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Archive for septembre, 2009

La paye des banquiers: un symptôme et non la cause

septembre 30th, 2009 Ebenezer 2 comments

3231577621_87cc755917_mOn a beaucoup parlé, depuis le début de la crise financière, du mode de rémunération des dirigeants de grandes banques. La plupart du temps, c’était pour exprimer de la surprise et de la colère face à des paiements substantiels alors que la performance affichée depuis 2008 est bien en deçà des attentes. Le clou final a été enfoncé lorsqu’il a été révélé que la société Merrill Lynch s’est dépêchée de verser des bonus (15 milliards!) à ses employés quelques jours avant d’être acquise par Bank of America qui, elle, avait reçu plus de 45 milliards d’aide du gouvernement américain pour sauver Merrill Lynch.

La solution n’est pas un diachylon gouvernemental

Depuis, des cris se sont élevés des deux côtés de l’Atlantique pour que les gouvernements encadrent mieux la rémunération des dirigeants des grandes banques. La logique étant que le modèle actuel récompense très généreusement les preneurs de risques lorsque l’économie va bien et ne les punit pas lorsque ça va mal: le gouvernement vient plutôt les sauver.

Cette situation constitue effectivement un problème et ne devrait plus être tolérée, je suis bien d’accord. Par contre, la solution est très imparfaite et, surtout, elle camoufle un problème bien plus grave: les actionnaires des compagnies n’exercent pas efficacement leur devoir de gestion et de contrôle de la compagnie… et pas seulement dans le domaine bancaire.

Faire fonctionner le système capitaliste

Le problème, tel que j’ai pu l’observer lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Nationale, en février dernier, c’est que la théorie voulant que les propriétaires de la compagnie (les actionnaires) soient ceux qui aient le plus à cœur la pérennité et la rentabilité de la compagnie est valide mais qu’en pratique ça ne fonctionne pas. Trop souvent, les actionnaires sont trop petits et isolés pour avoir de l’impact et, surtout, dans bien des cas, ils n’ont pas investi le temps nécessaire pour bien comprendre le marché et se forger une opinion éclairée sur la façon de gérer l’entreprise dont ils sont propriétaires (inscrivez-moi dans cette catégorie, malheureusement).

Le problème est profond et n’est certainement pas simple à régler. Et je ne serais pas étonné que la montée en popularité des fonds négociés en bourse (et fonds indiciels) accentuent le problème, puisqu’il n’y a pas de gestionnaire actif dans ces fonds pour faire pression sur les dirigeants des compagnies.

Je crains qu’un contrôle gouvernemental de la rémunération des banquiers ne camoufle le réel problème et que, dans cinq, dix ou quinze ans d’ici, un autre problème similaire mais dans un autre domaine surviendra alors qu’il pourrait être prévenu!

Qu’en pensez-vous? Suis-je dans l’errance la plus totale?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Tim Green aka atoach

Remettre en question le PIB

septembre 28th, 2009 Ebenezer Comments off
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Depuis des décennies, on mesure la performance économique à l’aide du produit intérieur brut (PIB). Par contre, la récente bulle immobilière qui a mené à la crise financière actuelle impose pour certains une remise en question du PIB comme mesure efficace de la santé économique. On soupçonne en effet cet indicateur d’avoir camouflé que la période de croissance du milieu des années 2000 était en fait «érigée sur des sables mouvants».

Qu’est-ce que le PIB?

Le PIB, c’est la somme de tout ce qui a été produit dans une région donnée. Cet indicateur était jusqu’à récemment la mesure incontestée de la santé économique. Comment déclare-t-on une récession? Il s’agit d’une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs. Une situation normale? Une augmentation du PIB de 2-3%. On le calcule en aditionnant ensemble la valeur de tous les produits (automobiles, ordinateurs, pelles à jardin, légumes, etc.) et services qui ont été créés. L’ennui, c’est que ça ne tient pas compte de certains facteurs, par exemple la provenance des fonds qui ont servi à acheter ces produits et services.

La commission Stiglitz

Pour tenter de trouver un remplaçant au PIB, le président français Nicolas Sarkozy a créé une commission, présidée par le récipiendaire d’un prix Nobel d’économie (en 2001). Le rapport de la commission a été déposé la semaine dernière (couverture de PlanetMoney — en anglais) et celui-ci confirme les faiblesses du PIB. L’ennui, c’est que le PIB possède un grand avantage: il est objectif de nature. On aditionne une série de nombres et ça donne un résultat. On ne peut pas vraiment manipuler un nombre et sa simplicité de calcul le rend également plus rapide à produire.

La commission Stiglitz propose de centrer l’analyse  sur les individus et d’y intégrer la qualité de vie. Elle suggère également d’intégrer la notion de développement durable dans la mesure de la richesse d’un territoire. Je présume que je devrai lire plus en profondeur sur le sujet, parce que plusieurs de ces éléments me semblent subjectifs à mesurer.

Enfin, le débat est lancé et tout indique qu’on raffinera la mesure de la santé économique des nations dans les prochaines années. Ce n’est pas en soit une mauvaise chose.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr michael reuter
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Une bulle immobilière au Québec?

septembre 26th, 2009 Ebenezer 7 comments
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La semaine dernière, la Ville de Québec mettait en ligne le nouveau rôle d’évaluation pour le cycle 2009-2010-2011. Dans le communiqué qui l’annonce, on y apprend que depuis le rôle précédent (il y a trois ans), la valeur des résidences unifamiliales a augmenté de 31%. Depuis 2002, la valeur du parc immobilier de la Ville de Québec a pratiquement doublé!

Une bulle immobilière en création?

Les gens à qui j’ai parlé depuis la publication des nouveaux chiffres sont unanimes: la nouvelle valeur du rôle d’évaluation ne réflète pas la valeur qu’eux perçoivent comme étant raisonnable. Et si on ajoute à ça la coutume voulant que les maisons se vendent entre 30% et 50% plus cher que l’évaluation municipale, ça devient encore plus hors de proportion.

En période de ralentissement économique, il est illogique que le prix des maisons continue d’augmenter. Surtout quand les actualités financières parlent d’une augmentation de l’endettement des ménages canadiens. On veut vivre une reprise de la crise vécue par les Américains?

Du décalage dans les dates

En fait, l’augmentation dans le rôle d’évaluation actuel n’est pas si illogique que ça. En effet, celui-ci réflète la valeur du parc immobilier en date du 1er janvier 2008, avant le début du ralentissement économique pour le Québec. Par contre, logiquement, on devrait observer sur le marché une baisse significative de la prime au-delà de la valeur de l’évaluation municipale dans le cas des maisons vendues actuellement. Y a-t-il des agents immobiliers ou des gens qui sont activement à la recherche d’une maison qui peuvent nous indiquer si ce 30 à 50% supplémentaire a fondu suite à la publication du nouveau rôle?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr coffeego
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Régimes de retraite: types pourcentage-salaire – exemple de calcul

septembre 24th, 2009 Sourire Comments off

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Pour illustrer la différence entre les trois types de calcul de la rente, nous allons supposer que le pourcentage est 2 % dans tous les cas, que seule la définition du salaire de référence change. Nous allons travailler avec un historique de salaires fictifs, pour quelqu’un qui travaillerait 10 ans pour un employeur donné avant de prendre sa retraite, cet employeur offrant l’un ou l’autre des régimes montrés en exemple.

Voici l’historique fictif.

Âge Salaire
55 50 000
56 51 000
57 53 000
58 54 000
59 55 000
60 57 000
61 61 000
62 62 000
63 59 000
64 58 000

Dans le cadre d’un régime salaires de carrière, la rente sera de 2 % × 10 × (560 000 $ ÷ 10) = 11 200 $ par année, puisque la somme des salaires est de 560 000 $ et qu’il y a 10 salaires en tout. Le salaire de référence, le salaire moyen durant toute la carrière active au service de cet employeur, est donc de 56 000 $. (La rente aurait également pu être définie comme étant 2 % × 560 000 $, soit le % multiplié par la somme des salaires gagnés durant la carrière.)

Dans le cadre d’un régime fin de carrière, avec n = 3, la rente sera de 2 % × 10 × (179 000 $ ÷ 3) = 11 933 $ par année, le salaire final moyen des trois dernières années étant donné par (62 000 +59 000 + 58 000) ÷ 3 = 59 667. Dans la mesure où le salaire de référence est supérieur au salaire moyen de toute la carrière — ce qui est souvent le cas — un régime fin de carrière est plus généreux qu’un régime salaires de carrière, pour un pourcentage donné.

Dans le cadre d’un régime salaire meilleures années, avec m = 3 et n = 5 (qui prend donc les trois meilleurs salaires des cinq dernières années), la rente sera de 2 % × 10 ×(182 000 $ ÷ 3) = 12 133 $ par année. Les salaires qui entrent dans le calcul du salaire de référence sont 61 000, 62 000 et 59 000 — ils sont consécutifs, mais cela n’était pas exigé — et leur moyenne est de 60 667 $.

Évidemment, si vous avez le choix de votre régime, le plus avantageux, pour un même pourcentage, est le régime salaire meilleures années! Néanmoins, le régime de retraite n’est qu’un élément à considérer quand vient le temps de choisir un emploi. En plus, pour le commun des mortels, la valeur d’un régime de retraite, c’est un peu difficile à évaluer… Et même pour les experts, ce n’est pas trivial! Je vous en parle dans un prochain article…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr comingstobrazil
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Régimes de retraite: types pourcentage-salaire

septembre 23rd, 2009 Sourire Comments off
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Comme j’en faisais mention dans l’article précédent, qui remonte à plusieurs semaines (mea culpa), il y a divers types de régimes pourcentage-salaire. Pour tous ces régimes, le montant versé à la retraite est le résultat d’un calcul qui prend la forme suivante:

% * service * salaire de référence

Le « % » varie d’un régime à l’autre, 2 % étant relativement courant. Le service correspond au temps de travail reconnu aux fins du régime de retraite. Ce qui distingue les types pourcentage-salaire, c’est la façon dont le salaire de référence est défini aux fins du calcul de la rente.

Salaires de carrière

Dans le cadre d’un régime salaires de carrière, comme le laisse entendre le nom, tous les salaires gagnés durant la carrière sont tenus en compte dans le calcul de la rente.  Ainsi donc, le salaire de référence pour un régime salaires de carrière est le salaire moyen gagné durant toute la carrière active.

Fin de carrière

Un régime fin de carrière définit le salaire de référence comme étant le salaire final moyen. Le salaire final moyen est calculé en prenant la moyenne des n derniers salaires, où n est un petit nombre entier (3 ou 5, par exemple).

Dans la mesure où les derniers salaires sont généralement plus élevés que les précédents, pour un même % et un même service, un régime fin de carrière est plus intéressant qu’un régime salaires de carrière.

Le plus généreux: salaire meilleures années

Dans un régime salaire meilleures années, le salaire de référence est la moyenne des m meilleurs salaires. Il est possible que les m meilleurs salaires doivent être consécutifs. Il est également possible qu’ils doivent se trouver parmi les n dernières années. Par exemple, le salaire de référence pourrait être défini comme étant la moyenne des trois meilleurs salaires des dix dernières années.

Il se peut que les meilleurs salaires soient aussi les derniers. Par contre, pour quelqu’un qui ralentit en fin de carrière, la formule qui se base sur les meilleures années est plus avantageuse.

Si vous voulez en savoir plus sur les types de régimes pourcentage-salaire et sur leur popularité relative, vous pouvez lire un article plus long et plus détaillé.

Demain, on vous présente un exemple de calcul afin de mieux saisir la différence entre ces différents types!

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr cote
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Économiser sur le dos de ses enfants

septembre 21st, 2009 Soeur économe 3 comments

Parmi les dépenses associées à un enfant, le linge est une catégorie non négligeable. Après quelques semaines parfois, ou une saison au plus, il faut remplacer par plus grand. Et le prix en magasin du linge pour enfant n’est généralement pas proportionnel à la quantité de tissu requise pour le produire. Bref, c’est plutôt cher. Voici donc quelques possibilités pour réduire quelque peu ces coûts. Si vous êtes dans la situation de disposer de montagnes de linge devenu trop petit, cela peut aussi vous être utile pour savoir comment en faire bénéficier d’autres.

  • Don ou prêt de boîtes de linge: vous connaissez quelqu’un qui a un enfant un peu plus vieux que le vôtre et qui vous donne ou prête son linge devenu trop petit. Pour le rapport qualité-prix, c’est difficile à battre. Et même si tout ne correspond pas parfaitement à vos goûts, ça ne vaut pas la peine de s’en passer. Par contre, si du linge de garçon peut être utilisable pour une petite fille, on peut penser que dans la situation inverse le contenu de la boîte risque d’être peu utilisé.
  • Friperies: on peut différencier plusieurs types de ces commerces de vêtements usagés. Il y a les petites boutiques qui, souvent, ne vendent que du linge de bonne qualité en excellent état, à des prix beaucoup plus raisonnables que du neuf. Évidemment, chaque pièce n’est généralement disponible que dans une seule grandeur — à moins de tomber sur des lors d’articles neufs invendus par exemple. On ne s’y rend donc généralement pas avec une idée préconçue d’un morceau en particulier. Autres types de friperies: les «grandes surfaces» et les comptoirs vestimentaires. Dans les deux cas, la qualité est très variable (le tri semblant moins serré) et il faut être prêt à fouiller pour trouver. Quant aux prix, ceux des grandes surfaces peuvent être étonnament élevés (pour de l’usagé) tandis que ceux des comptoirs, organismes à but non lucratif, sont généralement très bas.
  • Les sites de petites annonces sur Internet: pour se procurer un «lot» de linge (correspondant souvent à tout ce qui a été porté durant une saison ou un an par l’enfant du vendeur), les petites annonces peuvent être un bon filon. Pour maximiser l’usage, s’assurer que les vêtements courts et longs correspondront aux saisons où votre enfant aura à les porter. Bien sûr, il y a de tous les genres, mais en surveillant durant quelque temps, on peut trouver de bonnes affaires.
  • Ebay: on retrouve une quantité phénoménale de linge neuf et usagé à vendre sur ebay. L’avantage d’y acheter du linge pour enfant par rapport au linge pour adulte, c’est que même si les grandeurs effectives d’un «12 mois» ou d’un «3X» varient selon les marques, les chances sont fortes pour que cela fasse tout de même dans un futur plus ou moins rapproché. Il faut toutefois porter attention aux frais de poste des articles et, pour éviter qu’ils ne vous coûtent plus que le prix de l’article lui-même, mieux vaut viser des lots de plusieurs articles à la fois. Pour des lots de certaines marques prisées, les enchères peuvent monter de façon surprenante. Enfin, comme les vendeurs tiennent généralement beaucoup à leur réputation, les descriptions sont très précises et justes.
  • Picasa, photobucket et probablement d’autres: beaucoup utilisent ces outils pour publier des photos de morceaux de linge pour enfant et se constituer ainsi de petites friperies virtuelles, comprenant souvent uniquement le linge trop petit de leurs propres enfants. On peut soit débuter en visitant les sites de personnes qu’on connaît ou qui s’affichent dans les petites annonces, visiter ensuite au hasard ceux de leurs contacts et cheminer ainsi ou, pour Picasa du moins, faire sur l’ensemble du site des recherches avec des mots-clés, par exemple «neige 24 mois».

Tout ce qui précède visait principalement le linge usagé. Je ne vois guère de raison, pour les bébés et les jeunes enfants, de vouloir se procurer à tout prix du neuf, pas plus au niveau financier qu’environnemental. De toute façon, on en reçoit déjà une bonne quantité en cadeau. À titre de complément, pour se procurer des articles moins disponibles dans l’usagé, on peut viser les ventes dans les magasins une fois les articles rendus hors-saison. Évidemment, ça revient à magasiner pour l’année suivante, ce qui nécessite d’avoir une bonne idée des grandeurs qui seront susceptibles de convenir à ce moment, un exercice qui peut sembler périlleux lorsqu’on débute dans le domaine.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Micah Sittig

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Intuit (Quicken) déterminée à demeurer leader en finances personnelles

septembre 19th, 2009 Ebenezer Comments off
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Surtout depuis la fin de Microsoft Money, Quicken est le leader incontesté et inattaquable du marché des logiciels de finances personnelles. Toutefois, comme je le notais dans la notice nécrologique de MS Money, je ne vois pas beaucoup de développement et de croissance possible dans le marché. Tout indique qu’il a atteint la saturation et la maturité (dans l’ordre ou dans le désordre). Là où il y a de l’effervescence dans les finances personnelles, c’est du côté des solutions Web. Intuit, l’éditeur de Quicken, vient de le reconnaître avec force!

Mint.com contre Quicken Online

Lancé il y a 2 ans, Mint.com est le service Web qui a lancé le concept du site Web pour gérer les finances personnelles. Intuit avait suivi peu de temps après en lançant Quicken Online, mais le service n’avait jamais pu rivaliser avec la popularité de Mint.com. Dans une annonce qui rappelle des souvenirs aux nostalgiques de la bulle technologie du début de la décennie, Intuit a annoncé qu’elle achetait la compagnie jeune de deux ans pour la rondelette somme de 170 millions$.

Chut, c’est un secret?

Étrangement, sur la page d’accueil de Mint.com, on est très discret à propos de cette acquisition. Deux petites lignes dans le bas complètement à droite de la page, où l’on peut lire (traduction libre):

Mint.com a été acquis par Intuit, les créateurs de TurboTax. Cliquez pour lire les commentaires du PDG de Mint.com, Aaron Patzer.

Quoi? On mentionne TurboTax mais pas Quicken? Visiblement, Intuit craint de faire fuire des clients… qui s’étaient peut-être réfugiés chez Mint.com après avoir été déçus de leur logiciel (ou du prix de?) Quicken.

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La prochaine crise est inévitable

septembre 17th, 2009 Ebenezer Comments off
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La semaine dernière, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, a déclaré à la BBC qu’une prochaine crise économiquue telle que celle que nous vivons présentement depuis un an est inévitable. Ça vient d’un des hommes les mieux positionnés sur la planète pour empêcher la crise actuelle et d’aucuns prétendent qu’il l’a accélérée plutôt que freinée.

La nature humaine

Greenspan cite la «nature humaine» pour expliquer sa prédiction. Selon lui, après une longue période de prospérité, la population ne peut faire autrement que présumer que celle-ci va durer éternellement. Par exemple, penser que le prix des maisons aux États-Unis ne peut pas diminuer.

C’est précisément pour atténuer cet effet humain que les gouvernements des principales économies de la planète (le G20) ont décidé de réformer en profondeur la réglementation des marchés financiers. L’ennui, c’est que, au fur et à mesure que la situation s’améliore, la réglementation sévère est amendée et modifiée pour la rendre moins restrictive. On l’observe déjà… avec la réserve fédérale qui dit que l’économie se stabilise, les efforts de rehaussement de la réglementation ralentissent.

Leçon non retenue de la crise des années 80

À la fin des années 80, les États-Unis ont vécu une crise financière durant laquelle 745 banques et autres institutions financières ont déclaré faillite. En 2009, jusqu’à maintenant, ce sont 92 banques qui sont en faillite. Pendant cette crise, le patron de la FDIC était William Seidman et il a mené les efforts du gouvernement pour corriger la situation. En 1993, il a dit (traduction libre):

La prochaine erreur sera une nouvelle façon de consentir un prêt qui ne sera jamais remboursé.

C’est exactement ce qui s’est produit encore cette fois. Peut-être que Greenspan a raison?

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr striatic
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Il y a un an: la crise commençait

septembre 15th, 2009 Ebenezer Comments off
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Il y a un an aujourd’hui, la crise financière débutait. C’est en effet le 15 septembre 2008 que la firme Lehman Brothers a déclaré faillite, à cause de ses investissements peu judicieux dans le papier commercial de mauvaise qualité. Cette faillite a entraîné la baisse quotidienne du Dow Jones la plus importante depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Le début d’une réaction en chaîne

On associe généralement le début de la crise avec la faillite de Lehman Brothers parce que celle-ci menaçait de débuter une réaction en chaîne. Plusieurs compagnies et fonds d’investissements avaient en effet prêté de l’argent à Lehman Brothers et perdaient ainsi leur investissement. La question qui leur brûlait les lèvres désormais était: qui sera la prochaine à faire faillite? En attendant de savoir, plus personne ne voulait prêter d’argent à personne. Les dépôts des citoyens sont protégés par la FDIC, mais les investissements corporatifs, eux, ne le sont pas. On a donc assisté à l’équivalent d’une panique bancaire dans le monde des entreprises. L’ennui, c’est qu’une très grande majorité des entreprises américaines ont besoin d’emprunter de l’argent sur une base quotidienne pour financer leurs opérations. (Pour plus de détails sur cet épisode, je vous encourage à écouter cette émission de radio (en anglais), qui explique le tout très simplement.)

La crise du crédit: l’économie américaine au bord de l’apocalypse

Cet enchaînement très rapide d’événements a amené le secrétaire au trésor d’alors (l’équivalent de notre ministre des Finances) à proposer un ambitieux plan de 700 milliards de dollars afin de sauver les banques qui n’étaient pas encore tombées. Lui et le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, auraient rencontré à huis clos des dirigeants influents du Sénat le 18 septembre 2008 (trois jours seulement après la faillite de Lehman Borthers) en leur disant que si le plan de sauvetage n’était pas adopté rapidement, on ne parlerait plus de la Grande Dépression des années 30… parce que celle à venir serait bien pire.

Ce n’est pas tous les jours qu’on n’a que trois jours pour décider de dépenser plus que la dette du gouvernement fédéral canadien.

Aurait-on dû sauver Lehman Brothers?

Je présume que plusieurs doctorats seront rédigés dans les prochaines années pour analyser si c’était une erreur ou non pour le gouvernement américain de laisser Lehman Brothers déclarer faillite. Avait-on sous-estimé l’effet domino? Étant donné l’ampleur de la bulle qui existait, un tel choc était-il inévitable pour revenir à une situation normale?

Le PDG de la Banque Nationale avait déclaré, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires, être clairement du côté de ceux qui croient que ce fut une grave erreur.

Toutes ces questions méritent d’être explorées, non pas pour trouver qui blâmer, mais plutôt pour savoir quoi faire la prochaine fois que ça se présentera.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Tom T
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Développements dans le paiement par cellulaire

septembre 14th, 2009 Ebenezer Comments off
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Ceux qui lisent ce blogue depuis longtemps savent que je traite régulièrement du paiement par téléphone cellulaire. Vous connaissez également ma conviction que ce mode de paiement bouleversera probablement le marché des cartes de crédit et possiblement même des banques! Au cours des dernières semaines, je suis tombé sur quelques développements.

Le cellulaire pour remplacer la carte de crédit

C’est un lecteur de longue date, Christian Roy, qui a attiré mon attention sur un article du Montreal Gazette à propos d’une compagnie québécoise: PaymentPin. Le concept est simple: pour acheter quelque chose (ils se spécialisent dans les biens virtuels), vous entrez votre numéro de cellulaire. On vous envoie par SMS un mot de passe à entrer sur le site Web du marchand. Le montant de la transaction est alors chargé directement sur le compte du téléphone.

J’aime la simplicité du concept qui permet, contrairement à Zoompass (dont j’ai parlé en juin), de prélever le montant directement sur le compte. Par contre, l’entente de partenariat conclue avec les fournisseurs de services cellulaires (ils prélèvent la moitié du montant en frais!) rend impossible l’utilisation de ce service pour des biens physiques, malheureusement.

Nokia se lance dans la mêlée

Nokia, de son côté, a annoncé que, dès l’année prochaine, elle offrirait aux détenteurs de ses téléphones dans les marchés émergents un service de paiement par téléphone cellulaire basé sur la plateforme Obopay. La firme cite des chiffres éloquents pour justifier son orientation: il y a quatre milliards de téléphones cellulaires dans le monde et seulement 1,6 milliard comptes de banque. On peut donc présumer que Nokia souhaite devenir le fournisseur de services financiers pour les 2,4 milliards de personnes qui sont laissées à elles-mêmes.

J’ai très hâte de voir les développements de ce côté! Et l’innovation proviendra des marchés émergents, cette fois… Nous suivrons.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Soctech

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