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Perméable et satisfaite de l’être

juin 30th, 2010 Soeur économe 3 comments
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L’asphalte et les pavés standard utilisés pour les stationnements ont en commun d’éviter le plus possible l’infiltration de la pluie et de la diriger vers la rue, avec plusieurs conséquences financières et environnementales. Pour éviter d’y ajouter ma contribution, c’est donc pour des pavés perméables que j’ai opté au moment de faire refaire l’entrée de la maison.

Constatant rapidement l’efficacité du produit pour infiltrer la pluie plutôt que la faire ruisseler vers la rue, je soulevais tout de même certaines préoccupations liées d’une part aux conditions hivernales, et d’autre part face à l’accumulation possible de matière dans les interstices.

Le pavé a passé l’hiver sans coup férir. L’eau infiltrée doit s’être évacuée comme prévu car rien n’a bougé — la possibilité de mouvement constituait une crainte évoquée par l’entrepreneur. Cette éventualité aurait pu se produire si jamais une grande quantité d’eau s’était accumulée avant la saison hivernale. De là l’importance, de s’assurer que le fond du trou se trouve plus bas que la chaîne de rue et de lui donner une légère pente.

Le pavé n’a pas non plus posé de difficulté pour le déneigement. Nous n’avons pas fait affaire avec un entrepreneur en déneigement mais je considère que le pavé perméable devrait se comporter de la même façon qu’un pavé standard à cet égard. Sa surface étant légèrement plus  irrégulière qu’une asphalte ou un pavé standard, il vaudrait tout de même probablement mieux ne pas forcer à outrance le grattage. La pierre placée dans les interstices n’a pas non plus profité de l’hiver pour s’éclipser — aucun ajout ne s’est avéré nécessaire jusqu’à maintenant.

Un peu de matière organique s’est retrouvée entre les pavés depuis l’été dernier, rien toutefois qui semble compromettre l’infiltration d’eau. À défaut d’utiliser un jet d’eau pour déloger ladite matière (même si cette eau s’y infiltrerait, vous comprendrez sûrement pourquoi), ou une balayeuse à feuilles (adieu les petites pierres si l’aspiration est efficace), un balai fait très bien l’affaire.

Certaines municipalités qui offrent une aide financière à l’achat de toilettes à faible débit ou de barils d’eau de pluie par leurs citoyens pourraient avoir envie d’inciter également l’utilisation de pavés perméables ou d’y faire appel elles-mêmes dans leurs projets, qui sait.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr D’Arcy Norman

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Stratégies d’épicerie

juin 22nd, 2010 Soeur économe 1 comment
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Une récente discussion sur les façons d’économiser sur le coût de l’épicerie m’a amenée à constater l’existence d’une variété de stratégies. J’en recense quelques unes, mais vous pouvez faire part de la vôtre !

Stratégies de circulaires

Dans bien des cas, l’objet central des moyens identifiés pour économiser est le publi-sac (en version électronique, préférablement).

  • Visite unique: la stratégie consiste à planifier ses menus de la semaine à partir des rabais identifiés dans la circulaire de la semaine de son supermarché favori. Une façon de faire qui a l’avantage d’être simple mais qui, faute de comparaison plus élargie, peut amener à acheter en fonction de rabais qui n’en sont pas réellement (tout ce qui se trouve dans la circulaire ne fait pas nécessairement l’objet d’un rabais significatif).
  • La tournée: l’idée est d’identifier tous les rabais qui valent la peine dans les circulaires des différents supermarchés situés dans un rayon raisonnable et les visiter tous (dans la version la plus extrême, même les magasins à rayons comme les Zellers et Tigre géant sont inclus). Permet davantage de discriminer les véritables rabais, mais nécessite plus de temps de préparation et de réalisation, et davantage de déplacements. Implique aussi de disposer d’espace de stockage puisque le concept central est de profiter au maximum des rabais importants qui ne reviennent pas chaque semaine.
  • Le choix de la semaine: en fonction de ses besoins et des rabais annoncés aux différents endroits, sélectionner un seul supermarché à visiter chaque semaine parmi ceux situés à proximité. Offre l’avantage de minimiser les déplacements mais amène le risque de gruger les économies sur les quelques aliments à rabais préidentifiés par des achats d’autres articles plus chers qui sont, eux, à prix régulier. Peut permettre de développer des préférences pour des produits offerts à un seul endroit et en faire provision épisodiquement. Les produits étant par ailleurs disposés différemment dans chaque épicerie, peut être mêlant.

En général, ces stratégies misent sur le stockage, et requièrent donc une certaine élasticité du budget pour les achats de masse lorsque les offres sont alléchantes. Dans le cas des aliments à conserver au congélateur, il faut aussi disposer de suffisamment d’espace et bien gérer ses stocks de façon à éviter d’avoir à se débarrasser d’aliments défraîchis.

Autres stratégies

Certaines personnes ne sont pas adeptes de la consultation compulsive de la circulaire hebdomadaire et privilégient d’autres façons d’économiser.

  • Les marques maison: l’idée est d’acheter la marque maison pour tous les produits où le choix est offert, en rabais ou pas, au fur et à mesure que les besoins se présentent. Dans plusieurs cas les produits sont pareils ou plutôt similaires, et les différences de prix cumulées permettraient d’économiser des sommes significatives sans devoir stocker.
  • Sortir du supermarché: en achetant la viande à la boucherie et les fruits et légumes à la fruiterie, entre autres, on peut gagner en fraîcheur et qualité tout en payant moins cher. Un peu comme dans le cas de la stratégie de la tournée, par contre, on augmente les déplacements et le temps à y consacrer. À ne pas oublier (en saison estivale surtout), le fermier de famille et les marchés publics.
  • Le «fait maison»: en combinaison ou non avec la recherche de rabais en circulaires, cette stratégie préconise l’économie en préparant sa nourriture plutôt qu’en l’achetant déjà préparée. Valide pour les sauces, repas du midi, pain, biscuits, céréales… Le prix des ingrédients est souvent beaucoup moindre que celui des aliments déjà préparés, et ceux-ci peuvent être de meilleure qualité.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr nateOne

Remplir son baril

juin 5th, 2010 Soeur économe Comments off
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Depuis quelques mois, plusieurs municipalités québécoises ont annoncé des programmes pour inciter leurs citoyens à se doter de barils récupérateurs d’eau de pluie. Les bas niveaux d’eau dans les rivières ces dernières semaines et la consommation excessive d’eau potable dans bon nombre de municipalités pourraient accentuer ce mouvement.

Pourquoi ? Accumuler l’eau de pluie canalisée par les gouttières dans un tel contenant comporte deux avantages: celui de réduire la consommation d’eau potable pour l’arrosage extérieur, et celui de réduire le volume d’eau à l’égout en récupérant l’eau des gouttières avant qu’elle ne se retrouve à la rue  (j’en parlais ici). Les municipalités, qui doivent autrement produire l’une et épurer l’autre, réalisent donc des économies. Je suppose qu’elles ont fait leurs calculs, dans la lignée des programmes pour l’achat de composteurs ou de couches lavables.

Certains programmes municipaux sont particulièrement intéressants: Laval offre une remise de 50$ sur l’achat d’un baril, tandis qu’à Repentigny et Terrebonne, on les vend au bas prix de 35$. En Estrie, les prix des barils dont quelques municipalités font la promotion sont substantiellement plus élevés (environ 70$). Sur l’île de Montréal, les éco-quartiers vendraient également de tels barils au prix approximatif de 80$, ce qui représente plus ou moins le prix en magasin.

Si vous pouvez vous procurer un baril usagé, c’est encore mieux (dans une optique de réutilisation) et moins coûteux (il ne vous manquera que quelques babioles pour compléter l’installation). Évitez évidemment les barils ayant contenu des produits chimiques… Plusieurs fournissent des plans de montage, dont la Ville d’Ottawa; l’émission La Vie en vert de Télé-Québec en traite aussi. Si vous êtes plus ambitieux et souhaitez pouvoir disposer de plus grandes réserves d’eau, vous pourriez envisager d’en connecter plusieurs en série, ou même de vous installer un réservoir de beaucoup plus grande capacité pour pourvoir tous vos besoins d’arrosage extérieur.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr fireballsdecai

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Plantez… bien

mai 21st, 2010 Soeur économe 4 comments
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Mai est un mois où il s’effectue des distributions d’arbres un peu partout (le programme Mon arbre à moi pour souligner l’arrivée d’un nouvel enfant, ainsi que plusieurs municipalités, arrondissements et autres organismes dans toutes les régions). C’est aussi un moment propice pour réaliser des achats réfléchis ou tout à fait impulsifs dans les centres jardins qui offrent une grande variété de végétaux. Quelques trucs pour vous éviter de dépenser pour rien et pour donner une chance à vos protégés de croître raisonnablement.

Ne pas nuire

En choisissant l’espèce et l’emplacement de la plantation, il faut penser en fonction du futur. La hauteur et l’envergure à maturité doivent faire partie des données considérées, ne serait-ce que pour lui éviter de devoir subir une coupe en Y sous les fils électriques ou d’empiéter indûment chez le voisin. Sur le site d’Hydro-Québec on retrouve un répertoire de plusieurs centaines d’espèces pour lesquelles la distance minimale recommandée avec des fils électriques est présentée. Leur guide papier est encore plus complet pour une panoplie d’autres renseignements relatifs aux espèces.

L’ambition racinaire peut aussi être un point à considérer. Certains craignent l’intrusion des racines dans des drains ou des conduites, une situation qui serait toutefois susceptible de se produire surtout dans le cas d’espèces vraiment assoiffées comme les saules, ou lorsque les conduites présentent déjà des fuites. Également, un arbre à enracinement important et superficiel serait peu approprié tout à côté d’une piscine hors-terre par exemple, puisqu’il pourrait affecter éventuellement sa stabilité.

Des conditions raisonnables de croissance

Pour espérer qu’un arbre survive et prospère, il faut choisir un emplacement qui ne convient pas seulement à nos considérations esthétiques ou pratiques (on peut viser à se créer de l’ombre et, selon l’orientation, réduire un peu l’augmentation de la température de notre maison l’été), mais qui lui conviendra aussi. Ainsi, dans des secteurs où la neige est soufflée sur les terrains l’hiver, il s’avère peu approprié de planter un arbre dans la zone de soufflage (à moins d’aimer vraiment installer à chaque automne d’affreuses structures de bois pas toujours très efficaces). De même, la plupart des conifères et certains feuillus sont sensibles aux sels de déglaçage alors vaut mieux les en éloigner raisonnablement.

Il faut aussi considérer que certains arbres toléreront l’ombre d’autres arbres (mais nécessiteront quand même peut-être plus d’eau que ce que ces arbres bien installés daigneront bien lui laisser), tandis que d’autres auront besoin d’un plein ensoleillement pour assurer leur croissance.

Sur bien des terrains, on n’est pas certain du sol qu’on retrouvera avant d’avoir creusé puisque le matériau de remplissage est plutôt hétérogène. Vaut mieux vérifier avant de planter, et ne pas tenter de créer un sol idéal en ajoutant simplement de la «belle terre noire», ce qui ne servira pas du tout la cause de l’arbre planté. Un bon paillis à la base est cependant une aide raisonnable à offrir à une nouvelle plantation, de même qu’un ajout de mycorhizes qui faciliteront son acquisition de nutriments. Oubliez les tuteurs que je classe parmi les pertes de temps dans la plupart des cas.

Des espèces raisonnables

Choisissez une espèce en fonction des conditions que vous pourrez lui offrir et non en fonction de ses fleurs ou de sa grandeur au centre jardin, autrement vous risquez fort d’être déçu. La zone de rusticité d’une espèce n’est pas à négliger puisqu’un arbre qui se trouverait dans une zone d’un nombre plus faible que sa limite est susceptible de voir ses bourgeons geler durant l’hiver et de développer un air plutôt maladif voire de geler complètement durant un hiver plus difficile. Le répertoire en ligne d’Hydro-Québec indique la zone de rusticité des espèces, ne reste plus qu’à identifier la vôtre !

Il faut disposer d’un espace suffisant pour l’espace que nécessitera l’arbre une fois à maturité, autrement vous vous créez la nécessité de le tailler et provoquerez ainsi autant de plaies qui deviendront des portes d’entrées pour des organismes pathogènes. Je suggère également d’éviter les espèces greffées, «horticuturellement difformes», mutilées pour l’esthétisme et autres aberrations du genre, à moins d’être prêts à vous acharner de façon récurrente à les tailler et les protéger pour en maintenir l’allure non naturelle.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks

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Matériaux écolos pour un patio ?

mai 2nd, 2010 Soeur économe 1 comment
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Un patio dont la décrépitude grandissante pourrait nécessiter des travaux ou un remplacement dans les prochains mois m’a amenée à réaliser quelques recherches sur des considérations environnementales et monétaires associées au choix possible de différents matériaux de patio ou terrasse. Je vous partage mes premiers constats.

Critères

Je ne souhaite pas utiliser un matériau dont la production nécessite de grandes quantités d’eau ou qui génère d’importantes quantités de gaz à effet de serre. La durabilité est aussi un critère important en vue de réduire la quantité de matière consommée, un élément à contrebalancer cependant avec la capacité d’en disposer adéquatement une fois sa vie utile terminée. J’ai également tenté de prendre en considération l’aspect de l’entretien puisque ça implique d’y passer du temps de façon récurrente et que ça implique généralement des produits chimiques.

Différentes possibilités

  • Bois traité: ce bois est traité chimiquement, mais le traitement n’implique plus d’arsenic et de chrome comme auparavant, étant donné les risques liés à l’exposition notamment pour les jeunes enfants. Le traitement est maintenant plutôt réalisé avec des produits chimiques comprenant du cuivre. Un tel traitement implique qu’une fois sa vie utile terminée, ce bois devient un déchet dont on doit disposer adéquatement pour éviter un relargage de ces composés chimiques dans le sol, l’eau ou l’atmosphère. Généralement considérée comme la solution la moins chère pour bâtir un patio, c’en est aussi une dont le transport est susceptible de générer des gaz à effet de serre, puisque le bois est rarement d’origine locale. C’est également un matériau qui nécessite des entretiens réguliers — teinture, scellant, alouette. Tout comme n’importe quel autre bois, on peut à tout le moins le considérer comme une forme de stockage de carbone.
  • Bois torréfié: au contraire du bois traité, ce bois ne fait pas l’objet d’un traitement chimique mais est plutôt «cuit» à température élevée, ce qui représente une dépense énergétique et donc probablement des émissions atmosphériques. Un tel traitement rend apparemment le bois plus imperméable et plus résistant à la pourriture — un bon point au niveau de la durabilité. L’impact du transport varie selon la provenance du bois faisant l’objet du dit traitement, mais il semble que la torréfaction a l’avantage de rendre utilisables différentes essences susceptibles d’être d’origine locale, et qu’au moins une entreprise québécoise en produise. Quant à l’entretien, certaines sources indiquent qu’il n’y en a pas tandis que d’autres font mention d’un scellant à appliquer sur le bois une fois mis en place.
  • Bois imputrescible: certaines essences de bois, notamment le Thuya plicata (cèdre rouge de l’Ouest), ont l’avantage d’être naturellement résistantes à la pourriture et de ne pas nécessiter de traitement préalablement à leur utilisation. Par contre, le nom l’indique, le cèdre rouge de l’Ouest ne trouve pas sa source localement et sa croissance est lente, ce qui implique une pression importante sur cette ressource (à moins d’acheter du bois certifié FSC). Son prix représenterait environ deux fois celui du bois traité. Un élément dérangeant susceptible de réduire sa durabilité: malgré son imputrescibilité, s’agit d’un bois mou, ce qui implique qu’il peut s’abîmer plus rapidement en surface.
  • Bois composite: ce matériau qui tente d’imiter l’apparence du bois est constitué d’un mélange de bran de scie et de plastique (recyclé ou non). Puisqu’il s’agit de matières qui peuvent autrement devenir des déchets, on peut considérer que la pression sur les ressources naturelles associée à sa production est faible. Comme de la colle est nécessaire pour maintenir les ingrédients ensemble, il est cependant probable que ce produit libère des composés organiques volatils. Sa durabilité semble bonne puisqu’il n’y a pas de risque de pourriture et que la coloration ajoutée serait stable, bien qu’il semble qu’il soit facilement rayé en surface. Il ne requiert aucun entretien. Toutefois, le coût du matériau représenterait environ trois à quatre fois celui du bois traité.
  • «Planches» de plastique: ce matériau est entièrement constitué de plastique recyclé, qui est teint et moulé pour lui donner une certaine apparence de bois. Présentant l’avantage de ne pas utiliser de nouvelles ressources, le produit s’avère également de nouveau recyclable lorsqu’on s’en débarrasse. La durabilité semble bonne, étant donné l’absence de risque de pourriture, mais je n’ai rien vu de très élaboré sur sa stabilité face aux rayons UV qui affectent à la longue la coloration et la résistance de bien des plastiques. Il est également réputé sans aucun entretien. Son prix serait similaire à celui du composite.
  • Fibre de verre: il s’agit en fait de panneaux de contreplaqué recouverts de fibre de verre. Si le contreplaqué est formé à partir de sapin de Douglas, comme c’est recommandé, l’impact environnemental résultant de son transport sur d’importantes distances est inévitable. Quant à l’entretien, il semble que la qualité de l’installation fasse foi de tout: s’il est installé sans prendre toutes les précautions requises, il est sujet à fendiller puis à pourrir à l’intérieur, donc sa durabilité est compromise. Il peut aussi se fissurer s’il subit des variations rapides de température, ce qui implique alors des réparations.

Bien sûr, s’il avait été question d’une terrasse entièrement au niveau du sol, d’autres options dont la pierre et les pavés perméables auraient pu être examinées. Pour le moment, le plastique et le composite m’apparaissent deux options intéressantes pour leur faible impact sur les ressources naturelles.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr mccun934

Energy Star: une certification toujours pertinente?

avril 14th, 2010 Soeur économe 1 comment
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Parmi les recommandations de base pour économiser l’énergie ou réduire son impact environnemental, on retrouve généralement l’utilisation d’appareils homologués Energy Star. De tels appareils peuvent permettre, nous indique-t-on par exemple sur le site de l’Agence de l’efficacité énergétique, «de réduire de 30 à 50 % vos coûts énergétiques et vos frais d’utilisation».

Toutefois, le fameux logo semble perdre de son éclat depuis quelque temps. Sa réputation devient-elle surfaite ?

Récents rapports

Aux États-Unis, le Government Accountability Office publiait il y a quelques semaines un rapport dans lequel il faisait état de la vulnérabilité du programme américain Energy Star face à des possibles fraudes. Compte tenu des sommes investies par le gouvernement dans l’Appliance Rebate Program (la version pour appareils électroniques du programme de mise au rebut de vieilles voitures surnommé Cash for clunkers), la vérification s’avérait probablement une façon de s’assurer que les sommes sont bien investies. Or, d’après les vérifications réalisées par l’organisme, le programme n’exige pas systématiquement de rapport d’un tiers sur les allégations du fabricant à l’égard des performances de son produit, ne réalise pas non plus de contrevérification, et semble compter sur le fait que les entreprises testeront les produits de leurs compétiteurs et dénonceront des produits non conformes. Le rapport fait également état d’un manque d’uniformité dans le traitement des demandes.

Dès l’automne 2009, un audit du Department of Energy des États-Unis à l’égard de sa participation à l’administration du programme Energy Star en était arrivé à des conclusions similaires sur l’absence de certification par un tiers pour plusieurs catégories d’appareils. L’audit faisait également état du manque de vérification de l’utilisation du logo sur les produits sur le marché, ainsi que d’aberrations comme le fait que dans la catégorie des ampoules fluocompactes, plus 90% des produits sur le marché soient certifiés Energy Star.

Au Canada

Le programme Energy Star en place au Canada est administré par le ministère fédéral des Ressources naturelles et les conclusions américaines ne s’y appliquent donc pas intégralement, bien que certaines catégories de produits homologués aux États-Unis soient automatiquement considérés homologués au Canada aussi. Certains questionnements demeurent néanmoins.

Le magazine Protégez-vous a réalisé, dans son numéro de mars 2010, des calculs sur les économies qu’on peut espérer réaliser en achetant des appareils qui sont homologués Energy Star, en comparant leur consommation énergétique avec celle d’appareils non certifiés. Conclusion: à peine quelques dollars par an dans le cas d’un réfrigérateur par exemple.

On ne peut donc systématiquement compter sur le petit logo pour espérer combler un coût d’achat qui serait significativement plus élevé pour un appareil Energy Star. Ce qui ne veut pas dire qu’on doive complètement mettre de côté ce critère pour autant: les appareils homologués peuvent également présenter d’autres bénéfices (dont une consommation d’eau moindre dans le cas des appareils en utilisant). Une consultation attentive des listes de produits homologués sur le site de Ressources naturelles Canada peut également permettre d’identifier les plus performants parmi tous ceux qui arborent le logo.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Rosa y Dani

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L’intérêt de la corde à linge

mars 20th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a différentes raisons pour attendre avec impatience le printemps, mais l’une d’entre elles peut être de pouvoir recommencer à utiliser sa corde à linge. Une habitude en voie d’extinction ? Le blogue The Daily Green le classe en tout cas parmi ses Lost Household Arts. Elle comporte cependant plusieurs avantages.

Établissons-le dès le début, la séchage du linge sur la corde (ou autre accessoire équivalent) risque peu de faire diminuer de façon sensible votre facture d’électricité. Une ou quelques dizaines de dollars, au total, avec différentes hypothèses de calcul à partir de l’outil disponible sur le site d’Hydro Québec. Probablement davantage si vous vous rendez à la buanderie.

À l’échelle d’une province, cela peut néanmoins représenter une somme non négligeable de kilowatts-heures. Assez pour que l’Ontario adopte en 2008 un règlement interdisant… les règlements municipaux interdisant les cordes à linge, de même que toute condition restrictive à cet effet dans les baux et conventions de copropriétaires notamment pour des maisons en rangée. Plusieurs États américains ont aussi fait de même.

Au Québec, il existe encore des règlements interdisant les cordes à linge dans plusieurs municipalités. J’ai d’ailleurs appris que ma corde à linge avait été dans l’illégalité jusqu’à ce que les règlements municipaux des anciennes municipalités fusionnées à Québec soient harmonisés en 2009. On peut imaginer que ce ne sont probablement pas les règlement dont le respect est suivi de plus près par les municipalités, ce qui n’empêche pas de trouver le principe agaçant.

Outre économiser un peu, vivre parfois dans l’illégalité et égayer sa cour de couleurs vives, qu’apporte le séchage sur la corde à linge ? On peut aimer la fragrance que la brise donne aux vêtements et autres textiles qu’on suspend (cela permet à tout le moins de se rendre compte que les fragrances artificielles comportant le mot «brise» n’ont vraiment rien à voir avec la vraie). Par contre, contre des taches tenaces sur des tissus, l’exposition au soleil est vraiment efficace. Surprenant, même. Un must pour les couches lavables, notamment.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tauntingpanda

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Fermiers de famille et autres fournisseurs locaux

mars 16th, 2010 Soeur économe 1 comment
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L’an dernier à la même période, je vous suggérais de penser à devenir partenaire d’un fermier biologique de votre région et de profiter de paniers hebdomadaires de ses produits. Une liste de producteurs est disponible sur le site d’Équiterre; il existe également des producteurs appliquant le même concept sans faire partie de ce réseau. Même durant les étés moins prolifiques, les producteurs rivalisent d’ingéniosité pour offrir chaque semaine une sélection intéressante d’aliments et faire réaliser des découvertes à leurs partenaires. Par contre, si un engagement pour toute une saison vous semble trop contraignant ou si vous craignez d’être ensevelis sous la verdure, il existe d’autres possibilités.

- Écomarchés: vous sélectionnez les aliments frais et autres produits locaux qui vous intéressent à partir de votre ordinateur, puis vous passez chercher votre commande à un point de chute. Pas de contrat pour la saison et pas de sélection imposée d’aliments. On trouve notamment de ces écomarchés virtuels en Beauce, dans Charlevoix, en Estrie, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie. Avec un concept semblable, si vous êtes dans la grande région de Montréal, vous pouvez bénéficier d’une livraison à la maison.

- Marchés publics: les marchés publics sont nombreux durant la période estivale. On en compte plus d’une cinquantaine à travers le Québec. Si s’y procurer des aliments produits localement est évidemment aisé, en acheter qui sont certifiés biologiques peut par contre nécessiter une consultation plus exhaustive des étalages.

- Épiceries: j’en avais déjà traité, la plupart des épiceries offrent des aliments produits localement et des aliments biologiques, mais rarement les deux à la fois pour un même aliment. Et, entre les deux, que privilégier ? À vous de voir. Outre les aliments frais, si vous cherchez à vous procurer des produits fins d’origine québécoise, une initiative digne d’un certain intérêt est celle du Marché de chez nous offert par les épiceries IGA, en collaboration avec l’UPA. Vous faites votre choix en ligne parmi la sélection offerte, vous déterminez une épicerie de la chaîne dans votre secteur, vous payez en ligne et vous passez chercher votre commande après quelques jours. Ce ne sont pas exactement des produits locaux (puisqu’ils peuvent venir d’une autre région ou auront vraisemblablement transité par un centre de distribution), mais ça peut permettre d’accéder à des produits québécois que les épiceries ne tiennent pas en stock.

Un bon choix ?

Il y a quelques semaines, l’Institut économique de Montréal a publié une «note économique» sur l’achat d’aliments locaux, pas nécessairement, selon les données des auteurs, toujours avantageux au niveau de l’empreinte carbone. Vous pouvez peut-être garder cette préoccupation en tête lors d’achats de tomates en épicerie en saison hivernale mais, pour l’été à venir, je considère qu’il n’y a vraiment rien là-dedans pour s’empêcher de se trouver un fermier de famille, de commander dans un écomarché ou de visiter un marché public.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr masatoshi_

Loto-REÉÉ ?

mars 1st, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a quelques semaines, l’émission La Facture de Radio-Canada présentait un reportage sur les problèmes de certains parents face à des contraintes posées par le régime enregistré d’épargne études (REÉÉ) auquel ils avaient cotisé. On y mentionnait entre autres qu’un enfant sur quatre ne touchait pas à l’argent qui avait été placé pour lui. Alors, les REÉÉ, est-ce vraiment intéressant ?

Le concept et son intérêt

On dépose régulièrement de l’argent dans un compte destiné aux études futures de notre enfant et, pour chaque dollar qu’on y dépose, les gouvernements y versent aussi de l’argent. Le gouvernement fédéral complète avec un montant correspondant à 20%, 30% ou 40% du dépôt, selon le revenu des parents; ça porte le nom de Subvention canadienne pour l’épargne-études. Au total, le gouvernement fédéral peut verser jusqu’à 7200$ par enfant. Quant au gouvernement québécois, l’incitatif québécois à l’épargne-études ajoute 10% du montant déposé jusqu’à un maximum de 250$ par année et de 3600$ au total. Dans les deux cas, des mesures supplémentaires sont offertes aux familles à faible revenu. L’argent versé dans un REÉÉ et celui qui y est ajouté par le gouvernement n’est pas imposable jusqu’à ce qu’il soit versé au bénéficiaire et le revenu de celui-ci étant généralement faible, il pourra ne pas avoir à payer d’impôt.

Les contraintes

Le reportage de La Facture portait sur le cas particulier des REÉÉ dit collectifs qui sont contractés auprès de fondations (en l’occurrence, au Québec, une seule). Il existe aussi les REÉÉ dits individuels et familiaux, qu’offrent plutôt les institutions financières. Si les fondations offrant des REÉÉ collectifs annoncent des rendements «supérieurs», plusieurs contraintes viennent aussi avec: des frais d’adhésion (non remboursables) élevés et un contrat qui engage les contributeurs à verser des sommes constantes sur plusieurs années et les décourage fortement de changer d’idée avant la fin sous peine de pénalités. Également, pour les REÉÉ collectifs, c’est la fondation qui établit les stratégies de placement, alors que pour les autres REÉÉ, ce sont les souscripteurs qui peuvent sélectionner les types d’investissements en fonction de leur tolérance au risque (comme pour des RÉER).

Donc si, après plusieurs années de contribution disciplinée, l’enfant désigné ne faits pas d’études, qu’advient-il des sommes ? (Il faut dire que toutes les études ne sont pas admissibles non plus, ce qui est vrai dans tous les cas mais semble plus contraignant au niveau des REÉÉ collectifs). Il y a la possibilité de changer d’enfant bénéficiaire. Sinon, les subventions versées retournent au gouvernement. Dans le cas des REÉÉ collectifs, il semble que la fondation remette le capital aux parents et garde les intérêts pour les redistribuer aux autres enfants de la même cohorte (de là les rendements élevés mais aussi mon impression de loterie); pour les REÉÉ individuels et familiaux, les parents se verraient plutôt offrir la possibilité de convertir les sommes en REER.

Pour bien choisir

L’Union des consommateurs présente une série de recommandations aux parents songeant à cotiser à un REÉÉ. Ressources humaines et Développement des compétences Canada vous permet de consulter une liste de tous les fournisseurs reconnus de REÉÉ.

Et pour éviter de vous faire harceler, mieux vaut inviter de fournir gracieusement vos coordonnées aux organisations en remplissant des coupons de pseudo-concours lors de salons et autres occasions…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Will Hale


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7$ et plus

février 8th, 2010 Soeur économe 1 comment
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Quelqu’un me demandait récemment si, «avec l’impôt et tout ça», le coût de fréquentation d’une garderie non subventionnée par un enfant pouvait revenir au même coût qu’une garderie à 7$. Personnellement ou collectivement, c’est possible mais pas nécessairement.

J’avais déjà donné un aperçu de la situation des garderies québécoises à contribution réduite (à 7$) et de ma perception des raisons pour lesquelles il n’est pas si simple d’y avoir une place pour son enfant. Lorsqu’on n’y a pas accès et qu’on se tourne vers les garderies non subventionnées (dont les tarifs sont établis par chaque responsable et varient généralement entre 20 et 40$ par jour selon les particularités du service ou la rareté dans le secteur), et on peut bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable au provincial ainsi que d’une déduction pour frais de garde au fédéral.

Coût pour les parents

Le salaire des parents, leur situation (couple ou monoparental) et le coût journalier de la garderie sont alors les facteurs qui déterminent si le coût net de la garderie non subventionnée représentera un montant équivalent ou plus élevé pour le parent que celle à 7$.

Le taux du crédit d’impôt provincial applicable aux frais chargés aux parents dont l’enfant fréquente un service de garde non subventionné diminue avec l’augmentation du revenu familial. De 75% pour un revenu familial de 30 000$, à 60% si on gagne entre 60 000 et 85 000$, puis à 57% jusqu’à 125 000$ et en allant décroissant ensuite. Logique ? En apparence oui, sauf que le revenu familial n’est pas un critère de priorisation dans l’octroi des places à 7$ et qu’une fois dans ce système, tous les parents paient le même tarif.

Par ailleurs, le gouvernement a grandement publicisé, à la suite de son budget 2009-2010, qu’avec la bonification du crédit d’impôt, le coût net du service de garde non subventionné et du service de garde à 7$ devenaient équivalents pour les parents gagnant jusqu’à 125 000$… en utilisant comme base de comparaison un tarif journalier de 25$. Pour un tarif plus élevé, le seuil de revenu maximal où les deux modes de garde s’équivalent est évidemment beaucoup plus bas. Or, 25$ reste peut-être la norme dans certaines régions, mais là où la demande est importante, ce n’est probablement plus très représentatif des tarifs chargés.

Le remboursement anticipé du crédit d’impôt pour frais de garde instauré en 2005 par le gouvernement provincial allège certainement la situation financière des parents au jour le jour. Ceux-ci devraient autrement défrayer entre 6000$ et 10 000$ sur une année et ne se faire rembourser la partie correspondant au crédit d’impôt que l’année suivante. Par ailleurs, je ne sais pas si beaucoup de gens s’en prévalent, mais le gouvernement fédéral offre aussi de tenir compte des frais de garde encourus dans l’ajustement des retenues à la source. Malgré ces mesures, certains parents dont les revenus sont peu élevés peuvent difficilement assumer l’ensemble des frais pour les quelques mois avant le premier remboursement anticipé du provincial.

Coût pour le gouvernement

Un centre de la petite enfance et une garderie en installation qui sont accrédités par le gouvernement voient celui-ci leur remettre respectivement 40$ et 33$ par jour par place (et le parent complète avec son 7$). Pour une garderie en milieu familial accréditée, c’est 18$. Dans ce contexte, pour bon nombre d’hypothèses de calcul, on peut constater que la garderie non subventionnée représente un coût moindre pour le gouvernement (donc pour les contribuables) que le programme à 7$. Particulièrement pour les garderies en installation, où il faudrait que les parents paient autour de 50$ par jour pour l’atteindre. Au niveau du milieu familial, on atteint 18$ et plus de remboursement avec un taux de 60% seulement à partir d’un tarif de 30$.

Faire ses calculs

Pour faire vos propres calculs, le ministère des Finances offre un calculateur vous permettant d’entrer des données correspondant à votre situation… mais dans lequel on ne peut pas entrer un tarif journalier de plus de 35$. Pour les demandes de remboursement anticipé, c’est du côté du ministère du Revenu qu’il faut aller chercher le formulaire.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TedsBlog

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