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Combien ça vaut, un régime de retraite?

mars 30th, 2010 Sourire Comments off
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Note d’Ebenezer: Chantons, dansons! Sourire nous a pondu un autre article sur les régimes de retraite. Si vous voulez lire ses articles précédents sur le sujet, c’est par ici!

J’avais promis un article sur la valeur d’un régime de retraite pour un individu, article que j’ai grandement tardé à livrer. En fait, s’il est difficile d’attacher un chiffre précis à un régime de retraite pour l’ensemble de ses participants, cela s’avère encore plus difficile pour un individu en particulier. On ne peut plus compter sur la loi des grands nombres!

Je vais tracer un parallèle avec une assurance automobile. La plupart des années, on peut avoir l’impression d’avoir payé pour rien, vu qu’on n’a fait aucune réclamation. Pourtant, nonobstant le caractère obligatoire d’une telle assurance, je pense que la plupart des gens avisés ne songeraient pas à ne pas s’assurer. Avec une assurance automobile, je pense qu’on achète d’abord et avant tout une tranquillité d’esprit.

C’est un peu pareil avec un régime de retraite: il procure une tranquillité d’esprit. Que l’on vive longtemps ou non, on est certain de ne pas se retrouver sans source de revenu. Que la bourse s’effondre ou s’envole, on a une certaine assurance de recevoir sa rente encore le mois prochain, et le suivant, et l’autre d’après! En fait, la principale doléance de ceux qui ont droit à une rente d’un régime de retraite a souvent trait à l’absence de pleine indexation.

Mais cela ne répond toujours pas à la question: combien ça vaut, un régime de retraite? Eh bien, l’une de mes caractéristiques étant la prudence typique de ceux que la profession actuarielle attire, j’hésitais à me prononcer! Or, un article paru dans le numéro de février/mars 2010 de MoneySense est venu à la rescousse!

« Research shows that if you retire at age 65 [...] you would need a nest egg that’s 25 times the annual amount you plan to withdraw to ensure little risk of ever running out of money.» En français, cela veut dire que, pour une retraite à 65 ans, selon les études, il faut avoir des économies égales à 25 fois le montant annuel désiré pour encourir un faible risque de se retrouver sans le sou.

Et pour prendre sa retraite à 55 ans, «research suggests that you should multiply your cash flow needs by about 33», ce qui  veut dire que le multiple nécessaire augmente à environ 33.

Donc, par exemple, pour avoir 50 000 $ par année à vie, il faudrait avoir accumulé 1 250 000 $ si on prend sa retraite à 65 ans, ou 1 650 000 $ à 55 ans.

Je rappelle que les études ont calculé le montant à prévoir pour que le risque d’épuiser ses économies soit faible, et non nul. C’est une nuance importante! Même pour les régimes de retraite, la certitude n’est pas à 100 %, mais dépend de la survie de l’entité qui offre le régime de retraite ou de l’achat par cette entité de rentes auprès d’une compagnie d’assurances. Or, quand on parle du gouvernement — l’article de David Aston traitait du cas d’un couple de fonctionnaires fédéraux — on est plutôt pas mal certain de ne pas voir sa rente diminuée à cause de difficultés financières de la compagnie!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TommyClicks
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Régimes de retraite — Ça vaut combien? (suite et fin)

octobre 6th, 2009 Sourire Comments off
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J’ai déjà abordé la difficulté d’évaluer un régime de retraite et traité de quelques hypothèses dans un article précédent. Voici la suite!

Hypothèses économiques

Un autre ensemble d’hypothèses est très important, soit celui des hypothèses économiques: celles qui touchent le salaire, celles qui touchent le taux de rendement et, surtout si le régime prévoit une quelconque indexation des prestations, celles qui touchent le taux d’inflation.

Comparativement aux durées de vie et de service, qui sont essentiellement individuelles, les hypothèses économiques sont globales, c’est-à-dire qu’elles affectent l’ensemble du régime.

Commençons par le taux d’inflation. Si les prestations sont indexées, partiellement ou complètement, le taux d’inflation affecte toutes les prestations de la même façon. Dernièrement, le taux d’inflation n’a pas trop varié au Canada, mais ça n’a pas toujours été le cas, et, même si la Banque du Canada semble en contrôle, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup d’experts qui soient prêts à affirmer que l’inflation restera sous contrôle pendant les 75 prochaines années…

Le taux de rendement est un taux calculé pour l’ensemble des fonds qui se trouvent dans la caisse de retraite. Il faut faire une hypothèse pour ce taux… Il suffit de penser aux taux de rendement des bourses canadiennes et états-uniennes ces dernières années pour se rendre compte que ce n’est pas facile à prédire…

Pour ce qui est du salaire, en fait, il y a une composante individuelle dans la mesure où l’augmentation de salaire vient en partie du mérite ou de l’expérience propre à la personne. ll y a aussi une composante globale qui correspond à l’augmentation de productivité. En fait, cette décomposition semble pas mal théorique… Même sans s’attarder aux composantes — il est possible d’en définir trois — le fait est qu’il est aussi difficile de prédire les augmentations de salaire…

La morale de l’histoire?

Parce qu’il y a plusieurs hypothèses à émettre pour évaluer un régime de retraite (je ne les ai même pas toutes mentionnées!), parce que plusieurs hypothèses font l’objet d’une grande incertitude et parce qu’un régime de retraite a des engagements qui s’étalent loin dans le temps, il ne faut pas s’étonner de passer d’une période où plusieurs régimes sont excédentaires (parfois au point de se demander quoi faire de l’argent en trop), à une période où plusieurs régimes sont déficitaires.

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus qu’il est difficile d’évaluer un régime de retraite, pensez à ceci: est-ce que les experts s’entendent pour prédire ce qui arrivera sur les marchés canadiens dans la prochaine année? Même d’ici la fin de l’année? Alors, difficile de penser qu’on puisse prédire tout ce qui affectera la valeur des promesses faites aux actuels participants à un régime de retraite!

Alors, pas étonnant qu’il faille évaluer un régime au moins tous les trois ans — cela permet de rajuster le tir! Ce n’est pas aussi fréquent que l’ajustement de l’avion sur sa trajectoire, mais la destination n’est pas atteinte à aussi brève échéance non plus!

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Régimes de retraite — Ça vaut combien?

octobre 4th, 2009 Sourire Comments off

3261364899_278ffbbabb_mPersonne ne le sait exactement…

Au niveau individuel, très difficile de juger de la valeur d’un régime de retraite (à prestations déterminées); en fait, on y reviendra dans un autre article! Au niveau du régime dans son ensemble, ce n’est pas facile non plus: même les experts en évaluation de régimes de retraite ne prétendent pas connaître LA valeur exacte d’un régime de retraite.

… sauf si…

En fait, dans un cours que j’ai donné l’hiver dernier, j’ai insisté sur le fait que le véritable coût d’un régime de retraite n’est connu que lorsque plus personne n’a un quelconque droit à une quelconque prestation offerte par le régime. Et à moins que le régime n’achète des rentes auprès d’un assureur, cela va jusqu’au décès du dernier participant ou bénéficiaire. Or, les centenaires se font de moins en moins rares! Cela veut dire que les engagements d’un régime durent potentiellement longtemps après le départ à la retraite, et souvent bien des années après le travail qui a ajouté aux droits acquis dans le régime.

(Par analogie, impossible de savoir exactement combien il en coûtera pour élever votre bambin avant d’avoir fini de l’élever! Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas se poser la question…)

Alors, de quoi dépend la valeur?

Parlant de centenaires, vous aurez compris que la durée de vie est l’une des variables à prendre en compte dans l’évaluation d’un régime de retraite. Au niveau d’un groupe, des études de mortalité permettent d’avoir une idée de la durée de vie des gens. (Ce qui est difficile, c’est d’anticiper les gains au niveau de la santé qui se traduisent en durée de vie plus longue pour tous.)

Le nombre d’années de service est aussi une valeur inconnue tant que la personne n’a pas pris sa retraite, ou laissé son emploi avant même de prendre sa retraite. Ce nombre d’années dépend de l’employeur (via les mises à pied, les fermetures d’usine, les congédiements) et de l’employé lui-même (en démissionnant ou en partant à la retraite).

La durée de vie et la durée de service font l’objet d’hypothèses dans le cadre de l’évaluation d’un régime de retraite. Mais ce ne sont pas les seules hypothèses à faire! Loin de là!

D’ailleurs, d’autres hypothèses seront présentées dans un prochain article…

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Régimes de retraite: types pourcentage-salaire – exemple de calcul

septembre 24th, 2009 Sourire Comments off

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Pour illustrer la différence entre les trois types de calcul de la rente, nous allons supposer que le pourcentage est 2 % dans tous les cas, que seule la définition du salaire de référence change. Nous allons travailler avec un historique de salaires fictifs, pour quelqu’un qui travaillerait 10 ans pour un employeur donné avant de prendre sa retraite, cet employeur offrant l’un ou l’autre des régimes montrés en exemple.

Voici l’historique fictif.

Âge Salaire
55 50 000
56 51 000
57 53 000
58 54 000
59 55 000
60 57 000
61 61 000
62 62 000
63 59 000
64 58 000

Dans le cadre d’un régime salaires de carrière, la rente sera de 2 % × 10 × (560 000 $ ÷ 10) = 11 200 $ par année, puisque la somme des salaires est de 560 000 $ et qu’il y a 10 salaires en tout. Le salaire de référence, le salaire moyen durant toute la carrière active au service de cet employeur, est donc de 56 000 $. (La rente aurait également pu être définie comme étant 2 % × 560 000 $, soit le % multiplié par la somme des salaires gagnés durant la carrière.)

Dans le cadre d’un régime fin de carrière, avec n = 3, la rente sera de 2 % × 10 × (179 000 $ ÷ 3) = 11 933 $ par année, le salaire final moyen des trois dernières années étant donné par (62 000 +59 000 + 58 000) ÷ 3 = 59 667. Dans la mesure où le salaire de référence est supérieur au salaire moyen de toute la carrière — ce qui est souvent le cas — un régime fin de carrière est plus généreux qu’un régime salaires de carrière, pour un pourcentage donné.

Dans le cadre d’un régime salaire meilleures années, avec m = 3 et n = 5 (qui prend donc les trois meilleurs salaires des cinq dernières années), la rente sera de 2 % × 10 ×(182 000 $ ÷ 3) = 12 133 $ par année. Les salaires qui entrent dans le calcul du salaire de référence sont 61 000, 62 000 et 59 000 — ils sont consécutifs, mais cela n’était pas exigé — et leur moyenne est de 60 667 $.

Évidemment, si vous avez le choix de votre régime, le plus avantageux, pour un même pourcentage, est le régime salaire meilleures années! Néanmoins, le régime de retraite n’est qu’un élément à considérer quand vient le temps de choisir un emploi. En plus, pour le commun des mortels, la valeur d’un régime de retraite, c’est un peu difficile à évaluer… Et même pour les experts, ce n’est pas trivial! Je vous en parle dans un prochain article…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr comingstobrazil
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Régimes de retraite: types pourcentage-salaire

septembre 23rd, 2009 Sourire Comments off
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Comme j’en faisais mention dans l’article précédent, qui remonte à plusieurs semaines (mea culpa), il y a divers types de régimes pourcentage-salaire. Pour tous ces régimes, le montant versé à la retraite est le résultat d’un calcul qui prend la forme suivante:

% * service * salaire de référence

Le « % » varie d’un régime à l’autre, 2 % étant relativement courant. Le service correspond au temps de travail reconnu aux fins du régime de retraite. Ce qui distingue les types pourcentage-salaire, c’est la façon dont le salaire de référence est défini aux fins du calcul de la rente.

Salaires de carrière

Dans le cadre d’un régime salaires de carrière, comme le laisse entendre le nom, tous les salaires gagnés durant la carrière sont tenus en compte dans le calcul de la rente.  Ainsi donc, le salaire de référence pour un régime salaires de carrière est le salaire moyen gagné durant toute la carrière active.

Fin de carrière

Un régime fin de carrière définit le salaire de référence comme étant le salaire final moyen. Le salaire final moyen est calculé en prenant la moyenne des n derniers salaires, où n est un petit nombre entier (3 ou 5, par exemple).

Dans la mesure où les derniers salaires sont généralement plus élevés que les précédents, pour un même % et un même service, un régime fin de carrière est plus intéressant qu’un régime salaires de carrière.

Le plus généreux: salaire meilleures années

Dans un régime salaire meilleures années, le salaire de référence est la moyenne des m meilleurs salaires. Il est possible que les m meilleurs salaires doivent être consécutifs. Il est également possible qu’ils doivent se trouver parmi les n dernières années. Par exemple, le salaire de référence pourrait être défini comme étant la moyenne des trois meilleurs salaires des dix dernières années.

Il se peut que les meilleurs salaires soient aussi les derniers. Par contre, pour quelqu’un qui ralentit en fin de carrière, la formule qui se base sur les meilleures années est plus avantageuse.

Si vous voulez en savoir plus sur les types de régimes pourcentage-salaire et sur leur popularité relative, vous pouvez lire un article plus long et plus détaillé.

Demain, on vous présente un exemple de calcul afin de mieux saisir la différence entre ces différents types!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr cote
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Régimes de retraite: Types pourcentage-salaire — version longue

juin 19th, 2009 Sourire Comments off
3662749440_9c6ee7a528_mNote d’Ebenezer: Cet article a été publié en septembre 2009, mais avec une date de publication bien antérieure. Il s’agit avant tout d’un article de référence.

Il y a divers types de régimes pourcentage-salaire. En effet, ce ne sont pas nécessairement tous les salaires qui entrent dans le calcul de la rente. Autrement dit, ce qui les distingue, c’est la façon dont le salaire de référence est défini aux fins du calcul de la rente.

Salaires de carrière

Dans le cadre d’un régime salaires de carrière, comme le laisse entendre le nom, tous les salaires gagnés durant la carrière sont tenus en compte dans le calcul de la rente. Ainsi, si un tel régime offre une rente annuelle de 2 % du total des salaires, le participant aura droit chaque année, une fois qu’il sera à la retraite, à 2 % de tous les salaires qu’il a gagnés en travaillant pour l’employeur qui offre le régime.

Le service est indirectement tenu en compte puisque, plus le service est élevé, plus il y a de salaires à inclure dans le calcul de la rente. De fait, une autre façon de définir la même rente serait de dire qu’elle est égale à 2 % du salaire moyen pour chaque année de service. Ainsi donc, le salaire de référence pour un régimes salaires de carrière est le salaire moyen gagné durant toute la carrière active.

Quel est le degré de popularité des régimes salaires de carrière? En 2005, 13,3 % des régimes enregistrés au Québec en étaient, mais seulement 6,9 % des participants aux régimes sous la surveillance de la Régie des rentes du Québec accumulaient des droits dans un régime salaires de carrière. Pour quelqu’un dont la carrière connaît une croissance modeste, un tel régime peut satisfaire un objectif de remplacement de revenu à la retraite. Par contre, pour quelqu’un dont la carrière connaît une certaine croissance, voire une croissance certaine, les premiers salaires ont un effet important (à la baisse) sur le salaire moyen qui entre dans le calcul de la rente…

Fin de carrière

De façon générale, les derniers salaires gagnés avant la retraite sont les plus élevés. Aussi, un régime fin de carrière définit la rente comme un certain pourcentage du salaire final moyen, multiplié par le nombre d’années de service. Le salaire final moyen est calculé en prenant la moyenne des n derniers salaires, où n est un petit nombre entier (3 ou 5, par exemple). C’est ce salaire final moyen qui sert de salaire de référence. Dans un tel calcul, peu importe le salaire gagné en tout début de carrière; tout ce qui compte, c’est l’année de service contribuant au calcul!

Au Québec, en 2005, 2,3 % des régimes étaient fin de carrière et ces régimes comptaient 8,8 % des participants. Pour ceux qui se rappellent que 50,8 % des régimes enregistrés au Québec sont à prestations déterminées, on se rend bien compte que le compte n’y est pas encore…

Le plus généreux: salaire meilleures années

Eh bien! 29,3 % des régimes, couvrant 30,5 % des participants, sont des régimes salaire meilleures années. Pour quelqu’un qui se trouve toujours sur une courbe ascendante tout au long de sa carrière, il n’y a pas de différence entre un régime fin de carrière et un régime salaire meilleures années. Par contre, pour quelqu’un qui ralentit en fin de carrière, la différence peut être énorme!

Un régime salaire meilleures années prévoit une rente qui est un pourcentage de la moyenne des m meilleurs salaires, multiplié par le service reconnu. Il est possible que les m meilleurs salaires doivent être consécutifs. Il est également possible qu’ils doivent être parmi les n dernières années. Par exemple, la rente pourrait être 1,5 % de la moyenne des trois meilleurs salaires des dix dernières années, par année de service.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Alex E. Proimos
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Régimes de retraite : variétés PD

mars 31st, 2009 Sourire Comments off
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Tel que promis, ce texte présentera les principaux types de régimes à prestations déterminées (PD), ces régimes qui font une promesse explicite quant au montant qui sera payable (souvent sur une base mensuelle) une fois que vous prendrez votre retraite. Même si la promesse est explicite, elle n’est pas nécessairement pleinement quantifiable avant la retraite… Cela dépend essentiellement du lien qui existe ou non entre la rente et le salaire.

Vocabulaire

Toutefois, avant de parler des types de régimes, il faut s’entendre sur la signification de certains mots.

Le service (tout court), c’est le nombre d’années passées à l’emploi d’une compagnie.

Le service reconnu, c’est le service reconnu (eh oui!) aux fins du calcul de la rente. C’est souvent égal au service (tout court) dans la mesure où le régime de retraite tient compte de tout le service. Pour le reste de cette série sur les régimes de retraite, nous tiendrons pour acquis que service (tout court) et service reconnu sont égaux. Aussi, nous nous contenterons de parler de service.

Le salaire — cela peut sembler trivial — doit être défini dans le texte d’un régime de retraite. Essentiellement, c’est l’argent gagné dans l’année, mais des questions peuvent se poser… Cela devrait-il inclure les primes? Faut-il tenir compte du temps supplémentaire?

Dans le cas d’une personne travaillant à temps partiel, le texte du régime doit préciser à quelle condition une pleine année s’ajoute au service. Le texte doit également préciser si le salaire correspond au montant effectivement gagné ou au montant qui aurait été gagné si la personne avait été à temps plein. Pour simplifier, nous supposerons que le participant au régime de retraite travaille à temps plein.

Rente forfaitaire

Si la rente ne dépend aucunement du salaire, nous avons affaire à un régime à rente forfaitaire. À l’extrême, un tel régime promet une rente d’un montant fixé, sans même tenir compte du service. Un exemple d’un tel extrême serait un régime qui promettrait une rente de 10 000 $ par année à tous ses employés, payable à partir de 65 ans. Cela est plutôt rare. Quand cela apparaît dans le texte d’un régime, c’est plutôt pour garantir un minimum, possiblement conditionnel… à un certain service!

Ce qui est plus courant, dans le cas des régimes à rente forfaitaire, c’est un régime qui promet un certain montant de rente par année de service reconnu. Par exemple, le régime pourrait offrir une rente de 100 $ par mois par année de service reconnu. Après 35 années de service, un participant au régime aurait alors droit à une rente de 3500 $ mois, ce qui équivaut à 42 000 $ par année.

Les régimes de retraite à rente forfaitaire ne sont pas légion (représentant 5,8 % des régimes enregistrés au Québec en 2005, ces régimes regroupent 3,9 % des participants). D’ailleurs, dans une optique de maintien d’un certain niveau de vie, il est est difficile de penser qu’un régime à rente forfaitaire puisse convenir à un groupe dont les salaires sont très variés. Par contre, ils sont relativement faciles à expliquer et permettent d’anticiper la rente à laquelle le participant aura droit à sa retraite.

Pourcentage-salaire

Les autres types de régimes à prestations déterminées se trouvent regroupés sous le vocable de régimes pourcentage-salaire (50,8 % des régimes; 50,0 % des participants). Cela fait bien ressortir le lien qui existe entre le niveau de salaire durant la carrière active et la rente versée à la retraite.

Pour ces régimes, la rente est un pourcentage du salaire de référence, multiplié par le service. Ce pourrait être 2 % du salaire moyen des 5 dernières années avant la retraite, multiplié par le service. Ainsi, quelqu’un qui aurait travaillé 30 ans et dont les 5 derniers salaires seraient 49 000 $, 51 000 $, 52 000 $, 54 000 $ et 56 000 $ aurait droit à une rente de 2 % × 52 400 $ × 30 = 31 440 $ par année, 52 400 $ étant la moyenne des 5 derniers salaires.

Il y a différentes façons de définir le salaire de référence. Ces façons définissent différents types de régimes pourcentage-salaire. Ce sera le sujet d’un prochain article…

Incidemment, à l’extrême, un régime pourcentage-salaire pourrait essentiellement faire fi du service et ne prévoir qu’un certain pourcentage du salaire de référence. Cela se verrait dans des cas exceptionnels.

Dans la mesure où un régime pourcentage-salaire dépend du salaire d’une personne, la rente n’est connue avec certitude que lorsque la personne quitte son emploi. C’est donc plus difficile pour un participant d’avoir une bonne idée de la rente à laquelle il aura droit éventuellement. Par contre, fondamentalement, un tel type de régime répond mieux à un objectif de maintien d’un certain niveau de vie à la retraite.

Note : Toutes les statistiques sont tirées du Tableau 9 des Statistiques de l’année 2005 sur les régimes complémentaires de retraite, compilées par la Régie des rentes du Québec.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Jeff Belmonte
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Régime de retraite: PD ou CD

mars 23rd, 2009 Sourire Comments off
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Voici mon premier article sur les régimes de retraite. Or, avant même de traiter des divers problèmes auxquels font face actuellement différents régimes et, par le fait même, les compagnies qui en sont les répondantes, j’estime nécessaire la présentation des régimes de retraite dans leur ensemble.

Dans cette courte série sur les régimes de retraite, il est entendu que je m’intéresse uniquement aux régimes qui sont offerts par un seul employeur à ses employés. Parmi ces régimes, je me limite à ceux pour lesquels une caisse de retraite est créée; cela veut dire que je fais fi des régimes garantis (régimes pour lesquels on souscrit un contrat de rente auprès d’une compagnie d’assurance).

Supposons qu’une compagnie ABC souhaite mettre sur pied un régime de retraite pour ses employés. Elle a grosso modo le choix entre deux types de régime: à cotisation déterminée (CD) et à prestations déterminées (PD). Il y a des variantes de ces choix et des combinaisons, mais la majorité des régimes enregistrés au Québec sont de ces deux types. En effet, selon les Statistiques de l’année 2005 sur les régimes complémentaires de retraite compilées par la Régie des rentes du Québec, 42,6 % des régimes étaient à cotisation déterminée et 50,8 % étaient à prestations déterminées.

CD

Les noms sont tout de même assez révélateurs ! Un régime à cotisation déterminée précise… la cotisation ! (Qu’est-ce que la cotisation? C’est le montant versé par l’employé ou son employeur, durant la carrière active, à la caisse de retraite.) Ainsi, tant pour l’employeur que pour l’employé, il n’y a pas de surprise quant au pourcentage du salaire que chacun doit verser dans la caisse de retraite: c’est écrit noir sur blanc dans le texte du régime. La surprise vient plutôt de l’évolution de la caisse à travers les années et de ce qu’elle permet finalement d’acheter comme rente une fois qu’est venu le moment de prendre sa retraite. (Il y n’a qu’une seule caisse pour tous les participants. Néanmoins, implicitement, chaque participant détient une portion de la caisse et il est possible d’établir, sur base régulière, combien vaut la portion qui revient à un participant en particulier dans le régime.) 

Parce que la promesse d’un régime à cotisation déterminée se limite à la cotisation, il n’y a essentiellement ni excédent ni déficit possible dans un tel régime. La caisse de retraite détient exactement les fonds qui appartiennent à l’ensemble des participants.

PD

Un régime à prestations déterminées précise… les prestations ! Bien sûr, il y a les prestations de retraite (les montants à recevoir, généralement mensuellement, durant la retraite), mais il y a aussi d’autres prestations (par exemple, un montant versé aux héritiers en cas de décès d’un participant au régime de retraite pendant sa carrière active). Toutes ces prestations sont payables sur un nombre plus ou moins grand d’années, tout dépendant de la carrière du participant. Même le niveau de ces prestations peut varier significativement selon la progression des salaires du participant et sa décision de rester ou non avec le même employeur jusqu’à la retraite. Au fond, les prestations sont déterminées dans la mesure où elles sont bien définies dans le texte du régime.

Alors que les prestations sont déterminées, la cotisation ne l’est pas. En fait, la cotisation payée par l’employé est assez souvent un pourcentage fixe de son salaire. C’est donc généralement la cotisation de l’employeur qui varie, et pas toujours au meilleur moment ! Nous nous attarderons aux différents types de régimes à prestations déterminées dans le prochain article de cette série.

Image disponible sous licence CC (non, ce n’est pas l’auteure de ces lignes) de l’usager flickr Scubabix
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