Les risques des obligations corporatives

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Hier, j’abordais la notion des obligations, qui sont une façon parfois efficace de placer de l’argent sécuritairement avec un rendement prévisible. J’avais oublié un petit détail important, par contre: les obligations viennent généralement par tranches de 5000$ ou même de 10 000$. On ne peut pas y placer que 200$ ou 300$. Pour ça, adressez-vous à votre compte d’épargne à intérêts élevés le plus proche!

Corporatives et gouvernementales

Il y a deux grands types d’émetteurs d’obligations: les entreprises et les différents paliers de gouvernements (municipal, scolaire, provincial, fédéral). Dans le premier cas, il s’agit d’une compagnie qui veut financier une nouvelle usine, l’acquisition d’une nouvelle compagnie ou bien, tout simplement, avoir assez d’argent pour survivre pendant une période déficitaire (on peut penser à AbitibiBowater, par exemple). Pour les gouvernements, c’est un peu la même chose. Quand on parle de la dette du Québec, par exemple, une grande portion est sous forme d’obligations. En fait, les fameuses annonces d’Épargne Placements Québec vous demandent de prêter de l’argent au gouvernement du Québec.

Qu’est-ce que je risque?

La réponse est simple: quand on achète une obligation, on risque de ne pas se faire rembourser. Dans le cas d’un gouvernement, surtout en Amérique du Nord, le risque est très faible. Dans le cas d’une entreprise, il y a plusieurs scénarios dans lesquels un détenteur d’obligation peut perdre de l’argent, ou obtenir un rendement inférieur à celui promis initialement. Le cas le plus évident est une faillite pure et simple. Comme Air Canada en 2003. Les détenteurs d’obligations d’Air Canada ont probablement perdu plus de 50% de la somme qu’ils avaient prêtée à la compagnie (je n’arrive pas à trouver l’information exacte).

L’autre option est tout simplement un arrangement avec les détenteurs d’obligations. La compagnie s’adresse alors à eux en disant à peu près ceci: «ça va mal, nous sommes déficitaires, les intérêts que nous payons sur notre dette nous tiennent à la gorge et nous devrons déclarer faillite… SAUF si vous êtes gentils et que vous acceptez de renégocier les termes du prêt en faveur de l’emprunteur». Souvent, la compagnie offrira de convertir les obligations en actions de la compagnie. Bombardier Produits Récréatifs et Ford viennent de compléter des opérations du genre.

Naturellement, le prêteur (l’épargnant, l’acheteur d’obligations) perd de l’argent par rapport à ce qui était prévu initialement, mais il va accepter les modifications en se disant que c’est mieux qu’une faillite.