Plantez… bien

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Mai est un mois où il s’effectue des distributions d’arbres un peu partout (le programme Mon arbre à moi pour souligner l’arrivée d’un nouvel enfant, ainsi que plusieurs municipalités, arrondissements et autres organismes dans toutes les régions). C’est aussi un moment propice pour réaliser des achats réfléchis ou tout à fait impulsifs dans les centres jardins qui offrent une grande variété de végétaux. Quelques trucs pour vous éviter de dépenser pour rien et pour donner une chance à vos protégés de croître raisonnablement.

Ne pas nuire

En choisissant l’espèce et l’emplacement de la plantation, il faut penser en fonction du futur. La hauteur et l’envergure à maturité doivent faire partie des données considérées, ne serait-ce que pour lui éviter de devoir subir une coupe en Y sous les fils électriques ou d’empiéter indûment chez le voisin. Sur le site d’Hydro-Québec on retrouve un répertoire de plusieurs centaines d’espèces pour lesquelles la distance minimale recommandée avec des fils électriques est présentée. Leur guide papier est encore plus complet pour une panoplie d’autres renseignements relatifs aux espèces.

L’ambition racinaire peut aussi être un point à considérer. Certains craignent l’intrusion des racines dans des drains ou des conduites, une situation qui serait toutefois susceptible de se produire surtout dans le cas d’espèces vraiment assoiffées comme les saules, ou lorsque les conduites présentent déjà des fuites. Également, un arbre à enracinement important et superficiel serait peu approprié tout à côté d’une piscine hors-terre par exemple, puisqu’il pourrait affecter éventuellement sa stabilité.

Des conditions raisonnables de croissance

Pour espérer qu’un arbre survive et prospère, il faut choisir un emplacement qui ne convient pas seulement à nos considérations esthétiques ou pratiques (on peut viser à se créer de l’ombre et, selon l’orientation, réduire un peu l’augmentation de la température de notre maison l’été), mais qui lui conviendra aussi. Ainsi, dans des secteurs où la neige est soufflée sur les terrains l’hiver, il s’avère peu approprié de planter un arbre dans la zone de soufflage (à moins d’aimer vraiment installer à chaque automne d’affreuses structures de bois pas toujours très efficaces). De même, la plupart des conifères et certains feuillus sont sensibles aux sels de déglaçage alors vaut mieux les en éloigner raisonnablement.

Il faut aussi considérer que certains arbres toléreront l’ombre d’autres arbres (mais nécessiteront quand même peut-être plus d’eau que ce que ces arbres bien installés daigneront bien lui laisser), tandis que d’autres auront besoin d’un plein ensoleillement pour assurer leur croissance.

Sur bien des terrains, on n’est pas certain du sol qu’on retrouvera avant d’avoir creusé puisque le matériau de remplissage est plutôt hétérogène. Vaut mieux vérifier avant de planter, et ne pas tenter de créer un sol idéal en ajoutant simplement de la «belle terre noire», ce qui ne servira pas du tout la cause de l’arbre planté. Un bon paillis à la base est cependant une aide raisonnable à offrir à une nouvelle plantation, de même qu’un ajout de mycorhizes qui faciliteront son acquisition de nutriments. Oubliez les tuteurs que je classe parmi les pertes de temps dans la plupart des cas.

Des espèces raisonnables

Choisissez une espèce en fonction des conditions que vous pourrez lui offrir et non en fonction de ses fleurs ou de sa grandeur au centre jardin, autrement vous risquez fort d’être déçu. La zone de rusticité d’une espèce n’est pas à négliger puisqu’un arbre qui se trouverait dans une zone d’un nombre plus faible que sa limite est susceptible de voir ses bourgeons geler durant l’hiver et de développer un air plutôt maladif voire de geler complètement durant un hiver plus difficile. Le répertoire en ligne d’Hydro-Québec indique la zone de rusticité des espèces, ne reste plus qu’à identifier la vôtre !

Il faut disposer d’un espace suffisant pour l’espace que nécessitera l’arbre une fois à maturité, autrement vous vous créez la nécessité de le tailler et provoquerez ainsi autant de plaies qui deviendront des portes d’entrées pour des organismes pathogènes. Je suggère également d’éviter les espèces greffées, «horticuturellement difformes», mutilées pour l’esthétisme et autres aberrations du genre, à moins d’être prêts à vous acharner de façon récurrente à les tailler et les protéger pour en maintenir l’allure non naturelle.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr woodleywonderworks

4 réponses pour “Plantez… bien”

  1. Moi j’ai réparti l’investissement en temps et en argent sur 4 ans. Ainsi, je peux évaluer à chaque saison ce que je pourrais faire pour «combler tel ou tel trou» dans mes plates bandes. J’en suis à l’an 3 et avec les plantations qu’il me reste à faire cet automne, je serai amplement satisfaite de mon terrain qui fleurira et verdira de mai à octobre et comptera plusieurs plants matures. Pour ma part, je crois qu’une des solutions les plus simples pour économiser en la matière est d’accepter de se salir les mains, et de planifier les travaux sur 3 à 5 ans. Si par exemple tout laissait croire que X plant se porterait à merveille dans l’emplacement Y mais que ce n’est pas le cas, l’année suivante si le plant n’est pas mort on pourra essayer de le changer de place!

    Bel article et merci pour les références au sujet du guide d’Hydro Québec que je ne connaissais pas. Aussi, au sujet de la terre de remplissage… j’ai eu moi-même nombre de surprises quand j’ai fait mes aménagements: du sable, de la terre rouge, de la glaise, de la poussière de pierre… et les racines d’un saule pleureur qui fut jadis planté au milieu de mon terrain, puis enlevé mais ses vieilles racines n’ont pas fini de se décomposer plus de 10 ans plus tard!!!

  2. Je suis d’accord avec l’idée d’étaler ses aménagements sur une certaine période plutôt que de tenter de tout faire précipitamment. Une plate-bande par année, m’avait recommandé un collègue.

    Une autre façon d’économiser est de privilégier les « emprunts » dans les plates-bandes de la famille et des connaissances plutôt que d’aller faire des razzias dans les centres de jardinage. Évidemment plus applicable aux vivaces qu’aux arbustes.

  3. Il y a aussi le magasinage tôt et tard en saison, pour acheter des plants vivaces à 99cents :-). Je me suis aussi construit un «réseau d’échange» de plantes! Si on le fait pour les vêtements, pourquoi pas pour la verdure?

    Pour les arbustes… outre les lilas qui drageonnent et que l’on peut partager facilement, non je ne vois pas vraiment d’alternatives… outre demander des graines des arbustes qui nous intéressent et prendre le temps de les partir à zéro 🙂 mais ça, c’est pas mal plus d’ouvrage!

  4. Dans les arbustes, il y a également les rosiers (notamment le rosa rugosa) et les framboisiers dont les drageons peuvent facilement être offerts à qui en veut bien. Mais sinon, les possibilités d’échanges sont effectivement plus limitées.

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