Le dollar-esperanto
Plusieurs acteurs, la Chine en tête, ont lancé cette semaine l’idée de créer une devise mondiale, afin de limiter la dépendance du reste du monde envers le dollar américain. J’ai décidé de la baptiser hypothétiquement le dollar-esperanto, d’après la langue du même nom, mais les noms suggérés semblent être le Globo et, tout simplement, le Global. Je dois admettre que j’aime bien dollar-esperanto parce que ça traduit mon scepticisme face à son adoption à grande échelle.
La Chine s’inquiète
Quand les États-Unis empruntent, ils émettent des obligations, qu’on appelle Treasury Bills (ou T-Bills) que tout un chacun peut acheter. Il s’agit d’un excellent véhicule financier pour un rendement faible, mais qui offre une sécurité à toute épreuve. C’est l’équivalent des obligations d’épargne, ici. La Chine a, au cours des dernières années et avec l’enrichissement que son développement économique lui a apporté, acquis une quantité considérable (2000 milliards$) de fonds américains. Il est donc normal qu’elle s’inquiète au point d’en parler publiquement lorsque les États-Unis se mettent à imprimer de l’argent pour relancer leur économie. Cet ajout de dollars sans augmenter la demande fait baisser la valeur relative du dollar… et des économies des Chinois!
Une nouvelle devise
Comme les États-Unis semblent sourds aux inquiétudes de la Chine, celle-ci a donc lancé l’idée, avec le support de la Russie, du Brésil et de l’Inde, de créer une nouvelle «super-devise» dont la valeur serait basée sur plusieurs économies plutôt qu’une seule. Cela aurait certainement un effet dévastateur sur la valeur du dollar américain (les gens se départiraient de leurs dollars américains pour acquérir cette nouvelle devise). L’ennui, c’est que le ministre des finances américain, Timothy Geithner, se serait montré ouvert à cette possibilité. Ça a causé tout un choc aux États-Unis.
Mais l’opposition à un tel plan ne viendra pas uniquement des États-Unis. Une devise mondiale voudrait dire beaucoup moins de flexibilité pour les pays dans la gestion de leurs économies, et bien peu sont prêts à laisser aller ce contrôle. On a pu le voir lors de la création de l’euro (la Grande-Bretagne n’y a toujours pas adhéré, d’ailleurs).
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr DanieVDMAutres articles qui peuvent vous intéresser

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