Pertes de temps extérieures

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Depuis quelques fins de semaine, mes voisins s’activent à entretenir leur terrain. Comme je suis généralement en accord avec les principes véhiculés par le Jardinier paresseux, d’une part, et que je privilégie d’autre part, comme le devraient la plupart des gens, d’éviter le gaspillage (de temps, d’argent et de matières premières), je ne peux m’empêcher de déplorer plusieurs des comportements que j’observe.

Zélé

– Le déchaumage: un peu tard pour le mentionner, puisque plusieurs s’y sont activés depuis la fonte de la neige déjà, mais inutile. Le gazon poussera quand même si des brins morts restent au sol, et une fois poussé, rien n’y paraîtra plus.

– L’annihilation de toute matière organique en décomposition: la balayeuse dans les plates-bandes, enlevez-moi ces feuilles mortes et ces petites tiges restantes jusqu’à la dernière ! Et pourquoi ? Pour mieux devoir ajouter des sacs de compost cet été et de l’engrais parce que le sol s’est appauvri et que la végétation peine à pousser ?

– Le pissenlit maudit: si vous ressentez encore une réprobation de vos voisins face à de joyeux pissenlits sur votre terrain et que vous vous astreignez à leur enlèvement, prenez au moins le soin de semer quelques graines de gazon après chaque arrachage. Autrement, ces sites seront aussitôt recolonisés par une autre espèce opportuniste, voire la même, et le travail sera à recommencer.

– Ramasser les résidus de tonte: herbicyclez, plutôt. Moins de travail, moins de déchets, les mêmes résultats. Et si vous persistez, ne vous payez pas en plus des épandages d’engrais, votre argent se retrouvera presque directement dans vos sacs.

De bonnes intentions

– Le paillis de «cèdre» orange: oui, du paillis permet de réduire la fréquence d’arrosage et la pousse des mauvaises herbes dans les plates-bandes, mais vaut mieux qu’il soit décomposable pour, à la longue, s’intégrer au sol et l’enrichir plutôt que de rester intact (puisque de toute façon on en ajoute à chaque année). En plus d’être franchement non naturel comme couleur.

– Le tuteur étrangleur: les tuteurs sont généralement très peu utiles, même pour de nouvelles acquisitions végétales, mais si cela vous sécurise de le faire, enlevez-les après un an. Après quatre ou cinq ans, c’est généralement l’arbre qui retient le tuteur, quand ce dernier n’est pas carrément en voie de l’étrangler. Triste.

Au secours

– Le nettoyage de l’entrée d’auto au boyau d’arrosage: balais. Balais !

– Enlever tout le gazon existant pour mieux faire poser du gazon en plaques: que de travail et d’argent pour strictement rien. Un peu de terre et un semis par-dessus le gazon existant auraient amplement fait le travail de le regarnir au goût du proprio.

L’art topiaire intensif: il n’y a guère d’arbustes qui supportent bien ces coupes à répétition dans notre climat. Une haie de forme carrée ou une épinette en cône parfait, c’est sensé être joli ? Ménagez le sécateur.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr G & A Sattler