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Archive for mars, 2010

Combien ça vaut, un régime de retraite?

mars 30th, 2010 Sourire Comments off
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Note d’Ebenezer: Chantons, dansons! Sourire nous a pondu un autre article sur les régimes de retraite. Si vous voulez lire ses articles précédents sur le sujet, c’est par ici!

J’avais promis un article sur la valeur d’un régime de retraite pour un individu, article que j’ai grandement tardé à livrer. En fait, s’il est difficile d’attacher un chiffre précis à un régime de retraite pour l’ensemble de ses participants, cela s’avère encore plus difficile pour un individu en particulier. On ne peut plus compter sur la loi des grands nombres!

Je vais tracer un parallèle avec une assurance automobile. La plupart des années, on peut avoir l’impression d’avoir payé pour rien, vu qu’on n’a fait aucune réclamation. Pourtant, nonobstant le caractère obligatoire d’une telle assurance, je pense que la plupart des gens avisés ne songeraient pas à ne pas s’assurer. Avec une assurance automobile, je pense qu’on achète d’abord et avant tout une tranquillité d’esprit.

C’est un peu pareil avec un régime de retraite: il procure une tranquillité d’esprit. Que l’on vive longtemps ou non, on est certain de ne pas se retrouver sans source de revenu. Que la bourse s’effondre ou s’envole, on a une certaine assurance de recevoir sa rente encore le mois prochain, et le suivant, et l’autre d’après! En fait, la principale doléance de ceux qui ont droit à une rente d’un régime de retraite a souvent trait à l’absence de pleine indexation.

Mais cela ne répond toujours pas à la question: combien ça vaut, un régime de retraite? Eh bien, l’une de mes caractéristiques étant la prudence typique de ceux que la profession actuarielle attire, j’hésitais à me prononcer! Or, un article paru dans le numéro de février/mars 2010 de MoneySense est venu à la rescousse!

« Research shows that if you retire at age 65 [...] you would need a nest egg that’s 25 times the annual amount you plan to withdraw to ensure little risk of ever running out of money.» En français, cela veut dire que, pour une retraite à 65 ans, selon les études, il faut avoir des économies égales à 25 fois le montant annuel désiré pour encourir un faible risque de se retrouver sans le sou.

Et pour prendre sa retraite à 55 ans, «research suggests that you should multiply your cash flow needs by about 33», ce qui  veut dire que le multiple nécessaire augmente à environ 33.

Donc, par exemple, pour avoir 50 000 $ par année à vie, il faudrait avoir accumulé 1 250 000 $ si on prend sa retraite à 65 ans, ou 1 650 000 $ à 55 ans.

Je rappelle que les études ont calculé le montant à prévoir pour que le risque d’épuiser ses économies soit faible, et non nul. C’est une nuance importante! Même pour les régimes de retraite, la certitude n’est pas à 100 %, mais dépend de la survie de l’entité qui offre le régime de retraite ou de l’achat par cette entité de rentes auprès d’une compagnie d’assurances. Or, quand on parle du gouvernement — l’article de David Aston traitait du cas d’un couple de fonctionnaires fédéraux — on est plutôt pas mal certain de ne pas voir sa rente diminuée à cause de difficultés financières de la compagnie!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr TommyClicks
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Sondage sur les modes de paiement

mars 23rd, 2010 Ebenezer 1 comment
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Je parle régulièrement des modes de paiement sur jesuispauvre.com (les chèques, les cartes de crédit, le téléphone, etc.) et c’est effectivement un sujet à la fois fascinant et important dans le domaine des finances personnelles. L’Union des consommateurs est de toute évidence d’accord avec moi puisqu’elle vient de publier les résultats d’un sondage sur les modes de paiement.

Domination de la carte de crédit

On y découvre que la carte de crédit est le mode de paiement le plus populaire, assez loin devant la carte de débit et l’argent comptant (on ne s’étonnera pas que les chèques ne figurent pas parmi les options…). Le communiqué mentionne que «la carte de crédit est en train de surclasser la carte de débit», ce qui concorde avec les récentes affirmations du réseau Interac qui réclamait le droit de changer sa structure.

Je m’inquiète toutefois du fait que 20% des répondant ne paient leur solde de carte de crédit qu’occasionnellement ou moins souvent! Ces gens doivent s’appauvrir très très rapidement…

Les frais des commerçants

Le sondage s’est préoccupé (tout comme nous par le passé) des frais qui sont chargés aux commerçants lorsque nous utilisons notre carte de crédit pour payer. Premièrement, de façon assez évidente, les frais de transactions sont un facteur important ou moyennement important pour plus de 83% des répondants lorsque vient de le temps de choisir un mode de paiement.

Par contre, plus de 50% (52,1) des répondants pensent que cette situation ne concerne que le commerçant et son institution financière. Je pense que cette moitié de la population a tort! La meilleure façon de faire jouer la compétition et de garder les frais de transactions au minimum me semble de faire payer les frais par ceux qui font le choix du mode de paiement. Ainsi les différents joueurs (Interac, Visa, Mastercard et de nouveaux compétiteurs, peut-être) auront tout intérêt à rivaliser d’ingéniosité pour minimiser les frais chargés lors des transactions.

Présentement, ces même joueurs sont encouragés à augmenter les frais de transactions en nous offrant une portion de cette augmentation en récompenses qu’on pense gratuites.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr whiteafrican
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L’intérêt de la corde à linge

mars 20th, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a différentes raisons pour attendre avec impatience le printemps, mais l’une d’entre elles peut être de pouvoir recommencer à utiliser sa corde à linge. Une habitude en voie d’extinction ? Le blogue The Daily Green le classe en tout cas parmi ses Lost Household Arts. Elle comporte cependant plusieurs avantages.

Établissons-le dès le début, la séchage du linge sur la corde (ou autre accessoire équivalent) risque peu de faire diminuer de façon sensible votre facture d’électricité. Une ou quelques dizaines de dollars, au total, avec différentes hypothèses de calcul à partir de l’outil disponible sur le site d’Hydro Québec. Probablement davantage si vous vous rendez à la buanderie.

À l’échelle d’une province, cela peut néanmoins représenter une somme non négligeable de kilowatts-heures. Assez pour que l’Ontario adopte en 2008 un règlement interdisant… les règlements municipaux interdisant les cordes à linge, de même que toute condition restrictive à cet effet dans les baux et conventions de copropriétaires notamment pour des maisons en rangée. Plusieurs États américains ont aussi fait de même.

Au Québec, il existe encore des règlements interdisant les cordes à linge dans plusieurs municipalités. J’ai d’ailleurs appris que ma corde à linge avait été dans l’illégalité jusqu’à ce que les règlements municipaux des anciennes municipalités fusionnées à Québec soient harmonisés en 2009. On peut imaginer que ce ne sont probablement pas les règlement dont le respect est suivi de plus près par les municipalités, ce qui n’empêche pas de trouver le principe agaçant.

Outre économiser un peu, vivre parfois dans l’illégalité et égayer sa cour de couleurs vives, qu’apporte le séchage sur la corde à linge ? On peut aimer la fragrance que la brise donne aux vêtements et autres textiles qu’on suspend (cela permet à tout le moins de se rendre compte que les fragrances artificielles comportant le mot «brise» n’ont vraiment rien à voir avec la vraie). Par contre, contre des taches tenaces sur des tissus, l’exposition au soleil est vraiment efficace. Surprenant, même. Un must pour les couches lavables, notamment.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr tauntingpanda

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Fermiers de famille et autres fournisseurs locaux

mars 16th, 2010 Soeur économe 1 comment
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L’an dernier à la même période, je vous suggérais de penser à devenir partenaire d’un fermier biologique de votre région et de profiter de paniers hebdomadaires de ses produits. Une liste de producteurs est disponible sur le site d’Équiterre; il existe également des producteurs appliquant le même concept sans faire partie de ce réseau. Même durant les étés moins prolifiques, les producteurs rivalisent d’ingéniosité pour offrir chaque semaine une sélection intéressante d’aliments et faire réaliser des découvertes à leurs partenaires. Par contre, si un engagement pour toute une saison vous semble trop contraignant ou si vous craignez d’être ensevelis sous la verdure, il existe d’autres possibilités.

- Écomarchés: vous sélectionnez les aliments frais et autres produits locaux qui vous intéressent à partir de votre ordinateur, puis vous passez chercher votre commande à un point de chute. Pas de contrat pour la saison et pas de sélection imposée d’aliments. On trouve notamment de ces écomarchés virtuels en Beauce, dans Charlevoix, en Estrie, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie. Avec un concept semblable, si vous êtes dans la grande région de Montréal, vous pouvez bénéficier d’une livraison à la maison.

- Marchés publics: les marchés publics sont nombreux durant la période estivale. On en compte plus d’une cinquantaine à travers le Québec. Si s’y procurer des aliments produits localement est évidemment aisé, en acheter qui sont certifiés biologiques peut par contre nécessiter une consultation plus exhaustive des étalages.

- Épiceries: j’en avais déjà traité, la plupart des épiceries offrent des aliments produits localement et des aliments biologiques, mais rarement les deux à la fois pour un même aliment. Et, entre les deux, que privilégier ? À vous de voir. Outre les aliments frais, si vous cherchez à vous procurer des produits fins d’origine québécoise, une initiative digne d’un certain intérêt est celle du Marché de chez nous offert par les épiceries IGA, en collaboration avec l’UPA. Vous faites votre choix en ligne parmi la sélection offerte, vous déterminez une épicerie de la chaîne dans votre secteur, vous payez en ligne et vous passez chercher votre commande après quelques jours. Ce ne sont pas exactement des produits locaux (puisqu’ils peuvent venir d’une autre région ou auront vraisemblablement transité par un centre de distribution), mais ça peut permettre d’accéder à des produits québécois que les épiceries ne tiennent pas en stock.

Un bon choix ?

Il y a quelques semaines, l’Institut économique de Montréal a publié une «note économique» sur l’achat d’aliments locaux, pas nécessairement, selon les données des auteurs, toujours avantageux au niveau de l’empreinte carbone. Vous pouvez peut-être garder cette préoccupation en tête lors d’achats de tomates en épicerie en saison hivernale mais, pour l’été à venir, je considère qu’il n’y a vraiment rien là-dedans pour s’empêcher de se trouver un fermier de famille, de commander dans un écomarché ou de visiter un marché public.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr masatoshi_

Le jeu du budget L’actualité.com

mars 13th, 2010 Ebenezer Comments off
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Soeur Économe a attiré mon attention sur une section amusante du site de L’actualité: le jeu du budget. Le concept est simple: vous êtes le ministre des Finances du Québec et vous devez prendre des décisions pour équilibrer le budget de la province.

Amusant, mais crédible?

Les options sont classées dans six catégories: trois de compressions des dépenses et trois d’augmentations des revenus. En essayant quelques combinaisons, on réalise rapidement qu’il est plus facile de réduire le déficit via une augmentation des revenus que par une diminution des dépenses.

En effet, si on regarde la somme des options possibles du côté des réduction de dépenses, on arrive à 2,7 milliards (le déficit actuel est à 4,7 milliards), tandis que si on aditionne toutes les options d’augmentation des revenus, on arrive à 9,5 milliards.

Par contre, je me questionne sur certains points… On présente le Fonds des générations comme une dépense, alors que ce n’en est pas réellement une. Il s’agit plutôt d’une augmentation de la dette aujourd’hui pour la rembourser plus tard. De plus, certaines options semblent avoir été peu fouillées: une des options présentées s’intitule «Investir dans la lutte contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale» et permettrait d’augmenter les revenus du gouvernement de 1,8 milliard… selon la CSN!

Une belle illustration de la complexité du débat

Cela dit, les failles du «jeu» permettent au moins d’illustrer que le travail du ministre des Finances n’est pas simple et que ceux qui ont à prendre des décisions sur le budget n’ont probablement pas toute l’information objective nécessaire pour faire les choix les plus éclairés…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Matt From London

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ING nous donne de mauvais conseils?

mars 9th, 2010 Ebenezer Comments off
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Ceux qui lisent ce blogue depuis longtemps savent que je suis un très grand fan d’ING Direct. Leurs comptes d’épargne sont très utiles pour de l’épargne à court terme, puisqu’ils offrent un haut taux d’intérêts et très peu de contraintes sur les transactions qu’on peut y faire.

Par contre, le 26 février dernier, j’ai reçu un courriel de marketing d’ING qui m’a beaucoup déçu étant donné qu’il m’a semblé présenter une très mauvaise offre: on m’offrait de placer mon argent dans un certificat de placement garanti pour RÉER de 90 jours au taux avantageux de 3%.

Puisque le RÉER est généralement un placement avec un horizon plutôt long (après tout, c’est pour la retraite), vous allez faire quoi avec votre argent après les 90 jours? Il faudrait immobiliser votre argent chez ING pour les cinq prochaines années pour espérer obtenir un taux équivalent!

C’est décevant de la part d’ING de faire miroiter un taux élevé sur du court terme juste pour gagner des clients et ensuite leur offrir des taux qui sont insuffisants pour financer leur retraite!

Je suis sûr qu’ils ne sont pas les seuls à utiliser des stratégies de ce genre, mais ING m’avait habitué à une attitude plus «transparente» que ça avec ses clients…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr The Wolf
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Loto-REÉÉ ?

mars 1st, 2010 Soeur économe 4 comments
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Il y a quelques semaines, l’émission La Facture de Radio-Canada présentait un reportage sur les problèmes de certains parents face à des contraintes posées par le régime enregistré d’épargne études (REÉÉ) auquel ils avaient cotisé. On y mentionnait entre autres qu’un enfant sur quatre ne touchait pas à l’argent qui avait été placé pour lui. Alors, les REÉÉ, est-ce vraiment intéressant ?

Le concept et son intérêt

On dépose régulièrement de l’argent dans un compte destiné aux études futures de notre enfant et, pour chaque dollar qu’on y dépose, les gouvernements y versent aussi de l’argent. Le gouvernement fédéral complète avec un montant correspondant à 20%, 30% ou 40% du dépôt, selon le revenu des parents; ça porte le nom de Subvention canadienne pour l’épargne-études. Au total, le gouvernement fédéral peut verser jusqu’à 7200$ par enfant. Quant au gouvernement québécois, l’incitatif québécois à l’épargne-études ajoute 10% du montant déposé jusqu’à un maximum de 250$ par année et de 3600$ au total. Dans les deux cas, des mesures supplémentaires sont offertes aux familles à faible revenu. L’argent versé dans un REÉÉ et celui qui y est ajouté par le gouvernement n’est pas imposable jusqu’à ce qu’il soit versé au bénéficiaire et le revenu de celui-ci étant généralement faible, il pourra ne pas avoir à payer d’impôt.

Les contraintes

Le reportage de La Facture portait sur le cas particulier des REÉÉ dit collectifs qui sont contractés auprès de fondations (en l’occurrence, au Québec, une seule). Il existe aussi les REÉÉ dits individuels et familiaux, qu’offrent plutôt les institutions financières. Si les fondations offrant des REÉÉ collectifs annoncent des rendements «supérieurs», plusieurs contraintes viennent aussi avec: des frais d’adhésion (non remboursables) élevés et un contrat qui engage les contributeurs à verser des sommes constantes sur plusieurs années et les décourage fortement de changer d’idée avant la fin sous peine de pénalités. Également, pour les REÉÉ collectifs, c’est la fondation qui établit les stratégies de placement, alors que pour les autres REÉÉ, ce sont les souscripteurs qui peuvent sélectionner les types d’investissements en fonction de leur tolérance au risque (comme pour des RÉER).

Donc si, après plusieurs années de contribution disciplinée, l’enfant désigné ne faits pas d’études, qu’advient-il des sommes ? (Il faut dire que toutes les études ne sont pas admissibles non plus, ce qui est vrai dans tous les cas mais semble plus contraignant au niveau des REÉÉ collectifs). Il y a la possibilité de changer d’enfant bénéficiaire. Sinon, les subventions versées retournent au gouvernement. Dans le cas des REÉÉ collectifs, il semble que la fondation remette le capital aux parents et garde les intérêts pour les redistribuer aux autres enfants de la même cohorte (de là les rendements élevés mais aussi mon impression de loterie); pour les REÉÉ individuels et familiaux, les parents se verraient plutôt offrir la possibilité de convertir les sommes en REER.

Pour bien choisir

L’Union des consommateurs présente une série de recommandations aux parents songeant à cotiser à un REÉÉ. Ressources humaines et Développement des compétences Canada vous permet de consulter une liste de tous les fournisseurs reconnus de REÉÉ.

Et pour éviter de vous faire harceler, mieux vaut inviter de fournir gracieusement vos coordonnées aux organisations en remplissant des coupons de pseudo-concours lors de salons et autres occasions…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Will Hale


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