de dollars pour fonctionner, si rien n’est changé.

Des coupures partout

Comme le gouvernement fédéral a refusé d’aider la Californie, la seule solution qui s’offre à cet État est de couper sauvagement dans ses programmes. Le Los Angeles Times parle de:

  • Abolition d’un programme d’aide pour 500 000 familles pauvres
  • Abolition de l’assurance médicale pour 928 000 enfants et adolescents
  • Des coupures dans l’aide financière aux États-Unis
  • Fermeture de 220 parcs d’État (il n’en restera que 59 ouverts!) – Source TreeHugger
  • 4 milliards de coupures dans le budget du ministère de l’Éducation – Source California Department of Education

Toutes ces coupures se traduiront par des pertes d’emplois pour des employés de l’État, qui iront grossir les rangs des chômeurs… dans un État où le taux de chômage s’élève déjà à 11,5%. Rien pour aider à augmenter les revenus de l’État!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Bengt E Nyman

Les Canadiens moins responsables que les Américains?

mai 27th, 2009 Ebenezer 1 comment
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Une étude de l’Association des comptables généraux agréés du Canada publiée aujourd’hui a été reprise un peu partout. Je vous pointe vers Les Affaires, mais le texte était identique sur le site de Radio-Canada. Ça tombe bien qu’on en parle, parce que j’ai déjà traité à plusieurs reprises, en me basant sur des chiffres américains, du taux d’épargne qui est en hausse. Or, il semble que les Canadiens n’ont pas eu jusqu’à maintenant le réflexe d’économiser plus pour parer à toute éventualité.

Un ton alarmiste?

L’Association des CGA et son président, Anthony Ariganello, souhaitent clairement passer un message lorsque ce dernier déclare:

L’endettement des ménages canadiens a nettement augmenté ces dernières années, ce qui met en péril leur sécurité financière.

Par contre, le texte de l’article me laisse très perplexe. On y lance un tas de chiffres qui ne sont pas nécessairement reliés. On y dit que la dette totale des ménages canadiens atteint 1300 milliards. Comparée à quoi? C’est un gros chiffre mais, sans référent, il ne veut pas dire grand chose. Apparemment, c’est une augmentation, mais de quel ordre? Plus loin dans l’article, on traite de la dette de consommation des ménages. Est-ce cette dette qui donne 1300 milliards ou bien la dette totale (incluant les hypothèques et prêts autos, par exemple)? On y mentionne également que la dette des familles augmente… Or, c’est un phénomène social normal que le taux d’épargne soit faible chez les jeunes familles et qu’il augmente considérablement une fois que les enfants sont partis.

La morale de l’histoire est quand même bonne

Même si je trouve le ton de la nouvelle un peu trop sensationnaliste et le contenu de celle-ci pas vraiment convaincant, il n’en reste pas moins que le message de fond est bon: s’endetter quand vos dépenses sont plus élevées que vos revenus, c’est retarder (et, surtout, amplifier) le problème. Les revenus des Canadiens diminuent… La mesure prudente à prendre est de diminuer les dépenses autant que faire se peut. Les Américains ont eu la gentillesse de nous démontrer à leurs frais que ce n’est pas une bonne idée de générer une croissance économique par l’endettement des consommateurs.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Nieve44/La Luz
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La faillite: on s’essuie et on recommence

mai 4th, 2009 Ebenezer No comments
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Deuxième article d’une série que j’écris à propos des faillites, dans le contexte de celles de Chrysler et d’AbitibiBowater. Le premier est ici.

Quand une compagnie est contrainte à déclarer faillite, souvent, ses opérations sont rentables, mais un poste de dépense a pris des proportions considérables et vient éliminer tous ses profits: les intérêts sur la dette. La compagnie s’est tellement endettée au fil des années que les intérêts qu’elle doit payer l’empêchent de faire quelque profit que ce soit.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Pourquoi s’endetter autant? Dans le cas des grandes entreprises mentionnées ci-haut, c’est souvent pour payer des compagnies qu’elles ont achetées par le passé. Pour de plus petites compagnies, elles ont emprunté pour de la nouvelle machinerie ou bien pour agrandir leur usine ou bien pour ouvrir plus de succursales.

Dans la majorité des cas (pas tous, évidemment), si on élimine la dette, la compagnie peut être rentable. Pour éviter de perdre ce qu’il y a de bon dans celle-ci malgré ses problèmes financiers, il y a des lois au Canada et aux États-Unis (et, j’en suis certain, dans la plupart des pays du monde) qui permettent de conserver les emplois et les activités rentables de la compagnie. Par contre, certains acteurs y perdent au change: les créanciers, qui perdent une bonne portion de leur argent, et les actionnaires (les propriétaires) perdent tout.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr daveparker

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À quoi sert la faillite?

mai 2nd, 2009 Ebenezer No comments
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Même si quelques lueurs d’espoir pointent à l’horizon, les nouvelles économiques sont essentiellement négatives présentement. Plusieurs compagnies déclarent faillite, notamment AbitibiBowater et, plus récemment, Chrysler. Qu’est-ce qu’une faillite? Et surtout, à quoi ça sert?

C’est ce qu’on va explorer à travers quelques articles.

Je réalise également en écrivant ces lignes que je m’intéresse surtout aux faillites corporatives et non personnelles, qui est pourtant un sujet tout aussi pertinent… Si l’intérêt y est, je ferai peut-être quelques recherches sur le sujet.

Pourquoi se «protéger des créanciers»?

À cause de problèmes financiers, une compagnie peut devenir incapable de rembourser ses emprunts — la date prévue du remboursement d’une obligation arrive et elle n’a pas suffisamment d’argent dans son compte de banque pour la rembourser. Au moment où elle ne remplit pas sa part du contrat, la compagnie peut se faire poursuivre par les détenteurs de l’obligation afin que la cour ordonne un remboursement.

Lorsqu’une compagnie déclare faillite, ces poursuites deviennent impossibles. Les créanciers (les détenteurs de dettes comme les banques, les fournisseurs, etc.) n’ont plus le droit de poursuivre la compagnie en faillite pour se faire rembourser. Ça semble injuste, non?

En fait, au contraire, c’est pour être le plus juste possible que ce mécanisme existe. En déclarant faillite, la compagnie met en branle un mécanisme qui s’assurera que tous ses créanciers pourront être remboursés équitablement (notez que je n’écris pas intégralement, bien au contraire) et non pas seulement ceux qui auront déposé des poursuites en premier.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr theogeo

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Le danger des multinationales

avril 22nd, 2009 Ebenezer No comments

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Bon, je me lance sur un terrain glissant, mais le titre est plus épeurant que le contenu de cet article. Dans le grand débat de la gauche et de la droite, du capitalisme et du socialisme, nous n’avons jamais pris position directement et rarement indirectement. Cet article ne fera pas exception à l’habitude. L’objectif est plutôt d’alimenter votre réflexion et même de susciter la discussion via les commentaires.

Il y a peu de choses plus agréables pour un blogue que de générer des commentaires et, cette semaine, on est servis!

Le grand débat sur la vente d’entreprises locales

Pendant plusieurs années, un sujet récurrent des nouvelles économiques était le rachat par une firme étrangère d’un fleuron québécois ou canadien. On n’a qu’à penser à Alcan (Rio Tinto), la Bourse de Montréal (le Groupe TSX), Abitibi-Consol (Bowater), ATI Technologies (AMD), la chaîne hôtelière Fairmont (un prince saoudien), La compagnie de la Baie d’Hudson (Jerry Zucker) et Domtar (Weyerhaeuser) qui ont fait les nouvelles dernièrement.

On n’en entend plus parler maintenant parce que, souvent, ces acquisitions sont financées par du crédit et, depuis le début de la crise économique, celui-ci est très difficile à obtenir (voir pour cela ma série d’articles sur les obligations). Et quand ce n’est pas financé avec du crédit, c’est une transaction en actions… et tous ceux qui possèdent des investissements liés de près ou de loin à la bourse savent que ça ne vaut pas autant qu’avant.

En dehors des arguments émotifs sur la fierté que ces grandes compagnies soient considérées comme québécoises ou canadiennes, les récents déboires d’AbitibiBowater illustrent bien l’un des arguments de ceux qui s’opposaient à ces transactions.

Une région durement touchée

AbitibiBowater est présentement le deuxième joueur économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sa faillite — causée en grande partie par la dette colossale amassée par la maison-mère et pas nécessairement pas l’inefficacité des usines — aura un effet dévastateur sur cette région. De la même façon que nous diversifions nos placements pour limiter les risques, je me demande s’il était sage de permettre une telle dépendance économique envers une seule compagnie.

D’un autre côté, je suis généralement pour la liberté des propriétaires privés d’entreprises d’agir selon leur bon jugement. De plus, si on les empêchait de procéder à une vente qui est financièrement avantageuse pour eux pour protéger la société en général (ou une région du Québec), devraient-ils être dédommagés?

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Les obligations: suite et fin

avril 18th, 2009 Ebenezer No comments
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Après une introduction aux obligations et un article plus spécifiquement axé sur les risques associés aux obligations corporatives, je vous propose un dernier article sur le sujet avant de revenir à notre programmation habituelle. Si vous n’avez pas apprécié cette série d’articles sur un même sujet dans la même semaine, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires.

Le taux d’intérêt en fonction de la cote de crédit

Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article, les obligations émises par les compagnies se voient attribuer des cotes (en fait, les obligations émises par les gouvernements aussi) en fonction de la stabilité financière de l’organisation. La meilleure note étant un AAA. Vous me demanderez donc: pourquoi est-ce que je prêterais de l’argent à une compagnie qui n’est pas cotée AAA?

La réponse est simple: pour compenser le risque supplémentaire, elle vous offrira un taux d’intérêt plus élevé! La conclusion est donc que, comme pour les particuliers, moins une compagnie a besoin d’argent, plus c’est simple et peu dispendieux pour elle d’en emprunter. Les compagnies souhaitent donc obtenir le meilleure cote de crédit possible, afin de payer le moins d’intérêts possible.

Un exemple concret

Quelle est la surprime qu’on peut s’attendre à obtenir pour une obligation qui n’est pas cotée AAA? La réponse, bien évidemment, c’est: ça dépend. La différence augmentera en période d’incertitude économique et diminuera lorsque l’économie va bien. Je suis tombé par hasard sur une émission d’obligations qui n’était pas cotée AAA. L’Industrielle Alliance a réalisé une émission d’obligations à la fin de mars et la cote qui leur a été attribuée est A, c’est-à-dire deux niveaux sous la meilleure cote. Le résultat? Ils ont décidé d’offrir un taux d’intérêt de 8,25%, comparativement au taux d’intérêt offert par ING Direct: 1,70% — c’est une différence énorme!

On peut en conclure que ce n’est vraiment pas un bon moment pour avoir besoin d’argent neuf dans le cas des organisations qui ne sont pas en parfaite condition financière (même la compagnie de Warren Buffett n’a plus une cote de crédit parfaite)… C’est ce qu’on appelle la crise du crédit.

Image disponible sous licence CC de Wikimedia Commons
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Les risques des obligations corporatives

avril 15th, 2009 Ebenezer No comments
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Hier, j’abordais la notion des obligations, qui sont une façon parfois efficace de placer de l’argent sécuritairement avec un rendement prévisible. J’avais oublié un petit détail important, par contre: les obligations viennent généralement par tranches de 5000$ ou même de 10 000$. On ne peut pas y placer que 200$ ou 300$. Pour ça, adressez-vous à votre compte d’épargne à intérêts élevés le plus proche!

Corporatives et gouvernementales

Il y a deux grands types d’émetteurs d’obligations: les entreprises et les différents paliers de gouvernements (municipal, scolaire, provincial, fédéral). Dans le premier cas, il s’agit d’une compagnie qui veut financier une nouvelle usine, l’acquisition d’une nouvelle compagnie ou bien, tout simplement, avoir assez d’argent pour survivre pendant une période déficitaire (on peut penser à AbitibiBowater, par exemple). Pour les gouvernements, c’est un peu la même chose. Quand on parle de la dette du Québec, par exemple, une grande portion est sous forme d’obligations. En fait, les fameuses annonces d’Épargne Placements Québec vous demandent de prêter de l’argent au gouvernement du Québec.

Qu’est-ce que je risque?

La réponse est simple: quand on achète une obligation, on risque de ne pas se faire rembourser. Dans le cas d’un gouvernement, surtout en Amérique du Nord, le risque est très faible. Dans le cas d’une entreprise, il y a plusieurs scénarios dans lesquels un détenteur d’obligation peut perdre de l’argent, ou obtenir un rendement inférieur à celui promis initialement. Le cas le plus évident est une faillite pure et simple. Comme Air Canada en 2003. Les détenteurs d’obligations d’Air Canada ont probablement perdu plus de 50% de la somme qu’ils avaient prêtée à la compagnie (je n’arrive pas à trouver l’information exacte).

L’autre option est tout simplement un arrangement avec les détenteurs d’obligations. La compagnie s’adresse alors à eux en disant à peu près ceci: «ça va mal, nous sommes déficitaires, les intérêts que nous payons sur notre dette nous tiennent à la gorge et nous devrons déclarer faillite… SAUF si vous êtes gentils et que vous acceptez de renégocier les termes du prêt en faveur de l’emprunteur». Souvent, la compagnie offrira de convertir les obligations en actions de la compagnie. Bombardier Produits Récréatifs et Ford viennent de compléter des opérations du genre.

Naturellement, le prêteur (l’épargnant, l’acheteur d’obligations) perd de l’argent par rapport à ce qui était prévu initialement, mais il va accepter les modifications en se disant que c’est mieux qu’une faillite.

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Les obligations 101

avril 14th, 2009 Ebenezer No comments
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Lorsque vient le temps de discuter de la portion «revenu fixe, capital garanti, risque minimum» de mes épargnes, mon conseiller financier préfère se tenir loin des obligations corporatives. Mais avant d’aborder les raisons motivant son conseil, à venir dans un prochain article, attardons-nous un peu sur ce qu’est une obligation.

Qu’est-ce qu’une obligation?

Une obligation est tout simplement un emprunt qu’une organisation fait. Pourquoi ne va-t-elle pas à la banque? Parce qu’avec une obligation, elle s’adresse directement aux épargnants et contourne ainsi un intermédiaire, diminuant les coûts d’emprunt (et augmentant le taux d’intérêt que l’investisseur peut espérer obtenir comparativement à un placement garanti à la banque).

En temps normal, il y a peu (ou pas) de garantie envers l’épargnant en cas de faillite de l’emprunteur; par contre, l’épargnant sera remboursé avant l’actionnaire. Lorsqu’on achète une obligation émise par une compagnie, il faut avoir confiance que celle-ci est financièrement solide et aura les moyens de rembourser la dette qu’elle vient de contracter envers nous.

Une obligation AAA, comme le bœuf?

Puisqu’on ne peut pas s’attendre à ce que chaque investisseur soit en mesure d’évaluer de façon efficace chaque émetteur d’obligations, des agences de cotation du crédit (Moody’s, Standard and Poor’s et DBRS) émettent un jugement sur la qualité de la dette émise. Au moment d’émettre des obligations, une organisation contactera donc une ou plusieurs de ces agences pour qu’elles émettent une opinion sur la qualité de sa dette. Cette opinion prend la forme d’une cote: de AAA pour la meilleure qualité à D, quand l’emprunteur n’effectue plus ses paiements à temps.

Dans le prochain article, on explorera deux grandes classes d’obligations: gouvernementales et corporatives.

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L’effet de levier

mars 20th, 2009 Ebenezer No comments
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Depuis quelques semaines, je lis beaucoup au sujet de la crise bancaire américaine et je constate qu’un concept qui revient régulièrement est l’utilisation abusive de l’effet de levier par les banques. Le concept ne s’applique pas qu’aux banques, il explique en fait toute l’importance du crédit dans le fonctionnement de notre économie.

Comme un véritable levier physique, l’effet de levier en finance permet, avec une petite somme d’argent, de multiplier le profit qu’on en retire. Par contre, il ajoute un élément important: plus on utilise l’effet de levier en finance, plus gros est le risque qu’on prend.

Le bon côté de la médaille

Le concept est relativement simple. Prenons un exemple de base: vous êtes un vendeur de souliers dans une ville très populeuse où il y a plus d’acheteurs de souliers que de vendeurs. Vous avez 1000$ dans votre compte de banque pour acheter une nouvelle cargaison de souliers, et ils vous coûtent 20$ chacun. Vous en achetez donc 50 paires que vous revendez 30$… et, comme le marché est bon, vous les vendez tous en une semaine. Au bout de la semaine, vous réalisez donc un profit de 500$, ce qui est très bien.

Maintenant, admettons qu’en plus des 1000$ que vous avez dans vos poches, vous allez à la banque et vous empruntez 9000$ en promettant de rembourser 11 000$ à la fin de la semaine. Avec les 10 000$ accumulés ainsi, vous achetez 500 paires de souliers… et, comme le marché est bon, vous les vendez tous, à 30$ la paire. Vous remboursez la banque et, malgré le taux d’intérêt usuraire fictif, vous empochez quand même un profit de 3000$! Ce qui est six fois mieux que si vous n’aviez pas emprunté.

Quand ça va mal

Prenons les deux même scénarios, mais ajoutons maintenant un élément: l’arrivée en ville d’un compétiteur qui vend des souliers chinois de qualité identique à 15$ la paire. Naturellement, vous n’apprenez son arrivée qu’après avoir reçu votre commande!

Dans le premier cas, vous vendez vos 50 paires de souliers à 15$ la paire. À la fin de la semaine, il vous reste donc 750$. Vous avez perdu 250$, mais il vous reste encore 750$ à vous pour tenter de vous relancer.

Dans le deuxième cas, vous vendez les 500 paires à 15$ la paire. Vous empochez 7500$, sauf que… vous devez 11 000$ à la banque! Vous faites faillite et votre commerce est saisi par la banque. Pouf. Disparu.

La mesure de l’effet de levier

On mesure l’utilisation de l’effet de levier par une compagnie par le ratio entre son argent à elle et l’argent qu’elle a emprunté. Dans notre exemple, le ratio était de 9 pour 1. D’après cet article de Newsweek, les banques canadiennes présentent actuellement un ratio de 18 pour 1, ce qui est considéré comme prudent… Les banques américaines? 26 pour 1. Finalement, les banques européennes (pas étonnant que ça aille mal là-bas aussi) présentent un ratio de 61 pour 1.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Elsie esq.
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