Remettre en question le PIB

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Depuis des décennies, on mesure la performance économique à l’aide du produit intérieur brut (PIB). Par contre, la récente bulle immobilière qui a mené à la crise financière actuelle impose pour certains une remise en question du PIB comme mesure efficace de la santé économique. On soupçonne en effet cet indicateur d’avoir camouflé que la période de croissance du milieu des années 2000 était en fait «érigée sur des sables mouvants».

Qu’est-ce que le PIB?

Le PIB, c’est la somme de tout ce qui a été produit dans une région donnée. Cet indicateur était jusqu’à récemment la mesure incontestée de la santé économique. Comment déclare-t-on une récession? Il s’agit d’une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs. Une situation normale? Une augmentation du PIB de 2-3%. On le calcule en aditionnant ensemble la valeur de tous les produits (automobiles, ordinateurs, pelles à jardin, légumes, etc.) et services qui ont été créés. L’ennui, c’est que ça ne tient pas compte de certains facteurs, par exemple la provenance des fonds qui ont servi à acheter ces produits et services.

La commission Stiglitz

Pour tenter de trouver un remplaçant au PIB, le président français Nicolas Sarkozy a créé une commission, présidée par le récipiendaire d’un prix Nobel d’économie (en 2001). Le rapport de la commission a été déposé la semaine dernière (couverture de PlanetMoney — en anglais) et celui-ci confirme les faiblesses du PIB. L’ennui, c’est que le PIB possède un grand avantage: il est objectif de nature. On aditionne une série de nombres et ça donne un résultat. On ne peut pas vraiment manipuler un nombre et sa simplicité de calcul le rend également plus rapide à produire.

La commission Stiglitz propose de centrer l’analyse  sur les individus et d’y intégrer la qualité de vie. Elle suggère également d’intégrer la notion de développement durable dans la mesure de la richesse d’un territoire. Je présume que je devrai lire plus en profondeur sur le sujet, parce que plusieurs de ces éléments me semblent subjectifs à mesurer.

Enfin, le débat est lancé et tout indique qu’on raffinera la mesure de la santé économique des nations dans les prochaines années. Ce n’est pas en soit une mauvaise chose.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr michael reuter