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Posts Tagged ‘compostage’

Décomposition hivernale

janvier 5th, 2011 Soeur économe 1 comment
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Beaucoup de gens cessent d’alimenter leur composteur domestique en hiver. Le fait de devoir enfiler des raquettes pour s’y rendre, ou d’avoir à pelleter pour le retrouver enfoui dans la neige (probablement pas jusqu’à maintenant cet hiver), peuvent effectivement compliquer les choses.

Cela signifie toutefois que sur les quelque 675 kilogrammes de matières organiques produites par une famille durant l’année en moyenne, quelques centaines se retrouveront vraisemblablement dans les lieux d’enfouissement ou à l’incinération. Une réduction de performance non négligeable.

En fait, tant que le composteur reste aisément accessible, il n’y a qu’à continuer à y ajouter les déchets organiques habituels. Encore mieux si on en avait extrait le compost «mature» à l’automne, puisque la hauteur des matières ne fera qu’augmenter jusqu’au retour des températures plus élevées. On lit parfois qu’une certaine activité de décomposition se poursuit dans les composteurs même durant l’hiver , mais à mon avis ça s’applique davantage à des activités industrielles de compostage, ou à des climats plus cléments; au Québec, dans un bac domestique, la matière gèle généralement quasi complètement.

Une fois notre bac plein, ou devenu inaccessible au plus fort de l’hiver, nul besoin de nourrir sa poubelle. On peut simplement continuer d’accumuler les résidus organiques dans un récipient de volume suffisant à l’extérieur. Le contenu du récipient dégèlera au printemps, et il restera à en alimenter le composteur.

Dans tous les cas, il est important de s’assurer, au printemps, d’équilibrer le contenu du composteur en ajoutant de la matière plus chargée en carbone qu’en azote, au contraire des déchets de cuisine. Si vous avez eu la bonne idée d’ajouter des feuilles à votre composteur à l’automne, ou si vous en avez gardé quelques sacs, il ne reste qu’à mélanger. Ou alors, une partie des feuilles qui ont été cachées çà et là sur votre terrain peuvent être transférées dans le composteur. Sinon, un mélange avec la matière partiellement décomposée datant d’avant l’hiver pourra jouer un rôle minimal.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr cranky kat

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Gaspillage alimentaire

décembre 3rd, 2010 Soeur économe Comments off
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On peut déplorer de parfois devoir jeter certains aliments ayant mal vieilli dans notre réfrigérateur. Avez-vous déjà tenté d’estimer la proportion de nourriture qui connaît cette fin chez vous ? Une étude réalisée en Grande-Bretagne en 2009 est arrivée à une estimation s’élevant à 22% de tous les aliments solides et liquides entrant dans une résidence.

Impressionnant ? L’organisme WRAP, qui a réalisé cette étude, fournit encore plus de détails: en poids, les légumes frais et particulièrement la laitue constitueraient près du quart des pertes «évitables», suivis des liquides (excluant le lait) avec 16%, les fruits (13%) et le pain et des pâtisseries avec 10%. Pourquoi ces pertes sont-elles qualifiées d’évitables ? Les deux principales raisons invoquées pour jeter ces aliments sont 1) qu’ils n’ont pas été consommés à temps (54%) ou 2) qu’ils ont été préparés en trop grande quantité (41%). De quoi donner le goût de faire la promotion de la soupe «touski» et des vertus du congélateur…

Si l’on tient aussi compte des pertes d’aliments qui se produisent avant l’achat par le consommateur, que ce soit chez le producteur, chez le grossiste, durant le transport ou chez le détaillant, la proportion totale des aliments produits mais non consommés pourrait atteindre un faramineux 38% (183 kg par personne par année !) selon une étude de Statistique Canada. Ceci découlerait entre autres des exigences esthétiques que s’imposent les producteurs et qu’ont adopté les consommateurs, des délais de transport, des manipulations, des dates de préemption très protectrices…

Dans le plan d’action 2010-2015 de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles, on retrouve des mesures pour valoriser la matière organique par la biométhanisation et le compostage afin d’en arriver à ne plus l’envoyer dans les sites d’enfouissement. Intéressant pour la portion gaspillée chez le consommateur (qui devrait prochainement être incité si ce n’est déjà fait à composter au niveau domestique ou à participer à une éventuelle collecte municipale), mais moins concret, possiblement, pour la portion gaspillée chez le grossiste ou le détaillant. Certaines initiatives montrent néanmoins que même à ces endroits, une grande partie des aliments jetés peuvent être valorisés.

Comment réduire son gaspillage alimentaire ? Des suggestions adaptées du blogue The Daily Green:

  • Planifier ses repas pour la semaine en tenant compte des aliments déjà au frigo avant d’acheter
  • À l’épicerie, s’en tenir à sa liste et éviter d’y aller le ventre vide
  • Éviter les paquets de fruits et légumes déjà préparés dont la quantité ne correspond pas à nos besoins
  • S’assurer que son frigo est à la bonne température pour maximiser la durée de conservation
  • Placer les nouveaux aliments dans le fond du frigo et les vieux en avant pour éviter les oublis
  • Transformer les fruits mous en smoothies ou tartes, mettre les légumes moins frais dans une soupe
  • User d’imagination pour incorporer dans un prochain repas un surplus d’aliment d’un repas précédent
  • En mettre moins dans les assiettes, garder le reste dans le chaudron
  • Faire appel à son congélateur pour assurer la conservation des aliments cuisinés en grande quantité
  • Composter les pertes inévitables

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr shimelle

Gestion de feuilles

octobre 21st, 2010 Soeur économe 1 comment
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Que faites-vous des feuilles qui atterrissent en grand nombre sur votre terrain ces temps-ci, outre le traditionnel concours entre voisins à celui qui aura mis au bord de la rue le plus grand nombre de sacs ? Dans le but d’inverser cette tendance et, au contraire, de profiter au maximum de cette manne tout en réduisant la nécessité de préparer et faire ramasser de nombreux sacs, voici mes suggestions pour en disposer chez soi, en ordre de préférence:

- Laisser tomber: non applicable pour la pelouse, mais pour les plates-bandes et sites très ombragés, on a tout avantage à laisser les feuilles là où elles daigneront tomber. Pour peu qu’il s’agisse de feuilles de bouleau ou de peuplier ou d’érable rouge, notamment, dès le printemps les feuilles en question seront en grande partie dégradées mais auront entretemps permis de protéger les racines du gel et d’enrichir le sol. Bien sûr, s’il se forme une couche épaisse de feuilles de chêne ou d’érable de Norvège, un effort printanier sera nécessaire pour les disperser un peu puisqu’elle sont moins aisément dégradables.

- Pousser: au pied des haies, derrière les arbustes, on peut faire disparaître de grandes quantités de feuilles sans avoir à faire l’effort de les mettre dans des sacs. Elles y joueront de surcroît un rôle tout à fait bénéfique.

- Composter: un apport de carbone à votre compost domestique est toujours le bienvenu. Intéressant notamment lorsqu’il faut ramasser des feuilles mouillées par la pluie si votre bac à compost est généralement fermé et que la matière a donc tendance à peu se décomposer par manque chronique d’eau. Également, on peut mettre de côté des sacs de feuilles (sèches dans ce cas-là) qu’on aurait déjà remplis afin de disposer de matière pour équilibrer son compost l’été prochain.

- Déchiqueter et pailler: applicable sur des feuilles sèches, la technique qui consiste à passer la tondeuse (installez-lui son sac) dans un tas de feuilles permet de les déchiqueter en petits morceaux qui deviennent alors une matière idéale à appliquer dans les plates-bandes et autour des arbres et des arbustes. Un très bon paillis, donc, avec tous les bénéfices qu’on lui connaît — réduction des mauvaises herbes et des besoins en arrosage, amélioration des qualités du sol. Sinon, le déchiquetage préalable a au moins comme avantage de réduire grandement le nombre de sacs de feuilles mis à la rue.

À éviter, surtout si vous avez des tendances compulsives comme mon voisin, l’aspirateur à feuilles qui, en plus de jouer avec les nerfs des habitants du quartier par son bruit infernal, pourrait vous amener à vouloir extirper de votre terrain toute trace du plus petit morceau de feuille, voire de tenter de les aspirer directement sur les arbustes. Avec notamment pour conséquences un compactage grandissant et un appauvrissement et progressif du sol de vos plates-bandes que vous devrez ensuite combler à renfort de sacs de terre et d’engrais.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr  sugarfrizz

Compost pour tous

août 25th, 2009 Soeur économe 3 comments
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La Ville de Gatineau et les municipalités de l’île de Montréal ont récemment annoncé vouloir implanter dans les prochaines années des collectes de déchets organiques (matières putrescibles) auprès de leurs résidants. Elles rejoindraient ainsi quelques municipalités pionnières, dont Victoriaville, Sherbrooke et Saint-Hyacinthe, qui offrent déjà la collecte dite à trois voies (recyclage/matières organiques/déchets). De son côté, il semble que la Ville de Québec tergiverse. Avec la mise en œuvre de leurs plans de gestion des matières résiduelles et l’objectif fixé par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles de détourner au moins 60% du contenu actuel des poubelles, beaucoup de municipalités devront s’y mettre dans les prochaines années. Alors, une mesure qui en vaut la peine ?

Une bonne mesure

44%, c’est la proportion de nos poubelles qui est constituée de matière organique décomposable (cœurs de pommes, pelures d’oignons, feuilles mortes, mauvaises herbes et autres), d’après Recyc-Québec. Donc 179 kg par personne par année en moyenne. Une quantité non négligeable qu’en sortant des sacs verts, on évite d’enfouir, ce qui permet de faire durer un peu plus longtemps les sites d’enfouissement disponibles et de diminuer les biogaz et le lixiviat, deux productions indésirables issues de l’enfouissement de matière organique. Notez que le compostage (toute décomposition de matière organique en fait) génère aussi une certaine quantité de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs pourquoi certaines municipalités, comme celles de la MRC de Rivière-du-Loup, choisissent de traiter les résidus organiques par un procédé de biométhanisation — le gaz est alors récupéré et peut servir à d’autres fins.

Évidemment, une troisième collecte, c’est un coût supplémentaire pour une municipalité. Un coût qui est cependant réduit compte tenu qu’il peut être associé à une réduction de la fréquence des collectes de déchets, à une diminution des volumes se retrouvant à l’enfouissement et à une réduction potentielle des achats de compost aux fins horticoles, notamment. Gatineau prévoit charger 32$ par ménage par année pour son programme.

Ma préférence reste au compost maison

À mon avis, malgré un tel service, le compostage à la résidence devrait continuer d’être favorisé. Il ne génère aucun coût de transport car il est produit sur place, et vous pouvez l’utiliser pour le bénéfice de votre potager ou comme paillis dans vos plates-bandes. Il n’est pas non plus associé aux problèmes majeurs d’odeurs que génèrent certains sites de compostage à gros volume, et n’oblige pas la construction à grands frais de sites fermés pour pallier cet inconvénient.

De plus, dans le compostage domestique, le seul coût est l’achat du bac, et plusieurs municipalités (dont Québec, Lévis et Shawinigan) offrent un programme de remise lorsque vous vous en procurez un. Dans d’autre cas, comme Montréal, des bacs à compostage domestique sont vendus à petit prix par les éco-quartiers. Il existe aussi toute une panoplie de modèles.

Si vous ne disposez pas d’un terrain pour installer un bac à compost conventionnel, vous pouvez examiner des variantes: les bacs rotatifs (j’avais mes doutes mais il semble que ce soit très efficace), ou le vermicompost. Dans ce cas, il s’agit de s’habituer à l’idée d’héberger dans un bac de plastique à l’intérieur de votre domicile de charmants et discrets invités très avides de vos restants de table.

Des compléments ?

Le bac à compost domestique et une collecte municipale des matières organiques peuvent être complémentaires. Ainsi, les collectes municipales acceptent certaines matières qu’il n’est pas recommandé de placer dans son bac domestique, comme les résidus de viande et de produits laitiers, des cartons souillés de gras, des mauvaises herbes. La collecte municipale peut également se charger de nos branches et surplus de feuilles mortes…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Collin Anderson

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