La loi 60 et les cartes prépayées

août 12th, 2010 Ebenezer 4 comments
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Depuis la présentation du projet de loi 60, puis son adoption par l’Assemblée nationale, j’avais hâte de savoir comment seraient traitées les cartes prépayées pour les téléphones cellulaires dans cette «rénovation» de la Loi sur la protection du consommateur.

En effet, le projet de loi prévoyait l’abolition des dates d’expiration sur les cartes prépayées, entre autres. (Pour les autres changements, je vous réfère à l’article original.)

Exception pour la téléphonie mobile

En décembre dernier, j’avais contacté un porte-parole de l’Office de protection du consommateur, et on m’avait répondu qu’à moins d’une exception, il n’y aurait plus de date d’expiration. J’ai recontacté le même porte-parole récemment et, dans sa réponse, il m’a pointé cette page de leur site.

Comme nous l’avait déjà indiqué le fidèle lecteur Nicolas en commentaire de l’article original, l’Office y indique clairement que les services de téléphonie mobile sont dans une catégorie à part et qu’une exception existe bel et bien. Donc pas de changement majeur de ce côté. Je suis un peu déçu, mais pas forcément surpris.

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«Je fais mon épicerie chez Walmart et Costco parce que j’ai le préjugé que c’est moins cher»

juillet 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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Une connaissance me décrivait en ces termes sa stratégie d’épicerie. Et en observant de loin les immenses stationnements remplis, on peut raisonnablement penser que beaucoup de gens suivent la même ligne de pensée (évidemment pas uniquement pour l’épicerie).

Je fréquente pour ma part le moins possible les deux dites chaînes. À côté de tous les gens amateurs de chutes de prix et fiers adeptes d’économies de gros, je considère néanmoins que pour l’épicerie et même le reste, je ne suis pas si perdante. Alors, à tout le moins pour le bénéfice de mon collègue qui voulait connaître le fond de ma pensée sur le sujet:

Dans le cas de Walmart, le problème est fondamental: je calcule que les rabais escomptés sont généralement loin d’égaler l’importance du désagrément vécu, particulièrement pour des produits d’épicerie. Ces désagréments ne sont évidemment pas propres à cette chaîne uniquement, mais ils m’y apparaissent exacerbés. Les paniers et allées semblent spécialement conçus pour provoquer des embouteillages (est-il prévu que cela fasse consommer davantage ?). La répartition parfois erratique des produits nécessite soit une fouille attentive de nombreuses allées ou la consultation du personnel de plancher (encore faut-il en trouver). Les files omniprésentes aux caisses et le temps phénoménal qu’un seul consommateur peut y prendre pour régler ses achats rendent toujours la finale pénible. Sans compter l’immense stationnement et l’abondance de consommateurs pour qui des interdictions de stationner et autres règles de circulation ne semblent pas exister (avez-vous déjà tenté de vous y rendre autrement qu’en voiture ? Mauvaise idée).

Costco offre également certains désagréments de même nature mais, outre le contrôle excessif, je trouve qu’ils y prennent une ampleur moindre. Mon manque d’intérêt provient plutôt des principes mêmes qui sous-tendent ce commerce: le faible nombre de produits et l’achat en grandes quantités.

  • Faible choix: le fait de ne pas offrir cinq marques différentes d’un même produit mais une seule permet certainement d’augmenter les quantités commandées par la compagnie et d’obtenir de meilleurs prix du fournisseur. Le consommateur y trouve-t-il son compte ? Il peut accepter de laisser la chaîne décider pour lui, tenir pour acquis que la marque et le format de ce qui lui est offert est ce qui lui convient le mieux sans comparer, accepter d’être jusqu’à un certain point à la merci de la compagnie. Ça m’agace beaucoup. Ce faible nombre de produits implique aussi généralement qu’un consommateur qui voudrait y réaliser son épicerie hebdomadaire et non simplement aller s’y procurer périodiquement quelques produits bien ciblés doit nécessairement aller compléter ailleurs, nécessitant du temps et des déplacements en voiture qui représentent aussi des coûts.
  • Quantités: je ne réfute pas l’idée d’acheter en plus grande quantité en stockant en vue d’une utilisation future, mais je trouve que ce n’est pas systématiquement pertinent. Pour les produits non périssables, outre l’espace de rangement à y consacrer, cette façon de faire peut être empreinte de certains risques: de réaliser un mauvais choix et de le subir longtemps, de se lasser d’un achat avant d’avoir tout utilisé, ou de voir les produits stockés subir néanmoins une certaine dégradation dans le temps. Ce sont aussi des sommes d’argent qui dorment sous forme d’achats en attente d’utilisation. Du côté des produits périssables, le risque est notamment la tendance au gaspillage (n’en avoir besoin que d’une quantité X et d’en acheter un paquet de 2X en se disant que même s’il on en perd, cela reste néanmoins économique étant donné son bas prix).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr theogeo

Investir dans les fruits et légumes

juillet 15th, 2010 Soeur économe 2 comments
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Consommez-vous parfois ou fréquemment des fruits et légumes biologiques ? Outre la disponibilité, quels sont les autres critères qui entrent en ligne de compte dans votre choix d’acheter biologique dans un cas et pas dans l’autre? L’apparence ? La différence de prix ? L’organisme Environmental Working Group vous propose de prioriser certains fruits et légumes en fonction de leur niveau de contamination par les pesticides.

L’organisme prépare et met à jour chaque année, à partir de l’ensemble des résultats des dizaines de milliers d’analyses de pesticides réalisées par le US Department of Agriculture et la Food and Drug Administration dans les années précédentes, une compilation des fruits et légumes populaires les plus et les moins contaminés par les pesticides. Voici un extrait de ce palmarès:

Les plus contaminés

Les moins contaminés

Céleri

Oignon

Pêche

Avocat

Fraise

Maïs (congelé)

Pomme

Mangue

Bleuets

Petits pois (congelés)

Nectarine

Asperge

Poivron

Kiwi

Épinards

Chou

Cerises

Aubergine

Chou kale

Cantaloup

(tableau traduit et adapté de Environmental Working Group)

La liste est bâtie à partir d’un indice tenant à la fois compte de la fréquence de détection de pesticides, des concentrations moyennes de ces pesticides et de leur nombre total détectés sur une même espèce. Le tout figure dans un tableau détaillé. Les analyses prennent par ailleurs pour acquis que vous rincez vos aliments avant leur consommation et que vous ne consommez pas indûment de pelure puisqu’il est indiqué que les échantillons sont généralement rincés ou pelés.

Ces résultats s’appliquent-ils intégralement au Canada ? Peut-être pas, notamment pour les aliments parmi cette liste qui sont cultivés ici puisque les pesticides homologués de chaque côté de la frontière ne sont pas nécessairement similaires. Par contre, il apparaît vraisemblable que les fruits et légumes nécessitant le plus de pesticides aux États-Unis pour rencontrer les exigences des consommateurs soient aussi ceux qui, au Canada, se retrouvent dans la même situation. D’autre part, une bonne partie des fruits et légumes retrouvés dans les supermarchés, même en été, est malheureusement importée.

Bien sûr, on peut penser que d’autres dangers plus grands que les pesticides nous menacent, et que la consommation régulière de faibles concentrations de multiples pesticides sur des aliments n’est pas synonyme de risque important. On peut aussi espérer que l’Agence canadienne d’inspection des aliments fasse un travail suffisamment bon pour nous protéger – même si le Bureau du vérificateur général du Canada a souligné en 2008 plusieurs faiblesses à l’égard de son travail.

Vous voulez en savoir plus sur des façons de s’approvisionner en aliments biologiques et, en prime, locaux? J’en ai traité ici. Et tant qu’à réaliser des achats biologiques et débourser un peu plus, aussi bien qu’ils soient certifiés.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr jetsandzeppelins

La Banque Royale veut vous aider à gérer vos dépenses

juillet 4th, 2010 Ebenezer 2 comments

rbc_royalbank_frDéjà en décembre 2008, je vous avais parlé du service IntelliCrédit de la CIBC: un rapport annuel et un site web qui vous donnent un résumé de vos dépenses par catégorie. Un peu comme avoir un Quicken bâti automatiquement. L’ennui d’IntelliCrédit, c’est que ce n’est offert que pour les transactions réalisées avec votre carte de crédit.

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À la fin de mai, la Banque Royale a lancé un service similaire. Mais cette fois, le service est relié à l’ensemble de vos comptes avec eux: compte d’opérations, cartes de crédit, etc. On vous offre donc des rapports sur l’ensemble de vos dépenses et revenus (dans la mesure où vous faites affaire exclusivement avec la Banque Royale) et les transactions sont catégorisées. Comme dans Quicken, mais automatiquement!

Gestion budgétaire

En plus, le service vous offre la possibilité d’établir des limites pour les différentes catégories de dépenses (un budget, quoi) avec un système d’alerte si vous dépassez la limite que vous vous êtes donnée. Cette fois-ci, c’est encore mieux que Quicken, qui n’offre pas vraiment de telles fonctionnalités.

Est-ce que ça veut dire que je vais cesser d’utiliser mon ami Quicken et transférer mes finances à la Banque Royale? Non, pas encore. Premièrement, je suis inconfortable avec l’idée d’être dépendant de mon institution financière pour obtenir des rapports sur mes finances. Deuxièmement, tout indique que la compétition fera son oeuvre et que mon institution financière suivra le bal initié par la CIBC et offrira le même genre de produit avant longtemps.

L’avenir ne semble pas rose pour les éditeurs de logiciels de finances personnelles…

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Perméable et satisfaite de l’être

juin 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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L’asphalte et les pavés standard utilisés pour les stationnements ont en commun d’éviter le plus possible l’infiltration de la pluie et de la diriger vers la rue, avec plusieurs conséquences financières et environnementales. Pour éviter d’y ajouter ma contribution, c’est donc pour des pavés perméables que j’ai opté au moment de faire refaire l’entrée de la maison.

Constatant rapidement l’efficacité du produit pour infiltrer la pluie plutôt que la faire ruisseler vers la rue, je soulevais tout de même certaines préoccupations liées d’une part aux conditions hivernales, et d’autre part face à l’accumulation possible de matière dans les interstices.

Le pavé a passé l’hiver sans coup férir. L’eau infiltrée doit s’être évacuée comme prévu car rien n’a bougé — la possibilité de mouvement constituait une crainte évoquée par l’entrepreneur. Cette éventualité aurait pu se produire si jamais une grande quantité d’eau s’était accumulée avant la saison hivernale. De là l’importance, de s’assurer que le fond du trou se trouve plus bas que la chaîne de rue et de lui donner une légère pente.

Le pavé n’a pas non plus posé de difficulté pour le déneigement. Nous n’avons pas fait affaire avec un entrepreneur en déneigement mais je considère que le pavé perméable devrait se comporter de la même façon qu’un pavé standard à cet égard. Sa surface étant légèrement plus  irrégulière qu’une asphalte ou un pavé standard, il vaudrait tout de même probablement mieux ne pas forcer à outrance le grattage. La pierre placée dans les interstices n’a pas non plus profité de l’hiver pour s’éclipser — aucun ajout ne s’est avéré nécessaire jusqu’à maintenant.

Un peu de matière organique s’est retrouvée entre les pavés depuis l’été dernier, rien toutefois qui semble compromettre l’infiltration d’eau. À défaut d’utiliser un jet d’eau pour déloger ladite matière (même si cette eau s’y infiltrerait, vous comprendrez sûrement pourquoi), ou une balayeuse à feuilles (adieu les petites pierres si l’aspiration est efficace), un balai fait très bien l’affaire.

Certaines municipalités qui offrent une aide financière à l’achat de toilettes à faible débit ou de barils d’eau de pluie par leurs citoyens pourraient avoir envie d’inciter également l’utilisation de pavés perméables ou d’y faire appel elles-mêmes dans leurs projets, qui sait.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr D’Arcy Norman

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Stratégies d’épicerie

juin 22nd, 2010 Soeur économe 1 comment
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Une récente discussion sur les façons d’économiser sur le coût de l’épicerie m’a amenée à constater l’existence d’une variété de stratégies. J’en recense quelques unes, mais vous pouvez faire part de la vôtre !

Stratégies de circulaires

Dans bien des cas, l’objet central des moyens identifiés pour économiser est le publi-sac (en version électronique, préférablement).

  • Visite unique: la stratégie consiste à planifier ses menus de la semaine à partir des rabais identifiés dans la circulaire de la semaine de son supermarché favori. Une façon de faire qui a l’avantage d’être simple mais qui, faute de comparaison plus élargie, peut amener à acheter en fonction de rabais qui n’en sont pas réellement (tout ce qui se trouve dans la circulaire ne fait pas nécessairement l’objet d’un rabais significatif).
  • La tournée: l’idée est d’identifier tous les rabais qui valent la peine dans les circulaires des différents supermarchés situés dans un rayon raisonnable et les visiter tous (dans la version la plus extrême, même les magasins à rayons comme les Zellers et Tigre géant sont inclus). Permet davantage de discriminer les véritables rabais, mais nécessite plus de temps de préparation et de réalisation, et davantage de déplacements. Implique aussi de disposer d’espace de stockage puisque le concept central est de profiter au maximum des rabais importants qui ne reviennent pas chaque semaine.
  • Le choix de la semaine: en fonction de ses besoins et des rabais annoncés aux différents endroits, sélectionner un seul supermarché à visiter chaque semaine parmi ceux situés à proximité. Offre l’avantage de minimiser les déplacements mais amène le risque de gruger les économies sur les quelques aliments à rabais préidentifiés par des achats d’autres articles plus chers qui sont, eux, à prix régulier. Peut permettre de développer des préférences pour des produits offerts à un seul endroit et en faire provision épisodiquement. Les produits étant par ailleurs disposés différemment dans chaque épicerie, peut être mêlant.

En général, ces stratégies misent sur le stockage, et requièrent donc une certaine élasticité du budget pour les achats de masse lorsque les offres sont alléchantes. Dans le cas des aliments à conserver au congélateur, il faut aussi disposer de suffisamment d’espace et bien gérer ses stocks de façon à éviter d’avoir à se débarrasser d’aliments défraîchis.

Autres stratégies

Certaines personnes ne sont pas adeptes de la consultation compulsive de la circulaire hebdomadaire et privilégient d’autres façons d’économiser.

  • Les marques maison: l’idée est d’acheter la marque maison pour tous les produits où le choix est offert, en rabais ou pas, au fur et à mesure que les besoins se présentent. Dans plusieurs cas les produits sont pareils ou plutôt similaires, et les différences de prix cumulées permettraient d’économiser des sommes significatives sans devoir stocker.
  • Sortir du supermarché: en achetant la viande à la boucherie et les fruits et légumes à la fruiterie, entre autres, on peut gagner en fraîcheur et qualité tout en payant moins cher. Un peu comme dans le cas de la stratégie de la tournée, par contre, on augmente les déplacements et le temps à y consacrer. À ne pas oublier (en saison estivale surtout), le fermier de famille et les marchés publics.
  • Le «fait maison»: en combinaison ou non avec la recherche de rabais en circulaires, cette stratégie préconise l’économie en préparant sa nourriture plutôt qu’en l’achetant déjà préparée. Valide pour les sauces, repas du midi, pain, biscuits, céréales… Le prix des ingrédients est souvent beaucoup moindre que celui des aliments déjà préparés, et ceux-ci peuvent être de meilleure qualité.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr nateOne

États-Unis: aide financière aux banques camouflée?

juin 12th, 2010 Ebenezer 1 comment
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Comme vous le savez, le gouvernement américain a dû intervenir de façon massive en 2008 et 2009 pour aider le secteur bancaire qui était au bord du gouffre. Heureusement pour lui, le coût de ce programme a été fortement réévalué à la baisse.

On pourrait donc se dire que, finalement, peu d’argent public a été utilisé pour aider les banques à payer des bonus généreux à leurs employés. Or, d’autres programmes du gouvernement, dont le coût s’élève à plusieurs dizaines de milliards, semblent passer sans vagues parce que l’aide aux banques n’est qu’indirecte.

Maintenir la valeur des maisons

Les problèmes financiers des banques sont causés par les pertes sur les prêts hypothécaires (tant résidentiels que commerciaux)… Donc plus la valeur des propriétés baisse, plus les pertes sont grandes. En maintenant la valeur des maisons, le gouvernement aide les banques à réduire leurs pertes.

Deux programmes contestés

Le premier programme, décrié à peu près unanimement par les économistes, est le First Time Home Buyer Tax Credit, ou crédit d’impôt pour premiers acheteurs. Il accorde un crédit d’impôt de 8000$ (c’est pas rien!) à chaque acheteur de maison qui n’en a pas possédé depuis trois ans. Selon certaines études, pas plus de 25% des acheteurs se qualifiant pour ce crédit d’impôt n’auraient pas acheté sans le programme.

Le deuxième programme est la garantie de prêts hypothécaires: via la Federal Housing Administration (FHA), ce qui se rapproche le plus du côté américain de la SCHL au Canada, le gouvernement américain garantit des prêts hypothécaires consentis par les banques américaines. Les pertes de cet organisme se comptent en milliards.

Bref, plus ça va, plus j’arrive à la conclusion que ces programmes, que les économistes qualifient d’inefficaces, sont en fait une façon moins impopulaire d’aider les banques. Après tout, qui est contre les subventions à l’achat d’une maison?

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Conseils d’ingénieurs

juin 8th, 2010 Ebenezer 1 comment
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Un ami m’a récemment remis un document d’information du Fonds Férique, des fonds de placements réservés aux ingénieurs, ingénieurs forestiers, aux diplômés en génie, à leur famille et entreprises. Le point intéressant du document, c’est la liste des sept comportements financiers irrationnels.

Le document est disponible sur leur site web. Le comportement qui m’intéresse aujourd’hui, c’est le premier, qu’ils appellent «comptabilité mentale».

Le comportement irrationnel, c’est séparer dans des comptes distincts l’argent que vous économisez en fonction de ce à quoi il va servir.

Par exemple: j’ai un compte d’épargne général, un compte d’épargne pour l’éventuel achat d’une nouvelle voiture et finalement une hypothèque. Le taux d’intérêt sur mon épargne est plus faible que le taux d’intérêt payé sur l’hypothèque. C’est donc illogique de ne pas appliquer mes épargnes directement sur l’hypothèque.

C’est d’ailleurs le concept derrière les comptes du type de Manuvie Un.

Par contre, les faits nous démontrent que ce n’est pas tout le monde qui est parfaitement rationnel dans sa gestion des finances. Ça prend beaucoup de discipline pour ne pas toucher à nos épargnes pour s’acheter quelque chose de moyennement utile, alors qu’on économise pour quelque chose de plus important. Pour ceux qui ont de la difficulté avec cette discipline, la solution d’utiliser des comptes d’épargne séparés est la meilleure.

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Remplir son baril

juin 5th, 2010 Soeur économe Comments off
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Depuis quelques mois, plusieurs municipalités québécoises ont annoncé des programmes pour inciter leurs citoyens à se doter de barils récupérateurs d’eau de pluie. Les bas niveaux d’eau dans les rivières ces dernières semaines et la consommation excessive d’eau potable dans bon nombre de municipalités pourraient accentuer ce mouvement.

Pourquoi ? Accumuler l’eau de pluie canalisée par les gouttières dans un tel contenant comporte deux avantages: celui de réduire la consommation d’eau potable pour l’arrosage extérieur, et celui de réduire le volume d’eau à l’égout en récupérant l’eau des gouttières avant qu’elle ne se retrouve à la rue  (j’en parlais ici). Les municipalités, qui doivent autrement produire l’une et épurer l’autre, réalisent donc des économies. Je suppose qu’elles ont fait leurs calculs, dans la lignée des programmes pour l’achat de composteurs ou de couches lavables.

Certains programmes municipaux sont particulièrement intéressants: Laval offre une remise de 50$ sur l’achat d’un baril, tandis qu’à Repentigny et Terrebonne, on les vend au bas prix de 35$. En Estrie, les prix des barils dont quelques municipalités font la promotion sont substantiellement plus élevés (environ 70$). Sur l’île de Montréal, les éco-quartiers vendraient également de tels barils au prix approximatif de 80$, ce qui représente plus ou moins le prix en magasin.

Si vous pouvez vous procurer un baril usagé, c’est encore mieux (dans une optique de réutilisation) et moins coûteux (il ne vous manquera que quelques babioles pour compléter l’installation). Évitez évidemment les barils ayant contenu des produits chimiques… Plusieurs fournissent des plans de montage, dont la Ville d’Ottawa; l’émission La Vie en vert de Télé-Québec en traite aussi. Si vous êtes plus ambitieux et souhaitez pouvoir disposer de plus grandes réserves d’eau, vous pourriez envisager d’en connecter plusieurs en série, ou même de vous installer un réservoir de beaucoup plus grande capacité pour pourvoir tous vos besoins d’arrosage extérieur.

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Plantez… bien

mai 21st, 2010 Soeur économe 4 comments
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Mai est un mois où il s’effectue des distributions d’arbres un peu partout (le programme Mon arbre à moi pour souligner l’arrivée d’un nouvel enfant, ainsi que plusieurs municipalités, arrondissements et autres organismes dans toutes les régions). C’est aussi un moment propice pour réaliser des achats réfléchis ou tout à fait impulsifs dans les centres jardins qui offrent une grande variété de végétaux. Quelques trucs pour vous éviter de dépenser pour rien et pour donner une chance à vos protégés de croître raisonnablement.

Ne pas nuire

En choisissant l’espèce et l’emplacement de la plantation, il faut penser en fonction du futur. La hauteur et l’envergure à maturité doivent faire partie des données considérées, ne serait-ce que pour lui éviter de devoir subir une coupe en Y sous les fils électriques ou d’empiéter indûment chez le voisin. Sur le site d’Hydro-Québec on retrouve un répertoire de plusieurs centaines d’espèces pour lesquelles la distance minimale recommandée avec des fils électriques est présentée. Leur guide papier est encore plus complet pour une panoplie d’autres renseignements relatifs aux espèces.

L’ambition racinaire peut aussi être un point à considérer. Certains craignent l’intrusion des racines dans des drains ou des conduites, une situation qui serait toutefois susceptible de se produire surtout dans le cas d’espèces vraiment assoiffées comme les saules, ou lorsque les conduites présentent déjà des fuites. Également, un arbre à enracinement important et superficiel serait peu approprié tout à côté d’une piscine hors-terre par exemple, puisqu’il pourrait affecter éventuellement sa stabilité.

Des conditions raisonnables de croissance

Pour espérer qu’un arbre survive et prospère, il faut choisir un emplacement qui ne convient pas seulement à nos considérations esthétiques ou pratiques (on peut viser à se créer de l’ombre et, selon l’orientation, réduire un peu l’augmentation de la température de notre maison l’été), mais qui lui conviendra aussi. Ainsi, dans des secteurs où la neige est soufflée sur les terrains l’hiver, il s’avère peu approprié de planter un arbre dans la zone de soufflage (à moins d’aimer vraiment installer à chaque automne d’affreuses structures de bois pas toujours très efficaces). De même, la plupart des conifères et certains feuillus sont sensibles aux sels de déglaçage alors vaut mieux les en éloigner raisonnablement.

Il faut aussi considérer que certains arbres toléreront l’ombre d’autres arbres (mais nécessiteront quand même peut-être plus d’eau que ce que ces arbres bien installés daigneront bien lui laisser), tandis que d’autres auront besoin d’un plein ensoleillement pour assurer leur croissance.

Sur bien des terrains, on n’est pas certain du sol qu’on retrouvera avant d’avoir creusé puisque le matériau de remplissage est plutôt hétérogène. Vaut mieux vérifier avant de planter, et ne pas tenter de créer un sol idéal en ajoutant simplement de la «belle terre noire», ce qui ne servira pas du tout la cause de l’arbre planté. Un bon paillis à la base est cependant une aide raisonnable à offrir à une nouvelle plantation, de même qu’un ajout de mycorhizes qui faciliteront son acquisition de nutriments. Oubliez les tuteurs que je classe parmi les pertes de temps dans la plupart des cas.

Des espèces raisonnables

Choisissez une espèce en fonction des conditions que vous pourrez lui offrir et non en fonction de ses fleurs ou de sa grandeur au centre jardin, autrement vous risquez fort d’être déçu. La zone de rusticité d’une espèce n’est pas à négliger puisqu’un arbre qui se trouverait dans une zone d’un nombre plus faible que sa limite est susceptible de voir ses bourgeons geler durant l’hiver et de développer un air plutôt maladif voire de geler complètement durant un hiver plus difficile. Le répertoire en ligne d’Hydro-Québec indique la zone de rusticité des espèces, ne reste plus qu’à identifier la vôtre !

Il faut disposer d’un espace suffisant pour l’espace que nécessitera l’arbre une fois à maturité, autrement vous vous créez la nécessité de le tailler et provoquerez ainsi autant de plaies qui deviendront des portes d’entrées pour des organismes pathogènes. Je suggère également d’éviter les espèces greffées, «horticuturellement difformes», mutilées pour l’esthétisme et autres aberrations du genre, à moins d’être prêts à vous acharner de façon récurrente à les tailler et les protéger pour en maintenir l’allure non naturelle.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks

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