Trop grosses pour échouer
Il y a environ un an, le gouvernement américain a dû débourser des centaines de milliards de dollars afin de sauver les plus grandes institutions bancaires américaines, qui étaient au bord de la faillite. La justification étant qu’elles étaient trop grosses et que leur disparition aurait un effet dévastateur sur l’économie. Il était moins coûteux pour la société de les sauver (à coups de centaines de milliards, je le rappelle) que de vivre la turbulence extrême qu’aurait entraîné leur faillite.
Comment éviter cette situation?
Peu de gens ont pu sérieusement attaquer le bien-fondé de l’intervention du gouvernement au moment de la crise, mais il y a beaucoup beaucoup de discussions sur la façon d’empêcher qu’une compagnie privée soit si grosse qu’on ne puisse la laisser déclarer faillite si elle prend des risques inconsidérés.
Les grandes banques et leur puissants lobbys sont naturellement d’avis qu’elles peuvent très bien s’autoréguler et que le marché s’assurera que tout ira bien. Si vous rencontrez quelqu’un qui est de cet avis, montrez-lui l’état de vos épargnes à la fin de 2008 comparativement à un an plus tôt. Le gouvernement américain propose plutôt d’augmenter la réglementation entourant et encadrant la prise de risque par les banques en la rendant de plus en plus contraignante au fur et à mesure que les institutions financières grossissent.
Finalement, certains économistes (dont l’équipe d’élite de Baselinescenario.com) préfèrent plutôt l’éclatement des grandes banques en banques plus petites. Un peu comme le sort qu’a connu A&T au début des années 80.
Je vous recommande donc, si l’anglais ne vous fait pas peur, l’écoute de ce podcast de PlanetMoney: Breaking up Big Banks
Et au Canada?
La crise financière a peu touché le Canada. Les banques n’avaient pas pris de risques exagérés et elles ont pu passer à travers la crise avec une aide mineure du gouvernement. Par contre, on pourrait facilement prétendre que chacune des cinq grandes banques canadiennes est trop grosse pour échouer et que si l’une (ou plusieurs) d’entre elles se mettait dans le trouble, il y a fort à parier que le gouvernement canadien devrait voler à son secours. La discussion devrait-elle également être ouverte au nord de la frontière?
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr xavierlaAutres articles qui peuvent vous intéresser

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