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Archive for octobre, 2010

Gestion de feuilles

octobre 21st, 2010 Soeur économe 1 comment
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Que faites-vous des feuilles qui atterrissent en grand nombre sur votre terrain ces temps-ci, outre le traditionnel concours entre voisins à celui qui aura mis au bord de la rue le plus grand nombre de sacs ? Dans le but d’inverser cette tendance et, au contraire, de profiter au maximum de cette manne tout en réduisant la nécessité de préparer et faire ramasser de nombreux sacs, voici mes suggestions pour en disposer chez soi, en ordre de préférence:

- Laisser tomber: non applicable pour la pelouse, mais pour les plates-bandes et sites très ombragés, on a tout avantage à laisser les feuilles là où elles daigneront tomber. Pour peu qu’il s’agisse de feuilles de bouleau ou de peuplier ou d’érable rouge, notamment, dès le printemps les feuilles en question seront en grande partie dégradées mais auront entretemps permis de protéger les racines du gel et d’enrichir le sol. Bien sûr, s’il se forme une couche épaisse de feuilles de chêne ou d’érable de Norvège, un effort printanier sera nécessaire pour les disperser un peu puisqu’elle sont moins aisément dégradables.

- Pousser: au pied des haies, derrière les arbustes, on peut faire disparaître de grandes quantités de feuilles sans avoir à faire l’effort de les mettre dans des sacs. Elles y joueront de surcroît un rôle tout à fait bénéfique.

- Composter: un apport de carbone à votre compost domestique est toujours le bienvenu. Intéressant notamment lorsqu’il faut ramasser des feuilles mouillées par la pluie si votre bac à compost est généralement fermé et que la matière a donc tendance à peu se décomposer par manque chronique d’eau. Également, on peut mettre de côté des sacs de feuilles (sèches dans ce cas-là) qu’on aurait déjà remplis afin de disposer de matière pour équilibrer son compost l’été prochain.

- Déchiqueter et pailler: applicable sur des feuilles sèches, la technique qui consiste à passer la tondeuse (installez-lui son sac) dans un tas de feuilles permet de les déchiqueter en petits morceaux qui deviennent alors une matière idéale à appliquer dans les plates-bandes et autour des arbres et des arbustes. Un très bon paillis, donc, avec tous les bénéfices qu’on lui connaît — réduction des mauvaises herbes et des besoins en arrosage, amélioration des qualités du sol. Sinon, le déchiquetage préalable a au moins comme avantage de réduire grandement le nombre de sacs de feuilles mis à la rue.

À éviter, surtout si vous avez des tendances compulsives comme mon voisin, l’aspirateur à feuilles qui, en plus de jouer avec les nerfs des habitants du quartier par son bruit infernal, pourrait vous amener à vouloir extirper de votre terrain toute trace du plus petit morceau de feuille, voire de tenter de les aspirer directement sur les arbustes. Avec notamment pour conséquences un compactage grandissant et un appauvrissement et progressif du sol de vos plates-bandes que vous devrez ensuite combler à renfort de sacs de terre et d’engrais.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr  sugarfrizz

S’acheter du crédit

octobre 7th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes générerait presque autant de gaz à effet de serre que l’utilisation d’une petite voiture durant un an. Plus de trois tonnes d’équivalent CO2. Certaines compagnies aériennes, dont Air France, Air Canada et plusieurs autres, proposent à leurs passagers d’acheter des crédits permettant de «compenser» les gaz à effet de serre générés par leur voyage. Une bonne idée ou encore du greenwashing ?

À l’échelle mondiale, les vols d’avion représenteraient entre 4 et 10% de la contribution humaine à l’augmentation des gaz à effet de serre. Et les distances totales parcourues sont en augmentation. De surcroît, comme les émissions de gaz provenant des avions se produisent dans la haute atmosphère et non au niveau du sol, leur impact est plus important que le nombre de tonnes qui en résulte pourrait l’indiquer. Pour peu qu’une personne réalise quelques voyages en avion, ceux-ci représentent probablement une part majeure de son empreinte carbone individuelle.

Comment les crédits fonctionnent-ils ? Qu’on achète ces crédits directement à l’achat d’un billet d’avion ou par la suite auprès d’une entreprise spécialisée dans le domaine, le montant payé sert à financer des projets permettant de soulager l’atmosphère d’une quantité équivalente de gaz à effet de serre dans un autre lieu. Il faut se défaire de l’idée que ça revient nécessairement à «planter des arbres». En fait, la plantation d’arbres est, par beaucoup, vue comme un moyen relativement peu efficace de compenser les émissions, pour plusieurs raisons. Ainsi, la totalité de la quantité produite n’est alors compensée qu’après de nombreuses années de croissance d’un arbre et non à court terme; le réservoir de carbone constitué par l’arbre est anéanti si un incendie ravage la plantation ou si l’arbre est éventuellement utilisé pour des produits non durables. Les projets de réduction d’émissions à valoriser seraient plutôt de ceux qui viseraient une transition vers des énergies renouvelables ou l’amélioration du rendement énergétique, notamment.

Mesure valable ou pas ? Certains organismes environnementaux dont la Fondation David Suzuki présentent la compensation des gaz à effet de serre comme une alternative valable pour la portion de notre production qu’on ne peut raisonnablement réduire en changeant nos habitudes de vie. D’autres organismes dénoncent justement l’effet déculpabilisant et l’illusion de cette dépense somme toute faible qui nous justifierait de ne rien changer à notre mode de vie à production élevée de CO2. L’absence de norme universelle garantissant la valeur des crédits vendus est un autre argument des détracteurs, encore que plusieurs normes reconnues se sont développées dans le domaine dont Gold Standard.

Selon les fournisseurs, la compensation d’un aller-retour Québec-Paris pour deux personnes peut coûter de 40 à 120$. Deux fois plus environ si on veut tenir compte de l’impact accru des émissions en haute atmosphère. Si le concept vous intéresse, la Fondation David Suzuki et l’Institut Pembina ont réalisé une évaluation de différents fournisseurs de crédits de carbone que vous pouvez consulter afin de choisir un fournisseur… crédible.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr peasap

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