Archive

Archives de l'auteur

Loto-REÉÉ ?

1446603754_f61be19166

Il y a quelques semaines, l’émission La Facture de Radio-Canada présentait un reportage sur les problèmes de certains parents face à des contraintes posées par le régime enregistré d’épargne études (REÉÉ) auquel ils avaient cotisé. On y mentionnait entre autres qu’un enfant sur quatre ne touchait pas à l’argent qui avait été placé pour lui. Alors, les REÉÉ, est-ce vraiment intéressant ?

Le concept et son intérêt

On dépose régulièrement de l’argent dans un compte destiné aux études futures de notre enfant et, pour chaque dollar qu’on y dépose, les gouvernements y versent aussi de l’argent. Le gouvernement fédéral complète avec un montant correspondant à 20%, 30% ou 40% du dépôt, selon le revenu des parents; ça porte le nom de Subvention canadienne pour l’épargne-études. Au total, le gouvernement fédéral peut verser jusqu’à 7200$ par enfant. Quant au gouvernement québécois, l’incitatif québécois à l’épargne-études ajoute 10% du montant déposé jusqu’à un maximum de 250$ par année et de 3600$ au total. Dans les deux cas, des mesures supplémentaires sont offertes aux familles à faible revenu. L’argent versé dans un REÉÉ et celui qui y est ajouté par le gouvernement n’est pas imposable jusqu’à ce qu’il soit versé au bénéficiaire et le revenu de celui-ci étant généralement faible, il pourra ne pas avoir à payer d’impôt.

Les contraintes

Le reportage de La Facture portait sur le cas particulier des REÉÉ dit collectifs qui sont contractés auprès de fondations (en l’occurrence, au Québec, une seule). Il existe aussi les REÉÉ dits individuels et familiaux, qu’offrent plutôt les institutions financières. Si les fondations offrant des REÉÉ collectifs annoncent des rendements «supérieurs», plusieurs contraintes viennent aussi avec: des frais d’adhésion (non remboursables) élevés et un contrat qui engage les contributeurs à verser des sommes constantes sur plusieurs années et les décourage fortement de changer d’idée avant la fin sous peine de pénalités. Également, pour les REÉÉ collectifs, c’est la fondation qui établit les stratégies de placement, alors que pour les autres REÉÉ, ce sont les souscripteurs qui peuvent sélectionner les types d’investissements en fonction de leur tolérance au risque (comme pour des RÉER).

Donc si, après plusieurs années de contribution disciplinée, l’enfant désigné ne faits pas d’études, qu’advient-il des sommes ? (Il faut dire que toutes les études ne sont pas admissibles non plus, ce qui est vrai dans tous les cas mais semble plus contraignant au niveau des REÉÉ collectifs). Il y a la possibilité de changer d’enfant bénéficiaire. Sinon, les subventions versées retournent au gouvernement. Dans le cas des REÉÉ collectifs, il semble que la fondation remette le capital aux parents et garde les intérêts pour les redistribuer aux autres enfants de la même cohorte (de là les rendements élevés mais aussi mon impression de loterie); pour les REÉÉ individuels et familiaux, les parents se verraient plutôt offrir la possibilité de convertir les sommes en REER.

Pour bien choisir

L’Union des consommateurs présente une série de recommandations aux parents songeant à cotiser à un REÉÉ. Ressources humaines et Développement des compétences Canada vous permet de consulter une liste de tous les fournisseurs reconnus de REÉÉ.

Et pour éviter de vous faire harceler, mieux vaut inviter de fournir gracieusement vos coordonnées aux organisations en remplissant des coupons de pseudo-concours lors de salons et autres occasions…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Will Hale


Categories: Actualité Tags: , ,

7$ et plus

42172925_00b40375c9

Quelqu’un me demandait récemment si, «avec l’impôt et tout ça», le coût de fréquentation d’une garderie non subventionnée par un enfant pouvait revenir au même coût qu’une garderie à 7$. Personnellement ou collectivement, c’est possible mais pas nécessairement.

J’avais déjà donné un aperçu de la situation des garderies québécoises à contribution réduite (à 7$) et de ma perception des raisons pour lesquelles il n’est pas si simple d’y avoir une place pour son enfant. Lorsqu’on n’y a pas accès et qu’on se tourne vers les garderies non subventionnées (dont les tarifs sont établis par chaque responsable et varient généralement entre 20 et 40$ par jour selon les particularités du service ou la rareté dans le secteur), et on peut bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable au provincial ainsi que d’une déduction pour frais de garde au fédéral.

Coût pour les parents

Le salaire des parents, leur situation (couple ou monoparental) et le coût journalier de la garderie sont alors les facteurs qui déterminent si le coût net de la garderie non subventionnée représentera un montant équivalent ou plus élevé pour le parent que celle à 7$.

Le taux du crédit d’impôt provincial applicable aux frais chargés aux parents dont l’enfant fréquente un service de garde non subventionné diminue avec l’augmentation du revenu familial. De 75% pour un revenu familial de 30 000$, à 60% si on gagne entre 60 000 et 85 000$, puis à 57% jusqu’à 125 000$ et en allant décroissant ensuite. Logique ? En apparence oui, sauf que le revenu familial n’est pas un critère de priorisation dans l’octroi des places à 7$ et qu’une fois dans ce système, tous les parents paient le même tarif.

Par ailleurs, le gouvernement a grandement publicisé, à la suite de son budget 2009-2010, qu’avec la bonification du crédit d’impôt, le coût net du service de garde non subventionné et du service de garde à 7$ devenaient équivalents pour les parents gagnant jusqu’à 125 000$… en utilisant comme base de comparaison un tarif journalier de 25$. Pour un tarif plus élevé, le seuil de revenu maximal où les deux modes de garde s’équivalent est évidemment beaucoup plus bas. Or, 25$ reste peut-être la norme dans certaines régions, mais là où la demande est importante, ce n’est probablement plus très représentatif des tarifs chargés.

Le remboursement anticipé du crédit d’impôt pour frais de garde instauré en 2005 par le gouvernement provincial allège certainement la situation financière des parents au jour le jour. Ceux-ci devraient autrement défrayer entre 6000$ et 10 000$ sur une année et ne se faire rembourser la partie correspondant au crédit d’impôt que l’année suivante. Par ailleurs, je ne sais pas si beaucoup de gens s’en prévalent, mais le gouvernement fédéral offre aussi de tenir compte des frais de garde encourus dans l’ajustement des retenues à la source. Malgré ces mesures, certains parents dont les revenus sont peu élevés peuvent difficilement assumer l’ensemble des frais pour les quelques mois avant le premier remboursement anticipé du provincial.

Coût pour le gouvernement

Un centre de la petite enfance et une garderie en installation qui sont accrédités par le gouvernement voient celui-ci leur remettre respectivement 40$ et 33$ par jour par place (et le parent complète avec son 7$). Pour une garderie en milieu familial accréditée, c’est 18$. Dans ce contexte, pour bon nombre d’hypothèses de calcul, on peut constater que la garderie non subventionnée représente un coût moindre pour le gouvernement (donc pour les contribuables) que le programme à 7$. Particulièrement pour les garderies en installation, où il faudrait que les parents paient autour de 50$ par jour pour l’atteindre. Au niveau du milieu familial, on atteint 18$ et plus de remboursement avec un taux de 60% seulement à partir d’un tarif de 30$.

Faire ses calculs

Pour faire vos propres calculs, le ministère des Finances offre un calculateur vous permettant d’entrer des données correspondant à votre situation… mais dans lequel on ne peut pas entrer un tarif journalier de plus de 35$. Pour les demandes de remboursement anticipé, c’est du côté du ministère du Revenu qu’il faut aller chercher le formulaire.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TedsBlog

Categories: Analyse Tags: , ,

Vider sa tirelire

3231483463_0c88fb648b

J’ai un enfant qui a découvert récemment le plaisir de placer des pièces de monnaie dans une tirelire (puis les en retirer pour recommencer, évidemment). Cela m’a fait réaliser que le nombre desdites pièces dans notre résidence était non négligeable.

Certains accumulent les pièces de monnaie dans une tirelire pour alléger leurs poches ou leur porte-monnaie. D’autres pour se constituer, sans y penser, une petite réserve à dépenser éventuellement. Selon les pièces qu’on y place, une simple tirelire peut facilement renfermer plusieurs dizaines sinon centaines de dollars.

Ces pièces accumulées, que la Monnaie royale canadienne doit remplacer pour en assurer un nombre suffisant en circulation, génèrent des coûts. D’après cette société, 846 millions de pièces de un cent ont été produites en 2007, de même que 218 millions de pièces de cinq cents et 284 millions de pièces de dix cents. Dans un plaidoyer pour le retrait de la pièce de un cent, Desjardins avait indiqué en 2007 qu’en plus de coûter au gouvernement 1,5 cent par pièce produite, le maintien de la pièce de un cent générait des coûts annuels de gestion par les banques, commerces et consommateurs de plus d’une centaine de millions de dollars.

Alors, quelles sont les façons de faire votre part pour réduire l’impact de la production de toutes ces pièces tout en vous permettant de placer à meilleur escient les dollars qui dorment dans votre tirelire ?

  • Les fameux rouleaux: c’est la façon traditionnelle de les ramener dans le circuit, mais c’est une opération fastidieuse qui en décourage plusieurs. Si préparer des rouleaux de pièces de cinq, dix ou vingt-cinq cents est relativement payant, les rouleaux de un cent, à 0,50$ pièce, sont probablement moins motivants. J’avais par ailleurs entendu dire que certaines institutions financières chargeaient maintenant des frais lorsqu’un client souhaitait déposer des rouleaux, mais lorsque l’année dernière j’ai ainsi rapporté le produit d’une heure ou deux de labeur à une caisse populaire, on ne m’a pas chargé quoi que ce soit.
  • Les machines automatisées: implantées depuis quelques années dans toutes sortes d’endroits dont des épiceries et magasins à grande surface, ces machines trient rapidement la monnaie qu’on y place et fournissent un reçu à aller échanger au comptoir contre des billets. La Monnaie royale canadienne en fait même la promotion (avec les données ci-dessus, pas besoin de chercher pourquoi). Seul inconvénient: la machine retient environ 10% de la valeur des pièces triées en frais de service. À vous d’évaluer si le temps épargné en préparation de rouleaux et transport à la banque le vaut.

Enfin, compte tenu de ce moyen rapide de transformer une multitude de pièces en billets, je me dis que peut-être des organismes de bienfaisance ou des campagnes de levées de fonds pourraient solliciter les gens en les invitant à contribuer avec une partie ou l’ensemble de leur tirelire. D’une part la personne qui donne n’a pas l’impression que la somme en jeu est significative (puisque de toute façon elle la laisse dormir dans un contenant) alors qu’elle peut l’être, et, d’autre part, les bénéfices peuvent être significatifs pour un effort assez faible.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr .jo.hardell.

Mon cher enfant

167558529_68ddde566c

Depuis près de deux ans maintenant, j’ai régulièrement cette question: «Et puis, un bébé, trouves-tu que ça coûte cher ?» J’esquisse généralement une moue dubitative et j’indique que mon impression générale est que non, ça ne coûte nécessairement si cher. Sauf que je n’avais jamais véritablement cherché à quantifier le tout.

Il y a un peu partout ces fameux chiffres qui datent d’on ne sait quand et qui comprennent on ne sait quoi et qui disent grosso modo qu’un enfant, de la naissance à 18 ans, ça coûte 180 000$. Selon d’autres sources, ça accapare 20% du revenu des parents. Ce que je crois, c’est que ça varie de façon importante notamment selon la nécessité qu’on peut se créer de devoir se procurer une montagne de gadgets, de tout acheter neuf, ou au contraire de vouloir minimiser l’empreinte écologique de son enfant.

Les achats de départ

Qu’on veuille faire simple ou compliqué, on peut identifier en vue de la naissance un mobilier de base dont la plupart des parents ne se passent pas et d’autres morceaux dont l’utilité réelle est plus limitée. Si siège d’auto, poussette, couchette, commode et chaise haute peuvent être identifiés comme des incontournables dès la première année (pas nécessairement neufs), je considère que la table à langer, la balançoire, le parc et les moniteurs sont des morceaux utiles mais non essentiels. Quant au moïse, au tapis d’éveil, au petit bain et à l’ensemble de literie-assortie-et-tous-ses-accessoires, ils ne méritent pas d’être achetés à fort prix; s’ils sont prêtés, donnés ou achetés à petit prix ça laisse moins une impression d’argent gaspillé. Je place à part le porte-bébé, le coussin d’allaitement, le tire-lait, le chauffe-biberon et la chaise berçante, qui peuvent devenir des incontournables mais gagnent à attendre qu’on ait vu aller les choses un peu avant d’être achetés.

Combien peut-on dépenser dans cette catégorie? Une famille qui se ferait tout prêter ou donner ne dépenserait à peu près rien. Acheter les articles essentiels, accessoires et les incontournables potentiels dans le neuf représente entre 1500$ et 3700$ environ, et plus vraisemblablement quelque part autour de 2500$. Dans une formule hybride de neuf et d’usagé (car on peut raisonnablement hésiter à acheter un siège d’auto ou un tire-lait usagé par exemple), on peut s’en tirer pour 1000$.

Les achats récurrents

Une fois le bébé arrivé, certaines décisions peuvent influencer de façon importante les achats réguliers qui lui seront associés dans les premières années. Couches jetables ou lavables ? Selon le cas, on débourse une fois 500$ ou alors on en jette pour 50 à 60$ par mois pendant au minimum deux ans. Le même principe s’applique aux lingettes. Allaitement ou lait maternisé ? Aucun coût direct dans un cas, sinon le lait maternisé de base pourrait coûter environ 100$ par mois durant les premiers 9 à 12 mois. En matière de linge, la première année verra passer minimalement quatre grandeurs de pyjamas et autres habits, mais quelques trucs permettent de réduire de beaucoup les dépenses à cet égard, et s’appliquent aussi en grande partie aux jouets. Enfin, à l’épicerie, je calcule que la dépense supplémentaire associée aux premières années d’un enfant se situe principalement entre 6 et 12 mois, la période des céréales pour bébés et des purées, après quoi son alimentation devient similaire à celle de ses parents et n’augmente que faiblement les quantités totales achetées. J’estime que cette catégorie peut générer un coût total variant entre 1000$ et 5000$ pour les deux premières années, selon les choix ou circonstances.

Coûts associés

Une diminution des revenus durant la période des congés de maternité, paternité et congé parental est à prévoir, compte tenu que le programme québécois de base couvre 70% du revenu antérieur jusqu’à concurrence de 62 500$, et le congé parental, une courte période à 70% et le reste à 55% (plus de détails ici). Les programmes d’allocations (Soutien aux enfants au provincial, Prestation fiscale canadienne pour enfants et Prestation universelle pour la garde d’enfants au fédéral) en réduiront un peu l’écart, mais faiblement à moins d’un revenu antérieur plutôt bas. Par exemple, pour des parents dont le revenu approcherait le maximum couvert, ça donnerait une réduction du salaire brut d’environ 13 000$, et des allocations avoisinant 2300$.

Par ailleurs, si l’arrivée d’un enfant engendre les dépenses précédemment mentionnées, on peut s’attendre en contrepartie à une diminution de certaines autres dépenses au budget familial, dont les sorties. Quant à la garderie, s’il y a lieu, une place à 7$ par jour ne représente qu’un faible pourcentage du revenu, mais dans la perspective où ces places sont peu disponibles, une dépense de 25 à 35$ par jour pour une garderie non subventionnée peut davantage affecter un budget, même si elle est temporaire puisque la différence sera en bonne partie retournée aux parents lors du rapport d’impôt.

Alors, ça coûte cher ?

Beaucoup de choix influenceront les dépenses que peuvent engendrer l’arrivée d’un enfant, mais dans bien des cas, la diminution de revenu associée aux congés de maternité, paternité et parental est probablement le «coût» (ou l’investissement) principal des premières années. Quant aux fameux 180 000$, dans 16 ans j’aurai le verdict :)

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr M.ADA

Categories: Analyse Tags: , , ,

Un épineux dilemme ?

2929989223_f0ea37055b

C’est un classique à ce temps-ci de l’année. Alors, lequel avez-vous choisi ? Le sapin naturel ? Ou le synthétique ? Une solution originale pour bricoleur (et buveur) averti ou encore une plante (comme un Araucaria ou un cyprès) qui pourra jouer ce rôle durant plusieurs années?

C’est un choix qui peut se faire sur l’aspect esthétique (ou organoleptique), mais qui peut aussi intégrer des considérations écologiques, ainsi que financières. L’un des facteurs d’importance dans chacune des comparaisons est le nombre d’années durant lesquelles vous pensez réutiliser votre sapin artificiel.

L’aspect écologique

L’arbre coupé est une matière décomposable, elle peut être réutilisée par les municipalités qui les ramassent. Ce sapin de sept à dix ans aura accumulé quelques kilos de carbone dans sa matière ligneuse, on aura souvent utilisé de l’engrais et des pesticides pour le faire croître. Le sapin artificiel est fait de PVC et de métaux, sa production génère du carbone. Les deux doivent être transportés de leur lieu de production à leur lieu de vente et à de là à votre salon, mais le sapin artificiel étant souvent produit beaucoup plus loin, son empreinte carbone pour le transport est de beaucoup supérieure.

Ce que j’ai lu récemment, c’est que, selon une analyse d’une firme québécoise, l’avantage tournerait au sapin artificiel seulement à partir du moment où l’on garde le sapin artificiel plus de 20 ans. Je connais peu de gens qui le font. Il y a aussi quelques aspects peu souvent mentionnés:  la matière ligneuse (donc le carbone) accumulée par le sapin naturel sera dégradée dans les années subséquentes, ceux-ci étant généralement transformés en paillis, facilitant la dégradation microbienne et la libération de ce carbone. Quant à votre sapin artificiel, lorsque, après ses années de bons services, vous vous en débarrassez, il se retrouve généralement entièrement à l’enfouissement — bien que plusieurs composantes soient en théorie recyclables, je doute fort que votre municipalité l’accepte dans votre bac bleu.

L’aspect économique

On peut payer entre 200$ et 300$ environ pour un sapin artificiel. Et entre 30$ et 50$ pour un arbre naturel. On peut donc considérer que sur le strict point de vue du coût d’achat, il faut garder son arbre artificiel entre 4 et 10 ans – plus vraisemblablement entre 6 et 7 ans si vous êtes conséquents dans votre profil d’économe ou de plus dépensier. Cette simple comparaison ne tient pas compte notamment du fait que vous devrez acheter quelques accessoires supplémentaires pour votre sapin naturel (pied et lumières — pas les décorations car vous les achèterez dans les deux cas).

Conclusion

Mon choix personnel est ni l’un ni l’autre. J’aime mieux prendre soin à longueur d’année de mon «sapin» à l’allure non traditionnelle, qui devient plus grand à chaque Noël — son impact principal est donc probablement de nécessiter périodiquement l’achat de quelques décorations supplémentaires.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tiffa130

Réviser ses politiques d’achats (suite)

2364883451_334f39b1cd

J’avais débuté il y a quelques semaines en proposant une révision de nos politiques d’achats pour éviter notamment l’achat de poissons surpêchés et de papiers à usage domestique non faits de fibres recyclées, ainsi qu’en vous invitant à porter attention à la provenance d’une panoplie d’aliments, qui parcourent souvent bien des kilomètres avant de nous arriver alors que des produits plus locaux sont aussi disponibles. Que peut-on faire de plus ?

Surveiller le contenu

À moins de tout cuisiner à la maison, y compris sa crème glacée, ses biscottes et ses céréales, on achète à peu près tous des aliments préparés. Et sans qu’on y porte attention, certains ingrédients sont peu recommandables; ce peut être du point de vue de la santé (les gras hydrogénés par exemple), mais également à cause de leur impact écologique.

L’huile de palme est un cas qui a fait l’objet de campagnes de sensibilisation ces dernières années, dont une par Lush à l’été 2009 et une de Greenpeace en 2007. Ingrédient passe-partout pour des produits alimentaires autant que des cosmétiques, riche en gras saturés, la consommation mondiale de cette huile est en augmentation. Or, les palmiers qui servent à la produire sont cultivés notamment en Malaisie et en Indonésie, où les producteurs éliminent la forêt tropicale pour accroître les superficies de culture. Donc, en plus de porter probablement une importante empreinte carbone compte tenu de ses distances de transport, l’utilisation d’huile de palme est associée à la déforestation, de surcroît par brûlis, avec une perte d’habitat pour la faune qui s’y trouve, dont des populations d’orangs-outangs.

Un autre ingrédient que vous pourriez surveiller dans les produits disponibles en épicerie: les substances laitières modifiées. Le plus souvent importés, donc transportés sur de plus longues distances, ces produits, qui incluraient des concentrés de protéines et de l’huile de beurre, tendent à remplacer le lait dans la fabrication des yogourts, crèmes glacées et même des fromages. Des produits pour lesquels seuls du lait ou de la crème figurent aux ingrédients pourraient donc être à privilégier étant donné leur provenance moins lointaine.

S’intéresser au mode de production

Il y a la production biologique, équitable ainsi qu’une nouvelle mode… l’éthique. Si les fruits et légumes biologiques peuvent, dans plusieurs épiceries, continuer d’avoir piètre allure, l’offre semble s’améliorer et aussi se diversifier. Et si, en période estivale particulièrement, le fermier de famille peut avantageusement permettre de combiner un mode de production biologique et un kilométrage alimentaire moindre, dans les autres cas, les deux éléments sont rarement réunis. À l’épicerie, le biologique n’est plus non plus confiné aux produits frais: un nombre grandissant de produits transformés arborent une certification biologique, et les différences de prix ne sont souvent pas démesurées. La certification équitable semble pour sa part rester confinée à certaines niches dont le café et le cacao et, depuis peu, les bananes. Et si ce mode de production ne signifie pas nécessairement un impact écologique moindre, il est tout de même souvent aussi associé à de meilleures pratiques culturales.

Quant aux produits «éthiques» — c’est le terme que semblent adopter plusieurs multinationales du domaine alimentaire qui ont entrepris de se donner une image plus verte — il s’agirait souvent d’une combinaison de modes de production à impact réduit sur l’environnement et offrant de meilleures conditions pour les travailleurs, sans nécessairement aller au bout ni du concept de biologique, ni de celui d’équitable. Plusieurs de ces entreprises adoptent la petite grenouille verte de la certification de la Rainforest Alliance qui va dans ce sens et, à choisir entre deux thés, cafés ou chocolats au moment d’en embarquer dans votre panier, ce peut tout de même être un élément à considérer.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr a_rabin

Réviser ses politiques d’achats

Une part non négligeable de notre budget va aux produits d’épicerie. On peut bien sûr se limiter à remplir notre panier en fonction des rabais de la semaine, mais, lors de nos achats, un œil averti peut aussi faire une différence importante entre un choix à fort ou à plus faible impact écologique. On peut notamment substituer certains produits pour d’autres, filtrer selon la provenance, le contenu des produits, ou leur mode de production. Voici quelques idées pour s’y retrouver.

À substituer

Dans les mouchoirs, papiers hygiéniques et essuie-tout, il y a ceux fabriqué à partir d’arbres fraîchement abattus, et ceux faits de fibres recyclées. Comme on en consomme des quantités relativement importantes annuellement, et pour quelques secondes à peine avant de les jeter, on devrait viser à n’acheter que ceux faits de fibres recyclées. Greenpeace a réalisé il y a quelques années des guides distinguant les différentes marques selon ce critère, puisque les emballages ne l’indiquent souvent pas de façon adéquate. Le format du guide de Greenpeace USA est intéressant (avec notamment une application pour iPhone – plus pratique une fois devant l’étalage), mais peu adapté aux produits disponibles au Canada, pour lequel il ne semble exister que la version à imprimer offerte par Greenpeace Canada et qui date de quelques années.

Les choix réalisés au niveau des achats de poissons ne sont pas non plus dénués d’impact: il y a des méthodes de pêche qui sont beaucoup plus dommageables pour les écosystèmes, tandis que les stocks de certaines espèces sont en plus piètre état que d’autres. Les poissons d’élevage ne sont pas non plus une panacée, certains étant par exemple nourris à partir de plus petits poissons sauvages devant eux-mêmes être pêchés. Si vous vous débrouillez bien avec les noms communs des poissons en anglais, SeaFood Watch est très intéressant, avec une application pour iPhone et un guide de poche. Ils ont aussi un classement spécifique aux sushis et proposent pour chaque espèce à éviter des choix alternatifs. Sinon, il y a aussi Greenpeace Canada qui propose une Liste rouge d’espèces à éviter, sans joli format pratique toutefois.

La provenance

La question du kilométrage parcouru par un aliment est un élément à considérer sérieusement dans la révision de ses politiques d’achats, et pas uniquement dans le cas des fruits et légumes frais. De l’agneau de Nouvelle-Zélande, des céréales d’Allemagne, de l’ail de Chine… quand c’est indiqué. En jetant un coup d’oeil à la provenance d’un sac de légumes congelés, j’ai eu la surprise de constater que tout provenait de Chine, alors que pour la marque voisine, ça avait été produit et emballé au Québec ou en Ontario et que pour une troisième, rien n’était indiqué.

Pour les fruits et légumes frais, si on se limite à la production québécoise, on peut s’attendre à une variété plutôt faible pendant plusieurs mois — à moins d’avoir utilisé son congélateur à bon escient. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation propose un tableau qui donne un aperçu des légumes frais qu’on peut s’attendre à trouver selon les mois. Et pour comparer la provenance des fruits et légumes offerts dans les différentes chaînes, supermarches.ca peut s’avérer un outil intéressant qui pourrait permettre d’éviter d’acheter involontairement des asperges du Pérou ou des fraises de Californie en plein dans la période de récolte de celles du Québec…

Je vous reviens avec la suite prochainement.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Orin Zebest

Déposer son bilan

Le dépôt du bilan est une expression parfois utilisée pour désigner la faillite d’une entreprise. Alors, un article qui traite des faillites ?

Non. En fait, en ce jour du Blog Action Day sur le thème des changements climatiques, je vous propose, à vous qui gérez vos finances et équilibrez votre budget, de penser aussi à d’autres budgets qui vous sont associés. Et ceux-ci font l’objet de déficits récurrents.

Laisser sa trace

Votre existence tient à la disponibilité de ressources. Dans les années 90, le concept d’empreinte écologique a été développé pour illustrer l’ampleur de l’impact d’un humain sur son environnement. Une grande consommation de ressources est associée à une empreinte large et, multipliée par le nombre d’humains sur Terre, vise à faire réaliser la non durabilité d’un certain mode de vie en établissant le nombre de Terres requises pour répondre aux besoins de tous. Le calcul de l’empreinte écologique est généralement séparé en trois domaines qui sont l’alimentation, l’habitat et le transport, ce qui peut permettre d’identifier la catégorie contribuant le plus à votre impact global.

Une autre façon d’établir votre budget est de calculer votre empreinte en termes de production de gaz à effet de serre (carbon footprint — que je nommerai empreinte carbone) et d’utilisation d’eau (water footprint — empreinte eau). Moins imagé qu’un simple nombre de terrains de football, peut-être, mais certainement plus concret.

Ce qui coûte cher

En fait, l’empreinte carbone et l’empreinte eau deviennent surtout intéressantes lorsque le calcul tient compte non seulement d’une consommation directe (se promener en voiture ou prendre une douche, par exemple), mais également de l’eau utilisée et des gaz à effet de serre générés lors la production de tout ce que l’on consomme. Parce que la plus grande partie de notre impact n’est pas directe mais indirecte. Les chiffres peuvent être surprenants:

L’eau requise par la production de différents aliments:

Produit Eau requise (litres) Produit Eau requise (litres)
250 ml de bière 75 1 pomme de terre 25
250 ml de lait 250 1 pomme 70
250 ml de café 280 1 tomate 13
250 ml de vin 240 1 orange 50
250 ml de jus de pommes 152 1 hamburger 2400
250 ml de jus d’orange 136 1 sac de chips de 200g 185
250 ml de thé 35 1 feuille de papier 10
1 tranche de pain 40 1 t-shirt de coton 4100
10g de fromage 50 1 paire de souliers en cuir 8000
1 oeuf 135 1 microprocesseur 32

(Adapté de waterfootprint.org)

Et le carbone généré par quelques produits de consommation:

Produit Carbone généré (kg)
Manteau en polar 30
Détergent à lessive 14.1
Bottes en cuir 55
2 litres de lait 3.3
Voiture 44090
Un paquet de 6 bières 3.2

(Adapté de wsj.com)

La possibilité d’exiger l’inscription, sur un produit, de son empreinte eau ou carbone pour mieux confronter les consommateurs à cet aspect est régulièrement soulevée. Un projet concernant l’étiquettage de l’empreinte carbone des produits vendus dans les épiceries avait été lancé en Grande-Bretagne. L’idée a aussi été reprise en Australie pour suggérer l’affichage de l’empreinte eau des produits.

Établir son budget pour déposer son bilan

Il existe quantité de calculateurs pour calculer autant l’empreinte écologique que l’empreinte carbone et eau. Dans bien des cas, la nature des quelques questions laisse supposer des approximations plutôt grossières. D’autres calculateurs sont plus détaillés mais ne traduiront pas nécessairement de façon exacte la réalité québécoise. Pas facile d’établir son budget dans ces conditions !

En voici néanmoins quelques exemples:

Il existe aussi des applications destinées à l’iPod Touch/iPhone qui peuvent permettre un suivi serré, dont Carbon Calc et Carbon Tracker dans le cas de l’empreinte carbone.

Économiser sur le dos de ses enfants

Parmi les dépenses associées à un enfant, le linge est une catégorie non négligeable. Après quelques semaines parfois, ou une saison au plus, il faut remplacer par plus grand. Et le prix en magasin du linge pour enfant n’est généralement pas proportionnel à la quantité de tissu requise pour le produire. Bref, c’est plutôt cher. Voici donc quelques possibilités pour réduire quelque peu ces coûts. Si vous êtes dans la situation de disposer de montagnes de linge devenu trop petit, cela peut aussi vous être utile pour savoir comment en faire bénéficier d’autres.

  • Don ou prêt de boîtes de linge: vous connaissez quelqu’un qui a un enfant un peu plus vieux que le vôtre et qui vous donne ou prête son linge devenu trop petit. Pour le rapport qualité-prix, c’est difficile à battre. Et même si tout ne correspond pas parfaitement à vos goûts, ça ne vaut pas la peine de s’en passer. Par contre, si du linge de garçon peut être utilisable pour une petite fille, on peut penser que dans la situation inverse le contenu de la boîte risque d’être peu utilisé.
  • Friperies: on peut différencier plusieurs types de ces commerces de vêtements usagés. Il y a les petites boutiques qui, souvent, ne vendent que du linge de bonne qualité en excellent état, à des prix beaucoup plus raisonnables que du neuf. Évidemment, chaque pièce n’est généralement disponible que dans une seule grandeur — à moins de tomber sur des lors d’articles neufs invendus par exemple. On ne s’y rend donc généralement pas avec une idée préconçue d’un morceau en particulier. Autres types de friperies: les «grandes surfaces» et les comptoirs vestimentaires. Dans les deux cas, la qualité est très variable (le tri semblant moins serré) et il faut être prêt à fouiller pour trouver. Quant aux prix, ceux des grandes surfaces peuvent être étonnament élevés (pour de l’usagé) tandis que ceux des comptoirs, organismes à but non lucratif, sont généralement très bas.
  • Les sites de petites annonces sur Internet: pour se procurer un «lot» de linge (correspondant souvent à tout ce qui a été porté durant une saison ou un an par l’enfant du vendeur), les petites annonces peuvent être un bon filon. Pour maximiser l’usage, s’assurer que les vêtements courts et longs correspondront aux saisons où votre enfant aura à les porter. Bien sûr, il y a de tous les genres, mais en surveillant durant quelque temps, on peut trouver de bonnes affaires.
  • Ebay: on retrouve une quantité phénoménale de linge neuf et usagé à vendre sur ebay. L’avantage d’y acheter du linge pour enfant par rapport au linge pour adulte, c’est que même si les grandeurs effectives d’un «12 mois» ou d’un «3X» varient selon les marques, les chances sont fortes pour que cela fasse tout de même dans un futur plus ou moins rapproché. Il faut toutefois porter attention aux frais de poste des articles et, pour éviter qu’ils ne vous coûtent plus que le prix de l’article lui-même, mieux vaut viser des lots de plusieurs articles à la fois. Pour des lots de certaines marques prisées, les enchères peuvent monter de façon surprenante. Enfin, comme les vendeurs tiennent généralement beaucoup à leur réputation, les descriptions sont très précises et justes.
  • Picasa, photobucket et probablement d’autres: beaucoup utilisent ces outils pour publier des photos de morceaux de linge pour enfant et se constituer ainsi de petites friperies virtuelles, comprenant souvent uniquement le linge trop petit de leurs propres enfants. On peut soit débuter en visitant les sites de personnes qu’on connaît ou qui s’affichent dans les petites annonces, visiter ensuite au hasard ceux de leurs contacts et cheminer ainsi ou, pour Picasa du moins, faire sur l’ensemble du site des recherches avec des mots-clés, par exemple «neige 24 mois».

Tout ce qui précède visait principalement le linge usagé. Je ne vois guère de raison, pour les bébés et les jeunes enfants, de vouloir se procurer à tout prix du neuf, pas plus au niveau financier qu’environnemental. De toute façon, on en reçoit déjà une bonne quantité en cadeau. À titre de complément, pour se procurer des articles moins disponibles dans l’usagé, on peut viser les ventes dans les magasins une fois les articles rendus hors-saison. Évidemment, ça revient à magasiner pour l’année suivante, ce qui nécessite d’avoir une bonne idée des grandeurs qui seront susceptibles de convenir à ce moment, un exercice qui peut sembler périlleux lorsqu’on débute dans le domaine.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Micah Sittig

Categories: Analyse Tags: , , ,

Éviter un peu plus de papier

J’avais déjà abordé la façon de s’éviter de recevoir des circulaires à la porte et dans votre boîte aux lettres (et de les consulter autrement), de même que les manières de gérer ses factures sans le fardeau de les recevoir sur papier. Toujours dans la même veine, est-ce qu’il vous arrive encore de consulter un annuaire téléphonique papier ? Si vous ne vous souvenez pas de la dernière fois, mais que vous empilez tout de même quelque part (dans le fond d’une armoire ou directement dans le bac de recyclage) la panoplie de petits et gros annuaires qui vous sont livrés chaque année, vous avez maintenant les moyens de l’éviter.

Vous pouvez vous désinscrire de ces livraisons intempestives sur le site du Groupe Pages Jaunes. Pour que ce soit effectif pour l’année en cours, on nous impose toutefois de le faire 60 jours avant la prochaine livraison. Et comme le lien qui devrait nous mener au calendrier de livraison n’existe pas, pas moyen de savoir si vous le ferez à temps cette année…

Pour vous permettre de trouver ce que vous cherchez sans avoir recours au papier, la compagnie vous propose différentes applications permettant de consulter le contenu de ses annuaires à partir de votre iPhone ou autre.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr edkohler

-->