Papier commercial: Quid?

Pouf! Le risque est disparu! (Yeah, right)
Pouf! Le risque est disparu!

Roger Tremblay, dans un courriel qu’il souhaitait, à n’en pas douter, garder privé, me faisait la remarque suivante:

je suggère de faire un article qui va expliquer c’est quoi les fameux papiers commerciaux de la CDPQ.. je pensais que c’était des actifs de papetière!!!!

Je lui donne raison sur toute la ligne. C’est une excellente idée de parler des PCAA (papier commercial adossé à des actifs) et non, ils n’ont rien à voir avec les compagnies papetières.

Répondre à un besoin de rendement

Le papier commercial adossé à des actifs semble être un véhicule financier créé spécifiquement pour être complexe (voir notre opinion sur l’achat de produits financiers qu’on ne comprend pas; merci à Bernard Madoff pour la démonstration retentissante). Ce que j’en ai compris, c’est qu’une banque prend tout un tas de prêts qu’elle a accordés à ses clients, principalement des prêts hypothécaires. Pour elle, ces prêts sont un actif (pour nous, pauvres propriétaires, c’est une dette!). Donc, elle met dans un tas toutes sortes de prêts de qualité inégale et les vend en bloc à un investisseur, avec promesse de les racheter à court terme — 30 à 120 jours.

L’investisseur achète donc ce paquet sans être capable d’en évaluer le risque, mais est heureux parce que le rendement offert par la banque est plus élevé que les bons du trésor (qui sont très bas, pour stimuler l’économie). Ce «paquet», c’est ce qu’on appelle du papier commercial adossé à des actifs.

Avec l’argent reçu de l’investisseur, la banque retourne voir les acheteurs de maisons et leur prête encore plus d’argent, confiante qu’elle va pouvoir refiler ces hypothèques à d’autres investisseurs. Le processus est expliqué à merveille dans le vidéo (en anglais) qui circule depuis lundi sur Internet: The Crisis of Credit Visualized. Merci encore à Isabelle Lopez qui a été la première à le signaler (je l’ai vu à plusieurs autres endroits depuis… et si vous suivez notre fil de veille, vous l’avez vu lundi matin vous aussi!).

J’arrête ici parce que je sens que Soeur Économe s’apprête à venir vandaliser mon clavier pour y retirer les touches ( et ) pour abus de parenthèses dans mes textes. Pas si fort le soupir de soulagement, j’ai entendu…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr askthepixel.