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Le faux cadeau des remises en argent sur les hypothèques

avril 17th, 2010 Ebenezer 3 comments
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Afin d’attirer des clients potentiels, les institutions financières proposent ces temps-ci des remises en argent. Le concept est simple: pour vous «remercier» de prendre une hypothèque chez eux, on vous offre de vous donner un pourcentage de la valeur de votre prêt en argent comptant (l’offre de la banque TD présentement est de 5% du montant de l’hypothèque).

Une entrée d’argent bien pratique

Il n’y a pas à douter qu’une entrée d’argent de 5000$ (5% sur 100 000$ d’hypothèque) au moment de l’achat d’une maison soit très pratique: lorsqu’on emménage, il y a une panoplie de frais: le notaire, le déménagement, les nouveaux meubles, la taxe de Bienvenue, etc. Bref, cette offre répond probablement à un réel besoin pour plusieurs acheteurs.

Par contre, il faut être prudent: cet argent n’est pas gratuit! Très loin de là!

Un taux d’intérêt hypothécaire plus élevé

Vous vous en doutez certainement, les institutions financières ne nous font pas de cadaux pour nos beaux yeux. En échange de cette remise en argent, on augmente votre taux hypothécaire. Ils ne s’en vantent pas au départ, mais demandez-leur si le taux est plus faible si vous ne prenez pas la remise en argent: la réponse sera certaiment oui.

En simplifiant à l’extrême, la remise en argent, c’est un peu comme emprunter plus que le montant de l’hypothèque: si vous en avez besoin pour des dépenses reliées à l’installation dans la nouvelle maison, ça peut être une bonne idée. Mais il ne serait vraiment pas sage, à mon avis, d’utiliser cet argent pour vous gâter, acheter des jouets ou voyager: vous n’empruntez pas d’habitude pour ce genre de choses, pourquoi le faire dans cette situation?

C’est un peu comme quand vous payez comptant pour l’achat de meubles au lieu de payer dans 12 mois sans intérêts: plus souvent qu’autrement, on vous offre un rabais équivalent aux taxes. Ça donne un rendement de 15% par année! Si vos placements ont un meilleur taux de rendement que ça, vous avez un meilleur planificateur financier que le mien…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr daveynin
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Energy Star: une certification toujours pertinente?

avril 14th, 2010 Soeur économe 1 comment
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Parmi les recommandations de base pour économiser l’énergie ou réduire son impact environnemental, on retrouve généralement l’utilisation d’appareils homologués Energy Star. De tels appareils peuvent permettre, nous indique-t-on par exemple sur le site de l’Agence de l’efficacité énergétique, «de réduire de 30 à 50 % vos coûts énergétiques et vos frais d’utilisation».

Toutefois, le fameux logo semble perdre de son éclat depuis quelque temps. Sa réputation devient-elle surfaite ?

Récents rapports

Aux États-Unis, le Government Accountability Office publiait il y a quelques semaines un rapport dans lequel il faisait état de la vulnérabilité du programme américain Energy Star face à des possibles fraudes. Compte tenu des sommes investies par le gouvernement dans l’Appliance Rebate Program (la version pour appareils électroniques du programme de mise au rebut de vieilles voitures surnommé Cash for clunkers), la vérification s’avérait probablement une façon de s’assurer que les sommes sont bien investies. Or, d’après les vérifications réalisées par l’organisme, le programme n’exige pas systématiquement de rapport d’un tiers sur les allégations du fabricant à l’égard des performances de son produit, ne réalise pas non plus de contrevérification, et semble compter sur le fait que les entreprises testeront les produits de leurs compétiteurs et dénonceront des produits non conformes. Le rapport fait également état d’un manque d’uniformité dans le traitement des demandes.

Dès l’automne 2009, un audit du Department of Energy des États-Unis à l’égard de sa participation à l’administration du programme Energy Star en était arrivé à des conclusions similaires sur l’absence de certification par un tiers pour plusieurs catégories d’appareils. L’audit faisait également état du manque de vérification de l’utilisation du logo sur les produits sur le marché, ainsi que d’aberrations comme le fait que dans la catégorie des ampoules fluocompactes, plus 90% des produits sur le marché soient certifiés Energy Star.

Au Canada

Le programme Energy Star en place au Canada est administré par le ministère fédéral des Ressources naturelles et les conclusions américaines ne s’y appliquent donc pas intégralement, bien que certaines catégories de produits homologués aux États-Unis soient automatiquement considérés homologués au Canada aussi. Certains questionnements demeurent néanmoins.

Le magazine Protégez-vous a réalisé, dans son numéro de mars 2010, des calculs sur les économies qu’on peut espérer réaliser en achetant des appareils qui sont homologués Energy Star, en comparant leur consommation énergétique avec celle d’appareils non certifiés. Conclusion: à peine quelques dollars par an dans le cas d’un réfrigérateur par exemple.

On ne peut donc systématiquement compter sur le petit logo pour espérer combler un coût d’achat qui serait significativement plus élevé pour un appareil Energy Star. Ce qui ne veut pas dire qu’on doive complètement mettre de côté ce critère pour autant: les appareils homologués peuvent également présenter d’autres bénéfices (dont une consommation d’eau moindre dans le cas des appareils en utilisant). Une consultation attentive des listes de produits homologués sur le site de Ressources naturelles Canada peut également permettre d’identifier les plus performants parmi tous ceux qui arborent le logo.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Rosa y Dani

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Le vrai débat à propos de l’impôt santé

avril 11th, 2010 Ebenezer 5 comments
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Comme je l’ai laissé entendre lors de mon article du 1er avril dernier, à mon avis, le vrai débat au sujet de l’impôt santé n’est pas de trouver que ça coûte trop cher, que nos impôts augmentent toujours et que les compagnies devraient payer plus et non nous. Non, augmenter les impôts pour payer les coûts croissants du système de santé, surtout dans le contexte où, depuis 2003, les impôts ont baissé de 5,4 milliards, ça se défend.

Mise à jour: Suite aux commentaires qu’à suscité cet article, je réalise qu’il n’est pas clair si je parle de l’impôt santé de 200$ par année ou plutôt du ticket modérateur. Or, je parle bel et bien de l’impôt santé qui sera imposé à tout le monde. Le ticket modérateur est un sujet bien trop complexe pour que j’ose émettre une opinion!

Impôt fixe, à taux fixe et à taux progressif

Le système fiscal, tant au fédéral qu’au provincial, est basé sur un taux progressif: plus votre revenu est élevé, plus votre taux d’imposition sera élevé. Je simplifie un peu pour les besoins de la cause… L’ADQ a déjà proposé (il y a une ou deux élections) un système à taux fixe: peu importe votre revenu, tout le monde paie selon le même taux. C’est un système qui est plus généreux envers les riches que le système actuel et, à l’inverse, moins intéressant pour ceux dont le revenu est plus faible.

Aux fins d’illustration, j’ai bâti trois scénarios avec différents niveaux de revenus. Dans tous les cas, on a quatre personnes qui doivent au total contribuer pour 25 000$ d’impôts. Voici comment on y arrive avec un montant forfaitaire, un taux fixe et un taux progressif.

  • Forfaitaire: on divise 25 000$ par quatre.
  • Taux fixe: Les premiers 10 000$ de revenus sont exempts d’impôts. Pour arriver à 25 000$ d’impôts, le taux est donc de 10,417%
  • Taux progressif: c’est le plus compliqué à expliquer, voici donc un tableau:
Revenu Taux
0 – 14 999$ 0%
15 000 – 29 999$ 5%
30 000 – 59 999$ 10%
60 000 – 119 999$ 15%
Plus de 120 000$ 20%

Maintenant, considérons l’effet des trois scénarios sur des revenus faibles, moyennement faibles, moyennement élevés et élevés:

Revenus Forfaitaire Taux fixe Taux progressif
15 000$ 6250 520,85 0
40 000$ 6250 3125,10 1750
75 000$ 6250 6771,05 6000
150 000$ 6250 14 583 18 750
Total 25 000 25 000 26 500

Conclusion: le taux progressif est plus avantageux pour tout le monde, sauf pour les riches. Le scénario avec un montant forfaitaire est particulièrement «brutal» pour la personne pauvre, puisque plus du tiers de son revenu doit être payé en impôts. De l’autre côté, le taux progressif impose un taux de 12,5% à la personne qui a un revenu de 150 000$. C’est élevé, mais on présume qu’il ou elle trouvera un moyen de payer son loyer et son épicerie avec l’argent qui reste…

Impôt santé forfaitaire?

Bref, le vrai débat sur l’impôt santé, c’est sa forme. Le gouvernement a réduit au cours des dernières années l’imposition à taux progressif et augmente maintenant les impôts d’un montant forfaitaire. C’est une méthode qui pénalise beaucoup plus les pauvres que les riches. La société québécoise doit décider si cette avenue concorde avec ses meilleurs intérêts.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr cdsessums
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Combien ça vaut, un régime de retraite?

mars 30th, 2010 Sourire No comments
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Note d’Ebenezer: Chantons, dansons! Sourire nous a pondu un autre article sur les régimes de retraite. Si vous voulez lire ses articles précédents sur le sujet, c’est par ici!

J’avais promis un article sur la valeur d’un régime de retraite pour un individu, article que j’ai grandement tardé à livrer. En fait, s’il est difficile d’attacher un chiffre précis à un régime de retraite pour l’ensemble de ses participants, cela s’avère encore plus difficile pour un individu en particulier. On ne peut plus compter sur la loi des grands nombres!

Je vais tracer un parallèle avec une assurance automobile. La plupart des années, on peut avoir l’impression d’avoir payé pour rien, vu qu’on n’a fait aucune réclamation. Pourtant, nonobstant le caractère obligatoire d’une telle assurance, je pense que la plupart des gens avisés ne songeraient pas à ne pas s’assurer. Avec une assurance automobile, je pense qu’on achète d’abord et avant tout une tranquillité d’esprit.

C’est un peu pareil avec un régime de retraite: il procure une tranquillité d’esprit. Que l’on vive longtemps ou non, on est certain de ne pas se retrouver sans source de revenu. Que la bourse s’effondre ou s’envole, on a une certaine assurance de recevoir sa rente encore le mois prochain, et le suivant, et l’autre d’après! En fait, la principale doléance de ceux qui ont droit à une rente d’un régime de retraite a souvent trait à l’absence de pleine indexation.

Mais cela ne répond toujours pas à la question: combien ça vaut, un régime de retraite? Eh bien, l’une de mes caractéristiques étant la prudence typique de ceux que la profession actuarielle attire, j’hésitais à me prononcer! Or, un article paru dans le numéro de février/mars 2010 de MoneySense est venu à la rescousse!

« Research shows that if you retire at age 65 [...] you would need a nest egg that’s 25 times the annual amount you plan to withdraw to ensure little risk of ever running out of money.» En français, cela veut dire que, pour une retraite à 65 ans, selon les études, il faut avoir des économies égales à 25 fois le montant annuel désiré pour encourir un faible risque de se retrouver sans le sou.

Et pour prendre sa retraite à 55 ans, «research suggests that you should multiply your cash flow needs by about 33», ce qui  veut dire que le multiple nécessaire augmente à environ 33.

Donc, par exemple, pour avoir 50 000 $ par année à vie, il faudrait avoir accumulé 1 250 000 $ si on prend sa retraite à 65 ans, ou 1 650 000 $ à 55 ans.

Je rappelle que les études ont calculé le montant à prévoir pour que le risque d’épuiser ses économies soit faible, et non nul. C’est une nuance importante! Même pour les régimes de retraite, la certitude n’est pas à 100 %, mais dépend de la survie de l’entité qui offre le régime de retraite ou de l’achat par cette entité de rentes auprès d’une compagnie d’assurances. Or, quand on parle du gouvernement — l’article de David Aston traitait du cas d’un couple de fonctionnaires fédéraux — on est plutôt pas mal certain de ne pas voir sa rente diminuée à cause de difficultés financières de la compagnie!

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L’intérêt de la corde à linge

mars 20th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a différentes raisons pour attendre avec impatience le printemps, mais l’une d’entre elles peut être de pouvoir recommencer à utiliser sa corde à linge. Une habitude en voie d’extinction ? Le blogue The Daily Green le classe en tout cas parmi ses Lost Household Arts. Elle comporte cependant plusieurs avantages.

Établissons-le dès le début, la séchage du linge sur la corde (ou autre accessoire équivalent) risque peu de faire diminuer de façon sensible votre facture d’électricité. Une ou quelques dizaines de dollars, au total, avec différentes hypothèses de calcul à partir de l’outil disponible sur le site d’Hydro Québec. Probablement davantage si vous vous rendez à la buanderie.

À l’échelle d’une province, cela peut néanmoins représenter une somme non négligeable de kilowatts-heures. Assez pour que l’Ontario adopte en 2008 un règlement interdisant… les règlements municipaux interdisant les cordes à linge, de même que toute condition restrictive à cet effet dans les baux et conventions de copropriétaires notamment pour des maisons en rangée. Plusieurs États américains ont aussi fait de même.

Au Québec, il existe encore des règlements interdisant les cordes à linge dans plusieurs municipalités. J’ai d’ailleurs appris que ma corde à linge avait été dans l’illégalité jusqu’à ce que les règlements municipaux des anciennes municipalités fusionnées à Québec soient harmonisés en 2009. On peut imaginer que ce ne sont probablement pas les règlement dont le respect est suivi de plus près par les municipalités, ce qui n’empêche pas de trouver le principe agaçant.

Outre économiser un peu, vivre parfois dans l’illégalité et égayer sa cour de couleurs vives, qu’apporte le séchage sur la corde à linge ? On peut aimer la fragrance que la brise donne aux vêtements et autres textiles qu’on suspend (cela permet à tout le moins de se rendre compte que les fragrances artificielles comportant le mot «brise» n’ont vraiment rien à voir avec la vraie). Par contre, contre des taches tenaces sur des tissus, l’exposition au soleil est vraiment efficace. Surprenant, même. Un must pour les couches lavables, notamment.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tauntingpanda

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Fermiers de famille et autres fournisseurs locaux

mars 16th, 2010 Soeur économe 1 comment
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L’an dernier à la même période, je vous suggérais de penser à devenir partenaire d’un fermier biologique de votre région et de profiter de paniers hebdomadaires de ses produits. Une liste de producteurs est disponible sur le site d’Équiterre; il existe également des producteurs appliquant le même concept sans faire partie de ce réseau. Même durant les étés moins prolifiques, les producteurs rivalisent d’ingéniosité pour offrir chaque semaine une sélection intéressante d’aliments et faire réaliser des découvertes à leurs partenaires. Par contre, si un engagement pour toute une saison vous semble trop contraignant ou si vous craignez d’être ensevelis sous la verdure, il existe d’autres possibilités.

- Écomarchés: vous sélectionnez les aliments frais et autres produits locaux qui vous intéressent à partir de votre ordinateur, puis vous passez chercher votre commande à un point de chute. Pas de contrat pour la saison et pas de sélection imposée d’aliments. On trouve notamment de ces écomarchés virtuels en Beauce, dans Charlevoix, en Estrie, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie. Avec un concept semblable, si vous êtes dans la grande région de Montréal, vous pouvez bénéficier d’une livraison à la maison.

- Marchés publics: les marchés publics sont nombreux durant la période estivale. On en compte plus d’une cinquantaine à travers le Québec. Si s’y procurer des aliments produits localement est évidemment aisé, en acheter qui sont certifiés biologiques peut par contre nécessiter une consultation plus exhaustive des étalages.

- Épiceries: j’en avais déjà traité, la plupart des épiceries offrent des aliments produits localement et des aliments biologiques, mais rarement les deux à la fois pour un même aliment. Et, entre les deux, que privilégier ? À vous de voir. Outre les aliments frais, si vous cherchez à vous procurer des produits fins d’origine québécoise, une initiative digne d’un certain intérêt est celle du Marché de chez nous offert par les épiceries IGA, en collaboration avec l’UPA. Vous faites votre choix en ligne parmi la sélection offerte, vous déterminez une épicerie de la chaîne dans votre secteur, vous payez en ligne et vous passez chercher votre commande après quelques jours. Ce ne sont pas exactement des produits locaux (puisqu’ils peuvent venir d’une autre région ou auront vraisemblablement transité par un centre de distribution), mais ça peut permettre d’accéder à des produits québécois que les épiceries ne tiennent pas en stock.

Un bon choix ?

Il y a quelques semaines, l’Institut économique de Montréal a publié une «note économique» sur l’achat d’aliments locaux, pas nécessairement, selon les données des auteurs, toujours avantageux au niveau de l’empreinte carbone. Vous pouvez peut-être garder cette préoccupation en tête lors d’achats de tomates en épicerie en saison hivernale mais, pour l’été à venir, je considère qu’il n’y a vraiment rien là-dedans pour s’empêcher de se trouver un fermier de famille, de commander dans un écomarché ou de visiter un marché public.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr masatoshi_

7$ et plus

février 8th, 2010 Soeur économe 1 comment
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Quelqu’un me demandait récemment si, «avec l’impôt et tout ça», le coût de fréquentation d’une garderie non subventionnée par un enfant pouvait revenir au même coût qu’une garderie à 7$. Personnellement ou collectivement, c’est possible mais pas nécessairement.

J’avais déjà donné un aperçu de la situation des garderies québécoises à contribution réduite (à 7$) et de ma perception des raisons pour lesquelles il n’est pas si simple d’y avoir une place pour son enfant. Lorsqu’on n’y a pas accès et qu’on se tourne vers les garderies non subventionnées (dont les tarifs sont établis par chaque responsable et varient généralement entre 20 et 40$ par jour selon les particularités du service ou la rareté dans le secteur), et on peut bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable au provincial ainsi que d’une déduction pour frais de garde au fédéral.

Coût pour les parents

Le salaire des parents, leur situation (couple ou monoparental) et le coût journalier de la garderie sont alors les facteurs qui déterminent si le coût net de la garderie non subventionnée représentera un montant équivalent ou plus élevé pour le parent que celle à 7$.

Le taux du crédit d’impôt provincial applicable aux frais chargés aux parents dont l’enfant fréquente un service de garde non subventionné diminue avec l’augmentation du revenu familial. De 75% pour un revenu familial de 30 000$, à 60% si on gagne entre 60 000 et 85 000$, puis à 57% jusqu’à 125 000$ et en allant décroissant ensuite. Logique ? En apparence oui, sauf que le revenu familial n’est pas un critère de priorisation dans l’octroi des places à 7$ et qu’une fois dans ce système, tous les parents paient le même tarif.

Par ailleurs, le gouvernement a grandement publicisé, à la suite de son budget 2009-2010, qu’avec la bonification du crédit d’impôt, le coût net du service de garde non subventionné et du service de garde à 7$ devenaient équivalents pour les parents gagnant jusqu’à 125 000$… en utilisant comme base de comparaison un tarif journalier de 25$. Pour un tarif plus élevé, le seuil de revenu maximal où les deux modes de garde s’équivalent est évidemment beaucoup plus bas. Or, 25$ reste peut-être la norme dans certaines régions, mais là où la demande est importante, ce n’est probablement plus très représentatif des tarifs chargés.

Le remboursement anticipé du crédit d’impôt pour frais de garde instauré en 2005 par le gouvernement provincial allège certainement la situation financière des parents au jour le jour. Ceux-ci devraient autrement défrayer entre 6000$ et 10 000$ sur une année et ne se faire rembourser la partie correspondant au crédit d’impôt que l’année suivante. Par ailleurs, je ne sais pas si beaucoup de gens s’en prévalent, mais le gouvernement fédéral offre aussi de tenir compte des frais de garde encourus dans l’ajustement des retenues à la source. Malgré ces mesures, certains parents dont les revenus sont peu élevés peuvent difficilement assumer l’ensemble des frais pour les quelques mois avant le premier remboursement anticipé du provincial.

Coût pour le gouvernement

Un centre de la petite enfance et une garderie en installation qui sont accrédités par le gouvernement voient celui-ci leur remettre respectivement 40$ et 33$ par jour par place (et le parent complète avec son 7$). Pour une garderie en milieu familial accréditée, c’est 18$. Dans ce contexte, pour bon nombre d’hypothèses de calcul, on peut constater que la garderie non subventionnée représente un coût moindre pour le gouvernement (donc pour les contribuables) que le programme à 7$. Particulièrement pour les garderies en installation, où il faudrait que les parents paient autour de 50$ par jour pour l’atteindre. Au niveau du milieu familial, on atteint 18$ et plus de remboursement avec un taux de 60% seulement à partir d’un tarif de 30$.

Faire ses calculs

Pour faire vos propres calculs, le ministère des Finances offre un calculateur vous permettant d’entrer des données correspondant à votre situation… mais dans lequel on ne peut pas entrer un tarif journalier de plus de 35$. Pour les demandes de remboursement anticipé, c’est du côté du ministère du Revenu qu’il faut aller chercher le formulaire.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TedsBlog

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Mon cher enfant

janvier 6th, 2010 Soeur économe No comments
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Depuis près de deux ans maintenant, j’ai régulièrement cette question: «Et puis, un bébé, trouves-tu que ça coûte cher ?» J’esquisse généralement une moue dubitative et j’indique que mon impression générale est que non, ça ne coûte nécessairement si cher. Sauf que je n’avais jamais véritablement cherché à quantifier le tout.

Il y a un peu partout ces fameux chiffres qui datent d’on ne sait quand et qui comprennent on ne sait quoi et qui disent grosso modo qu’un enfant, de la naissance à 18 ans, ça coûte 180 000$. Selon d’autres sources, ça accapare 20% du revenu des parents. Ce que je crois, c’est que ça varie de façon importante notamment selon la nécessité qu’on peut se créer de devoir se procurer une montagne de gadgets, de tout acheter neuf, ou au contraire de vouloir minimiser l’empreinte écologique de son enfant.

Les achats de départ

Qu’on veuille faire simple ou compliqué, on peut identifier en vue de la naissance un mobilier de base dont la plupart des parents ne se passent pas et d’autres morceaux dont l’utilité réelle est plus limitée. Si siège d’auto, poussette, couchette, commode et chaise haute peuvent être identifiés comme des incontournables dès la première année (pas nécessairement neufs), je considère que la table à langer, la balançoire, le parc et les moniteurs sont des morceaux utiles mais non essentiels. Quant au moïse, au tapis d’éveil, au petit bain et à l’ensemble de literie-assortie-et-tous-ses-accessoires, ils ne méritent pas d’être achetés à fort prix; s’ils sont prêtés, donnés ou achetés à petit prix ça laisse moins une impression d’argent gaspillé. Je place à part le porte-bébé, le coussin d’allaitement, le tire-lait, le chauffe-biberon et la chaise berçante, qui peuvent devenir des incontournables mais gagnent à attendre qu’on ait vu aller les choses un peu avant d’être achetés.

Combien peut-on dépenser dans cette catégorie? Une famille qui se ferait tout prêter ou donner ne dépenserait à peu près rien. Acheter les articles essentiels, accessoires et les incontournables potentiels dans le neuf représente entre 1500$ et 3700$ environ, et plus vraisemblablement quelque part autour de 2500$. Dans une formule hybride de neuf et d’usagé (car on peut raisonnablement hésiter à acheter un siège d’auto ou un tire-lait usagé par exemple), on peut s’en tirer pour 1000$.

Les achats récurrents

Une fois le bébé arrivé, certaines décisions peuvent influencer de façon importante les achats réguliers qui lui seront associés dans les premières années. Couches jetables ou lavables ? Selon le cas, on débourse une fois 500$ ou alors on en jette pour 50 à 60$ par mois pendant au minimum deux ans. Le même principe s’applique aux lingettes. Allaitement ou lait maternisé ? Aucun coût direct dans un cas, sinon le lait maternisé de base pourrait coûter environ 100$ par mois durant les premiers 9 à 12 mois. En matière de linge, la première année verra passer minimalement quatre grandeurs de pyjamas et autres habits, mais quelques trucs permettent de réduire de beaucoup les dépenses à cet égard, et s’appliquent aussi en grande partie aux jouets. Enfin, à l’épicerie, je calcule que la dépense supplémentaire associée aux premières années d’un enfant se situe principalement entre 6 et 12 mois, la période des céréales pour bébés et des purées, après quoi son alimentation devient similaire à celle de ses parents et n’augmente que faiblement les quantités totales achetées. J’estime que cette catégorie peut générer un coût total variant entre 1000$ et 5000$ pour les deux premières années, selon les choix ou circonstances.

Coûts associés

Une diminution des revenus durant la période des congés de maternité, paternité et congé parental est à prévoir, compte tenu que le programme québécois de base couvre 70% du revenu antérieur jusqu’à concurrence de 62 500$, et le congé parental, une courte période à 70% et le reste à 55% (plus de détails ici). Les programmes d’allocations (Soutien aux enfants au provincial, Prestation fiscale canadienne pour enfants et Prestation universelle pour la garde d’enfants au fédéral) en réduiront un peu l’écart, mais faiblement à moins d’un revenu antérieur plutôt bas. Par exemple, pour des parents dont le revenu approcherait le maximum couvert, ça donnerait une réduction du salaire brut d’environ 13 000$, et des allocations avoisinant 2300$.

Par ailleurs, si l’arrivée d’un enfant engendre les dépenses précédemment mentionnées, on peut s’attendre en contrepartie à une diminution de certaines autres dépenses au budget familial, dont les sorties. Quant à la garderie, s’il y a lieu, une place à 7$ par jour ne représente qu’un faible pourcentage du revenu, mais dans la perspective où ces places sont peu disponibles, une dépense de 25 à 35$ par jour pour une garderie non subventionnée peut davantage affecter un budget, même si elle est temporaire puisque la différence sera en bonne partie retournée aux parents lors du rapport d’impôt.

Alors, ça coûte cher ?

Beaucoup de choix influenceront les dépenses que peuvent engendrer l’arrivée d’un enfant, mais dans bien des cas, la diminution de revenu associée aux congés de maternité, paternité et parental est probablement le «coût» (ou l’investissement) principal des premières années. Quant aux fameux 180 000$, dans 16 ans j’aurai le verdict :)

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr M.ADA

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Des panneaux solaires sur votre maison?

décembre 19th, 2009 Ebenezer No comments
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Bon, visiblement, l’esprit des Fêtes s’est emparé de moi: l’article d’aujourd’hui n’est que modérément utile aux résidents du Québec, et le rythme de nouveaux articles devrait diminuer considérablement d’ici au jour de l’An.

Dans ma cour

In My Backyard (dans ma cour) est un site web qui vous permet d’estimer combien d’énergie vous pourriez produire en installant des panneaux solaires ou des éoliennes sur votre propriété. Le nom est évidemment une référence au syndrome typique du «pas dans ma cour», fréquent lorsqu’on propose de nouveaux projets d’éoliennes.

Le concept est simple: vous entrez votre adresse et on vous affiche la photo satellite de Google de votre maison. Vous avez ensuite deux options:

  • Dessiner sur la carte un panneau solaire de la grandeur souhaitée (par exemple, votre toit);
  • Placer des mini-éoliennes sur votre terrain.

Malheureusement, il n’y a pas de données de vents pour le Canada… la portion sur les éoliennes est donc assez peu utile.

Les résultats solaires

Dans notre cas, si on installe des panneaux sur un versant de notre toit, le site web estime qu’on pourrait produire un peu plus de 5000 kWh par année, ce qui permettrait une économie d’un peu moins de 400$ par année.

Le site web indique même le coût d’installation: 42 606$ (probablement US…) avant subventions. Dans notre cas, ça prendrait donc un peu plus de 100 ans pour rentabiliser un tel investissement.

C’est donc modérément utile comme outil… mais c’est amusant!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Wayne National Forest

Un épineux dilemme ?

décembre 10th, 2009 Soeur économe No comments
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C’est un classique à ce temps-ci de l’année. Alors, lequel avez-vous choisi ? Le sapin naturel ? Ou le synthétique ? Une solution originale pour bricoleur (et buveur) averti ou encore une plante (comme un Araucaria ou un cyprès) qui pourra jouer ce rôle durant plusieurs années?

C’est un choix qui peut se faire sur l’aspect esthétique (ou organoleptique), mais qui peut aussi intégrer des considérations écologiques, ainsi que financières. L’un des facteurs d’importance dans chacune des comparaisons est le nombre d’années durant lesquelles vous pensez réutiliser votre sapin artificiel.

L’aspect écologique

L’arbre coupé est une matière décomposable, elle peut être réutilisée par les municipalités qui les ramassent. Ce sapin de sept à dix ans aura accumulé quelques kilos de carbone dans sa matière ligneuse, on aura souvent utilisé de l’engrais et des pesticides pour le faire croître. Le sapin artificiel est fait de PVC et de métaux, sa production génère du carbone. Les deux doivent être transportés de leur lieu de production à leur lieu de vente et à de là à votre salon, mais le sapin artificiel étant souvent produit beaucoup plus loin, son empreinte carbone pour le transport est de beaucoup supérieure.

Ce que j’ai lu récemment, c’est que, selon une analyse d’une firme québécoise, l’avantage tournerait au sapin artificiel seulement à partir du moment où l’on garde le sapin artificiel plus de 20 ans. Je connais peu de gens qui le font. Il y a aussi quelques aspects peu souvent mentionnés:  la matière ligneuse (donc le carbone) accumulée par le sapin naturel sera dégradée dans les années subséquentes, ceux-ci étant généralement transformés en paillis, facilitant la dégradation microbienne et la libération de ce carbone. Quant à votre sapin artificiel, lorsque, après ses années de bons services, vous vous en débarrassez, il se retrouve généralement entièrement à l’enfouissement — bien que plusieurs composantes soient en théorie recyclables, je doute fort que votre municipalité l’accepte dans votre bac bleu.

L’aspect économique

On peut payer entre 200$ et 300$ environ pour un sapin artificiel. Et entre 30$ et 50$ pour un arbre naturel. On peut donc considérer que sur le strict point de vue du coût d’achat, il faut garder son arbre artificiel entre 4 et 10 ans – plus vraisemblablement entre 6 et 7 ans si vous êtes conséquents dans votre profil d’économe ou de plus dépensier. Cette simple comparaison ne tient pas compte notamment du fait que vous devrez acheter quelques accessoires supplémentaires pour votre sapin naturel (pied et lumières — pas les décorations car vous les achèterez dans les deux cas).

Conclusion

Mon choix personnel est ni l’un ni l’autre. J’aime mieux prendre soin à longueur d’année de mon «sapin» à l’allure non traditionnelle, qui devient plus grand à chaque Noël — son impact principal est donc probablement de nécessiter périodiquement l’achat de quelques décorations supplémentaires.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tiffa130

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