Taux d’intérêt négatif: de la fiction à la réalité
Il y a quelques semaines, j’ai écrit, sur un ton plutôt incrédule, que certains économistes suggéraient de considérer l’application d’un taux d’intérêt négatif afin de stimuler l’économie. À ce moment, je trouvais l’idée assez loufoque… et je dois dire que c’est encore le cas. Par contre, ça n’a pas empêché la banque centrale de Suède de procéder et d’offrir désormais à ses déposants un taux d’intérêt de -0,25%.
Étrangement, ils ne m’ont pas consulté avant de prendre cette décision.
Pas vraiment une nouvelle
Même si je n’ai appris la nouvelle qu’en lisant Le Soleil (en version papier en plus!) la semaine dernière, cette décision a été prise par la banque centrale suédoise au début de juillet. Je suis un peu étonné que ça n’ait pas été discuté plus que ça.
Il faut dire toutefois que le taux en question n’équivaut pas au taux directeur de la Banque du Canada. Il s’agit du taux que la banque offre à ses clients (généralement les banques commerciales) sur les dépôts qu’elles effectuent à la banque centrale. Il s’agit donc d’un encouragement à ce que celles-ci utilisent leurs fonds plutôt que de les laisser «dormir».
Un laboratoire
L’intérêt principal de la décision suédoise, c’est que les yeux des économistes et des politiciens seront tournés vers le pays, afin de voir si cette politique aura ou non un effet bénéfique sur l’économie nationale.
Je n’ai rien contre la Suède spécifiquement, sincèrement. Mais je souhaite que cette tentative soit un échec retentissant. La crise actuelle a été causée par une surabondance de dettes… un taux d’intérêt négatif ne ferait qu’encourager tout le monde à s’endetter! Très peu pour moi, merci.
Je vous suggère d’ailleurs la lecture (malheureusement en anglais) de cet article de MoneyWeek: The true cost of negative interest rates.
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr matt.boman



