Potagez

Pour l’été, joignez l’utile au délicieux et au décoratif et pensez à faire pousser quelques plantes comestibles. Probablement moins compliqué et plus amusant que vous l’imaginez.

Si potager réfère uniquement pour vous à la grande étendue rectangulaire que vous aperceviez à l’arrière du terrain de votre grand-mère, sachez que cela peut aussi prendre une tout autre forme. On peut d’abord planter des légumes, des fruits ou des fines herbes à même une plate-bande décorative existante; certaines espèces (bette à carde, plusieurs fines herbes) n’auront même rien à envier esthétiquement aux espèces non comestibles qui s’y trouvent. Vous pouvez aussi cultiver bon nombre d’espèces dans de simples contenants (pots, tonneaux, jardinières ou boîtes à fleurs).

Économique, tout ça ? Si vous ne tentez pas l’impossible avec des espèces trop exigeantes et que vous leur donnez des conditions de croissance convenables, la récolte peut être très bonne pour le prix modique d’un sachets de graines ou d’un petit plant, assorti d’un peu d’entretien. Bien sûr, durant l’été les légumes se retrouvent souvent à très bas prix à l’épicerie ou au marché, mais pour des fines herbes fraîches par exemple, la culture à domicile donne plus de flexibilité. 

Le manque d’eau est probablement la difficulté principale dont il faut se prémunir; les espèces potagères ne sont généralement pas du genre à survivre longtemps dans un sol sec. Pour la culture en pleine terre, utilisez du paillis — de ceux qui sont dégradables, pas l’affreux paillis de cèdre orange — autour des plantations afin de conserver plus longtemps l’humidité du sol. Pour la culture en contenants, le paillis est également pertinent, mais il faut surtout prévoir des volumes suffisants de terre, autrement vous vous retrouverez à devoir arroser matin et soir et à voir à chaque fois vos plants sur le point de s’affaisser. Ou alors utilisez des contenants offrant une réserve d’eau (le concept des urbainculteurs m’apparaît intéressant à cet égard). Côté sol, il faut prévoir un substrat qui absorbera l’eau et distribuera généreusement les nutriments. Un apport de compost est toujours bienvenu (et «terre noire» n’égale pas compost, comme certains le pensent).

Il reste finalement à choisir les espèces que vous souhaitez cultiver. Plusieurs légumes-racines se sèment dès maintenant (je n’ai pas encore essayé d’en semer en pots, mais il paraît que cela peut fonctionner si le volume est suffisant), tandis que pour d’autres espèces (comme tomates, poivrons, fraises et fines herbes) si vous ne les avez pas débutés à l’intérieur au printemps, le plus simple est de se procurer de petits plants — pas tout de suite mais dans quelques semaines. Dans le choix des variétés, recherchez la résistance aux maladies et faites attention au délai avant la maturité (le plus faible nombre de jours étant le mieux). Le Jardin botanique de Montréal recense une panoplie d’espèces cultivables ici, ici et ici. Pour faire un premier essai, je suggère un plant de tomates cerises en pot et quelques contenants de fines herbes. Bonne récolte !

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Sbocaj