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Archive for octobre, 2009

Crédits d’impôt remboursables et non remboursables

octobre 12th, 2009 Ebenezer 1 comment
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Cette semaine, je parlais avec un collègue de travail du crédit d’impôt à la rénovation et, comme il avait lu qu’il s’agissait d’un crédit d’impôt non remboursable, il se demandait si ça voulait dire qu’il devait faire un paiement au gouvernement lors de son rapport d’impôt pour bénéficier de ce crédit.

La réponse est non. Un crédit d’impôt non remboursable, ça veut simplement dire que si le crédit d’impôt en question est plus grand que le total de l’impôt que vous avez payé durant une année (incluant les retenues à la source, bien entendu), vous ne recevrez pas un chèque plus élevé que ce que vous avez déjà payé. À l’inverse, si vous avez la chance de bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable, le gouvernement vous enverra de l’argent, même si vous n’avez pas payé un sou d’impôt durant l’année.

Voici quelques exemples de crédit d’impôts remboursables (une liste plus exhaustive est ici):

  • Crédit d’impôt pour athlète de haut niveau
  • Crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants
  • Crédit d’impôt pour aidant naturel
  • Crédit d’impôt relatif à la déclaration des pourboires

Peu de différence pour un salarié

Dans le cas de la plupart des gens qui travaillent à temps plein à un salaire supérieur au salaire minimum, la différence entre les deux crédits d’impôt est rarement importante, puisque nous payons déjà beaucoup plus d’impôt que la somme des crédits (remboursables ou non) auxquels nous avons droit.

Ma compréhension de la valeur d’un fonds de pension

octobre 10th, 2009 Ebenezer No comments
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Je discutais récemment avec un ami de la valeur d’un fonds de pension pour un employé. Nous comparions nos situations: j’ai la chance de bénéficier d’un fonds de pension à prestations déterminées, contrairement à lui, et il semblait penser que j’étais terriblement avantagé. La discussion s’inscrit par ailleurs plutôt bien en réponse aux articles de Sourire sur le sujet parus il y a quelques jours. J’espère qu’elle me corrigera si j’écris n’importe quoi!

Fonds de pension: essayons d’y mettre des chiffres

Le tout premier élément à connaître, c’est que l’employé contribue également à son fonds de pension. La proportion peut varier mais, le plus fréquemment, l’employé paie 50% du régime et l’employeur couvre l’autre 50%.  Si on simplifie à l’extrême, un fonds de pension est un régime où l’employeur vous force à cotiser une portion de votre salaire à un RÉER… sauf que le RÉER, c’est lui qui le gère jusqu’à votre retraite, et il vous garantit un rendement fixe (via la prestation déterminée).

Donc, si un employeur m’offre un salaire égal à celui que je gagne actuellement sans m’offrir de fonds de pension, c’est comme si on m’offrait un salaire inférieur. De combien? Environ le montant que mon employeur cotise à mon fonds de pension.

Pas une panacée

Bref, en y regardant un peu plus attentivement, on réalise qu’un fonds de pension à prestations déterminées, ce n’est pas une panacée universelle à laquelle il faut aspirer à tout prix. Il est possible à quelqu’un de très discipliné de reproduire la même chose par des cotisations régulières (et probablement maximales) à son RÉER. Il faut également gérer l’argent dans son RÉER de façon aussi efficace que le fonds de retraite de l’employeur (par exemple, ne pas tout mettre son argent dans Nortel deux ans avant sa retraite…)

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr john.d.mcdonald
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Icesave: quand la faillite d’une banque cause un incident diplomatique

octobre 8th, 2009 Ebenezer 1 comment
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Depuis le début de la crise financière, on entend parler de la situation apparemment catastrophique de l’Islande mais, de mon côté, je m’étais rarement informé plus en profondeur sur le sujet. Néanmoins, un nom revenait régulièrement dans les nouvelles que je lisais: Icesave.

Expansion d’une banque islandaise en Europe!

À partir de 2006, la banque Landsbanki a ouvert une division en Angleterre sous le nom d’Icesave. Il s’agissait d’une banque en ligne qui offrait des comptes d’épargne — en fait, ça devait ressembler beaucoup à ce qu’est ING Direct. En mai 2008, la banque a également ouvert une division aux Pays-Bas. Comme les taux d’épargne offerts étaient très généreux (plus de 5%), les clients ont été nombreux, et les dépôts totalisaient 5,7 milliards d’euros.

Automne 2008 — la Grande Faucheuse des banques passe

En septembre 2008, Lehman Brothers disparaît, emportée par son exposition au papier commercial. Début octobre 2008, la maison mère d’Icesave, Landsbanki, déclare également faillite. Les déposants britanniques et néerlandais — et leurs gouvernements — s’adressent donc rapidement au gouvernement islandais: va-t-il couvrir les dépôts hors-Islande de cette banque en faillite?

La réponse est venue du gouverneur de la banque centrale islandaise: «nous n’avons pas l’intention de rembourser les dettes des banques qui ont été trop téméraires».

On peut comprendre pourquoi: l’état islandais n’était pas en mesure de rembourser des dettes, contractées par des compagnies privées, totalisant la moitié de son PIB de 2009.

La réponse des Britanniques et des Néerlandais fut essentiellement de dire que c’était à l’état islandais de réguler correctement ses banques pour les empêcher de mettre le pays au complet dans le trouble. (En fait, je vous épargne tous les détails légaux, mais vous pouvez les lire en entier dans cet article de Wikipédia)

Pression du Fonds monétaire international

Puisque l’économie islandaise était en train de s’écrouler, le budget du gouvernement était fortement déficitaire et celui-ci avait (a toujours, d’ailleurs) une dette considérable. Le gouvernement devait donc emprunter (et renouveler des prêts) auprès du Fonds monétaire international (FMI). Or, les gouvernements britanniques et néerlandais firent pression sur le FMI pour que celui-ci refuse de prêter à l’Islande tant que la dispute au sujet d’Icesave ne serait pas réglée.

Naturellement, je résume beaucoup. L’exemple islandais est fascinant puisqu’il démontre comment les mauvaises décisions de compagnies privées peuvent entraîner tout un pays dans un merdier total et faire perdre au gouvernement une partie de sa souveraineté. En gros: ce n’est pas pour rien que le marché financier doit être réglementé!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Shiny Things – Il s’agit d’un taxi affichant une publicité pour Icesave
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Régimes de retraite — Ça vaut combien? (suite et fin)

octobre 6th, 2009 Sourire No comments
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J’ai déjà abordé la difficulté d’évaluer un régime de retraite et traité de quelques hypothèses dans un article précédent. Voici la suite!

Hypothèses économiques

Un autre ensemble d’hypothèses est très important, soit celui des hypothèses économiques: celles qui touchent le salaire, celles qui touchent le taux de rendement et, surtout si le régime prévoit une quelconque indexation des prestations, celles qui touchent le taux d’inflation.

Comparativement aux durées de vie et de service, qui sont essentiellement individuelles, les hypothèses économiques sont globales, c’est-à-dire qu’elles affectent l’ensemble du régime.

Commençons par le taux d’inflation. Si les prestations sont indexées, partiellement ou complètement, le taux d’inflation affecte toutes les prestations de la même façon. Dernièrement, le taux d’inflation n’a pas trop varié au Canada, mais ça n’a pas toujours été le cas, et, même si la Banque du Canada semble en contrôle, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup d’experts qui soient prêts à affirmer que l’inflation restera sous contrôle pendant les 75 prochaines années…

Le taux de rendement est un taux calculé pour l’ensemble des fonds qui se trouvent dans la caisse de retraite. Il faut faire une hypothèse pour ce taux… Il suffit de penser aux taux de rendement des bourses canadiennes et états-uniennes ces dernières années pour se rendre compte que ce n’est pas facile à prédire…

Pour ce qui est du salaire, en fait, il y a une composante individuelle dans la mesure où l’augmentation de salaire vient en partie du mérite ou de l’expérience propre à la personne. ll y a aussi une composante globale qui correspond à l’augmentation de productivité. En fait, cette décomposition semble pas mal théorique… Même sans s’attarder aux composantes — il est possible d’en définir trois — le fait est qu’il est aussi difficile de prédire les augmentations de salaire…

La morale de l’histoire?

Parce qu’il y a plusieurs hypothèses à émettre pour évaluer un régime de retraite (je ne les ai même pas toutes mentionnées!), parce que plusieurs hypothèses font l’objet d’une grande incertitude et parce qu’un régime de retraite a des engagements qui s’étalent loin dans le temps, il ne faut pas s’étonner de passer d’une période où plusieurs régimes sont excédentaires (parfois au point de se demander quoi faire de l’argent en trop), à une période où plusieurs régimes sont déficitaires.

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus qu’il est difficile d’évaluer un régime de retraite, pensez à ceci: est-ce que les experts s’entendent pour prédire ce qui arrivera sur les marchés canadiens dans la prochaine année? Même d’ici la fin de l’année? Alors, difficile de penser qu’on puisse prédire tout ce qui affectera la valeur des promesses faites aux actuels participants à un régime de retraite!

Alors, pas étonnant qu’il faille évaluer un régime au moins tous les trois ans — cela permet de rajuster le tir! Ce n’est pas aussi fréquent que l’ajustement de l’avion sur sa trajectoire, mais la destination n’est pas atteinte à aussi brève échéance non plus!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr cliff1066
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Régimes de retraite — Ça vaut combien?

octobre 4th, 2009 Sourire No comments

3261364899_278ffbbabb_mPersonne ne le sait exactement…

Au niveau individuel, très difficile de juger de la valeur d’un régime de retraite (à prestations déterminées); en fait, on y reviendra dans un autre article! Au niveau du régime dans son ensemble, ce n’est pas facile non plus: même les experts en évaluation de régimes de retraite ne prétendent pas connaître LA valeur exacte d’un régime de retraite.

… sauf si…

En fait, dans un cours que j’ai donné l’hiver dernier, j’ai insisté sur le fait que le véritable coût d’un régime de retraite n’est connu que lorsque plus personne n’a un quelconque droit à une quelconque prestation offerte par le régime. Et à moins que le régime n’achète des rentes auprès d’un assureur, cela va jusqu’au décès du dernier participant ou bénéficiaire. Or, les centenaires se font de moins en moins rares! Cela veut dire que les engagements d’un régime durent potentiellement longtemps après le départ à la retraite, et souvent bien des années après le travail qui a ajouté aux droits acquis dans le régime.

(Par analogie, impossible de savoir exactement combien il en coûtera pour élever votre bambin avant d’avoir fini de l’élever! Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas se poser la question…)

Alors, de quoi dépend la valeur?

Parlant de centenaires, vous aurez compris que la durée de vie est l’une des variables à prendre en compte dans l’évaluation d’un régime de retraite. Au niveau d’un groupe, des études de mortalité permettent d’avoir une idée de la durée de vie des gens. (Ce qui est difficile, c’est d’anticiper les gains au niveau de la santé qui se traduisent en durée de vie plus longue pour tous.)

Le nombre d’années de service est aussi une valeur inconnue tant que la personne n’a pas pris sa retraite, ou laissé son emploi avant même de prendre sa retraite. Ce nombre d’années dépend de l’employeur (via les mises à pied, les fermetures d’usine, les congédiements) et de l’employé lui-même (en démissionnant ou en partant à la retraite).

La durée de vie et la durée de service font l’objet d’hypothèses dans le cadre de l’évaluation d’un régime de retraite. Mais ce ne sont pas les seules hypothèses à faire! Loin de là!

D’ailleurs, d’autres hypothèses seront présentées dans un prochain article…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Mykl Roventine
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La bombe à retardement des Options ARM

octobre 2nd, 2009 Ebenezer No comments
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Depuis que je lis le blogue américain CalculatedRisk, on y mentionne régulièrement un produit financier particulier, les hypothèques Option ARM (Adjustable Rate Mortgages). Ça m’a pris un moment avant de comprendre ce que c’était —les prêts hypothécaires avec des taux variables sont monnaie courante ici au Canada et personne ne s’inquiète du danger qu’ils peuvent poser.

La différence, naturellement, c’est le mot «Option». Ce sont des prêts hypothécaires qui permettent à l’emprunter de choisir le montant du paiement mensuel… et le paiement minimum n’a pas besoin de couvrir les intérêts au complet. Comment la banque espère-t-elle se faire rembouser un jour, alors?

Très simple: le prix des maisons ne baisse jamais aux États-Unis (reportez-vous en 2006)… la banque sera remboursée lorsque la maison sera vendue.

Ai-je besoin d’en dire plus?

À classer dans les produits financiers ésotériques

Naturellement, les banques qui ont émis ces prêts se dirigent tout droit vers des pertes colossales. Lorsque le terme de ces prêts viendra à échéance, les emprunteurs se retrouveront avec une maison qui vaut moins cher que lors de l’achat et pour laquelle ils doivent plus d’argent qu’au moment de l’achat. Leur paiement hypothécaire augmentera considérablement (il est peu probable qu’on leur propose un autre prêt du même type)… les chances qu’ils ne soient pas en mesure de faire face à ces paiements plus élevés sont donc très élevées.

Bref, un autre produit qu’on peut partiellement blâmer pour la bulle immobilière qui a entraîné toute l’économie américaine lorsqu’elle a éclaté. Je sais bien que ça ne s’applique pas beaucoup au marché canadien, mais je trouve le sujet quand même fascinant. Si ce n’est pas votre cas, faites-le-moi savoir!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Chris Makarsky – il s’agit d’un détonateur thermique… comme dans la Guerre des étoiles
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