Loto-REÉÉ ?

1446603754_f61be19166

Il y a quelques semaines, l’émission La Facture de Radio-Canada présentait un reportage sur les problèmes de certains parents face à des contraintes posées par le régime enregistré d’épargne études (REÉÉ) auquel ils avaient cotisé. On y mentionnait entre autres qu’un enfant sur quatre ne touchait pas à l’argent qui avait été placé pour lui. Alors, les REÉÉ, est-ce vraiment intéressant ?

Le concept et son intérêt

On dépose régulièrement de l’argent dans un compte destiné aux études futures de notre enfant et, pour chaque dollar qu’on y dépose, les gouvernements y versent aussi de l’argent. Le gouvernement fédéral complète avec un montant correspondant à 20%, 30% ou 40% du dépôt, selon le revenu des parents; ça porte le nom de Subvention canadienne pour l’épargne-études. Au total, le gouvernement fédéral peut verser jusqu’à 7200$ par enfant. Quant au gouvernement québécois, l’incitatif québécois à l’épargne-études ajoute 10% du montant déposé jusqu’à un maximum de 250$ par année et de 3600$ au total. Dans les deux cas, des mesures supplémentaires sont offertes aux familles à faible revenu. L’argent versé dans un REÉÉ et celui qui y est ajouté par le gouvernement n’est pas imposable jusqu’à ce qu’il soit versé au bénéficiaire et le revenu de celui-ci étant généralement faible, il pourra ne pas avoir à payer d’impôt.

Les contraintes

Le reportage de La Facture portait sur le cas particulier des REÉÉ dit collectifs qui sont contractés auprès de fondations (en l’occurrence, au Québec, une seule). Il existe aussi les REÉÉ dits individuels et familiaux, qu’offrent plutôt les institutions financières. Si les fondations offrant des REÉÉ collectifs annoncent des rendements «supérieurs», plusieurs contraintes viennent aussi avec: des frais d’adhésion (non remboursables) élevés et un contrat qui engage les contributeurs à verser des sommes constantes sur plusieurs années et les décourage fortement de changer d’idée avant la fin sous peine de pénalités. Également, pour les REÉÉ collectifs, c’est la fondation qui établit les stratégies de placement, alors que pour les autres REÉÉ, ce sont les souscripteurs qui peuvent sélectionner les types d’investissements en fonction de leur tolérance au risque (comme pour des RÉER).

Donc si, après plusieurs années de contribution disciplinée, l’enfant désigné ne faits pas d’études, qu’advient-il des sommes ? (Il faut dire que toutes les études ne sont pas admissibles non plus, ce qui est vrai dans tous les cas mais semble plus contraignant au niveau des REÉÉ collectifs). Il y a la possibilité de changer d’enfant bénéficiaire. Sinon, les subventions versées retournent au gouvernement. Dans le cas des REÉÉ collectifs, il semble que la fondation remette le capital aux parents et garde les intérêts pour les redistribuer aux autres enfants de la même cohorte (de là les rendements élevés mais aussi mon impression de loterie); pour les REÉÉ individuels et familiaux, les parents se verraient plutôt offrir la possibilité de convertir les sommes en REER.

Pour bien choisir

L’Union des consommateurs présente une série de recommandations aux parents songeant à cotiser à un REÉÉ. Ressources humaines et Développement des compétences Canada vous permet de consulter une liste de tous les fournisseurs reconnus de REÉÉ.

Et pour éviter de vous faire harceler, mieux vaut inviter de fournir gracieusement vos coordonnées aux organisations en remplissant des coupons de pseudo-concours lors de salons et autres occasions…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Will Hale


4 réponses pour “Loto-REÉÉ ?”

  1. Je souhaite simplement apporter une précision concernant les REÉÉ collectifs. S’il est vrai qu’une seule fondation offrant des régimes collectifs a son siège social au Québec l’ensemble des fondations canadiennes (au nombre de six) offre leur régime au Québec. Si les parents préféraient un régime collectif, Universitas n’est donc pas la seule fondation ou il est possible d’investir au Québec.

  2. Effectivement, et ces six fondations permettent bel et bien d’obtenir les sommes prévues par l’incitatif québécois à l’épargne-études. La liste de toutes les organisations participantes à la mesure québécoise se trouve à http://www.revenu.gouv.qc.ca/fr/citoyen/credits/credits/iqee/fournisseurs_reee.aspx

    Par contre, outre Universitas, la présence québécoise des cinq autres fondations semble se limiter, au mieux, à quelques représentants établis dans la région de Montréal.

  3. Ayant signé un contrat (deux en fait) avec Universitas, j’avais retenu que je devais privilégier un régime transférable d’un enfant à un autre, ouvert aux formations du DEP à l’Université et transformables en RÉER (mais perte de la subvention).

    Honnêtement, la présentation que fait le représentant est plutôt complexe et mise surtout sur le fait que les études supérieures seront inabordables dans 20 ans. Par contre, on ne nous projette pas l’évolution éventuelle du salaire moyen en comparaison avec l’évolution du coût des études. En cela, je trouve qu’on nous présente une information biaisée.

    Je regrette un peu d’avoir fait affaire avec eux, notamment parce qu’on ne peut pas interrompre les versements. Aussi, parce qu’on nous fait sentir coupables de ne pas vouloir financer à 100% les études post-secondaires de nos enfants. Personnellement, mes parents n’ont pas financé mon cégep ni mon université, j’ai dû travailler pour étudier et je n’en suis pas morte. Je n’avais pas de voiture jusqu’à ma dernière année de bac, j’ai dû en acheter une pour mon travail. J’ai mangé des pâtes à la soupe en canne en masse. Et honnêtement, je crois que ça fait partie de mes apprentissages qui m’ont le plus apporté jusqu’à aujourd’hui.

  4. Wow! Je n’en reviens pas comment cet article est plein de faussetés à propos des REEE collectifs (qui peuvent être autant individuels que collectifs), de ce qui advient des investissements si l’enfant de ne va pas aux études postsecondaires (en passant, Universitas s’engage à remettre en entier l’investissement à l’investisseur une fois les dépôts terminés, ce qui n’a pas été le cas des autres fondations dans mon cas). Un autre détail à ne jamais prendre à la légère: il s’agit d’un investissement à long terme et non d’un compte d’épargne où vous pouvez retirer n’important quand et arrêter les dépôts n’importe quand. Je suis conseiller financier depuis des années et je me rends compte que la clientèle francophone ne semble pas adapté à ce concept d’engagement et d’investissement pour des besoins futurs. Les REEE vont dans ce sens. Si vous ne vous sentez pas tout à fait à l’aise d’investir à long terme, il existe des termes plus cours (5 ans, 10 ans, annuel, mensuel et même des dépôts unique). Je suis représentant d’une Cie d’assurance qui offre des REEE mais j’ai préféré investir dans des régimes collectifs dont les résultats sont plus intéressants. J’en ai choisi 3: CST, Global et Universitas. Toutes les 3 en investissement collectif afin de ne pas avoir tous mes oeufs dans le même panier. Ma fille a maintenant terminé ses études postsecondaires. Pour le même argent investi dans ces 3 fondations, de loin, Universitas m’a donné le meilleur retour sur mon investissement même si ma fille n’a pas complété suffisamment d’études jusqu’ici pour avoir son dernier paiement… mais il lui reste encore 13 ans pour la demander.

    Bref, informez-vous avant d’investir, sachez combien vous pouvez investir et sur combien de temps. Un REEE, c’est un contrat. Si vous avez des doutes, consultez une personnes plus qualifiée dans le domaine des finances.

Les commentaires sont fermés.