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Archive for octobre, 2009

Les hypothèques inversées

octobre 31st, 2009 Ebenezer 2 comments
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Dans la catégorie des produits financiers pas vraiment ésotériques mais certainement hors du commun, Soeur Économe me suggérait récemment d’aborder les hypothèques inversées. Certains s’inquiètent d’ailleurs de leur grandissante popularité auprès des baby boomers.

D’abord, qu’est-ce que c’est, une hypothèque inversée?

Le concept est relativement simple. Prenons comme hypothèse de base, pour la simplicité, que votre maison est complètement payée: vous allez voir la banque et vous lui dites que vous souhaitez prendre une hypothèque inversée sur votre maison. Admettons que votre maison vaut 200 000$, la banque vous donne alors 80 000$ et vous dit: Allez-y, amusez-vous! Pas de paiement mensuel! La belle vie, quoi! Rien à rembourser tant que vous restez dans votre maison!

Le hic, c’est qu’il s’agit tout de même d’un prêt, et que, pendant ce temps, les intérêts s’accumulent quand même. Donc, au moment de quitter votre maison, vous devez rembourser l’argent emprunté et les intérêts accumulés. Dans bien des cas, ça veut dire qu’au moment de vendre votre maison, la grande majorité du produit de la vente ira directement à la banque pour rembourser l’hypothèque inversée.

Potentiellement toxiques

Même si une hypothèque inversée peut parfois être utile — par exemple, pour quelqu’un dont la santé décline et qui doit se payer des auxiliaires médicales, ou pour apporter des ajustements significatifs pour rester dans sa maison, plutôt que d’aller dans un CHSLD — le produit est présentement vendu à toutes les sauces aux États-Unis. On l’offre aux baby boomers qui débutent leur retraite et qui utilisent cet argent pour se payer du luxe (comme un véhicule récréatif, un chalet ou des voyages)… Or, en prenant une hypothèque inversée relativement tôt, on court le risque, si le prix des maisons n’augmente pas beaucoup, de devoir vendre notre maison à perte au moment d’aller s’installer dans un foyer pour personnes âgées. Le blogue de Consumer Reports s’inquiète qu’une vague de faillites personnelles survienne dans les rangs des baby boomers dans 15 ou 20 ans, au moment où il quitteront leur maison.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Paul Keleher

La rente viagère: des prestations déterminées

octobre 29th, 2009 Ebenezer Comments off
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La récente question de Roger Léger en commentaire à mon article sur le service proactif de ma caisse m’amène à introduire un produit dont je connaissais l’existence, mais non les détails. D’après ses commentaires, il a un montant d’argent qu’il souhaite utiliser comme supplément de revenu de retraite. L’option «de base» est de laisser cet argent dans un compte épargne à intérêts élevés et d’en retirer une portion à chaque mois.

L’alternative: la rente viagère

Une alternative est de faire l’acquisition d’une rente viagère. Le concept de base est le suivant: vous donnez à une institution financière (le plus souvent, une compagnie d’assurance) un gros montant d’argent. En échange, cette institution vous versera, jusqu’à la fin de votre vie, un montant mensuel. Ça ressemble beaucoup à un régime de retraite à prestations déterminées, mais financé complètement par l’acheteur de la rente.

Les deux principaux avantages que je vois à cette méthode sont:

  • Un revenu garanti, peu importe la situation économique (dans la mesure où la compagnie d’assurance qui fournit la rente ne fait pas faillite, je présume).
  • Élimine le souci de devoir déterminer comment placer notre argent à un moment de notre vie où notre état de santé ne nous permet pas nécessairement de suivre attentivement nos finances.

Du côté des désavantages:

  • Le taux de rendement calculé dans la rente est probablement plus faible en période de boom économique que des placements dans des actions.
  • C’est un produit relativement complexe, il faut très bien s’informer avant d’en faire l’acquisition.

Et, bien sûr, la véritable valeur d’une rente viagère dépend énormément d’une grande inconnue, autant pour vous que pour la compagnie d’assurance: le moment de votre décès. Plus vous vivez longtemps, plus vous êtes avantagé, financièrement.

Attention: consultez un (des!) professionnel

Comme je le disais, ce genre de produit n’est pas un simple compte épargne et cet article ne se veut en rien une explication complète de comment ça fonctionne. Avant d’en faire l’acquisition, consultez un ou même des professionnels qui vous expliqueront toutes les variantes possibles du produit et vous permettront de faire un choix éclairé.

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Les étrangers aiment les obligations d’épargne du Canada

octobre 27th, 2009 Ebenezer Comments off
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La semaine dernière, je vous ai parlé des Obligations d’épargne du Canada et du taux d’intérêt bien en dessous de ce que nous pourrions obtenir dans un compte épargne à intérêts élevés. Vous auriez donc pu vous demander qui décide d’en acheter, puisqu’elles sont relativement peu intéressantes?

Ça vient d’ailleurs!

En effet, des données de Statistique Canada portant sur le mois d’août 2009 démontrent que les non-résidents ont acquis 2,8 milliards de dollars d’obligations fédérales. Globalement, les non-résidents ont ajouté 5,1 milliards de dollars d’investissements au pays pendant ce mois. Pourquoi les investisseurs étrangers s’intéressent-ils tant à des obligations qui laissent froids le commun des mortels? Je vois deux raisons possibles:

  • Il s’agit vraisemblablement de gros investisseurs dont les dépôts dépassent largement le solde protégé par l’assurance-dépôts. En achetant des obligations d’épargne du Canada, leurs dépôts sont donc garantis par le gouvernement canadien qui, malgré ses déficits records, n’est pas en si mauvaise position que ça.
  • Les investisseurs tablent sur une augmentation de la valeur du dollar canadien, ce qui augmenterait ainsi leur rendement au delà du 0,4% nominal des obligations.

Quel effet pour les Canadiens?

La popularité des obligations d’épargne du Canada auprès des étrangers a deux effets pervers pour l’économie canadienne:

  • Tel que mentionné dans mon article original, ça veut dire que le gouvernement canadien versera des intérêts à des épargnants qui achèteront leur champagne et leur limousine à l’extérieur du Canada, au lieu de stimuler l’économie locale avec cet argent.
  • Pour acheter des obligations d’épargnes du Canada, ces non-résidents doivent d’abord acquérir des dollars canadiens, ce qui augmente la valeur du dollar par rapport aux devises étrangères… et pose un problème sérieux aux manufacturiers exportateurs.
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Kossy@FINEDAYS

RÉER: pas de conseil!

octobre 25th, 2009 Ebenezer 1 comment
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À la suite de mon récent article sur les RÉER, Nicolas me demandait ce que j’allais conseiller aux lecteurs, avec l’arrivée de la saison des RÉER et de l’avalanche de publicité qui vient avec. Comme l’indique le titre de cet article, il sera probablement déçu par ma réponse, mais je pense tout de même qu’elle est d’intérêt général.

Ça dépend de votre situation

Les conseils en placement, c’est un travail qu’exercent à temps plein des professionnels! Je ne prétendrai jamais être une alternative valide. Par contre, je peux vous dire que les conseils varieront largement en fonction de votre situation. Les éléments suivants doivent être considérés:

  • Horizon de placement (combien de temps avant d’utiliser vos placements – retraite ou RAP pour achat de maison)
  • Votre tolérance au risque
  • Vos connaissances en finances
  • Votre situation financière actuelle

En fait, le seul vrai conseil que je peux donner, c’est toujours le même: informez-vous sur les différents produits offerts, assurez-vous de bien les comprendre et utilisez votre propre jugement pour faire des choix éclairés.

Et la publicité, elle?

Je trouve que la publicité sur les produits RÉER est rarement très utile. Trop souvent, les RÉER sont présentés comme un produit financier en soi, alors qu’il s’agit simplement d’un mécanisme pour placer de l’argent à l’abri de l’impôt — on peut y mettre à peu près n’importe quel produit financier normal comme des fonds d’actions, des placements garantis, des actions, etc. Pour déterminer ce qui vous convient le mieux, informez-vous d’abord sur les différentes façons de placer votre argent. Quand vous aurez sélectionné un produit qui vous intéresse, adressez-vous ensuite à une institution financière pour voir si cette option est pratique dans votre situation (il peut arriver que que certaines options nécessitent un montant minimum significatif).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr nate steiner
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jesuispauvre.com a un an!

octobre 23rd, 2009 Ebenezer Comments off
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C’est le 23 octobre 2008 que jesuispauvre.com a vu le jour. Né d’une initiative quasi-spontanée de trois collègues de travail intéressés par les finances personnelles et, surtout, à partager sur le sujet. La «Grande Récession» qui débutait à ce moment ne fut pas une motivation directe, mais celle-ci a certainement fourni beaucoup d’inspiration au cours de l’année!

Naturellement, le site a beaucoup évolué depuis un an… Deux des contributeurs du début sont en hibernation depuis plusieurs mois et d’autres contributeurs se sont ajoutés depuis. Nous avons changé le thème du site web et le rythme de publication a varié à plusieurs reprises…

Quelques chiffres

Malheureusement, je manque d’inspiration au moment d’écrire ces lignes pour préparer quelque chose d’original pour célébrer ce premier anniversaire… Je vous bombarde donc de quelques chiffres qui relatent cette première année:

  • 234: nombre d’articles publiés
  • 5: nombre de contributeurs différents
  • 235: nombre de commentaires sur les articles
  • 10 495: nombre de visites sur le site
  • 687: nombre de visites à notre article le plus populaire
  • 124: nombre total de clics sur des publicités AdSense (flux RSS et site web) — en bref, on ne fait pas ça pour l’argent!
  • 6: nombre d’abonnés au fil de veille

Notre paye: vos commentaires

Comme la plupart des blogues, jesuispauvre.com n’est pas une entreprise commerciale. Notre objectif est de discuter et partager sur le sujet des finances personnelles, parce que nous sommes convaincus que non seulement c’est moins épeurant que plusieurs ne le croient mais, en plus, c’est un monde fascinant!

Tout ça pour dire que ce qui nous motive et nous donne de l’inspiration pour écrire des articles, ce sont vos commentaires. Continuez donc à nous écrire et à nous poser des questions!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Raymond Brown
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La caisse à l’écoute de mes besoins?

octobre 21st, 2009 Ebenezer 3 comments
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Comme les lecteurs de longue date le savent, madame Ebenezer et moi nous sommes lancés dans des travaux de rénovation d’envergure (fenêtres et revêtement). Je devais ces jours-ci réaliser un versement significatif à l’entrepreneur. J’ai donc initié un transfert de mon compte ING Direct (où sont mes économies) vers mon compte Desjardins (mon compte chèques).

Une alerte pour s’occuper de moi

Bang. Le lendemain (ouvrable, tout de même. On est proactifs, mais sur un horaire bancaire. Non mais.) de l’arrivée de ce montant (bien au-delà du solde moyen des 24 derniers mois), je reçois un appel d’une conseillère de ma Caisse à la maison. Comme je n’étais pas là (il faut bien travailler pour accumuler des montants de cet ordre-là, après tout), j’ai rappelé la dame le lendemain.

Elle voulait m’offrir de placer cet argent dans un véhicule un peu plus efficace qu’un compte avec opérations. Ils reçoivent des alertes automatiques dans des cas similaires, afin d’être proactifs et de proposer aux clients d’accumuler un peu plus d’intérêts.

Oups.

L’ennui, pour elle, a été double. Premièrement, le chèque qui allait faire sortir tout cet argent de mon compte était déjà libellé et je n’étais donc pas du tout intéressé à accepter un placement garanti ou autre avec Desjardins. Ensuite, je lui ai dit que j’utilisais ING Direct pour placer mon argent «à court terme». Elle m’a alors demandé quelles étaient les conditions qu’ING m’offrait… je le lui ai dit (de toute façon, ce n’est pas un secret, c’est sur leur site web) et elle m’a tout simplement répondu: «oh, bonne journée!»

Une bonne pratique?

J’ai été assez agréablement surpris de l’expérience, mais la ligne est fine entre une attitude maternaliste et une aide proactive. Quelle serait votre réaction si votre institution financière vous téléphonait pour vous proposer une optimisation de vos actifs financiers?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr vlima.com
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Obligations d’épargne et obligations prime du Canada

octobre 19th, 2009 Ebenezer 1 comment
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C’est l’automne et, si vous êtes comme les écureuils qui envahissent notre cours à cette période-ci de l’année pour faire des provisions de graines de tournesol, vous avez porté attention aux récentes publicités sur les obligations d’épargne du Canada.

Le gouvernement emprunte

Comme nous l’avons vu lorsqu’on a discuté des obligations en général, les obligations sont un moyen pour le Canada d’emprunter l’argent nécessaire à son fonctionnement. Avec un déficit budgétaire record prévu pour l’année en cours, l’état canadien a donc doublement besoin des fonds qu’il récoltera via l’émission de ces obligations.

Deux types d’obligations

Le gouvernement offre deux types d’obligations: les obligations d’épargne, qui sont encaissables en tout temps, et les obligations de prime, qui ne sont encaissables qu’une fois par année, mais qui offrent un taux plus élevé. La première s’apparente donc à un compte épargne à intérêts élevés, alors que la deuxième ressemble plus à un certificat de placement garanti.

Cette année, les obligations d’épargne du Canada n’offrent qu’un taux de 0,4% (comparativement à 1,05% dans un compte d’épargne ING Direct) alors que les obligations de prime offrent un taux qui augmente d’année en année sur trois ans pour un rendement cumulatif de 1,39%. Un placement garanti d’un an chez ING Direct offre 1,25%. Si vous vous engagez plutôt pour trois ans, on vous offre 2,5%.

C’est mieux que d’emprunter à l’étranger

Sur le plan macro-économique, emprunter auprès de la population canadienne est beaucoup plus efficace que d’emprunter à l’étranger: les intérêts versés par le gouvernement fédéral sont versés à des Canadiens qui (présumément) utiliseront ensuite cet argent dans l’économie canadienne. Si, au contraire, le gouvernement doit emprunter auprès d’étrangers, les intérêts versés sur la dette sortent complètement de l’économie canadienne. C’est pourquoi, lorsqu’on parle de la dette d’un pays, on fera souvent une distinction entre sa dette intérieure (détenue par des citoyens du pays) et sa dette extérieure.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Gilles Gonthier
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RÉER: certains n’aiment pas(!)

octobre 17th, 2009 Ebenezer 6 comments

2376463621_146cc16cd7_mJe ne fais pas un secret que l’inspiration pour les articles que j’écris provient souvent de questions et de discussions que j’ai dans la «vraie» vie, soit au travail ou en famille. N’hésitez donc pas à vous faire entendre, par courriel ou dans les commentaires si vous avez des interrogations. Je n’ai pas réponse à tout, bien entendu: je ne sais pas si la bourse continuera de monter pour les cinq prochaines années et je ne sais pas non plus pourquoi on continue de verser une rémunération indécentes aux dirigeants des grandes entreprises… mais il me fera souvent plaisir de fouiller un peu et d’en parler ici.

Bref, j’ai eu une récente discussion avec un collègue de travail au sujet des RÉER. Après tout, c’est un excellent moment pour y réfléchir, ça permet de se préparer plutôt que de placer son argent n’importe comment à la dernière minute. Il me disait donc qu’il n’était pas certain que de cotiser à des RÉER était une si bonne idée que ça. Son raisonnement? Rien ne garantit que le taux d’imposition au moment de retirer son argent ne sera pas significativement plus élevé qu’il l’est actuellement et rien ne garantit que les dispositions du programme ne seront pas modifiées si le gouvernement se trouve à manquer cruellement d’argent.

Les calculs

Mon instinct me disait qu’il faudrait que le taux d’imposition soit fabuleusement plus élevé pour que ses craintes soient justifiées, la magie de l’intérêt composé à l’abri de l’impôt faisant quand même un très bon travail pour maximiser le rendement. J’ai donc mis quelques chiffres dans la calculatrice.

Supposons que vous déposez 200$ par mois dans votre RÉER pendant 30 ans. Supposons un taux d’imposition moyen de 40%. Nous utiliserons un taux de rendement purement arbitraire de 5%. Le taux réel pour quelqu’un qui épargne à l’extérieur du RÉER sera donc de 3%. Quelle est la différence d’épargne au bout de 30 ans?

  • Avec un RÉER: 163 740$ + 66 970$ de retour d’impôt (40% de la cotisation annuelle, ajouté à l’épargne une fois par année pour la même période)
  • Hors RÉER: 116 028$

Par contre, un participant au programme de RÉER devra payer de l’impôt sur les retraits qu’il fera à sa retraite, contrairement à quelqu’un qui aura décidé de payer l’impôt au fur et à mesure.

Si le taux d’imposition demeure le même, la stratégie RÉER est clairement plus payante, même après avoir payé les impôts: on a 138 426$ (et je simplifie à l’extrême… l’impôt ne sera pas payé en entier le premier jour de la retraite), c’est 22 398$ de plus que quelqu’un qui a épargné en dehors d’un RÉER.

En fait, le taux d’imposition devrait être supérieur à 50% dans l’exemple donné au moment de la retraite (alors qu’il a été de 40% pendant la totalité de la durée de l’épargne) pour que ça devienne plus avantageux d’épargner hors RÉER. En bref, même avec un scénario qui arrondit et simplifie énormément, le plus souvent en défaveur du RÉER, celui-ci demeure plus avantageux.

La date limite pour cotiser à un RÉER pour profiter des crédit d’impôt dans votre rapport d’impôt de 2009 est le 1er mars 2010. C’est donc le temps de commencer à le planifier!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Leonie
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Déposer son bilan

octobre 15th, 2009 Soeur économe 2 comments

Le dépôt du bilan est une expression parfois utilisée pour désigner la faillite d’une entreprise. Alors, un article qui traite des faillites ?

Non. En fait, en ce jour du Blog Action Day sur le thème des changements climatiques, je vous propose, à vous qui gérez vos finances et équilibrez votre budget, de penser aussi à d’autres budgets qui vous sont associés. Et ceux-ci font l’objet de déficits récurrents.

Laisser sa trace

Votre existence tient à la disponibilité de ressources. Dans les années 90, le concept d’empreinte écologique a été développé pour illustrer l’ampleur de l’impact d’un humain sur son environnement. Une grande consommation de ressources est associée à une empreinte large et, multipliée par le nombre d’humains sur Terre, vise à faire réaliser la non durabilité d’un certain mode de vie en établissant le nombre de Terres requises pour répondre aux besoins de tous. Le calcul de l’empreinte écologique est généralement séparé en trois domaines qui sont l’alimentation, l’habitat et le transport, ce qui peut permettre d’identifier la catégorie contribuant le plus à votre impact global.

Une autre façon d’établir votre budget est de calculer votre empreinte en termes de production de gaz à effet de serre (carbon footprint — que je nommerai empreinte carbone) et d’utilisation d’eau (water footprint — empreinte eau). Moins imagé qu’un simple nombre de terrains de football, peut-être, mais certainement plus concret.

Ce qui coûte cher

En fait, l’empreinte carbone et l’empreinte eau deviennent surtout intéressantes lorsque le calcul tient compte non seulement d’une consommation directe (se promener en voiture ou prendre une douche, par exemple), mais également de l’eau utilisée et des gaz à effet de serre générés lors la production de tout ce que l’on consomme. Parce que la plus grande partie de notre impact n’est pas directe mais indirecte. Les chiffres peuvent être surprenants:

L’eau requise par la production de différents aliments:

Produit Eau requise (litres) Produit Eau requise (litres)
250 ml de bière 75 1 pomme de terre 25
250 ml de lait 250 1 pomme 70
250 ml de café 280 1 tomate 13
250 ml de vin 240 1 orange 50
250 ml de jus de pommes 152 1 hamburger 2400
250 ml de jus d’orange 136 1 sac de chips de 200g 185
250 ml de thé 35 1 feuille de papier 10
1 tranche de pain 40 1 t-shirt de coton 4100
10g de fromage 50 1 paire de souliers en cuir 8000
1 oeuf 135 1 microprocesseur 32

(Adapté de waterfootprint.org)

Et le carbone généré par quelques produits de consommation:

Produit Carbone généré (kg)
Manteau en polar 30
Détergent à lessive 14.1
Bottes en cuir 55
2 litres de lait 3.3
Voiture 44090
Un paquet de 6 bières 3.2

(Adapté de wsj.com)

La possibilité d’exiger l’inscription, sur un produit, de son empreinte eau ou carbone pour mieux confronter les consommateurs à cet aspect est régulièrement soulevée. Un projet concernant l’étiquettage de l’empreinte carbone des produits vendus dans les épiceries avait été lancé en Grande-Bretagne. L’idée a aussi été reprise en Australie pour suggérer l’affichage de l’empreinte eau des produits.

Établir son budget pour déposer son bilan

Il existe quantité de calculateurs pour calculer autant l’empreinte écologique que l’empreinte carbone et eau. Dans bien des cas, la nature des quelques questions laisse supposer des approximations plutôt grossières. D’autres calculateurs sont plus détaillés mais ne traduiront pas nécessairement de façon exacte la réalité québécoise. Pas facile d’établir son budget dans ces conditions !

En voici néanmoins quelques exemples:

Il existe aussi des applications destinées à l’iPod Touch/iPhone qui peuvent permettre un suivi serré, dont Carbon Calc et Carbon Tracker dans le cas de l’empreinte carbone.

Encore l’immobilier au Québec

octobre 14th, 2009 Ebenezer Comments off
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À la suite de mon article sur les prix de l’immobilier d’il y a quelques semaines, un lecteur (merci Jean!) a ajouté un commentaire à l’effet qu’il croyait lui aussi à la présence d’une bulle au Québec. Il nous pointe vers cet article très intéressant, d’un site que je ne connaissais pas.

Utilisation de l’indice de Friggit

L’article utilise la méthode d’un économiste français qui compare la valeur des biens immobiliers dans un marché et le revenu disponible dans ce même marché. Le ratio entre les deux à l’année de départ vaut 1. Si le prix des maisons augmente plus vite que les revenus, l’indice augmentera au-dessus de 1. À l’inverse, si les revenus augmentent plus vite que les prix, il diminuera.

À Montréal, en utilisant 1980 comme année de base, on observe que le ratio est passé d’environ 1 en 2002 à plus de 1,7 en 2009. À partir de ces données, l’auteur conclut qu’il y a effectivement une bulle immobilière à Montréal. En fait, il va même jusqu’à tenir pour acquis que le reste du Québec est semblable à Montréal et que la conclusion peut être extrapolée à l’ensemble de la province. Je doute sérieusement que ce soit vrai.

Et l’impact du taux d’intérêt dans tout ça?

Le point le plus important dont cet indice ne tient pas compte, c’est le taux d’intérêt. Les taux d’intérêts hypothécaires sont aujourd’hui beaucoup plus bas qu’ils ne l’étaient en 1980 (mais pas tellement plus qu’en 2002)… Une famille peut donc se permettre de prendre une hypothèque plus volumineuse tout en gardant le même remboursement mensuel. Or, l’indice est fortement corrélé avec la bulle observée au début des années 90 et ne démontre pas de variation significative entre ses niveaux de stabilité (autour de 1,0). Je suis intrigué.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Limbo Poet
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