Archive

Posts Tagged ‘aliments’

Investir dans les fruits et légumes

juillet 15th, 2010 Soeur économe 2 comments
1450513463_9d250b11b6

Consommez-vous parfois ou fréquemment des fruits et légumes biologiques ? Outre la disponibilité, quels sont les autres critères qui entrent en ligne de compte dans votre choix d’acheter biologique dans un cas et pas dans l’autre? L’apparence ? La différence de prix ? L’organisme Environmental Working Group vous propose de prioriser certains fruits et légumes en fonction de leur niveau de contamination par les pesticides.

L’organisme prépare et met à jour chaque année, à partir de l’ensemble des résultats des dizaines de milliers d’analyses de pesticides réalisées par le US Department of Agriculture et la Food and Drug Administration dans les années précédentes, une compilation des fruits et légumes populaires les plus et les moins contaminés par les pesticides. Voici un extrait de ce palmarès:

Les plus contaminés

Les moins contaminés

Céleri

Oignon

Pêche

Avocat

Fraise

Maïs (congelé)

Pomme

Mangue

Bleuets

Petits pois (congelés)

Nectarine

Asperge

Poivron

Kiwi

Épinards

Chou

Cerises

Aubergine

Chou kale

Cantaloup

(tableau traduit et adapté de Environmental Working Group)

La liste est bâtie à partir d’un indice tenant à la fois compte de la fréquence de détection de pesticides, des concentrations moyennes de ces pesticides et de leur nombre total détectés sur une même espèce. Le tout figure dans un tableau détaillé. Les analyses prennent par ailleurs pour acquis que vous rincez vos aliments avant leur consommation et que vous ne consommez pas indûment de pelure puisqu’il est indiqué que les échantillons sont généralement rincés ou pelés.

Ces résultats s’appliquent-ils intégralement au Canada ? Peut-être pas, notamment pour les aliments parmi cette liste qui sont cultivés ici puisque les pesticides homologués de chaque côté de la frontière ne sont pas nécessairement similaires. Par contre, il apparaît vraisemblable que les fruits et légumes nécessitant le plus de pesticides aux États-Unis pour rencontrer les exigences des consommateurs soient aussi ceux qui, au Canada, se retrouvent dans la même situation. D’autre part, une bonne partie des fruits et légumes retrouvés dans les supermarchés, même en été, est malheureusement importée.

Bien sûr, on peut penser que d’autres dangers plus grands que les pesticides nous menacent, et que la consommation régulière de faibles concentrations de multiples pesticides sur des aliments n’est pas synonyme de risque important. On peut aussi espérer que l’Agence canadienne d’inspection des aliments fasse un travail suffisamment bon pour nous protéger – même si le Bureau du vérificateur général du Canada a souligné en 2008 plusieurs faiblesses à l’égard de son travail.

Vous voulez en savoir plus sur des façons de s’approvisionner en aliments biologiques et, en prime, locaux? J’en ai traité ici. Et tant qu’à réaliser des achats biologiques et débourser un peu plus, aussi bien qu’ils soient certifiés.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr jetsandzeppelins

Fermiers de famille et autres fournisseurs locaux

mars 16th, 2010 Soeur économe 1 comment
2886287153_ccf6c3119f

L’an dernier à la même période, je vous suggérais de penser à devenir partenaire d’un fermier biologique de votre région et de profiter de paniers hebdomadaires de ses produits. Une liste de producteurs est disponible sur le site d’Équiterre; il existe également des producteurs appliquant le même concept sans faire partie de ce réseau. Même durant les étés moins prolifiques, les producteurs rivalisent d’ingéniosité pour offrir chaque semaine une sélection intéressante d’aliments et faire réaliser des découvertes à leurs partenaires. Par contre, si un engagement pour toute une saison vous semble trop contraignant ou si vous craignez d’être ensevelis sous la verdure, il existe d’autres possibilités.

- Écomarchés: vous sélectionnez les aliments frais et autres produits locaux qui vous intéressent à partir de votre ordinateur, puis vous passez chercher votre commande à un point de chute. Pas de contrat pour la saison et pas de sélection imposée d’aliments. On trouve notamment de ces écomarchés virtuels en Beauce, dans Charlevoix, en Estrie, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie. Avec un concept semblable, si vous êtes dans la grande région de Montréal, vous pouvez bénéficier d’une livraison à la maison.

- Marchés publics: les marchés publics sont nombreux durant la période estivale. On en compte plus d’une cinquantaine à travers le Québec. Si s’y procurer des aliments produits localement est évidemment aisé, en acheter qui sont certifiés biologiques peut par contre nécessiter une consultation plus exhaustive des étalages.

- Épiceries: j’en avais déjà traité, la plupart des épiceries offrent des aliments produits localement et des aliments biologiques, mais rarement les deux à la fois pour un même aliment. Et, entre les deux, que privilégier ? À vous de voir. Outre les aliments frais, si vous cherchez à vous procurer des produits fins d’origine québécoise, une initiative digne d’un certain intérêt est celle du Marché de chez nous offert par les épiceries IGA, en collaboration avec l’UPA. Vous faites votre choix en ligne parmi la sélection offerte, vous déterminez une épicerie de la chaîne dans votre secteur, vous payez en ligne et vous passez chercher votre commande après quelques jours. Ce ne sont pas exactement des produits locaux (puisqu’ils peuvent venir d’une autre région ou auront vraisemblablement transité par un centre de distribution), mais ça peut permettre d’accéder à des produits québécois que les épiceries ne tiennent pas en stock.

Un bon choix ?

Il y a quelques semaines, l’Institut économique de Montréal a publié une «note économique» sur l’achat d’aliments locaux, pas nécessairement, selon les données des auteurs, toujours avantageux au niveau de l’empreinte carbone. Vous pouvez peut-être garder cette préoccupation en tête lors d’achats de tomates en épicerie en saison hivernale mais, pour l’été à venir, je considère qu’il n’y a vraiment rien là-dedans pour s’empêcher de se trouver un fermier de famille, de commander dans un écomarché ou de visiter un marché public.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr masatoshi_

Réviser ses politiques d’achats (suite)

novembre 25th, 2009 Soeur économe Comments off
2364883451_334f39b1cd

J’avais débuté il y a quelques semaines en proposant une révision de nos politiques d’achats pour éviter notamment l’achat de poissons surpêchés et de papiers à usage domestique non faits de fibres recyclées, ainsi qu’en vous invitant à porter attention à la provenance d’une panoplie d’aliments, qui parcourent souvent bien des kilomètres avant de nous arriver alors que des produits plus locaux sont aussi disponibles. Que peut-on faire de plus ?

Surveiller le contenu

À moins de tout cuisiner à la maison, y compris sa crème glacée, ses biscottes et ses céréales, on achète à peu près tous des aliments préparés. Et sans qu’on y porte attention, certains ingrédients sont peu recommandables; ce peut être du point de vue de la santé (les gras hydrogénés par exemple), mais également à cause de leur impact écologique.

L’huile de palme est un cas qui a fait l’objet de campagnes de sensibilisation ces dernières années, dont une par Lush à l’été 2009 et une de Greenpeace en 2007. Ingrédient passe-partout pour des produits alimentaires autant que des cosmétiques, riche en gras saturés, la consommation mondiale de cette huile est en augmentation. Or, les palmiers qui servent à la produire sont cultivés notamment en Malaisie et en Indonésie, où les producteurs éliminent la forêt tropicale pour accroître les superficies de culture. Donc, en plus de porter probablement une importante empreinte carbone compte tenu de ses distances de transport, l’utilisation d’huile de palme est associée à la déforestation, de surcroît par brûlis, avec une perte d’habitat pour la faune qui s’y trouve, dont des populations d’orangs-outangs.

Un autre ingrédient que vous pourriez surveiller dans les produits disponibles en épicerie: les substances laitières modifiées. Le plus souvent importés, donc transportés sur de plus longues distances, ces produits, qui incluraient des concentrés de protéines et de l’huile de beurre, tendent à remplacer le lait dans la fabrication des yogourts, crèmes glacées et même des fromages. Des produits pour lesquels seuls du lait ou de la crème figurent aux ingrédients pourraient donc être à privilégier étant donné leur provenance moins lointaine.

S’intéresser au mode de production

Il y a la production biologique, équitable ainsi qu’une nouvelle mode… l’éthique. Si les fruits et légumes biologiques peuvent, dans plusieurs épiceries, continuer d’avoir piètre allure, l’offre semble s’améliorer et aussi se diversifier. Et si, en période estivale particulièrement, le fermier de famille peut avantageusement permettre de combiner un mode de production biologique et un kilométrage alimentaire moindre, dans les autres cas, les deux éléments sont rarement réunis. À l’épicerie, le biologique n’est plus non plus confiné aux produits frais: un nombre grandissant de produits transformés arborent une certification biologique, et les différences de prix ne sont souvent pas démesurées. La certification équitable semble pour sa part rester confinée à certaines niches dont le café et le cacao et, depuis peu, les bananes. Et si ce mode de production ne signifie pas nécessairement un impact écologique moindre, il est tout de même souvent aussi associé à de meilleures pratiques culturales.

Quant aux produits «éthiques» — c’est le terme que semblent adopter plusieurs multinationales du domaine alimentaire qui ont entrepris de se donner une image plus verte — il s’agirait souvent d’une combinaison de modes de production à impact réduit sur l’environnement et offrant de meilleures conditions pour les travailleurs, sans nécessairement aller au bout ni du concept de biologique, ni de celui d’équitable. Plusieurs de ces entreprises adoptent la petite grenouille verte de la certification de la Rainforest Alliance qui va dans ce sens et, à choisir entre deux thés, cafés ou chocolats au moment d’en embarquer dans votre panier, ce peut tout de même être un élément à considérer.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr a_rabin

Aliments biologiques: nouveau logo

juillet 8th, 2009 Soeur économe Comments off
org 

 

On en compte déjà beaucoup, mais un logo supplémentaire d’identification d’aliments biologiques devrait apparaître prochainement sur le marché. En fait, depuis une semaine, une nouvelle réglementation fédérale, le Règlement sur les produits biologiques, est entrée en vigueur. Ce règlement exige que tous les produits dits biologiques vendus au Canada aient été certifiés par un organisme accrédité auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Les produits biologiques certifés par un de ces organismes auront la possibilité — pas l’obligation — d’arborer un logo «Biologique Canada».

Évidemment, comme consommateur, tant qu’à choisir de se procurer des aliments biologiques, et souvent de payer davantage pour, on veut qu’ils le soient réellement. Est-ce que ce règlement permettra d’éviter les fausses allégations ? On peut penser que ça dépendra grandement du suivi de la conformité qui sera réalisé sur le terrain par l’Agence… et de l’œil averti des consommateurs ? L’usage du logo «Biologique Canada» étant facultatif, il nous est en effet recommandé, dans le cas d’un produit importé arborant une certification inconnue, de se référer à la liste des organismes de certification accrédités pour voir si celui-ci y figure. Par ailleurs, un produit importé pourra décider d’arborer le logo «Biologique Canada» — une aberration ? Le règlement indique qu’un tel produit devra indiquer son pays de provenance en-dessous dudit logo ou la mention «importé» à proximité. Hum.

Le Québec compte également un règlement traitant des produits biologiques, le Règlement sur les appellations réservées. Redondance réglementaire ? D’après le gouvernement fédéral, non, car le règlement québécois s’adresse à ce qui est produit au Québec (par exemple les produits offerts par les fermiers de famille), tandis que le règlement fédéral touche ce qui est importé et ce qui est vendu au Canada hors de sa province d’origine. D’après le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, l’organisme québécois chargé de l’accréditation des certificateurs, certains produits dont ceux qui comportent plus de 70% d’ingrédients biologiques sur leur liste d’ingrédients doivent, peu importe leur provenance, être certifiés par un organisme homologué par le Conseil…

Ecocert, USDA Organic, AB, Pro-Cert, BIO Québec, Québec vrai… Quelles sont les certifications biologiques que vous connaissez et qui vous inspirent confiance ?

Categories: Actualité Tags: , ,

C’est le temps de prendre rendez-vous

février 14th, 2009 Soeur économe Comments off
    

Pour vos RÉER ? Non. C’est le temps de penser à prendre un rendez-vous avec votre fermier de famille pour l’été qui arrive.

Devenir «partenaire» d’un fermier de votre région pour recevoir chaque semaine des aliments biologiques (fruits, légumes et viandes, notamment), c’est le concept dont l’organisme Équiterre fait la promotion au Québec depuis maintenant plusieurs années. Et avec un certain succès, même si cela peut sembler modeste à première vue: en 2008, une centaine fermiers québécois fournissaient un peu plus de 10 000 partenaires.

Étant donné le titre de la présente tribune, la première question de plusieurs d’entre vous sur ce concept est possiblement: est-ce économique? À comparer strictement le coût du contenu d’un panier hebdomadaire de votre fermier et le coût de produits similaires mais non biologiques, non locaux et annoncés en spécial à l’épicerie, pas nécessairement. Et à l’épicerie, vous n’achèteriez pas nécessairement tout ce que votre fermier vous proposera.

Mais il y a d’une part la valeur que l’on peut ou non attribuer à la fraîcheur des produits que l’on mange, à leur mode de production et à leur provenance, justement. Il y a également le fait qu’en s’engageant pour un prix fixe avec un fermier avant le début de la saison, comme celui-ci ne peut prévoir exactement le rendement de ses semis, tous les partenaires bénéficient des surplus lorsque les conditions sont favorables (l’inverse est aussi vrai). Il y a la possibilité d’obtenir des aliments autrement peu disponibles à l’épicerie. À cet effet, l’échange de certains des produits du panier pour d’autres de valeur équivalente, de même que les propositions de recettes qui vous seront remises avec chaque panier, sont des moyens vous permettant d’éviter de gâcher des denrées.

Vous aurez compris que la volonté d’économiser n’est généralement pas la motivation première des gens qui se trouvent un fermier de famille. Si vous voulez néanmoins tenter l’expérience, il y a la liste de fermes inscrites auprès d’Équiterre (qui sera rendue disponible d’ici la fin de février), ainsi qu’une courte liste présentée par une nouvelle organisation, la Coop Bio Paysanne. Il y a aussi des fermes membres d’aucun de ces réseaux qui comptent sur le bouche à oreille pour trouver leurs partenaires.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr WordRidden

-->