Le danger des multinationales

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Bon, je me lance sur un terrain glissant, mais le titre est plus épeurant que le contenu de cet article. Dans le grand débat de la gauche et de la droite, du capitalisme et du socialisme, nous n’avons jamais pris position directement et rarement indirectement. Cet article ne fera pas exception à l’habitude. L’objectif est plutôt d’alimenter votre réflexion et même de susciter la discussion via les commentaires.

Il y a peu de choses plus agréables pour un blogue que de générer des commentaires et, cette semaine, on est servis!

Le grand débat sur la vente d’entreprises locales

Pendant plusieurs années, un sujet récurrent des nouvelles économiques était le rachat par une firme étrangère d’un fleuron québécois ou canadien. On n’a qu’à penser à Alcan (Rio Tinto), la Bourse de Montréal (le Groupe TSX), Abitibi-Consol (Bowater), ATI Technologies (AMD), la chaîne hôtelière Fairmont (un prince saoudien), La compagnie de la Baie d’Hudson (Jerry Zucker) et Domtar (Weyerhaeuser) qui ont fait les nouvelles dernièrement.

On n’en entend plus parler maintenant parce que, souvent, ces acquisitions sont financées par du crédit et, depuis le début de la crise économique, celui-ci est très difficile à obtenir (voir pour cela ma série d’articles sur les obligations). Et quand ce n’est pas financé avec du crédit, c’est une transaction en actions… et tous ceux qui possèdent des investissements liés de près ou de loin à la bourse savent que ça ne vaut pas autant qu’avant.

En dehors des arguments émotifs sur la fierté que ces grandes compagnies soient considérées comme québécoises ou canadiennes, les récents déboires d’AbitibiBowater illustrent bien l’un des arguments de ceux qui s’opposaient à ces transactions.

Une région durement touchée

AbitibiBowater est présentement le deuxième joueur économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sa faillite — causée en grande partie par la dette colossale amassée par la maison-mère et pas nécessairement pas l’inefficacité des usines — aura un effet dévastateur sur cette région. De la même façon que nous diversifions nos placements pour limiter les risques, je me demande s’il était sage de permettre une telle dépendance économique envers une seule compagnie.

D’un autre côté, je suis généralement pour la liberté des propriétaires privés d’entreprises d’agir selon leur bon jugement. De plus, si on les empêchait de procéder à une vente qui est financièrement avantageuse pour eux pour protéger la société en général (ou une région du Québec), devraient-ils être dédommagés?