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Archive for mars, 2009

Régimes de retraite : variétés PD

mars 31st, 2009 Sourire Comments off
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Tel que promis, ce texte présentera les principaux types de régimes à prestations déterminées (PD), ces régimes qui font une promesse explicite quant au montant qui sera payable (souvent sur une base mensuelle) une fois que vous prendrez votre retraite. Même si la promesse est explicite, elle n’est pas nécessairement pleinement quantifiable avant la retraite… Cela dépend essentiellement du lien qui existe ou non entre la rente et le salaire.

Vocabulaire

Toutefois, avant de parler des types de régimes, il faut s’entendre sur la signification de certains mots.

Le service (tout court), c’est le nombre d’années passées à l’emploi d’une compagnie.

Le service reconnu, c’est le service reconnu (eh oui!) aux fins du calcul de la rente. C’est souvent égal au service (tout court) dans la mesure où le régime de retraite tient compte de tout le service. Pour le reste de cette série sur les régimes de retraite, nous tiendrons pour acquis que service (tout court) et service reconnu sont égaux. Aussi, nous nous contenterons de parler de service.

Le salaire — cela peut sembler trivial — doit être défini dans le texte d’un régime de retraite. Essentiellement, c’est l’argent gagné dans l’année, mais des questions peuvent se poser… Cela devrait-il inclure les primes? Faut-il tenir compte du temps supplémentaire?

Dans le cas d’une personne travaillant à temps partiel, le texte du régime doit préciser à quelle condition une pleine année s’ajoute au service. Le texte doit également préciser si le salaire correspond au montant effectivement gagné ou au montant qui aurait été gagné si la personne avait été à temps plein. Pour simplifier, nous supposerons que le participant au régime de retraite travaille à temps plein.

Rente forfaitaire

Si la rente ne dépend aucunement du salaire, nous avons affaire à un régime à rente forfaitaire. À l’extrême, un tel régime promet une rente d’un montant fixé, sans même tenir compte du service. Un exemple d’un tel extrême serait un régime qui promettrait une rente de 10 000 $ par année à tous ses employés, payable à partir de 65 ans. Cela est plutôt rare. Quand cela apparaît dans le texte d’un régime, c’est plutôt pour garantir un minimum, possiblement conditionnel… à un certain service!

Ce qui est plus courant, dans le cas des régimes à rente forfaitaire, c’est un régime qui promet un certain montant de rente par année de service reconnu. Par exemple, le régime pourrait offrir une rente de 100 $ par mois par année de service reconnu. Après 35 années de service, un participant au régime aurait alors droit à une rente de 3500 $ mois, ce qui équivaut à 42 000 $ par année.

Les régimes de retraite à rente forfaitaire ne sont pas légion (représentant 5,8 % des régimes enregistrés au Québec en 2005, ces régimes regroupent 3,9 % des participants). D’ailleurs, dans une optique de maintien d’un certain niveau de vie, il est est difficile de penser qu’un régime à rente forfaitaire puisse convenir à un groupe dont les salaires sont très variés. Par contre, ils sont relativement faciles à expliquer et permettent d’anticiper la rente à laquelle le participant aura droit à sa retraite.

Pourcentage-salaire

Les autres types de régimes à prestations déterminées se trouvent regroupés sous le vocable de régimes pourcentage-salaire (50,8 % des régimes; 50,0 % des participants). Cela fait bien ressortir le lien qui existe entre le niveau de salaire durant la carrière active et la rente versée à la retraite.

Pour ces régimes, la rente est un pourcentage du salaire de référence, multiplié par le service. Ce pourrait être 2 % du salaire moyen des 5 dernières années avant la retraite, multiplié par le service. Ainsi, quelqu’un qui aurait travaillé 30 ans et dont les 5 derniers salaires seraient 49 000 $, 51 000 $, 52 000 $, 54 000 $ et 56 000 $ aurait droit à une rente de 2 % × 52 400 $ × 30 = 31 440 $ par année, 52 400 $ étant la moyenne des 5 derniers salaires.

Il y a différentes façons de définir le salaire de référence. Ces façons définissent différents types de régimes pourcentage-salaire. Ce sera le sujet d’un prochain article…

Incidemment, à l’extrême, un régime pourcentage-salaire pourrait essentiellement faire fi du service et ne prévoir qu’un certain pourcentage du salaire de référence. Cela se verrait dans des cas exceptionnels.

Dans la mesure où un régime pourcentage-salaire dépend du salaire d’une personne, la rente n’est connue avec certitude que lorsque la personne quitte son emploi. C’est donc plus difficile pour un participant d’avoir une bonne idée de la rente à laquelle il aura droit éventuellement. Par contre, fondamentalement, un tel type de régime répond mieux à un objectif de maintien d’un certain niveau de vie à la retraite.

Note : Toutes les statistiques sont tirées du Tableau 9 des Statistiques de l’année 2005 sur les régimes complémentaires de retraite, compilées par la Régie des rentes du Québec.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Jeff Belmonte
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L’euro: une solution, plusieurs problèmes

mars 30th, 2009 Ebenezer Comments off
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Comme vous le savez probablement, l’Amérique du Nord n’est pas la seule à vivre une crise économique. Aujourd’hui, j’ai donc fait quelques recherches à propos de la situation en Europe et, plus spécifiquement, les pays qui ont adopté la monnaie commune (l’euro). En fait, comme on essaie de garder nos articles plutôt courts, il y en aura probablement deux: un premier pour parler de l’euro et de ses bénéfices et inconvénients pour les pays participants et un deuxième qui s’intéressera à l’effet de la monnaie commune dans un contexte de crise.

Création de l’euro

L’euro a été créé par le traité de Maastricht, signé en 1992 par les pays membres de l’Union européenne (sauf la Grande-Bretagne et le Danemark). Son utilisation a débuté en 1999 de façon électronique et il a complètement remplacé la monnaie nationale des pays participants en 2002. J’avais entendu quelque part que la création d’une monnaie commune à l’Europe avait comme objectif de contrer la puissance excessive du dollar américain, mais je n’ai pu trouver d’information à jour à ce sujet.

Des conditions sévères

L’un des objectifs de l’euro était de stabiliser la monnaie nationale des pays pour (et si un économiste me lit et trouve que je dis des âneries, corrigez-moi!) éviter une fluctuation trop grande de la valeur des monnaies. Au Canada, nous avons vu que la remontée du dollar canadien face au dollar américain en 2006-2007 a eu un effet dévastateur sur les manufacturiers exportateurs. Une monnaie commune à l’Europe permet d’éviter ce genre de situation.

Par contre, pour éviter qu’un pays ne débalance la valeur de la monnaie commune en prenant par exemple des mesures inflationnistes, les membres se sont imposés des contraintes sévères en matière de finances gouvernementales: le déficit du gouvernement ne peut dépasser 3% du PIB et la dette nationale, 60%.

Pour se donner une idée, voici les données relatives à quelques pays bien connus:

  Déficit Dette
Canada 2% 64%
États-Unis 13% 61%
France 5,6% 64%
Image disponible sous licence CC de l’usager Flickr Chuck Nhorus
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Le dollar-esperanto

mars 28th, 2009 Ebenezer Comments off
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Plusieurs acteurs, la Chine en tête, ont lancé cette semaine l’idée de créer une devise mondiale, afin de limiter la dépendance du reste du monde envers le dollar américain. J’ai décidé de la baptiser hypothétiquement le dollar-esperanto, d’après la langue du même nom, mais les noms suggérés semblent être le Globo et, tout simplement, le Global. Je dois admettre que j’aime bien dollar-esperanto parce que ça traduit mon scepticisme face à son adoption à grande échelle.

La Chine s’inquiète

Quand les États-Unis empruntent, ils émettent des obligations, qu’on appelle Treasury Bills (ou T-Bills) que tout un chacun peut acheter. Il s’agit d’un excellent véhicule financier pour un rendement faible, mais qui offre une sécurité à toute épreuve. C’est l’équivalent des obligations d’épargne, ici. La Chine a, au cours des dernières années et avec l’enrichissement que son développement économique lui a apporté, acquis une quantité considérable (2000 milliards$) de fonds américains. Il est donc normal qu’elle s’inquiète au point d’en parler publiquement lorsque les États-Unis se mettent à imprimer de l’argent pour relancer leur économie. Cet ajout de dollars sans augmenter la demande fait baisser la valeur relative du dollar… et des économies des Chinois!

Une nouvelle devise

Comme les États-Unis semblent sourds aux inquiétudes de la Chine, celle-ci a donc lancé l’idée, avec le support de la Russie, du Brésil et de l’Inde, de créer une nouvelle «super-devise» dont la valeur serait basée sur plusieurs économies plutôt qu’une seule. Cela aurait certainement un effet dévastateur sur la valeur du dollar américain (les gens se départiraient de leurs dollars américains pour acquérir cette nouvelle devise). L’ennui, c’est que le ministre des finances américain, Timothy Geithner, se serait montré ouvert à cette possibilité. Ça a causé tout un choc aux États-Unis.

Mais l’opposition à un tel plan ne viendra pas uniquement des États-Unis. Une devise mondiale voudrait dire beaucoup moins de flexibilité pour les pays dans la gestion de leurs économies, et bien peu sont prêts à laisser aller ce contrôle. On a pu le voir lors de la création de l’euro (la Grande-Bretagne n’y a toujours pas adhéré, d’ailleurs).

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr DanieVDM

La bourse remonte?

mars 27th, 2009 Ebenezer Comments off
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Depuis un creux atteint le 9 mars dernier, l’indice du Dow Jones Industrial Average a remonté de 21% (1377 points). Je présume donc que, comme moi, plusieurs lecteurs se demandent si le vent a commencé à tourner sérieusement où s’il s’agit simplement d’un soubresaut avant une nouvelle plongée.

Personne n’est un devin

Tout d’abord, sachez que ce que j’écris ne doit pas être interprété comme des conseils de placement… je ne suis pas un devin. Et comme ce reportage (en anglais) de la CBC vous le démontrera, même les meilleurs économistes admettent qu’ils n’en sont pas non plus. On l’a déjà dit ici et je le répète: faites appel à votre jugement.

Des nouvelles positives

Depuis une semaine ou deux, le ton des nouvelles financières semble avoir changé. De plus en plus souvent, on présente les résultats d’une façon moins négative: l’augmentation du nombre de nouveaux chômeurs a ralenti, la baisse du PIB est un peu moins forte que prévu, les ventes de biens durables augmente, le nombre de ventes de maisons existantes augmente aux États-Unis, etc. Ce que je ne suis pas en mesure d’évaluer, c’est s’il s’agit simplement d’une attitude plus jovialiste des commentateurs ou bien si la situation empire moins vite qu’avant (il semble clair qu’on ne parle pas encore d’amélioration).

Pas de panique

La magie, ça n’existe pas. Les problèmes structurels de l’économie sont réels. La majorité de la «croissance» économique américaine des années 2000 s’est faite non pas à la suite d’une augmentation de la richesse de la population, mais parce que celle-ci s’est endettée pour financer un rythme de vie plus élevé que ce qu’elle pouvait se permettre. On s’approche probablement du fond du baril, mais quand on va commencer à ressortir, ça devrait aller lentement, logiquement. J’ai lu des inquiétudes concernant les mauvaises créances des cartes de crédit (qui pourraient empirer la situation pour les banques en difficulté), une baisse encore à venir de la valeur des immeubles commerciaux (la baisse est essentiellement dans le monde résidentiel… jusqu’à maintenant), alors il ne faut pas crier victoire tout de suite.

L’analyse technique

Bien que je ne sois pas un partisan de l’analyse technique, j’en ai discuté avec notre analyste technique en résidence (qui tient à garder l’anonymat pour l’instant). Il m’affirme que: «on n’a pas brisé la tendance baissière» et que «on arrive à une résistance». Il appuie ses dires sur ce graphique.

Conclusion

Comme je l’ai dit au début, utilisez votre propre jugement pour prendre vos décisions financières. C’est ma personnalité, mais je préfère errer du côté de la prudence…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr David Paul Ohmer
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Fonds des générations

mars 26th, 2009 Ebenezer 3 comments
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Tiens, une semaine après le budget provincial, j’ai effectué quelques recherches sur le Fonds des générations, ce mécanisme créé en 2006 par le gouvernement libéral en réponse aux nombreux acteurs publics qui s’inquiétaient de l’ampleur de la dette du Québec. En gros, il s’agit de mettre de l’argent de côté afin de rembourser la dette plus tard.

S’endetter pour investir

À première vue, ça semble une façon bien étrange de faire les choses. En effet, la façon simple d’agir, c’est de rembourser sa dette quand on a des surplus et de s’endetter quand on connaît un déficit. Dans le cas du Fonds des générations, on y cotise qu’il y ait des surplus ou non. C’est considéré comme une dépense dans le budget du gouvernement.

En situation de surplus, cette façon de faire est acceptable si on admet la prémisse que l’argent placé (et géré par la Caisse de dépôt) donnera un meilleur rendement que les intérêts qu’on paie sur la dette. Sinon, on devrait rembourser la dette directement. En 2008, la Caisse a perdu de l’argent… Avoir su, il aurait été bien plus avantageux de prendre la totalité du Fonds des générations et de l’appliquer à la dette au début de 2008. Le gouvernement agit donc de la meilleure même manière que la plusieurs d’entre nous, qui choisissons de placer (par exemple dans un RÉER) notre argent avant de rembourser notre prêt auto ou notre hypothèque.

En situation de déficit budgétaire, la situation est encore plus étrange! Comme le gouvernement considère sa cotisation au Fonds des générations comme une dépense, il crée une nouvelle dette pour placer de l’argent pour rembourser cette dette plus tard. Le risque est évidemment d’empirer le problème si les placements donnent un moins bon rendement que l’intérêt payé sur la dette.

Réduire les dépenses par la pénurie

La technique utilisée par le gouvernement libérale est connue aux États-Unis sous l’expression «starve the beast»: on réduit l’argent disponible pour les dépenses du gouvernement, ce qui force celui-ci à réduire ses dépenses en conséquence. En créant une dépense artificielle pour réduire la dette, on présume que d’autres dépenses seront réduites pour compenser et garder un budget aussi équilibré que possible. Il ne semble pas exister de confirmation du bien-fondé de cette façon de voir les choses, ni rien pour indiquer que c’est faux.

Un risque inutile

Je vous offre ici une opinion bien personnelle (bien que partagée par Jean-Paul Gagné du magazine Les Affaires): le Fonds des génération repose sur une hypothèse plausible mais non vérifiée qui ne vaut pas le risque d’emprunter pour rembourser plus tard. Les derniers mois nous ont prouvé qu’il n’est pas prudent de souhaiter se fier à une croissance éternelle de 10% lorsqu’on place notre argent à la bourse.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr ezioman

Garderie, gardera – 2/2

mars 24th, 2009 Soeur économe 3 comments

Dans mon article précédent, j’ai décrit brièvement le système québécois des garderies. Maintenant, quelques autres éléments pour mieux comprendre pourquoi certains nouveaux parents qui souhaitent faire garder leur enfant peinent autant à lui trouver une place.

Puisqu’on entend parler de 200 000 places à 7$ par jour, le premier réflexe des futurs ou nouveaux parents est d’en vouloir une. Après tout, pourquoi payer plus. D’après le gouvernement, c’est effectivement dans ce groupe que se trouveraient la majorité des places: 58% des enfants de moins de cinq ans s’y feraient garder, contre 24% pour les services de garde non accrédités et 18% pour les parents eux-mêmes. Mais pas facile d’en trouver une, encore moins pour un tout jeune enfant. 

Les poupons

En effet, parmi les CPE et garderies, seuls les endroits disposant d’installations adaptées peuvent accueillir des poupons (enfants de moins de 18 mois), et leur nombre maximal est déterminé. Dans le cas des services en milieu familial à 7$, les responsables ne peuvent accueillir que deux poupons et plusieurs choisissent de ne pas en prendre du tout, étant donné le surcroît de travail que cela représente. Or, les prestations offertes par le Régime québécois d’assurance parentale peuvent se terminer au plus tard au moment où l’enfant aura environ un an. Aussi, à moins que les parents ne disposent de réserves financières, décident de se serrer la ceinture pour un temps ou disposent d’une autre option, c’est à ce moment qu’ils ont besoin d’un service de garde, parmi les poupons. 

Si ce n’est pas dans la période d’été, durant laquelle les enfants des CPE et garderies jouent à la chaise musicale (les plus vieux vers l’école, les poupons gradués vers ces places libérées), peu d’espoir dans ces établissements. Surtout si l’enfant n’a pas déjà un aîné à cet endroit, auquel cas il se verrait accorder une priorité. Les services en milieu familial à 7$ sont généralement dans une situation similaire (encore que si une place se libère dans une garderie ou un CPE, plusieurs parents la prendront), tandis que les services de garde non accrédités semblent connaître davantage de roulement. 

Le milieu familial non accrédité

Beaucoup de services de garde en milieu familial ne sont pas accrédités, probablement parce que, rareté aidant, les responsables peuvent ainsi charger un tarif plus élevé que ce qu’elles obtiendraient en l’étant. Sinon, comme le processus d’accréditation peut prendre plusieurs mois, voire des années, certaines n’en ont tout simplement pas encore atteint la fin. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de personnes qui se lancent dans le domaine, étant donné la rareté constatée à plusieurs endroits ? Six enfants à 25, 30 ou même 35$ par jour, dix heures par jour de garde plus la préparation, avec le coût du repas et des collations et les aménagements à la résidence à assumer, ça ne donne pas un salaire horaire faramineux…

Suggestions

Compte tenu de tout cela, voici quelques conseils que le ministère de la Famille et des Aînés pourrait ajouter à son petit guide À la recherche d’un service de garde éducatif pour votre enfant pour simplifier la vie des parents:

  • Les futurs parents devraient consulter des sites Web comme magarderie.com, identifier les secteurs où des places sont annoncées et y déménager pour aider à équilibrer l’offre et la demande.
  • Les futurs parents devraient inviter leurs parents à prendre leur retraite au moment opportun, à déménager à proximité et à ne plus voyager afin de se consacrer à la garde de leurs petits-enfants en attente d’une place. 
  • Les futurs parents devraient songer à s’inscrire sur les listes d’attente avant la conception de l’enfant (une garderie qui indique avoir trois ans d’attente pour ses places de moins de 18 mois, faites le calcul…)
  • Les futurs parents devraient planifier la conception de l’enfant pour qu’il ait entre 10 et 12 mois durant l’été, de façon à ce qu’il soit prêt à prendre une place alors au moment où celles-ci se libèrent.
  • Les nouveaux parents devraient préparer le CV de leur bébé pour les entrevues effectuées lorsqu’une place est annoncée dans un milieu familial et que 20 parents appellent en même temps. Aucune allergie, vaccination à jour et capacité à marcher sont des compétences très recherchées.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr kretyen

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Régime de retraite: PD ou CD

mars 23rd, 2009 Sourire Comments off
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Voici mon premier article sur les régimes de retraite. Or, avant même de traiter des divers problèmes auxquels font face actuellement différents régimes et, par le fait même, les compagnies qui en sont les répondantes, j’estime nécessaire la présentation des régimes de retraite dans leur ensemble.

Dans cette courte série sur les régimes de retraite, il est entendu que je m’intéresse uniquement aux régimes qui sont offerts par un seul employeur à ses employés. Parmi ces régimes, je me limite à ceux pour lesquels une caisse de retraite est créée; cela veut dire que je fais fi des régimes garantis (régimes pour lesquels on souscrit un contrat de rente auprès d’une compagnie d’assurance).

Supposons qu’une compagnie ABC souhaite mettre sur pied un régime de retraite pour ses employés. Elle a grosso modo le choix entre deux types de régime: à cotisation déterminée (CD) et à prestations déterminées (PD). Il y a des variantes de ces choix et des combinaisons, mais la majorité des régimes enregistrés au Québec sont de ces deux types. En effet, selon les Statistiques de l’année 2005 sur les régimes complémentaires de retraite compilées par la Régie des rentes du Québec, 42,6 % des régimes étaient à cotisation déterminée et 50,8 % étaient à prestations déterminées.

CD

Les noms sont tout de même assez révélateurs ! Un régime à cotisation déterminée précise… la cotisation ! (Qu’est-ce que la cotisation? C’est le montant versé par l’employé ou son employeur, durant la carrière active, à la caisse de retraite.) Ainsi, tant pour l’employeur que pour l’employé, il n’y a pas de surprise quant au pourcentage du salaire que chacun doit verser dans la caisse de retraite: c’est écrit noir sur blanc dans le texte du régime. La surprise vient plutôt de l’évolution de la caisse à travers les années et de ce qu’elle permet finalement d’acheter comme rente une fois qu’est venu le moment de prendre sa retraite. (Il y n’a qu’une seule caisse pour tous les participants. Néanmoins, implicitement, chaque participant détient une portion de la caisse et il est possible d’établir, sur base régulière, combien vaut la portion qui revient à un participant en particulier dans le régime.) 

Parce que la promesse d’un régime à cotisation déterminée se limite à la cotisation, il n’y a essentiellement ni excédent ni déficit possible dans un tel régime. La caisse de retraite détient exactement les fonds qui appartiennent à l’ensemble des participants.

PD

Un régime à prestations déterminées précise… les prestations ! Bien sûr, il y a les prestations de retraite (les montants à recevoir, généralement mensuellement, durant la retraite), mais il y a aussi d’autres prestations (par exemple, un montant versé aux héritiers en cas de décès d’un participant au régime de retraite pendant sa carrière active). Toutes ces prestations sont payables sur un nombre plus ou moins grand d’années, tout dépendant de la carrière du participant. Même le niveau de ces prestations peut varier significativement selon la progression des salaires du participant et sa décision de rester ou non avec le même employeur jusqu’à la retraite. Au fond, les prestations sont déterminées dans la mesure où elles sont bien définies dans le texte du régime.

Alors que les prestations sont déterminées, la cotisation ne l’est pas. En fait, la cotisation payée par l’employé est assez souvent un pourcentage fixe de son salaire. C’est donc généralement la cotisation de l’employeur qui varie, et pas toujours au meilleur moment ! Nous nous attarderons aux différents types de régimes à prestations déterminées dans le prochain article de cette série.

Image disponible sous licence CC (non, ce n’est pas l’auteure de ces lignes) de l’usager flickr Scubabix
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Série d’articles sur les caisses de retraite

mars 23rd, 2009 Ebenezer Comments off
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Depuis le début de jesuispauvre.com, nous avons parlé à plusieurs reprises des caisses de retraite (ici, ici et ici, par exemple). Nous avons cependant passé sous silence plusieurs éléments liés aux caisses de retraite qui auraient pu mériter notre attention. Je pense, entre autres, au rôle que jouent les caisses de retraite dans les problèmes financiers des trois grands (de moins en moins) de l’automobile.

Caisses de retraite dans la tourmente

Difficile de penser que les caisses de retraite peuvent être en santé quand l’économie traîne de la patte…

Selon le Rapport sur les statistiques économiques canadiennes 1924-2007 de l’Institut canadien des actuaires, le rendement médian des caisses de retraite a atteint les valeurs ci-dessous entre 2003 et 2007.

2003 13,5%
2004 10,1%
2005 11,8%
2006 12,3%
2007 1,5%

Il y a fort à parier que le rendement médian de 2008 sera dans le rouge…

À tel point que, au Québec, des modifications ont été apportées à la Loi sur les régimes complémentaires de retraite pour en atténuer l’impact. (La portion sur les mesures temporaires est particulièrement intéressante…)

Évidemment, il n’y a pas qu’au Québec que ça va mal pour les caisses de retraite… chez GM Canada et aux États-Unis aussi, ça va mal.

Une recrue drôlement expérimentée… en théorie!

La principale raison justifiant notre faible converture du sujet des caisses de retraite, c’est que mes connaissances personnelles dans le domaine sont largement insuffisantes pour en parler intelligemment.

C’est ici qu’entre en jeu une nouvelle collaboratrice à titre temporaire (le temps de réaliser une série d’articles pour vulgariser les différents éléments entourant les caisses de retraite… on pense qu’à raison d’un article par semaine ou deux, elle aura terminé en 2011). Cette personne a réclamé le pseudonyme de Sourire et répond au nom de Claire Bilodeau.

Contrairement aux autres contributeurs de jesuispauvre.com, qui sont des personnes ordinaires simplement très intéressées par les sujets, Claire est parfaitement qualifiée pour traiter de son sujet: elle est professeure à l’École d’actuariat de l’Université Laval où elle a enseigné le cours Régimes de retraite et où elle enseigne présentement le cours Coût et financement de régimes de retraite. On est très heureux qu’elle ait accepté, au généreux tarif habituel (un gros sourire et un merci…), de contribuer à nos connaissances à tous sur le sujet.

N’hésitez pas à poser des questions en commentaires aux articles, il nous fait toujours plaisir d’ajouter des précisions sur ce qui a été écrit et, souvent, vos questions et commentaires s’avèrent des inspirations pour de futurs articles.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr joguldi
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Le gouvernement américain imprime de l’argent

mars 22nd, 2009 Ebenezer Comments off
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Une grosse nouvelle est tombée mercredi dernier aux États-Unis et celle-ci a provoqué des impacts jusqu’ici. Lors de sa plus récente rencontre, la banque centrale américaine a en effet annoncé une série de mesures visant à relancer l’économie. Normalement, pour atteindre cet objectif, elle baisse son taux directeur. Or, celui-ci est déjà à 0% — elle ne dispose donc plus de marge de manoeuvre de ce côté.

La solution retenue? Elle va imprimer de l’argent!

Comment? En deux volets: elle va racheter 750 milliards d’actifs hypothécaires de mauvaise qualité des entreprises Freddie Mac, Fannie Mae et Ginnie Mae (un jour, j’effectuerai une recherche pour savoir ce qu’elles font vraiment et je partagerai avec vous le fruit de mes recherches) et elle achètera 300 milliards de dollars de bons du trésor américain.

Le résultat sera donc une injection d’un peu plus de 1000 milliards de dollars d’argent «cash» dans l’économie américaine. Les gens qui détenaient ces bons du trésor verront arriver de l’argent dans leur compte et les trois grosses compagnies pourront octroyer plus de prêts hypothécaires.

Inflation

Naturellement, il y a une bonne raison pour laquelle les banques centrales ne posent pas ce genre de geste sur une base régulière pour nous rendre tous millionnaires! En effet, lorsqu’on injecte de l’argent dans l’économie, mais qu’on n’augmente pas la quantité de produits et services offerts, on augmente la demande sans augmenter l’offre. Le résultat inévitable est donc une hausse du taux d’inflation. C’est exactement ce que souhaite la banque centrale américaine pour l’instant.

L’important par contre est d’y aller de façon mesurée, afin d’éviter de générer les problèmes causés par une inflation trop grande comme celle que «nous» avons vécue au début des années 1980, ou bien comme le Zimbabwe a vécu (vit toujours?) récemment.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr Gastev
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Un budget provincial adapté au contexte économique

mars 21st, 2009 Ebenezer Comments off
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Jeudi après-midi, le gouvernement provincial a présenté son budget pour l’année 2009-2010. Plusieurs mesures annoncées ne sont pas très populaires, mais le gouvernement libéral semble avoir suivi le même cours d’économie que moi. Le niveau de dépenses est maintenu pour l’instant et le fardeau fiscal n’est pas augmenté malgré des déficits prévus qui sont significatifs.

Par contre, on annonce déjà une hausse de la TVQ et de différents tarifs du gouvernement à partir de 2011. En présumant que l’économie québécoise ira mieux à ce moment-là. Il m’apparaît très sage d’annoncer dès maintenant ces hausses alors que le contexte permet facilement à la population de comprendre pourquoi un tel geste sera nécessaire.

Pas de plan de relance

Les critiques les plus nombreuses envers le budget présenté jeudi sont liées à la timidité des mesures prévues spécifiquement pour atténuer les effets de la crise économique pour le Québec. On parle d’une somme de 240 millions de dollars.

Ceux qui se plaignent le plus fort, ce sont les industries de la forêt et, là-dessus, je vous livre mon opinion: si vous produisez du papier, on devrait vous aider à changer de domaine, pas vous aider à survivre. La demande de papier est en baisse, c’est normal et c’est même une bonne chose pour l’environnement. Acceptons-le et planifions en conséquence. Fin de l’opinion.

Le Plan Nord

Un des points peu souligné par les différents commentateurs que j’ai entendus, ce sont les sommes qui seront dépensées (pas en totalité l’année prochaine, loin de là) pour l’amélioration des infrastructures dans le Nord québécois. Je vous invite à comparer ces chiffres avec ceux dédiés à la relance:

  • Construction d’une route vers les monts Otish: 130 millions (je ne savais pas c’était où, mais il semble qu’il y a des diamants là-bas, selon Wikipédia)
  • Réfection de la route entre Baie-Comeau et Fermont: 438 millions
  • Amélioration des aéroports nordiques: 106 millions

Régime d’épargne-actions

On annonce également le retour d’un programme intitulé le Régime d’épargne-actions. L’objectif de ce programme est de permettre à des investisseurs d’obtenir des crédits d’impôt pour investir dans une PME québécoise (taille maximale de 200M$). Je pense que ce programme s’adresse à tout un chacun mais, dans les prochaines semaines, j’effectuerai des recherches et je vous ferai profiter des résultats.

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