«Consignée Québec»

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On peut voir depuis quelque temps à la télé des publicités nous incitant à retourner davantage les contenants consignés. Vingt-cing ans après son instauration au Québec, j’ai trouvé intéressant d’aller voir un peu où en était ce système.

D’abord, malgré que ce soit transparent pour le consommateur, il existe en fait deux systèmes de consigne distincts. Il y a d’une part le système des contenants à remplissage unique (plastique, aluminium et certaines bouteilles en verre), dont s’occupent Recyc-Québec et Boissons Gazeuses Environnement. Il y a d’autre part celui des contenants à remplissage multiple (les bouteilles de bière en verre ambré), qui est en fait un dépôt privé complètement géré par l’industrie brassicole. 

Du côté des contenants à remplissage multiple, l’industrie obtiendrait un taux de retour de 98% (selon son dernier bilan annuel) alors on oublie les campagnes de sensibilisation. Pour les contenants à remplissage unique, le taux de retour, qui a déjà atteint 79% à la fin des années 1990, n’était plus que de 70% en 2006-2007 d’après Recyc-Québec. Compte tenu qu’il s’achète autour de 1,4 milliard de contenants à remplissage unique consignés annuellement, faites le calcul, ça en fait une quantité non négligeable à la poubelle.

Or, le système des contenants à usage unique peut généralement s’autofinancer avec la valeur de la consigne des contenants non retournés. En fait, Recyc-Québec calcule que la limite de l’autofinancement du système se situe à 71,4% de retour pour la consigne à 5¢, et à 83,3% et 90,9% pour les consignes à 10 et 20¢ maintenant appliquées à certains contenants à remplissage unique de bière de plus grand volume. Les principaux coûts viennent des 2¢ par contenant retourné offerts aux détaillants pour leur manutention et entreposage.

Pourquoi donc une campagne de sensibilisation maintenant ? On pourrait se dire que la Politique de gestion des matières résiduelles 1998-2008 est déjà arrivée à sa fin et l’objectif de 80% de retour pour les contenants à remplissage unique n’a pas été atteint. Que les matières premières gaspillées ont perdu beaucoup de valeur récemment. Et que si on dépasse le seuil d’autofinancement, il faudra combler le déficit.

En fait, comme le financement de la campagne de pub provient probablement des pénalités nouvellement imposées aux industries n’ayant pas atteint leurs objectifs annuels spécifiques de retour, on peut présumer que tous les consommateurs de boissons consignées sont déjà mis à contribution. 

Pour jeter un peu moins de contenants consignés, on peut commander gratuitement des boîtes de récupération pour les lieux de travail ou de loisirs ici.

Image disponible sous licence CC de l’usager flickr preciouskhyatt