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Articles taggués ‘déchets’

Compost pour tous

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La Ville de Gatineau et les municipalités de l’île de Montréal ont récemment annoncé vouloir implanter dans les prochaines années des collectes de déchets organiques (matières putrescibles) auprès de leurs résidants. Elles rejoindraient ainsi quelques municipalités pionnières, dont Victoriaville, Sherbrooke et Saint-Hyacinthe, qui offrent déjà la collecte dite à trois voies (recyclage/matières organiques/déchets). De son côté, il semble que la Ville de Québec tergiverse. Avec la mise en œuvre de leurs plans de gestion des matières résiduelles et l’objectif fixé par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles de détourner au moins 60% du contenu actuel des poubelles, beaucoup de municipalités devront s’y mettre dans les prochaines années. Alors, une mesure qui en vaut la peine ?

Une bonne mesure

44%, c’est la proportion de nos poubelles qui est constituée de matière organique décomposable (cœurs de pommes, pelures d’oignons, feuilles mortes, mauvaises herbes et autres), d’après Recyc-Québec. Donc 179 kg par personne par année en moyenne. Une quantité non négligeable qu’en sortant des sacs verts, on évite d’enfouir, ce qui permet de faire durer un peu plus longtemps les sites d’enfouissement disponibles et de diminuer les biogaz et le lixiviat, deux productions indésirables issues de l’enfouissement de matière organique. Notez que le compostage (toute décomposition de matière organique en fait) génère aussi une certaine quantité de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs pourquoi certaines municipalités, comme celles de la MRC de Rivière-du-Loup, choisissent de traiter les résidus organiques par un procédé de biométhanisation — le gaz est alors récupéré et peut servir à d’autres fins.

Évidemment, une troisième collecte, c’est un coût supplémentaire pour une municipalité. Un coût qui est cependant réduit compte tenu qu’il peut être associé à une réduction de la fréquence des collectes de déchets, à une diminution des volumes se retrouvant à l’enfouissement et à une réduction potentielle des achats de compost aux fins horticoles, notamment. Gatineau prévoit charger 32$ par ménage par année pour son programme.

Ma préférence reste au compost maison

À mon avis, malgré un tel service, le compostage à la résidence devrait continuer d’être favorisé. Il ne génère aucun coût de transport car il est produit sur place, et vous pouvez l’utiliser pour le bénéfice de votre potager ou comme paillis dans vos plates-bandes. Il n’est pas non plus associé aux problèmes majeurs d’odeurs que génèrent certains sites de compostage à gros volume, et n’oblige pas la construction à grands frais de sites fermés pour pallier cet inconvénient.

De plus, dans le compostage domestique, le seul coût est l’achat du bac, et plusieurs municipalités (dont Québec, Lévis et Shawinigan) offrent un programme de remise lorsque vous vous en procurez un. Dans d’autre cas, comme Montréal, des bacs à compostage domestique sont vendus à petit prix par les éco-quartiers. Il existe aussi toute une panoplie de modèles.

Si vous ne disposez pas d’un terrain pour installer un bac à compost conventionnel, vous pouvez examiner des variantes: les bacs rotatifs (j’avais mes doutes mais il semble que ce soit très efficace), ou le vermicompost. Dans ce cas, il s’agit de s’habituer à l’idée d’héberger dans un bac de plastique à l’intérieur de votre domicile de charmants et discrets invités très avides de vos restants de table.

Des compléments ?

Le bac à compost domestique et une collecte municipale des matières organiques peuvent être complémentaires. Ainsi, les collectes municipales acceptent certaines matières qu’il n’est pas recommandé de placer dans son bac domestique, comme les résidus de viande et de produits laitiers, des cartons souillés de gras, des mauvaises herbes. La collecte municipale peut également se charger de nos branches et surplus de feuilles mortes…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Collin Anderson

Se débarrasser mieux

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Trop tard pour les adeptes du ménage pré-1er juillet, mais comme il y a bien d’autres occasions, voici quelques façons plus écologiques de se débarrasser de certains surplus mobiliers qu’une poubelle, le bord de la rue ou le milieu de la rivière.

La liste qui suit ne se veut pas exhaustive mais inclut, pour différentes catégories de biens, des programmes et organismes de récupération dont les façons de procéder m’apparaissent bien établies. Si vous en avez d’autres à suggérer, vous êtes les bienvenus. Plusieurs municipalités disposent d’écocentres ou organisent périodiquement des collectes pour certains de ces matériaux. On peut également consulter le Répertoire québécois des récupérateurs, recycleurs et valorisateurs, rendu disponible par Recyc-Québec, pour des besoins particuliers ou de grandes quantités de certains matériaux.

- Réfrigérateur et congélateur: si l’appareil a au moins dix ans et est toujours fonctionnel, le programme Recyc-frigo, d’Hydro-Québec, peut être intéressant. Le ramassage de l’appareil et un retour de 60$ sont inclus, ainsi qu’une remise de 50$ supplémentaire si vous vous procurez un réfrigérateur ou congélateur neuf qui est homologué Energy Star. Vous pouvez même prendre rendez-vous en ligne pour un ramassage.

- Vélo: l’organisme Cyclo Nord-Sud réalise des collectes de vieux vélos, ainsi que pièces et accessoires, les remet en état et les expédie dans des communautés démunies où ils deviennent des gagne-pain. Pour chaque vélo ramassé, on vous demande une dizaine de dollars en argent, mais on vous remet un reçu d’impôt couvrant la valeur du vélo et celle de ce don. On retrouve sur le site Web une liste de dates et lieux de collecte. Sinon, il existe plusieurs petits organismes plus régionaux de remise en état de vieux vélos, comme SOS Vélo à Montréal.

- Matelas: si vous remplacez votre vieux matelas par un neuf, informez-vous auprès de la compagnie qui vous vend ce dernier, plusieurs le ramasseront gratuitement. Autrement, sauf s’il s’agit d’un matelas encore utilisable que vous pouvez remettre à un organisme de bienfaisance, il est difficile de se débarrasser écologiquement d’un vieux matelas. Les écocentres les enverront généralement à l’enfouissement plutôt que de les confier à des recycleurs, puisque ceux-ci leur exigeront un montant plus élevé (les matériaux tirés des matelas ne rapportent pas assez pour couvrir les frais de l’opération). Si vous êtes de Montréal et que vous êtes disposés à vous déplacer avec votre vieux matelas, vous pouvez aller les porter chez Recyc-Matelas.

- Vieil ordinateur, moniteur et périphériques: on peut notamment les rapporter dans les succursales de Bureau en gros. Le matériel sera traité au sein du réseau des Centres de formations en entreprise et récupération (CFER): ce qui est fonctionnel sera retapé et remis au programme Ordinateurs pour les écoles du Québec, ce qui ne fonctionne plus sera démantelé et les pièces seront recyclées sans prendre le chemin des pays en voie de développement. D’après un article de La Presse de juin dernier, il semble par ailleurs qu’un projet de règlement provincial visant à responsabiliser les fabricants de matériel électronique face à la récupération des déchets électroniques devrait être publié prochainement.

- Vieux téléviseur: s’il ne fonctionne plus, les écocentres sont à peu près les seuls points de collecte existants. Si vous hésitez à vous déplacer, vous pouvez vous dire qu’avec plusieurs kilos de plomb et autres métaux par vieux téléviseur, il vaudrait vraiment mieux leur éviter l’enfouissement.

- Téléphones cellulaires: la Société de recyclage des piles rechargeables, un organisme sans but lucratif créé et financé par l’industrie, gère un programme nommé Cellàrecycler. Cette société ramasse notamment les cellulaires dont on veut se défaire (consultez son site pour identifier des points de collecte) qu’elle va soit remettre à neuf ou en recycler les composantes. Pour ceux qui sont remis à neuf, ils sont vendus et une partie des revenus serait remise à des organismes de bienfaisance. Sinon, la plupart des entreprises de cellulaires les reprennent (on présume qu’elles les traitent adéquatement), et certaines indiquent verser une somme minime à un organisme de bienfaisance pour chaque cellulaire retourné.

- Cartouches d’encre: la Fondation Mira ramasse les cartouches et amasse de l’argent en les revendant à des «réusineurs». Tous les modèles sont acceptés et il existe un grand nombre de points de dépôt un peu partout au Québec — un outil de recherche est disponible sur leur site Web.

Notez que j’avais déjà traité du cas des vieux bazous ainsi que des déchets qui leur sont associés ici.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Lisanne!

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«Consignée Québec»

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On peut voir depuis quelque temps à la télé des publicités nous incitant à retourner davantage les contenants consignés. Vingt-cing ans après son instauration au Québec, j’ai trouvé intéressant d’aller voir un peu où en était ce système.

D’abord, malgré que ce soit transparent pour le consommateur, il existe en fait deux systèmes de consigne distincts. Il y a d’une part le système des contenants à remplissage unique (plastique, aluminium et certaines bouteilles en verre), dont s’occupent Recyc-Québec et Boissons Gazeuses Environnement. Il y a d’autre part celui des contenants à remplissage multiple (les bouteilles de bière en verre ambré), qui est en fait un dépôt privé complètement géré par l’industrie brassicole. 

Du côté des contenants à remplissage multiple, l’industrie obtiendrait un taux de retour de 98% (selon son dernier bilan annuel) alors on oublie les campagnes de sensibilisation. Pour les contenants à remplissage unique, le taux de retour, qui a déjà atteint 79% à la fin des années 1990, n’était plus que de 70% en 2006-2007 d’après Recyc-Québec. Compte tenu qu’il s’achète autour de 1,4 milliard de contenants à remplissage unique consignés annuellement, faites le calcul, ça en fait une quantité non négligeable à la poubelle.

Or, le système des contenants à usage unique peut généralement s’autofinancer avec la valeur de la consigne des contenants non retournés. En fait, Recyc-Québec calcule que la limite de l’autofinancement du système se situe à 71,4% de retour pour la consigne à 5¢, et à 83,3% et 90,9% pour les consignes à 10 et 20¢ maintenant appliquées à certains contenants à remplissage unique de bière de plus grand volume. Les principaux coûts viennent des 2¢ par contenant retourné offerts aux détaillants pour leur manutention et entreposage.

Pourquoi donc une campagne de sensibilisation maintenant ? On pourrait se dire que la Politique de gestion des matières résiduelles 1998-2008 est déjà arrivée à sa fin et l’objectif de 80% de retour pour les contenants à remplissage unique n’a pas été atteint. Que les matières premières gaspillées ont perdu beaucoup de valeur récemment. Et que si on dépasse le seuil d’autofinancement, il faudra combler le déficit.

En fait, comme le financement de la campagne de pub provient probablement des pénalités nouvellement imposées aux industries n’ayant pas atteint leurs objectifs annuels spécifiques de retour, on peut présumer que tous les consommateurs de boissons consignées sont déjà mis à contribution. 

Pour jeter un peu moins de contenants consignés, on peut commander gratuitement des boîtes de récupération pour les lieux de travail ou de loisirs ici.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr preciouskhyatt

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Les fameux sacs – partie 2

Tel que décrit précédemment, on constate une réelle tendance à l’utilisation de sacs réutilisables à l’épicerie. Hors du secteur de l’alimentation, cependant, le sac de plastique reste plutôt roi. Visitez par exemple des boutiques d’un centre commercial et observez le regard surpris à la caisse lorsque vous mentionnez que vous avez votre sac réutilisable…

En fait, plusieurs chaînes de pharmacies et quincailleries, ainsi que des librairies et magasins à rayons, se sont mises à vendre des sacs réutilisables avec leur logo. Mais cette initiative ne semble pas aller beaucoup plus loin, pour le moment, que de profiter de cette mode pour se faire faire de la pub… En effet, le consommateur doit payer pour le sac, et le commerce n’offre pas de remise lors de son utilisation subséquente ni ne charge pour un sac de plastique. Je connais deux exceptions: Mountain Equipment Coop (MEC), qui remet cinq cents à un organisme environnemental chaque fois qu’un consommateur ne prend pas de sac lors d’un achat, et IKEA, qui charge cinq cents par sac de plastique fourni au consommateur et remet cette somme à un organisme de plantation d’arbres. En connaissez-vous d’autres ? 

Certains groupes demandent la mise en place d’une réglementation pour interdire complètement l’utilisation de sacs de plastique non biodégradables au Québec. Un projet de loi privé en ce sens avait d’ailleurs été présenté en 2005 par un député du Parti québécois, mais le gouvernement libéral a plutôt appuyé la mise en place d’un programme de certification permettant une meilleure identification (et donc le recyclage plus efficace) des sacs de plastique. Deux petites municipalités québécoises, Huntingdon et Saint-Anselme, ont adopté des réglements interdisant l’utilisation des sacs de plastique non biodégradables sur leur territoire. L’impact de ces mesures est évidemment plutôt limité.

En terminant, avec ce qui se fait dans le secteur alimentaire, vous vous devez d’embarquer dans le train des sacs réutilisables mais ne souhaitez pas payer pour vous en procurer ? Vous pouvez faire des emplettes lors d’une Journée sans sac ou d’un autre événement similaire, plusieurs commerces offrent alors un sac réutilisable gratuitement avec un achat. Vous pouvez aussi vous trouver quelqu’un qui fréquente des congrès — on remet de plus en plus de ces sacs aux participants. Ou même prendre du tissu et vous en fabriquer vous-même! Et si vous avez des dizaines de sacs de plastique entreposés, on retrouve notamment dans les magasins IGA des bacs où les déposer afin qu’ils soient recyclés (et ce, peu importe s’ils proviennent de cette bannière ou d’une autre…).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tyger_lyllie

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