Sans frais, les cartes de crédit ? Ça dépend pour qui

On peut identifier plusieurs avantages à tirer d’une utilisation « optimale » de sa carte de crédit: un délai de paiement et pas de frais si on paie le solde entier à chaque mois, un retour sous forme de points, milles ou autres, et même, pour les plus maniaques, une facilité accrue de suivi de ses dépenses dans leur logiciel de finances personnelles. Je ne m’étais jamais vraiment informée de la contrepartie: les frais. Néanmoins, ayant lu récemment que ces frais représentaient plusieurs milliards de dollars au Canada seulement, j’ai cherché à en savoir un peu plus.

Au Canada, les compagnies de cartes chargeraient aux commerçants environ 2% du coût de la transaction en frais de crédit, aussi appelés frais « d’interchange ». Ce pourcentage serait plus élevé lorsqu’un consommateur utilise une carte de crédit à prime ou une carte de crédit en devises étrangères qu’une carte standard. Les commerçants ne peuvent guère décider de filtrer les catégories de cartes qu’ils acceptent, ou cesser d’accepter les paiements par carte de crédit: ceux-ci représentent une proportion grandissante des achats et, pour bien des consommateurs, il s’agit d’un incontournable. Les commerçants de détail se sentent pris à la gorge et se sont donc regroupés au sein de la coalition « Cessez de nous coller des frais à payer ! » pour faire valoir leurs revendications.

Les frais d’interchange diffèrent de façon substantielle selon les pays: le National Post en présente ici quelques uns et, parmi ceux présentés, c’est le Canada qui remporte la palme. Tandis que les compagnies de cartes de crédit indiquent que les frais chargés ne sont même pas une source de profit, on peut avoir peine à les croire: à peu près toutes les transactions sont maintenant réalisées de façon électronique et une transaction de 100$ génère-t-elle vraiment des frais plus élevés qu’une autre de 20$? Lorsqu’on compare avec Interac, qui ne charge pour chaque transaction par carte de débit que des frais fixes d’une dizaine de cents, on se demande comment celui-ci pourrait alors continuer d’opérer.

D’une façon ou d’une autre, on risque de réentendre parler prochainement de ce sujet dans l’actualité: Interac aurait déposé une demande au Bureau de la concurrence pour se transformer en une entreprise à but lucratif; ce même Bureau de la concurrence investiguerait des allégations selon lesquelles les compagnies de cartes de crédit violeraient la Loi sur la concurrence en chargeant des frais trop élevés; et le Sénat et la Chambre des communes tiennent ou tiendront des enquêtes sur les systèmes de cartes de crédit et de débit au Canada, et examineront notamment la possibilité de resserrer la législation.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr The Consumerist

Une réponse pour “Sans frais, les cartes de crédit ? Ça dépend pour qui”

Les commentaires sont fermés.