Les chèques, c’est archaïque

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Lors d’une récente conversation avec une non-lectrice (bonjour Syb!), elle me faisait le commentaire qu’elle devait se procurer de nouveaux chèques et que c’était quelque chose qui coûte cher. Je dois dire que j’abonde dans le même sens! J’en profite donc pour écrire un article à saveur éditoriale sur le sujet.

Le siècle dernier

Ce n’est pas seulement parce qu’ils sont en papier que j’accuse les chèques d’être une solution du siècle dernier. Il s’agit d’un médium qui a toujours eu des faiblesses, mais que, faute de mieux, on tolérait. Voici ce que je reproche aux chèques:

  • Coûteux: 30$ pour 100 chèques et ensuite 0,75$ par chèque en frais d’utilisation (chez Desjardins). Coût total: 105$ pour 100 transactions.
  • Peu sécuritaires: la personne qui accepte un chèque doit avoir confiance que la personne qui paie a suffisamment d’argent dans son compte. De plus, la personne qui fait le chèque expose son numéro de compte complet (via les caractères MICR au bas du chèque).
  • Lents: le montant du chèque que vous recevez est inutilisable tant que vous n’allez pas déposer celui-ci à la banque. Et même une fois rendu à la banque, il peut parfois s’écouler quelques jours avant que l’institution financière vous permette d’accéder au montant.

Convergence des services financiers et des téléphones cellulaires?

Pourquoi doit-on, encore aujourd’hui, utiliser des chèques? De mon poste d’observation où je ne suis, je l’admets, pas tellement au fait des détails du fonctionnement interne des institutions financières, j’accuse celles-ci d’immobilisme. Les frais imposés pour des transferts bancaires (wire transfers) ont longtemps été (sont encore?) prohibitifs d’utilisation, même pour les clients commerciaux. Les services de transfert de fonds entre personnes ont commencé à faire leur apparition il y a déjà quelques années, et c’est une très bonne nouvelle. Par contre, dans la plupart des cas, c’est possible uniquement entre clients d’une même institution (quelqu’un offre des transferts interinstitutions au Québec?).

De la même façon que les grand fabricants de téléphones cellulaires, qui étaient si occupés à se compétitionner entre eux qu’ils n’ont pas vu venir la vraie menace (l’iPhone d’Apple), je pense que les institutions financières nord-américaines ne voient pas que leur véritable compétition viendra des fournisseurs de services cellulaires.

J’ai déjà parlé du paiement par téléphone cellulaire en novembre dernier et, sur ce point, l’Afrique est clairement en avance sur nous côté innovation. Une transaction par téléphone cellulaire conserve les avantages du chèque, tout en éliminant tous ses désavantages.

C’est pourquoi j’affirme, au risque d’avoir l’air d’un lunatique, que les fournisseurs de services cellulaire au Canada ont tout intérêt à préparer leur entrée dans le marché des services financiers. Les banques regardent ailleurs…

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr CarbonNYC