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Compost pour tous

août 25th, 2009 Soeur économe
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La Ville de Gatineau et les municipalités de l’île de Montréal ont récemment annoncé vouloir implanter dans les prochaines années des collectes de déchets organiques (matières putrescibles) auprès de leurs résidants. Elles rejoindraient ainsi quelques municipalités pionnières, dont Victoriaville, Sherbrooke et Saint-Hyacinthe, qui offrent déjà la collecte dite à trois voies (recyclage/matières organiques/déchets). De son côté, il semble que la Ville de Québec tergiverse. Avec la mise en œuvre de leurs plans de gestion des matières résiduelles et l’objectif fixé par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles de détourner au moins 60% du contenu actuel des poubelles, beaucoup de municipalités devront s’y mettre dans les prochaines années. Alors, une mesure qui en vaut la peine ?

Une bonne mesure

44%, c’est la proportion de nos poubelles qui est constituée de matière organique décomposable (cœurs de pommes, pelures d’oignons, feuilles mortes, mauvaises herbes et autres), d’après Recyc-Québec. Donc 179 kg par personne par année en moyenne. Une quantité non négligeable qu’en sortant des sacs verts, on évite d’enfouir, ce qui permet de faire durer un peu plus longtemps les sites d’enfouissement disponibles et de diminuer les biogaz et le lixiviat, deux productions indésirables issues de l’enfouissement de matière organique. Notez que le compostage (toute décomposition de matière organique en fait) génère aussi une certaine quantité de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs pourquoi certaines municipalités, comme celles de la MRC de Rivière-du-Loup, choisissent de traiter les résidus organiques par un procédé de biométhanisation — le gaz est alors récupéré et peut servir à d’autres fins.

Évidemment, une troisième collecte, c’est un coût supplémentaire pour une municipalité. Un coût qui est cependant réduit compte tenu qu’il peut être associé à une réduction de la fréquence des collectes de déchets, à une diminution des volumes se retrouvant à l’enfouissement et à une réduction potentielle des achats de compost aux fins horticoles, notamment. Gatineau prévoit charger 32$ par ménage par année pour son programme.

Ma préférence reste au compost maison

À mon avis, malgré un tel service, le compostage à la résidence devrait continuer d’être favorisé. Il ne génère aucun coût de transport car il est produit sur place, et vous pouvez l’utiliser pour le bénéfice de votre potager ou comme paillis dans vos plates-bandes. Il n’est pas non plus associé aux problèmes majeurs d’odeurs que génèrent certains sites de compostage à gros volume, et n’oblige pas la construction à grands frais de sites fermés pour pallier cet inconvénient.

De plus, dans le compostage domestique, le seul coût est l’achat du bac, et plusieurs municipalités (dont Québec, Lévis et Shawinigan) offrent un programme de remise lorsque vous vous en procurez un. Dans d’autre cas, comme Montréal, des bacs à compostage domestique sont vendus à petit prix par les éco-quartiers. Il existe aussi toute une panoplie de modèles.

Si vous ne disposez pas d’un terrain pour installer un bac à compost conventionnel, vous pouvez examiner des variantes: les bacs rotatifs (j’avais mes doutes mais il semble que ce soit très efficace), ou le vermicompost. Dans ce cas, il s’agit de s’habituer à l’idée d’héberger dans un bac de plastique à l’intérieur de votre domicile de charmants et discrets invités très avides de vos restants de table.

Des compléments ?

Le bac à compost domestique et une collecte municipale des matières organiques peuvent être complémentaires. Ainsi, les collectes municipales acceptent certaines matières qu’il n’est pas recommandé de placer dans son bac domestique, comme les résidus de viande et de produits laitiers, des cartons souillés de gras, des mauvaises herbes. La collecte municipale peut également se charger de nos branches et surplus de feuilles mortes…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Collin Anderson

  1. Loïc
    août 25th, 2009 at 13:03 | #1

    Bonjour,

    Pour ma part j’ai un compost dans le jardin ainsi qu’un vermicompost dans ma cuisine (surtout pour le coté ludique, afin d’expliquer le fonctionnement aux enfants).

    Il est certain que c’est une bonne initiative de la part des municipalités, pour peut etre ensuite distribuer gratuitement le compost récolté.

    Merci à l’auteur pour cet article.

    Loïc

  2. août 25th, 2009 at 13:43 | #2

    J’ai un bac rotatif même si j’ai un grand jardin et j’en suis très satisfait. Cela fonctionne bien et produit rapidement du compost avec très peu de travail.

  3. Soeur économe
    août 25th, 2009 at 20:39 | #3

    Plusieurs municipalités offrent gratuitement du compost à leurs citoyens, notamment au début de l’été. Pour le moment, il s’agit généralement de compost préparé à partir des collectes de feuilles mortes.

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