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7$ et plus

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Quelqu’un me demandait récemment si, «avec l’impôt et tout ça», le coût de fréquentation d’une garderie non subventionnée par un enfant pouvait revenir au même coût qu’une garderie à 7$. Personnellement ou collectivement, c’est possible mais pas nécessairement.

J’avais déjà donné un aperçu de la situation des garderies québécoises à contribution réduite (à 7$) et de ma perception des raisons pour lesquelles il n’est pas si simple d’y avoir une place pour son enfant. Lorsqu’on n’y a pas accès et qu’on se tourne vers les garderies non subventionnées (dont les tarifs sont établis par chaque responsable et varient généralement entre 20 et 40$ par jour selon les particularités du service ou la rareté dans le secteur), et on peut bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable au provincial ainsi que d’une déduction pour frais de garde au fédéral.

Coût pour les parents

Le salaire des parents, leur situation (couple ou monoparental) et le coût journalier de la garderie sont alors les facteurs qui déterminent si le coût net de la garderie non subventionnée représentera un montant équivalent ou plus élevé pour le parent que celle à 7$.

Le taux du crédit d’impôt provincial applicable aux frais chargés aux parents dont l’enfant fréquente un service de garde non subventionné diminue avec l’augmentation du revenu familial. De 75% pour un revenu familial de 30 000$, à 60% si on gagne entre 60 000 et 85 000$, puis à 57% jusqu’à 125 000$ et en allant décroissant ensuite. Logique ? En apparence oui, sauf que le revenu familial n’est pas un critère de priorisation dans l’octroi des places à 7$ et qu’une fois dans ce système, tous les parents paient le même tarif.

Par ailleurs, le gouvernement a grandement publicisé, à la suite de son budget 2009-2010, qu’avec la bonification du crédit d’impôt, le coût net du service de garde non subventionné et du service de garde à 7$ devenaient équivalents pour les parents gagnant jusqu’à 125 000$… en utilisant comme base de comparaison un tarif journalier de 25$. Pour un tarif plus élevé, le seuil de revenu maximal où les deux modes de garde s’équivalent est évidemment beaucoup plus bas. Or, 25$ reste peut-être la norme dans certaines régions, mais là où la demande est importante, ce n’est probablement plus très représentatif des tarifs chargés.

Le remboursement anticipé du crédit d’impôt pour frais de garde instauré en 2005 par le gouvernement provincial allège certainement la situation financière des parents au jour le jour. Ceux-ci devraient autrement défrayer entre 6000$ et 10 000$ sur une année et ne se faire rembourser la partie correspondant au crédit d’impôt que l’année suivante. Par ailleurs, je ne sais pas si beaucoup de gens s’en prévalent, mais le gouvernement fédéral offre aussi de tenir compte des frais de garde encourus dans l’ajustement des retenues à la source. Malgré ces mesures, certains parents dont les revenus sont peu élevés peuvent difficilement assumer l’ensemble des frais pour les quelques mois avant le premier remboursement anticipé du provincial.

Coût pour le gouvernement

Un centre de la petite enfance et une garderie en installation qui sont accrédités par le gouvernement voient celui-ci leur remettre respectivement 40$ et 33$ par jour par place (et le parent complète avec son 7$). Pour une garderie en milieu familial accréditée, c’est 18$. Dans ce contexte, pour bon nombre d’hypothèses de calcul, on peut constater que la garderie non subventionnée représente un coût moindre pour le gouvernement (donc pour les contribuables) que le programme à 7$. Particulièrement pour les garderies en installation, où il faudrait que les parents paient autour de 50$ par jour pour l’atteindre. Au niveau du milieu familial, on atteint 18$ et plus de remboursement avec un taux de 60% seulement à partir d’un tarif de 30$.

Faire ses calculs

Pour faire vos propres calculs, le ministère des Finances offre un calculateur vous permettant d’entrer des données correspondant à votre situation… mais dans lequel on ne peut pas entrer un tarif journalier de plus de 35$. Pour les demandes de remboursement anticipé, c’est du côté du ministère du Revenu qu’il faut aller chercher le formulaire.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TedsBlog

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Mon cher enfant

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Depuis près de deux ans maintenant, j’ai régulièrement cette question: «Et puis, un bébé, trouves-tu que ça coûte cher ?» J’esquisse généralement une moue dubitative et j’indique que mon impression générale est que non, ça ne coûte nécessairement si cher. Sauf que je n’avais jamais véritablement cherché à quantifier le tout.

Il y a un peu partout ces fameux chiffres qui datent d’on ne sait quand et qui comprennent on ne sait quoi et qui disent grosso modo qu’un enfant, de la naissance à 18 ans, ça coûte 180 000$. Selon d’autres sources, ça accapare 20% du revenu des parents. Ce que je crois, c’est que ça varie de façon importante notamment selon la nécessité qu’on peut se créer de devoir se procurer une montagne de gadgets, de tout acheter neuf, ou au contraire de vouloir minimiser l’empreinte écologique de son enfant.

Les achats de départ

Qu’on veuille faire simple ou compliqué, on peut identifier en vue de la naissance un mobilier de base dont la plupart des parents ne se passent pas et d’autres morceaux dont l’utilité réelle est plus limitée. Si siège d’auto, poussette, couchette, commode et chaise haute peuvent être identifiés comme des incontournables dès la première année (pas nécessairement neufs), je considère que la table à langer, la balançoire, le parc et les moniteurs sont des morceaux utiles mais non essentiels. Quant au moïse, au tapis d’éveil, au petit bain et à l’ensemble de literie-assortie-et-tous-ses-accessoires, ils ne méritent pas d’être achetés à fort prix; s’ils sont prêtés, donnés ou achetés à petit prix ça laisse moins une impression d’argent gaspillé. Je place à part le porte-bébé, le coussin d’allaitement, le tire-lait, le chauffe-biberon et la chaise berçante, qui peuvent devenir des incontournables mais gagnent à attendre qu’on ait vu aller les choses un peu avant d’être achetés.

Combien peut-on dépenser dans cette catégorie? Une famille qui se ferait tout prêter ou donner ne dépenserait à peu près rien. Acheter les articles essentiels, accessoires et les incontournables potentiels dans le neuf représente entre 1500$ et 3700$ environ, et plus vraisemblablement quelque part autour de 2500$. Dans une formule hybride de neuf et d’usagé (car on peut raisonnablement hésiter à acheter un siège d’auto ou un tire-lait usagé par exemple), on peut s’en tirer pour 1000$.

Les achats récurrents

Une fois le bébé arrivé, certaines décisions peuvent influencer de façon importante les achats réguliers qui lui seront associés dans les premières années. Couches jetables ou lavables ? Selon le cas, on débourse une fois 500$ ou alors on en jette pour 50 à 60$ par mois pendant au minimum deux ans. Le même principe s’applique aux lingettes. Allaitement ou lait maternisé ? Aucun coût direct dans un cas, sinon le lait maternisé de base pourrait coûter environ 100$ par mois durant les premiers 9 à 12 mois. En matière de linge, la première année verra passer minimalement quatre grandeurs de pyjamas et autres habits, mais quelques trucs permettent de réduire de beaucoup les dépenses à cet égard, et s’appliquent aussi en grande partie aux jouets. Enfin, à l’épicerie, je calcule que la dépense supplémentaire associée aux premières années d’un enfant se situe principalement entre 6 et 12 mois, la période des céréales pour bébés et des purées, après quoi son alimentation devient similaire à celle de ses parents et n’augmente que faiblement les quantités totales achetées. J’estime que cette catégorie peut générer un coût total variant entre 1000$ et 5000$ pour les deux premières années, selon les choix ou circonstances.

Coûts associés

Une diminution des revenus durant la période des congés de maternité, paternité et congé parental est à prévoir, compte tenu que le programme québécois de base couvre 70% du revenu antérieur jusqu’à concurrence de 62 500$, et le congé parental, une courte période à 70% et le reste à 55% (plus de détails ici). Les programmes d’allocations (Soutien aux enfants au provincial, Prestation fiscale canadienne pour enfants et Prestation universelle pour la garde d’enfants au fédéral) en réduiront un peu l’écart, mais faiblement à moins d’un revenu antérieur plutôt bas. Par exemple, pour des parents dont le revenu approcherait le maximum couvert, ça donnerait une réduction du salaire brut d’environ 13 000$, et des allocations avoisinant 2300$.

Par ailleurs, si l’arrivée d’un enfant engendre les dépenses précédemment mentionnées, on peut s’attendre en contrepartie à une diminution de certaines autres dépenses au budget familial, dont les sorties. Quant à la garderie, s’il y a lieu, une place à 7$ par jour ne représente qu’un faible pourcentage du revenu, mais dans la perspective où ces places sont peu disponibles, une dépense de 25 à 35$ par jour pour une garderie non subventionnée peut davantage affecter un budget, même si elle est temporaire puisque la différence sera en bonne partie retournée aux parents lors du rapport d’impôt.

Alors, ça coûte cher ?

Beaucoup de choix influenceront les dépenses que peuvent engendrer l’arrivée d’un enfant, mais dans bien des cas, la diminution de revenu associée aux congés de maternité, paternité et parental est probablement le «coût» (ou l’investissement) principal des premières années. Quant aux fameux 180 000$, dans 16 ans j’aurai le verdict :)

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr M.ADA

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Des panneaux solaires sur votre maison?

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Bon, visiblement, l’esprit des Fêtes s’est emparé de moi: l’article d’aujourd’hui n’est que modérément utile aux résidents du Québec, et le rythme de nouveaux articles devrait diminuer considérablement d’ici au jour de l’An.

Dans ma cour

In My Backyard (dans ma cour) est un site web qui vous permet d’estimer combien d’énergie vous pourriez produire en installant des panneaux solaires ou des éoliennes sur votre propriété. Le nom est évidemment une référence au syndrome typique du «pas dans ma cour», fréquent lorsqu’on propose de nouveaux projets d’éoliennes.

Le concept est simple: vous entrez votre adresse et on vous affiche la photo satellite de Google de votre maison. Vous avez ensuite deux options:

  • Dessiner sur la carte un panneau solaire de la grandeur souhaitée (par exemple, votre toit);
  • Placer des mini-éoliennes sur votre terrain.

Malheureusement, il n’y a pas de données de vents pour le Canada… la portion sur les éoliennes est donc assez peu utile.

Les résultats solaires

Dans notre cas, si on installe des panneaux sur un versant de notre toit, le site web estime qu’on pourrait produire un peu plus de 5000 kWh par année, ce qui permettrait une économie d’un peu moins de 400$ par année.

Le site web indique même le coût d’installation: 42 606$ (probablement US…) avant subventions. Dans notre cas, ça prendrait donc un peu plus de 100 ans pour rentabiliser un tel investissement.

C’est donc modérément utile comme outil… mais c’est amusant!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Wayne National Forest

Un épineux dilemme ?

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C’est un classique à ce temps-ci de l’année. Alors, lequel avez-vous choisi ? Le sapin naturel ? Ou le synthétique ? Une solution originale pour bricoleur (et buveur) averti ou encore une plante (comme un Araucaria ou un cyprès) qui pourra jouer ce rôle durant plusieurs années?

C’est un choix qui peut se faire sur l’aspect esthétique (ou organoleptique), mais qui peut aussi intégrer des considérations écologiques, ainsi que financières. L’un des facteurs d’importance dans chacune des comparaisons est le nombre d’années durant lesquelles vous pensez réutiliser votre sapin artificiel.

L’aspect écologique

L’arbre coupé est une matière décomposable, elle peut être réutilisée par les municipalités qui les ramassent. Ce sapin de sept à dix ans aura accumulé quelques kilos de carbone dans sa matière ligneuse, on aura souvent utilisé de l’engrais et des pesticides pour le faire croître. Le sapin artificiel est fait de PVC et de métaux, sa production génère du carbone. Les deux doivent être transportés de leur lieu de production à leur lieu de vente et à de là à votre salon, mais le sapin artificiel étant souvent produit beaucoup plus loin, son empreinte carbone pour le transport est de beaucoup supérieure.

Ce que j’ai lu récemment, c’est que, selon une analyse d’une firme québécoise, l’avantage tournerait au sapin artificiel seulement à partir du moment où l’on garde le sapin artificiel plus de 20 ans. Je connais peu de gens qui le font. Il y a aussi quelques aspects peu souvent mentionnés:  la matière ligneuse (donc le carbone) accumulée par le sapin naturel sera dégradée dans les années subséquentes, ceux-ci étant généralement transformés en paillis, facilitant la dégradation microbienne et la libération de ce carbone. Quant à votre sapin artificiel, lorsque, après ses années de bons services, vous vous en débarrassez, il se retrouve généralement entièrement à l’enfouissement — bien que plusieurs composantes soient en théorie recyclables, je doute fort que votre municipalité l’accepte dans votre bac bleu.

L’aspect économique

On peut payer entre 200$ et 300$ environ pour un sapin artificiel. Et entre 30$ et 50$ pour un arbre naturel. On peut donc considérer que sur le strict point de vue du coût d’achat, il faut garder son arbre artificiel entre 4 et 10 ans – plus vraisemblablement entre 6 et 7 ans si vous êtes conséquents dans votre profil d’économe ou de plus dépensier. Cette simple comparaison ne tient pas compte notamment du fait que vous devrez acheter quelques accessoires supplémentaires pour votre sapin naturel (pied et lumières — pas les décorations car vous les achèterez dans les deux cas).

Conclusion

Mon choix personnel est ni l’un ni l’autre. J’aime mieux prendre soin à longueur d’année de mon «sapin» à l’allure non traditionnelle, qui devient plus grand à chaque Noël — son impact principal est donc probablement de nécessiter périodiquement l’achat de quelques décorations supplémentaires.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tiffa130

À qui les gouvernements empruntent-ils?

2895964373_59043de786_mUn lecteur (merci Roger Léger!) a posé une question cette semaine relativement à un article qui date déjà de quelques mois. Elle est tellement pertinente que je vous fais tous profiter de la réponse. Voici donc la question:

Lorsque l’on dit que le Canada ou les USA sont endettés, à qui doivent-ils cet argent?
alors que le dollar américain est l’étalon de la planète?

La première portion de la réponse est assez simple, la deuxième devient de plus en plus complexe!

À qui les gouvernements doivent-ils de l’argent?

Le gouvernement émet des obligations d’épargne pour emprunter de l’argent. Si vous avez acheté des obligations d’épargne dans le passé afin d’économiser, vous avez prêté de l’argent au gouvernement du Canada!

Comme vous pouvez l’imaginer, l’ensemble des citoyens canadiens n’ont pas suffisamment d’argent à prêter au gouvernement pour répondre à son appétit grandissant (en ces années de déficit) pour la dette. Des étrangers, gouvernements, compagnies et particuliers achètent également des obligations émises par le gouvernement canadien.

Le dollar américain, l’étalon de la planète?

La deuxième partie de la question de M. Léger, c’est le lien entre le fait que le dollar américain est la devise de référence pour la majorité des pays de la planète et la dette du gouvernement américain. C’est un sujet qui nécessiterait deux ou trois bons livres, tellement il est fascinant et complexe.

Je vais simplifier à l’extrême (comme d’habitude, me direz-vous): les différentes banques centrales dans le monde conservent dans leurs coffres des réserves de valeurs (au sens large) pour «équivaloir» à la valeur des devises locales en circulation. Au début du siècle, ces réserves étaient en or, depuis les années 70, les banques centrales utilisent un ensemble d’outils: des métaux précieux et des devises étrangères. C’est donc de cette façon que les banques centrales ont accumulé des sommes considérables, le plus souvent en dollars américains.

Par contre, elles ne mettent pas des billets verts dans leurs coffres-forts. Le plus souvent, les banques centrales achètent des obligations émises par les différents pays — c’est de cette façon que la Chine est devenue un des plus grands prêteurs du gouvernement américain.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks
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Réviser ses politiques d’achats (suite)

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J’avais débuté il y a quelques semaines en proposant une révision de nos politiques d’achats pour éviter notamment l’achat de poissons surpêchés et de papiers à usage domestique non faits de fibres recyclées, ainsi qu’en vous invitant à porter attention à la provenance d’une panoplie d’aliments, qui parcourent souvent bien des kilomètres avant de nous arriver alors que des produits plus locaux sont aussi disponibles. Que peut-on faire de plus ?

Surveiller le contenu

À moins de tout cuisiner à la maison, y compris sa crème glacée, ses biscottes et ses céréales, on achète à peu près tous des aliments préparés. Et sans qu’on y porte attention, certains ingrédients sont peu recommandables; ce peut être du point de vue de la santé (les gras hydrogénés par exemple), mais également à cause de leur impact écologique.

L’huile de palme est un cas qui a fait l’objet de campagnes de sensibilisation ces dernières années, dont une par Lush à l’été 2009 et une de Greenpeace en 2007. Ingrédient passe-partout pour des produits alimentaires autant que des cosmétiques, riche en gras saturés, la consommation mondiale de cette huile est en augmentation. Or, les palmiers qui servent à la produire sont cultivés notamment en Malaisie et en Indonésie, où les producteurs éliminent la forêt tropicale pour accroître les superficies de culture. Donc, en plus de porter probablement une importante empreinte carbone compte tenu de ses distances de transport, l’utilisation d’huile de palme est associée à la déforestation, de surcroît par brûlis, avec une perte d’habitat pour la faune qui s’y trouve, dont des populations d’orangs-outangs.

Un autre ingrédient que vous pourriez surveiller dans les produits disponibles en épicerie: les substances laitières modifiées. Le plus souvent importés, donc transportés sur de plus longues distances, ces produits, qui incluraient des concentrés de protéines et de l’huile de beurre, tendent à remplacer le lait dans la fabrication des yogourts, crèmes glacées et même des fromages. Des produits pour lesquels seuls du lait ou de la crème figurent aux ingrédients pourraient donc être à privilégier étant donné leur provenance moins lointaine.

S’intéresser au mode de production

Il y a la production biologique, équitable ainsi qu’une nouvelle mode… l’éthique. Si les fruits et légumes biologiques peuvent, dans plusieurs épiceries, continuer d’avoir piètre allure, l’offre semble s’améliorer et aussi se diversifier. Et si, en période estivale particulièrement, le fermier de famille peut avantageusement permettre de combiner un mode de production biologique et un kilométrage alimentaire moindre, dans les autres cas, les deux éléments sont rarement réunis. À l’épicerie, le biologique n’est plus non plus confiné aux produits frais: un nombre grandissant de produits transformés arborent une certification biologique, et les différences de prix ne sont souvent pas démesurées. La certification équitable semble pour sa part rester confinée à certaines niches dont le café et le cacao et, depuis peu, les bananes. Et si ce mode de production ne signifie pas nécessairement un impact écologique moindre, il est tout de même souvent aussi associé à de meilleures pratiques culturales.

Quant aux produits «éthiques» — c’est le terme que semblent adopter plusieurs multinationales du domaine alimentaire qui ont entrepris de se donner une image plus verte — il s’agirait souvent d’une combinaison de modes de production à impact réduit sur l’environnement et offrant de meilleures conditions pour les travailleurs, sans nécessairement aller au bout ni du concept de biologique, ni de celui d’équitable. Plusieurs de ces entreprises adoptent la petite grenouille verte de la certification de la Rainforest Alliance qui va dans ce sens et, à choisir entre deux thés, cafés ou chocolats au moment d’en embarquer dans votre panier, ce peut tout de même être un élément à considérer.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr a_rabin

Établir votre bilan énergétique

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L’Agence de l’efficacité énergétique du Québec, celle-là même qui nous a amené le programme Réno-Climat, vient de lancer un nouvel outil web: un questionnaire en ligne qui vous permet d’établir votre consommation en énergie (pas seulement en électricité) et de vous comparer à la moyenne québécoise. Merci à Anne Sauvageau d’avoir attiré notre attention sur cet outil!

Un portrait complet

Le questionnaire ne s’intéresse pas uniquement à la consommation électrique de votre maison, il tente de vous informer sur l’ensemble de votre consommation énergétique. Par exemple, dans mon cas, environ la moitié de ma consommation d’énergie est reliée aux transports (automobile et autobus). Voici les sections du questionnaire:

  • Bâtiment
  • Éclairage
  • Appareils ménagers
  • Électronique
  • Extérieur
  • Déplacements

Dans le rapport sommaire, on vous indique également la quantité de gaz à effet de serre que vous émettez. Dans mon cas, la presque totalité de mes émissions de gaz à effets de serre est attribuable à mes déplacements.

Comme une économie d’énergie égale économie d’argent, je vous suggère d’aller faire le test (ça prend environ 10 minutes) afin d’identifier les opportunités d’économie dans votre mode de vie!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr procsilas
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Trop grosses pour échouer

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Il y a environ un an, le gouvernement américain a dû débourser des centaines de milliards de dollars afin de sauver les plus grandes institutions bancaires américaines, qui étaient au bord de la faillite. La justification étant qu’elles étaient trop grosses et que leur disparition aurait un effet dévastateur sur l’économie. Il était moins coûteux pour la société de les sauver (à coups de centaines de milliards, je le rappelle) que de vivre la turbulence extrême qu’aurait entraîné leur faillite.

Comment éviter cette situation?

Peu de gens ont pu sérieusement attaquer le bien-fondé de l’intervention du gouvernement au moment de la crise, mais il y a beaucoup beaucoup de discussions sur la façon d’empêcher qu’une compagnie privée soit si grosse qu’on ne puisse la laisser déclarer faillite si elle prend des risques inconsidérés.

Les grandes banques et leur puissants lobbys sont naturellement d’avis qu’elles peuvent très bien s’autoréguler et que le marché s’assurera que tout ira bien. Si vous rencontrez quelqu’un qui est de cet avis, montrez-lui l’état de vos épargnes à la fin de 2008 comparativement à un an plus tôt. Le gouvernement américain propose plutôt d’augmenter la réglementation entourant et encadrant la prise de risque par les banques en la rendant de plus en plus contraignante au fur et à mesure que les institutions financières grossissent.

Finalement, certains économistes (dont l’équipe d’élite de Baselinescenario.com) préfèrent plutôt l’éclatement des grandes banques en banques plus petites. Un peu comme le sort qu’a connu A&T au début des années 80.

Je vous recommande donc, si l’anglais ne vous fait pas peur, l’écoute de ce podcast de PlanetMoney: Breaking up Big Banks

Et au Canada?

La crise financière a peu touché le Canada. Les banques n’avaient pas pris de risques exagérés et elles ont pu passer à travers la crise avec une aide mineure du gouvernement. Par contre, on pourrait facilement prétendre que chacune des cinq grandes banques canadiennes est trop grosse pour échouer et que si l’une (ou plusieurs) d’entre elles se mettait dans le trouble, il y a fort à parier que le gouvernement canadien devrait voler à son secours. La discussion devrait-elle également être ouverte au nord de la frontière?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr xavierla
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Encore l’immobilier: la ville de Québec

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Il y a quelque semaines, je vous ai pointé un article de blogue sur l’utilisation de l’indice de Friggit pour étudier la présence ou non d’une bulle immobilière à Montréal. L’auteur, répondant peut-être au scepticisme que j’avais exprimé alors, a refait l’exercice pour la région de Québec.

Montréal et Québec: même ratio

Les données pour la région de Québec démontrent que même si la hausse y fut plus progressive qu’à Montréal, le ratio de l’indice du prix des maisons sur l’indice du revenu est aujourd’hui similaire dans les deux régions. Ce qui renforce l’hypothèse qu’il y aurait une bulle immobilière dans au moins deux régions du Québec (c’est Roger Tremblay qui va être content!)

Pas si vite…

Avant de sauter à la conclusion que le prix des maisons au Québec va subir une baisse subite de 20% ou plus, comme cela s’est vu dans plusieurs régions des États-Unis, j’hésite. En effet, l’économie québécoise a survécu relativement bien à la récession, les dépenses gouvernementales, bien qu’à un niveau élevé, sont généralement sous contrôle (et tout indique que le gouvernement provincial est déjà en train de rationner ses dépenses). Le vieillissement de la population et le poids que celui-ci aura sur les dépenses de santé demeure une grande inquiétude, mais pas à court terme.

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Réviser ses politiques d’achats

Une part non négligeable de notre budget va aux produits d’épicerie. On peut bien sûr se limiter à remplir notre panier en fonction des rabais de la semaine, mais, lors de nos achats, un œil averti peut aussi faire une différence importante entre un choix à fort ou à plus faible impact écologique. On peut notamment substituer certains produits pour d’autres, filtrer selon la provenance, le contenu des produits, ou leur mode de production. Voici quelques idées pour s’y retrouver.

À substituer

Dans les mouchoirs, papiers hygiéniques et essuie-tout, il y a ceux fabriqué à partir d’arbres fraîchement abattus, et ceux faits de fibres recyclées. Comme on en consomme des quantités relativement importantes annuellement, et pour quelques secondes à peine avant de les jeter, on devrait viser à n’acheter que ceux faits de fibres recyclées. Greenpeace a réalisé il y a quelques années des guides distinguant les différentes marques selon ce critère, puisque les emballages ne l’indiquent souvent pas de façon adéquate. Le format du guide de Greenpeace USA est intéressant (avec notamment une application pour iPhone – plus pratique une fois devant l’étalage), mais peu adapté aux produits disponibles au Canada, pour lequel il ne semble exister que la version à imprimer offerte par Greenpeace Canada et qui date de quelques années.

Les choix réalisés au niveau des achats de poissons ne sont pas non plus dénués d’impact: il y a des méthodes de pêche qui sont beaucoup plus dommageables pour les écosystèmes, tandis que les stocks de certaines espèces sont en plus piètre état que d’autres. Les poissons d’élevage ne sont pas non plus une panacée, certains étant par exemple nourris à partir de plus petits poissons sauvages devant eux-mêmes être pêchés. Si vous vous débrouillez bien avec les noms communs des poissons en anglais, SeaFood Watch est très intéressant, avec une application pour iPhone et un guide de poche. Ils ont aussi un classement spécifique aux sushis et proposent pour chaque espèce à éviter des choix alternatifs. Sinon, il y a aussi Greenpeace Canada qui propose une Liste rouge d’espèces à éviter, sans joli format pratique toutefois.

La provenance

La question du kilométrage parcouru par un aliment est un élément à considérer sérieusement dans la révision de ses politiques d’achats, et pas uniquement dans le cas des fruits et légumes frais. De l’agneau de Nouvelle-Zélande, des céréales d’Allemagne, de l’ail de Chine… quand c’est indiqué. En jetant un coup d’oeil à la provenance d’un sac de légumes congelés, j’ai eu la surprise de constater que tout provenait de Chine, alors que pour la marque voisine, ça avait été produit et emballé au Québec ou en Ontario et que pour une troisième, rien n’était indiqué.

Pour les fruits et légumes frais, si on se limite à la production québécoise, on peut s’attendre à une variété plutôt faible pendant plusieurs mois — à moins d’avoir utilisé son congélateur à bon escient. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation propose un tableau qui donne un aperçu des légumes frais qu’on peut s’attendre à trouver selon les mois. Et pour comparer la provenance des fruits et légumes offerts dans les différentes chaînes, supermarches.ca peut s’avérer un outil intéressant qui pourrait permettre d’éviter d’acheter involontairement des asperges du Pérou ou des fraises de Californie en plein dans la période de récolte de celles du Québec…

Je vous reviens avec la suite prochainement.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Orin Zebest

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