Fonds des générations
Tiens, une semaine après le budget provincial, j’ai effectué quelques recherches sur le Fonds des générations, ce mécanisme créé en 2006 par le gouvernement libéral en réponse aux nombreux acteurs publics qui s’inquiétaient de l’ampleur de la dette du Québec. En gros, il s’agit de mettre de l’argent de côté afin de rembourser la dette plus tard.
S’endetter pour investir
À première vue, ça semble une façon bien étrange de faire les choses. En effet, la façon simple d’agir, c’est de rembourser sa dette quand on a des surplus et de s’endetter quand on connaît un déficit. Dans le cas du Fonds des générations, on y cotise qu’il y ait des surplus ou non. C’est considéré comme une dépense dans le budget du gouvernement.
En situation de surplus, cette façon de faire est acceptable si on admet la prémisse que l’argent placé (et géré par la Caisse de dépôt) donnera un meilleur rendement que les intérêts qu’on paie sur la dette. Sinon, on devrait rembourser la dette directement. En 2008, la Caisse a perdu de l’argent… Avoir su, il aurait été bien plus avantageux de prendre la totalité du Fonds des générations et de l’appliquer à la dette au début de 2008. Le gouvernement agit donc de la meilleure même manière que la plusieurs d’entre nous, qui choisissons de placer (par exemple dans un RÉER) notre argent avant de rembourser notre prêt auto ou notre hypothèque.
En situation de déficit budgétaire, la situation est encore plus étrange! Comme le gouvernement considère sa cotisation au Fonds des générations comme une dépense, il crée une nouvelle dette pour placer de l’argent pour rembourser cette dette plus tard. Le risque est évidemment d’empirer le problème si les placements donnent un moins bon rendement que l’intérêt payé sur la dette.
Réduire les dépenses par la pénurie
La technique utilisée par le gouvernement libérale est connue aux États-Unis sous l’expression «starve the beast»: on réduit l’argent disponible pour les dépenses du gouvernement, ce qui force celui-ci à réduire ses dépenses en conséquence. En créant une dépense artificielle pour réduire la dette, on présume que d’autres dépenses seront réduites pour compenser et garder un budget aussi équilibré que possible. Il ne semble pas exister de confirmation du bien-fondé de cette façon de voir les choses, ni rien pour indiquer que c’est faux.
Un risque inutile
Je vous offre ici une opinion bien personnelle (bien que partagée par Jean-Paul Gagné du magazine Les Affaires): le Fonds des génération repose sur une hypothèse plausible mais non vérifiée qui ne vaut pas le risque d’emprunter pour rembourser plus tard. Les derniers mois nous ont prouvé qu’il n’est pas prudent de souhaiter se fier à une croissance éternelle de 10% lorsqu’on place notre argent à la bourse.
Image disponible sous licence CC de l’usager flickr eziomanAutres articles qui peuvent vous intéresser

« Le gouvernement agit donc de la meilleure manière que la plusieurs d’entre nous, qui choisissons de placer (par exemple dans un RÉER) notre argent avant de rembourser notre prêt auto ou notre hypothèque. »
Cette phrase sous-entend que l’on devrait toujours payer ses dettes avant d’acheter des REERs … ce qui n’est pas tout à fait exacte.
Dans les faits, il peut être avantageux de s’endetter pour cotiser à un RÉER … Habituellement le problème en est un de liquidité.
Certaines institutions offrent des Marge de crédit REER / Prêts RÉER, l’idée étant de toujours pouvoir maximiser ses cotisations sans nuire à ses liquidités …
Il faudrait peut-être que JSP réétudie la question …
J’ai écrit cette phrase, moi? Zut. Désolé pour la phrase mal structurée et je pense que «meilleure» ne s’applique pas nécessairement.
Je laisse entendre effectivement qu’il est généralement plus prudent de rembourser nos dettes plutôt que d’espérer avoir un meilleur rendement dans des placements, parce que le rendement est rarement garanti. Mais c’est une opinion teintée de ma personnalité prudente et du contexte actuel.
Je ne suis pas un grand fan des prêts RÉER, mais c’est effectivement un sujet intéressant pour un futur article.
@Ebenezer
On dirait que votre correctrice n’était pas tellement à son affaire. Vous devriez couper sa paie