Les obligations: suite et fin

obligation_gc11

Après une introduction aux obligations et un article plus spécifiquement axé sur les risques associés aux obligations corporatives, je vous propose un dernier article sur le sujet avant de revenir à notre programmation habituelle. Si vous n’avez pas apprécié cette série d’articles sur un même sujet dans la même semaine, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires.

Le taux d’intérêt en fonction de la cote de crédit

Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article, les obligations émises par les compagnies se voient attribuer des cotes (en fait, les obligations émises par les gouvernements aussi) en fonction de la stabilité financière de l’organisation. La meilleure note étant un AAA. Vous me demanderez donc: pourquoi est-ce que je prêterais de l’argent à une compagnie qui n’est pas cotée AAA?

La réponse est simple: pour compenser le risque supplémentaire, elle vous offrira un taux d’intérêt plus élevé! La conclusion est donc que, comme pour les particuliers, moins une compagnie a besoin d’argent, plus c’est simple et peu dispendieux pour elle d’en emprunter. Les compagnies souhaitent donc obtenir le meilleure cote de crédit possible, afin de payer le moins d’intérêts possible.

Un exemple concret

Quelle est la surprime qu’on peut s’attendre à obtenir pour une obligation qui n’est pas cotée AAA? La réponse, bien évidemment, c’est: ça dépend. La différence augmentera en période d’incertitude économique et diminuera lorsque l’économie va bien. Je suis tombé par hasard sur une émission d’obligations qui n’était pas cotée AAA. L’Industrielle Alliance a réalisé une émission d’obligations à la fin de mars et la cote qui leur a été attribuée est A, c’est-à-dire deux niveaux sous la meilleure cote. Le résultat? Ils ont décidé d’offrir un taux d’intérêt de 8,25%, comparativement au taux d’intérêt offert par ING Direct: 1,70% — c’est une différence énorme!

On peut en conclure que ce n’est vraiment pas un bon moment pour avoir besoin d’argent neuf dans le cas des organisations qui ne sont pas en parfaite condition financière (même la compagnie de Warren Buffett n’a plus une cote de crédit parfaite)… C’est ce qu’on appelle la crise du crédit.

Image disponible sous licence CC de Wikimedia Commons